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Gilles Ganache (Traducteur)
ISBN : 2070415864
Éditeur : Gallimard (11/10/2000)

Note moyenne : 3.86/5 (sur 87 notes)
Résumé :
«Je suis celui que vous nommez Gilgamesh. Je suis le pèlerin de toutes les routes du Pays et d'au-delà le Pays. Je suis celui à qui toutes choses ont été révélées, vérités dissimulées, mystères de la vie et de la mort, et de la mort surtout. J'ai connu Inanna dans le lit du Mariage sacré ; j'ai terrassé des démons et je me suis entretenu avec les dieux ; je suis dieu moi-même aux deux tiers, un tiers homme seulement.»
Inspirés de l'Épopée de Gilgamesh, le plu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
thimiroi
  01 novembre 2018
Devenir immortel ?
Ce roman de Silverberg est inspiré de la plus ancienne épopée de l'humanité, écrite aux alentours de 1000 avant Jésus-Christ, l'épopée de Gilgamesh (prononcez Ghilgamesh), roi qui aurait gouverné la cité d'Ourouk en Mésopotamie (l'Irak actuel) vers 2500 avant J.-C. .
Contrairement à l'épopée antique, le roman est écrit à la première personne, ce qui rend le récit des aventures de Gilgamesh d'autant plus vivant.
Habité par une présence divine, il vainc ses adversaires, combat des monstres, construit de somptueux édifices, mais son orgueil démesuré lui attire l'hostilité croissante de la grande prêtresse de la cité, incarnation de la déesse Inanna.
Dès lors, la mort frappe autour de lui et Gilgamesh, habité par une terrible angoisse, part à la recherche du mystérieux Ziusoudra (Ut-Napishtim dans l'épopée antique) auquel les dieux ont accordé l'immortalité, afin qu'il partage avec lui son fabuleux secret…
Roman historique bien documenté (la couleur locale est particulièrement bien restituée), récit d'aventures mythologiques où les sentiments ne sont pas oubliés (amours tumultueuses et magnifique amitié), mais aussi roman initiatique au plein sens du terme : les épreuves endurées par Gilgamesh et son voyage aux confins du monde lui permettront d'acquérir savoir et sagesse, ainsi qu'une humanité qui interpelle profondément le lecteur.
Une oeuvre tout à fait réussie.
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Fifrildi
  12 février 2019

Tout d'abord un grand merci à Nadou38 pour cette LC pas comme les autres. J'ai lu à son rythme, cela m'a changé de mes habitudes ^_^
Ma critique ne sera pas longue, je suis grippée et mes idées se sont fait la malle. Cela étant dit, je pense ne pas me tromper en disant que Nadou et moi avons été sur la même longueur d'onde tout au long de cette lecture. Et donc, je plussoie à tout ce qu'elle a écrit :-)
Robert Silverberg nous embarque donc en Mésopotamie antique pour découvrir un personnage fascinant : Gilgamesh, le roi d'Ourouk.
Sincèrement, aucun bémol à la clé : une écriture parfaite, un récit vraiment bien structuré, des personnages inoubliables (Gilgamesh, Enkidou et Inanna pour les 3 principaux). J'ai trouvé la fin vraiment excellente. Un vrai coup de coeur.
C'est toujours très actuel comme réflexion : la mort d'un proche, comment on se sent face à l'idée de sa propre finitude.
« … la mort l'a emporté. Depuis ce jour, l'ombre de ma propre mort est tombée sur moi. Elle obscurcit ma vie. Je la vois s'allonger et je ne vois rien d'autre. »
À trop y penser, on en oublie de vivre.
Lire ce roman de Silverberg nous a donné envie de lire L'épopée de Gilgamesh. Pour ma part, j'ai choisi la version d'Abed Azrié. L'auteur est aussi chanteur-compositeur et j'ai déjà écouté la version audio (version chantée avec musique) qui est très sympa même si elle n'est pas en français.

