AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2253083356
Éditeur : Le Livre de Poche (15/11/2017)

Note moyenne : 5/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Quand Andrew Battell s’embarque sur un navire corsaire en 1589 et quitte l'Angleterre élisabéthaine en quête de gloire et de fortune, il ne peut deviner qu'il restera vingt ans prisonniers des « sombres terres d'Afrique ». Capturé par les Portugais sur les côtes du Brésil, expédié en Angola, il va subir les pires coups du sort, mais aussi connaître les plus grandes joies. Amour, guerre, évasions, magie, dangers et trahisons en tout genre… son destin ressemblerait ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
OlivOliv   24 novembre 2017
Tuer ainsi était pour moi chose nouvelle, du moins à si courte distance que je voyais la figure de ma victime et que je respirais sa sueur alors que je la défaisais. Il est vrai que lorsque je naviguais sur le "Margaret and John" durant la campagne contre l'Armada espagnole, je pris part à certains combats qui n'étaient point jeux d'enfants, mais où l'on tuait en effet à foison. En ce temps, je chargeais de lourds boulets dans la gueule des canons puis reculais immédiatement et contemplais les boulets fracasser les flancs des vaisseaux espagnols qui s'enflammaient aussitôt et se brisaient : cela est sans nul doute expérience de soldat. Nombre d'Espagnols périrent très certainement alors, et j'avais bien aidé à les envoyer en Enfer. Mais il est une différence — et une différence considérable ! — entre travailler parmi les canonniers d'un vaisseau pour tirer des boulets sus un ennemi sans visage à plusieurs centaines de brasses de vous, et frapper de votre propre main un homme seul qui se tient juste devant vous. La première manière reste un acte détaché tandis que la seconde est tuerie plus intime. Ainsi je reçus en quelque sorte en ce jour mon baptême du meurtre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
OlivOliv   28 novembre 2017
Puisque je n'avais rien d'autre à faire que de regarder autour de moi, j'observais attentivement et tâchais de retenir ce que je voyais. Et je m'émerveillais de ce que chaque nation d'Afrique possédât telle foison de ses propres coutumes, telles myriades de sortilèges, de charmes, de "mokissos" et même de philosophies particulières, tant qu'il faudrait en vérité un millier d'annalistes et un millier de vies pour tous les recenser — ce qui serait, à mon avis, du plus haut intérêt. Et pourtant, qu'adviendra-t-il si les Portugais arrivent à leurs fins et convertissent tout ce pays à la foi catholique ? Si tout le monde commence à se vêtir à la manière portugaise, à parler la langue portugaise, à aller à la messe et à renoncer à ses propres coutumes ? Vous pourriez me répondre que cela n'en serait que mieux, qu'il serait bon d'abolir les damnables coutumes païennes, et, jusqu'à un certain degré, je serais d'accord avec vous car je ne vois nul mérite à juger par le poison ou à exciser certaine partie de la femme ou à tels autres actes odieux. Pourtant, quand toutes ces choses auront disparu de la surface de la terre et qu'il en ira de même partout, que ce soit à Londres ou à Moscou ou en Turquie ou en Angola, n'aurons-nous point perdu une grande partie des richesses de ce monde ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
OlivOliv   26 novembre 2017
Je connus à Masangano une existence fort misérable durant l'espace de six années, et sans le moindre espoir de revoir un jour la mer.
Combien promptement puis-je dire cela aujourd'hui ! Il ne me faut guère plus de deux douzaines de mots pour donner l'essentiel de cette simple constatation. Et à énoncer cela en termes tant prompts et tant aisés, je réduis à une simple bagatelle ce qui fut en fait un terrible fardeau entre tous. Guère plus de deux douzaines de mots pour le dire ! Mais, ainsi que même un sot ne pourra manquer de le constater, il faut bien six années tout entières pour vivre une épreuve de six ans ; et je puis vous certifier et jurer par le corps même de Notre Sauveur que demeurer six années à Masangano équivaut fort à vivre soixante années, ou peut-être six cents, en tout autre lieu.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
OlivOliv   27 novembre 2017
C'étaient très certainement des monstres cannibales, et entre les plus effroyables ; mais, singulièrement, ils ne m'apparaissaient point véritablement mauvais, pas plus en tout cas qu'on ne peut dire d'un orage balayant tout sur son passage qu'il est mauvais. Il n'y avait en effet guère de malice en eux. Ils n'étaient que des ventres montés sur pattes. Occire et manger son prochain constitue en vérité, tout enfant pourra l'assurer, fort mauvaise action. Mais les Jaqqas étaient-ils pire que les fourbes et si nombreux Portugais qui avaient fait main basse sur toute cette côte et réduisaient une race tout entière en esclavage, qui se trahissaient les uns les autres et ne cessaient de conspirer toutes sortes de forfaitures tout en allant pieusement à la messe chaque jour ? En cette terre d'Afrique, chacun, me dis-je, était une sorte de monstre. Et je crois bien que je préférais les féroces Jaqqas, qui ne feignaient nulle piété, à ces Portugais hypocrites qui se prétendaient civilisés mais n'étaient que de rudes sauvages dès qu'on les dépouillait de leurs costumes.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
OlivOliv   20 novembre 2017
Après trente jours de mer, nous fûmes à la vue de la terre. La ligne sombre qui se dessinait devant nous était le Brésil et, comme je regardais vers ladite terre, je fus pris par une sorte de vertige, de cette extase que, me semble-t-il, éprouvent les poètes. Cela parce qu'en ma tête, je voyais les terres occidentales du Brésil s'étendant toujours plus loin vers le couchant et que je savais, par les récits de mon frère Henry, qu'au-delà du Pérou venait la grande mer du Sud conduisant aux rivages de Cathay, de l'Inde et du Japon puis de l'Afrique. En bref, je me représentais le monde entier comme une boule unique, comme des lieues et des lieues de miracles, comme la perfection merveilleuse de Dieu. Puis je vis encore les hommes robustes de l'Angleterre allant de par ces océans jusqu'à toutes les parties du globe pour y planter notre étendard, s'installer en tous les pays et faire croître nos richesses comme notre fierté. Quel prodige que de vivre une telle époque, et une si grande aventure !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Videos de Robert Silverberg (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Robert Silverberg
Ancienne colonie, la planète Belzagor a été rendue à ses deux espèces intelligentes. Des scientifiques décident d'assister à leur rituel secret, la cérémonie de la renaissance... Dessin : Laura Zuccheri Oeuvre originale : Robert Silverberg Scénario : Philippe Thirault
autres livres classés : afriqueVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

gilgamesh

qui est gilgamesh ?

UN PAYSAN
UN ROI
UN ENFANT
UN CHIEN

4 questions
33 lecteurs ont répondu
Thème : Gilgamesh, roi d'Ourouk de Robert SilverbergCréer un quiz sur ce livre