Challenge multi-défis 2019
Challenge livre historique 2019
Robert Silverberg, le club
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boudicca
  21 septembre 2014
Parmi la multitude de romans nés de la plume de Robert Silverberg, difficile de ne pas remarquer l'affection particulière que semble porter l'auteur aux civilisations anciennes, qu'elles soient romaines (Roma Aeterna), grecques (Le dernier chant d'Oprhée) ou encore sumériennes. Et c'est justement cette dernière qui est à l'honneur dans cette réinterprétation de l'une des plus célèbres épopées antiques de notre histoire, celle de Gilgamesh, roi d'Ourouk. Nous voilà donc transportés au coeur de la Mésopotamie du troisième millénaire avant notre ère, région prospère dominée par quelques grandes cités entretenant des rapports plus ou moins courtois selon les périodes et les souverains. Malgré le caractère très lacunaire des renseignements dont nous disposons aujourd'hui concernant cette époque et cette civilisation, Robert Silverberg propose une vision très réaliste de ce qu'aurait pu être la vie dans la Mésopotamie antique. Les coutumes, l'architecture, les croyances, la politique..., l'auteur nous dépeint avec un luxe de détails un univers d'une richesse incroyable et dont certaines traditions ne manqueront pas de surprendre le lecteur (imagineriez-vous, par exemple, un roi travailler aux champs ou se livrer à d'harassantes activités comme n'importe quel autre de ses sujets ?).
Mais au-delà de la qualité de sa reconstitution historique, le roman de Silverberg séduit également par le charisme de son protagoniste. Mais pouvait-il en être autrement lorsque le protagoniste en question se révèle justement être l'un des plus grands héros de notre histoire ? Souverain excessif mais dévoué à sa cité, homme doté d'une force exceptionnelle et n'ayant aucun égal parmi les mortels, moitié divin selon certains.., Gilgamesh fascine aussi bien ses contemporains que les générations futures qui en gardent aujourd'hui encore le souvenir, cinq millénaire après sa mort. Comme les douze travaux pour Hercule ou bien les étapes du voyage de retour vers Ithaque pour Ulysse, on retrouve ici les principaux événements qui forgèrent la légende de Gilgamesh : son affrontement avec le roi de la cité de Kish, son combat contre le démon de la forêt Huwawa, sa quête de la vie éternelle... du côté des personnages secondaires on pourrait regretter que deux seulement tirent à eux la couverture, Enkidou, le meilleur ami du roi, et la prêtresse Innana, même si la tumultueuse relation entretenue entre cette dernière et Gilgamesh constitue sans aucun doute l'un des aspects du roman les plus intéressants.
On pourrait cela dit regretter le ton assez distant employé par l'auteur qui, en adoptant une narration se voulant la plus proche possible de celle des épopées antiques, prend le risque de parfois perdre l'intérêt du lecteur. Certes, le récit des exploits accomplis par Gilgamesh est intéressant, mais l'auteur nous les rapporte de façon très sobre et ne donne ainsi pas l'opportunité au lecteur de bien saisir leur véritable signification et leur portée. La seconde partie du roman s'apparente par exemple un peu trop à une énumération des aventures vécues par le héros qui multiplie les exploits sans guère de difficultés, au point d'en devenir presque agaçant. L'arrogance dont il fait preuve à l'égard des autres, bien incapables d'égaler le colosse, fait notamment mauvais ménage avec l'égoïsme et la faiblesse dont il fait paradoxalement preuve dès lors qu'est évoquée la question de son propre trépas. La première partie du roman est en comparaison beaucoup plus captivante car consacrée à l'enfance du futur roi que l'on découvre sous un jour plus sympathique et plus humain, à la fois parce qu'on est touché de le voir emplis de doutes quant à son avenir et sa capacité à régner, que parce que l'auteur nous donne l'occasion de le voir interagir davantage avec les autres personnages.
Avec cette réinterprétation de l'épopée du roi Gilgamesh, Robert Silverberg signe un roman dépaysant qui nous transporte, l'espace de quelques centaines de pages, en un autre temps où héros et rois ne faisaient qu'uns, où les dieux pouvaient interférer dans les affaires des mortels et où les hommes avaient l'opportunité d'accomplir des exploits dignes d'être racontés bien des siècles après leur trépas. A réserver cela dit aux amateurs d'histoire et de récits épiques.
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Apophis
  27 janvier 2016
Une étonnante réécriture d'un des plus anciens textes au monde
Ce roman de Robert Silverberg, géant de la science-fiction, sorti en 1984, est en fait une réécriture (nous développerons plus loin) du plus ancien texte épique au monde (27ème siècle avant J-C !), l'Épopée de Gilgamesh, qui, mille ans avant les douze travaux d'Héraclès, narre ceux du roi Sumérien du même nom. L'auteur comble les blancs du texte antique (il fait du prologue de ce dernier une partie de plus de 100 pages) et change la fin pour que ceux qui connaissent la légende soient tout de même un minimum surpris, mais fondamentalement, c'est la même chose, sous une forme romancée.
- Ramage et plumage
Avant d'examiner le fond, à savoir le texte lui-même, parlons de la forme, et cette fois il y a beaucoup à dire : étant passé depuis peu à la lecture sur liseuse (pour des questions d'espace de stockage et de budget), il faut vraiment une édition soignée, désormais, pour me convaincre d'acheter un exemplaire physique.
Dans le cas de ce roman, il faut avouer que l'Atalante a mis les petits plats dans les grands pour cette réédition, jugez plutôt : couverture ayant la texture du cuir, impression en relief du profil du roi sumérien, reliure impeccable, « lacet » marque-page à l'ancienne, papier de très bonne qualité (comme souvent chez l'éditeur) et impression sans défaut (idem).
La couleur verte interpelle au début (j'aurais préféré du marron – couleur vieux cuir- ou du noir, personnellement), mais finalement je trouve ça plutôt d'un bel effet. En tout cas, l'éditeur a produit un travail à la fois recherché, de standing et de qualité, et on ne peut que le féliciter pour cet effort. Voilà une édition qui donne clairement envie d'être acquise sous forme physique et pas numérique.
- le concept, le genre
L'auteur s'est donc basé sur deux traductions anglaises de l'oeuvre, les a complétées (notamment sur ce qui se passe avant que Gilgamesh n'entame ses exploits ou ne devienne roi), romancées, a changé la fin, et surtout a changé le genre du texte. En effet, l'Épopée de Gilgamesh, c'est un peu l'ancêtre de l'Heroic Fantasy moderne : il y a des monstres, des dieux et des démons. Vu l'oeuvre de Silverberg, on aurait pu s'attendre à ce qu'il aille dans cette veine là, quitte à changer 2-3 choses au passage. Ce n'est pas la voie choisie par l'auteur, pourtant. Au contraire, il propose un roman à deux lectures possibles, dont une est évidemment hautement privilégiée.
En clair, il rationalise complètement les aventures extraordinaires du roi d'Ourouk. Vous pouvez certes toujours lire ce livre sous un angle surnaturel (et c'est d'ailleurs pourquoi j'ai classé ce livre dans la catégorie « Fantastique »), en mettant la célèbre « suspension d'incrédulité » en mode on, ou bien vous pouvez faire ce que Silverberg vous propose, c'est à dire considérer que Gilgamesh fait une crise d'épilepsie au lieu d'entrer en communication avec les dieux, ou bien qu'il est en relation avec la grande prêtresse d'Inanna et pas avec la déesse elle-même. de même, à un certain moment, certains verront un démon, d'autres une résurgence de gaz naturel dans ces terres sumériennes (=irakiennes modernes). L'auteur a clairement choisi son camp (tout le passage avec le soi-disant survivant du Déluge le montre incontestablement), mais une deuxième grille de lecture reste possible.
- le style, le rythme
Bien, donc c'est rationalisé, humanisé, mais est-ce que ça reste épique ou est-ce que ça ressemble à du Christian Jacq ? Rassurez-vous, ça reste complètement épique (moins sur une partie de la fin, tout de même). Gilgamesh reste un héros hors-normes, et ses aventures (politiques, guerrières, et bien entendu sexuelles) demeurent passionnantes. On ne peut bien entendu pas attribuer la paternité du personnage à Silverberg, mais à partir d'une matière imposée, l'auteur a su rendre son protagoniste, ainsi que les personnages secondaires, marquants et intéressants : Gilgamesh, Enkidou, Inanna sont fascinants. Les qualités d'écriture de l'auteur, ainsi que celle de la traduction, n'y sont pas pour rien. La reconstitution de l'époque est, autant que je puisse en juger en tant que non-historien, absolument impressionnante, avec un tas de détails « qui sonnent vrai ».
Le rythme est très bon jusqu'au second exil de Gilgamesh, moins sur les dernières dizaines de pages. La thématique évolue, passant de l'héroïque à l'acquisition de la sagesse. le dernier chapitre est à cet égard assez magnifique. Par rapport à l'oeuvre originale, le début est extrêmement développé (l'accession à la royauté de Gilgamesh et son amélioration des murailles d'Ourouk représente, à ma connaissance, un bref résumé dans l'Épopée, alors qu'elles s'étendent sur 100 pages dans le livre, partie que j'ai d'ailleurs trouvé être la plus intéressante du livre), mais j'ai trouvé la fin relativement abrupte. L'auteur a repris tel quel, en certaines occasions, des passages de l'oeuvre originale (par exemple lors de l'arrivée d'Enkidou à la civilisation).
Le roman est écrit à la première personne du singulier : c'est Gilgamesh en personne qui nous raconte sa vie, ses exploits, ses joies, ses peines, ses peurs, ses ambitions, ce que la vie lui a appris. Il s'adresse aussi en quelques occasions directement à son lecteur.
Notez que le roman a une certaine atmosphère que je qualifierais de vaguement Shakespearienne, et qu'il fait souvent la part belle à un érotisme qui, sans être torride, est à signaler.
- A qui se destine ce livre ?
Voilà une question délicate. Ce roman relève en fait du roman historique. En tout cas, soyez bien conscient que ça ne relève en aucun cas de la Fantasy. Au final, il faut soit être intéressé par les romans consacrés aux civilisations anciennes (de Christian Jacq pour l'Egypte à Gary Jennings pour les Aztèques, vous avez le choix), soit par la mythologie pour pleinement apprécier ce livre, mais c'est aussi et surtout un bon roman en lui-même.
Attention toutefois, le héros, en plus d'être surhumain, est souvent une vraie tête à claques, deux facteurs qui peuvent agacer certaines catégories de lectrices et lecteurs. Au passage, notez qu'il pourrait faire mourir de rage même la moins radicale des féministes du fait de son traitement de la gent féminine (le père Gilgamesh, le droit de cuissage, il connaît, le détournement de mineure, il connaît pas…). Je le signale aussi car cela peut faire fuir certaines et certains.
- En conclusion
Sur la forme, un bien bel objet, qui mérite sa place dans votre bibliothèque du fait de la qualité extrême de cette édition.
Sur le fond, on peut déjà saluer l'initiative de Silverberg, qui, si elle n'est pas à proprement parler originale (un auteur de SF ou assimilé qui reprend son oeuvre préférée, c'est loin d'être rare, de Stephen Baxter avec Les vaisseaux du Temps à Kim Newman avec Anno Dracula, vous avez le choix…), reste singulière du fait du choix de l'oeuvre reprise et de la manière de la reprendre.
Ce roman se destinera surtout à l'amateur de roman historique, même s'il n'est pas dépourvu d'un aspect épique et peut être vu sous un angle fantastique. En tout cas, les qualités d'écriture de l'auteur sont toujours présentes, quel que soit le genre abordé, et cette écriture est sublimée par une traduction s'adaptant très bien à l'épopée épique. On est transporté dans ce monde flamboyant, si loin dans notre histoire mais que l'auteur parvient pourtant à rendre si palpable.
Bien que le surhomme arrogant et grand consommateur de femmes (ou de jeunes filles…) qui en est le protagoniste puisse agacer et faire croire à un roman bourrin, cette histoire ne manque pas de profondeur, on s'en aperçoit très rapidement, et particulièrement bien à la fin. J'en veux pour preuve l'absence de représailles du héros envers ceux qui l'ont persécuté dans son enfance, la profondeur de sa solitude pendant la très grande majorité de l'histoire, et les magnifiques 4 dernières pages de l'oeuvre.
De plus, ce n'est certainement pas un hasard si 5000 ans après, le nom de Gilgamesh résonne encore : s'il n'était pas intéressant, pour ne pas dire fascinant, il aurait été oublié depuis des siècles, pour ne pas dire des millénaires. C'est un juste retour des choses que la mythologie, qui a tant inspiré la fantasy et les littératures de l'imaginaire en général (demandez à Tolkien, Poul anderson ou Roger Zelazny…), fasse l'objet d'un roman par un des grands du genre, même si celui-ci rationalise des événements à la base présentés comme surnaturels : en fait, il humanise le surhomme, ce qui est, à mon sens, un gros point fort du livre.
Bref, comme souvent, c'est un roman que je conseille, mais plus encore que d'habitude, je ne vous conseille de le lire qu'en ayant une idée très précise de ce dans quoi vous vous engagez, ce qui a été l'ambition de cette critique.
Lien : https://lecultedapophis.word..
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Nadou38
  12 février 2019
Quelle aventure ! Je ne m'attendais pas à vivre un tel voyage en lisant «Gilgamesh, roi d'Ourouk».
Voyage magnifique dans l'espace et le temps car c'est en Mésopotamie et plus de 2500 ans av. JC que nous emmène Robert Silverberg dans son roman. Il s'est largement inspiré pour cela de «L'épopée de Gilgamesh», une des plus anciennes oeuvres littéraires de l'humanité.
«Dans ce livre, je me suis principalement intéressé au Gilgamesh de l'Histoire, sans pour autant négliger le personnage mythique, le héros de la plus ancienne littérature épique ayant traversé les âges jusqu'à nous.» R. Silverberg (Postface)
Et c'est parfaitement réussi ! Il nous offre là une excellente version romancée de l'histoire de Gilgamesh pour qui souhaite entrer dans l'univers de la mythologie mésopotamienne.
Car c'est avec une plume toujours aussi agréable que l'auteur donne ici la parole à Gilgamesh lui-même, le dotant d'un humour le rendant bien sympathique malgré ses exigences royales, pour nous faire le récit de son histoire.
On va découvrir un enfant, puis un jeune homme fier et volontaire, qui n'aura de cesse d'avancer et de se montrer aussi digne et valeureux que son père, ancien roi devenu dieu.
Parcours initiatique pour ce héros qui nous contera ses batailles, d'abord aux côtés du roi de Kish, puis face à lui. Il partagera avec le lecteur ses interrogations dans sa relation chaotique avec la prêtresse Inanna, sa grande joie lorsqu'il rencontrera son grand et unique ami Enkidou. Il nous fera le récit de leurs exploits célèbres face au Gardien de la Forêt de Cèdres et au Taureau Céleste par exemple.
Mais c'est marqué aussi par la peur de la mort que Gilgamesh, ce roi qui ne voulait pas mourir, aura pour quête de s'opposer à cette issue pourtant commune à tous... quête solitaire qui l'amènera à se questionner sur le sens de la vie.
J'ai été envoutée par ce récit qui ne s'essouffle à aucun moment, qui nous transporte en plein coeur de cette ancienne culture où tout s'interprète en fonction des volontés des dieux. Silverberg a su magnifiquement nous immerger dans ce monde de croyances où l'on côtoie les divinités tout en restant dans le monde réel, en jouant simplement sur l'interprétation.
A noter le Postface très intéressant où l'auteur explique ses diverses sources et son objectif dans ce projet littéraire.
Un grand merci à Fifrildi pour les sympathiques échanges autour de cette belle aventure, et aussi pour s'être alignée à mon mode tortue-lectrice, je mesure son effort pour ne pas avoir dévoré cette lecture en quelques heures. ;)
Lu dans le cadre du...
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
boudiccaboudicca   07 septembre 2014
J'avais rêvé depuis bien des années de batailles. J'avais souvent connu l'affrontement sur les terrains de jeux d'Ourouk, imaginé des dispositifs de combat, conduit mes camarades en de farouches assauts contre d'invisibles ennemis. Mais il est un chant de bataille qu'entend seule l'oreille du guerrier, une musique aiguë et pénétrante qui traverse la torpeur des espaces avec le tranchant d'une lame : tant que l'on n'a pas eu connaissance de ce chant, on n'est pas un guerrier, pas davantage un homme.
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Nadou38Nadou38   02 février 2019
J'ai saisi dans chaque main la hampe d'un javelot et j'ai choisi mes cibles. Lugalbanda m'avait maintes fois répété que la tâche de l'avant-garde est de détruire le moral de l'ennemi, afin de faciliter l'avance du gros des chars de guerre et de l'infanterie. Et le meilleur moyen d'y parvenir, disait-il, consiste à repérer parmi les adversaires les figures de proue, héros et officiers, et de les abattre en premier.
(chap. 9)
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Nadou38Nadou38   09 février 2019
-Ainsi, le héros tremble de mourir.
Impossible de dire s'il se moquait.
"Non, pas de mourir, l'ai-je repris. Mourir n'est qu'une souffrance, je connais la souffrance et ne la crains pas tant. Car elle se dissipe. C'est de la mort que j'ai peur. C'est de me voir précipité dans la Maison de la poussière et de l'ombre afin d'y demeurer pour l'éternité. (...) Subir la perte de mon être. Mener l'existence d'une ombre ayant quitté la vie, pauvre chose de cendres qui traîne ses ailes dans la poussière. Cesser de percevoir ; cesser de courir ; cesser de voyager ; cesser d'espérer.
(chap.35)
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Nadou38Nadou38   08 février 2019
C'est ainsi. Oublie ta quête et profite de la vie qui t'est donnée. Que ton ventre soit repu, que la joie emplisse tes jours et tes nuits, la danse et le chant, la fête et les plaisirs. Dépouille-toi de ces hardes, ne t'habille plus que de propre et de frais. Chéris l'enfant qui te tient par la main, chéris l'épouse qui se réjouit de ton étreinte. C'est ainsi, Gilgamesh, c'est également ainsi. Et c'est la seule façon de vivre : dans la joie, tant que dure la vie. Cesse de broyer du noir et renonce à ta quête.
(chap.32)
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FifrildiFifrildi   02 février 2019
Mais il est un chant de bataille qu'entend seule l'oreille du guerrier, une musique aiguë et pénétrante qui traverse la torpeur des espaces avec le tranchant d'une lame ; tant que l'on n'a pas eu connaissance de ce chant, on n'est pas un guerrier, pas davantage un homme.
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Ancienne colonie, la planète Belzagor a été rendue à ses deux espèces intelligentes. Des scientifiques décident d'assister à leur rituel secret, la cérémonie de la renaissance... Dessin : Laura Zuccheri Oeuvre originale : Robert Silverberg Scénario : Philippe Thirault
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