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ISBN : 2253083356
Éditeur : Le Livre de Poche (15/11/2017)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Quand Andrew Battell s’embarque sur un navire corsaire en 1589 et quitte l'Angleterre élisabéthaine en quête de gloire et de fortune, il ne peut deviner qu'il restera vingt ans prisonniers des « sombres terres d'Afrique ». Capturé par les Portugais sur les côtes du Brésil, expédié en Angola, il va subir les pires coups du sort, mais aussi connaître les plus grandes joies. Amour, guerre, évasions, magie, dangers et trahisons en tout genre… son destin ressemblerait ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
danaella
  18 juin 2018
Si Silverberg, comme auteur américain est connu comme auteur de SF, ce roman fictionnel sur base historique, est inspiré d'une lecture de jeunesse qui a déclenché sur son esprit curieux l'envie d'approfondir le sujet. Ainsi il découvrit un vieux livre : " Les étranges aventures d'Andrew Battell, de Leigh, en Angola et dans les régions voisines" situé à l'époque élisabéthaine. Une époque d'or pour l'Angleterre, , surtout d'un point de vue culturel et artistique (Shakespeare, Marlowe), les conflits entre catholiques et protestants ne sont pas encore présents. L'Angleterre est une grande puissance maritime, elle est en guerre seulement avec l'Espagne. Notre protagoniste nous relate à sa façon ce monde qu'il a quitté pour s'enrichir sur les côtes brésiliennes. Mais Andrew Battell, capturé par les portugais va devoir expier pendant une bonne moitié de sa vie, sa témérité. Son destin est scellé à ce continent africain qui va l'asservir, jusqu'au profond de son âme. Nous le suivons pas à pas lorsqu'il tombera dans les mains avides des portugais qui l'utilisent comme pilote pour dominer ce territoire plein de richesse à s'approprier sans états d'âme. L'esclavage est le commerce plus fructueux de ces contrées. Il est également adroitement manipulé par une femme, et si l'amour, la bonté et presque la naiveté du personnage nous émeut, de ses expériences néfastes il en tire une grande force qui nous surprend. L'immersion totale au coeur des ténèbres advient quand il doit survivre au milieu d'une tribu de cannibales qui n'ont d'autres visions que la destruction. Mais c'est en vivant à leur côté, que sous la superficie se cache une profondeur ténébreuse que le protagoniste devra combattre pour se retrouver lui-même.
Un livre qui nous plonge dans un univers totalement étouffant comme la nature sauvage de ces contrées en ces temps là, et doucement page après page on sort de l'enfer avec une expérience du passé qui semble si présente lors de la lecture. Chapeau! Sans oublier le style archaïque du livre avec un esprit totalement élisabéthain. le tournures de phrase sont élégantes et recherchées, c'est un plaisir à lire, en fin du moins pour moi.
Courage, ce roman fait 1054 pages, de découvertes, de frissons, et de plaisir!
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Aerynn
  14 août 2018
Un livre dense, effrayant quelquefois, mais que l'on ne peut pas arrêter . L'histoire de cette épopée cauchemardesque dans une Afrique fantastique est enivrante. On se délecte de la noirceur, on veut savoir ce qui va arriver, est-ce qu'il va survivre, se sortir de ses malheurs, jusqu'ou ira -t-il ? Jusqu'ou suivrons-nous Silverberg dans cette folie moite ?
Un livre comme tous ceux de Silverberg : a lire et relire.
Ce n'est pas de la SF c'est une histoire à la frange extérieure du réel.
Je le recommande, c'est terriblement bien !
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Stgenest
  16 septembre 2018
Que c'est long et répétitif... Je ne suis pas entré dans cette aventure. Les descriptions sont toujours les mêmes et les sauvages sont vraiment sauvages.Rien qui ne fasse comprendre les acteurs, rien d'anthropologique. Décevant.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
FifrildiFifrildi   21 octobre 2018
Au bout du compte, j'avais eu raison d'écrire ce livre qui, je crois, reste unique dans mon œuvre sur le plan de l'envergure ; et Don Fine avait eu raison d'exprimer des doutes quant à sa publication, car ce fut un échec commercial. Les libraires, reconnaissant dans le nom de son auteur celui d'un écrivain de science-fiction, placèrent le livre dans le rayon science-fiction ; et les lecteurs de science-fiction qui le prenaient pour feuilleter, voyant qu'il n'y était question ni de vaisseaux spatiaux, ni de machines à voyager dans le temps, ni de planètes étrangères, le reposaient sur son étagère. Quant aux lecteurs de romans historiques, il ne songèrent pas un instant à aller le chercher parmi les ouvrages de science-fiction et ne parvinrent donc pas à le dénicher. Ainsi disparut-il rapidement de la circulation dans mon propre pays, même si ailleurs, en traduction, il devait trouver de fervents lecteurs et connaître une carrière honorable.

(Extrait de l'introduction)
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OlivOliv   24 novembre 2017
Tuer ainsi était pour moi chose nouvelle, du moins à si courte distance que je voyais la figure de ma victime et que je respirais sa sueur alors que je la défaisais. Il est vrai que lorsque je naviguais sur le "Margaret and John" durant la campagne contre l'Armada espagnole, je pris part à certains combats qui n'étaient point jeux d'enfants, mais où l'on tuait en effet à foison. En ce temps, je chargeais de lourds boulets dans la gueule des canons puis reculais immédiatement et contemplais les boulets fracasser les flancs des vaisseaux espagnols qui s'enflammaient aussitôt et se brisaient : cela est sans nul doute expérience de soldat. Nombre d'Espagnols périrent très certainement alors, et j'avais bien aidé à les envoyer en Enfer. Mais il est une différence — et une différence considérable ! — entre travailler parmi les canonniers d'un vaisseau pour tirer des boulets sus un ennemi sans visage à plusieurs centaines de brasses de vous, et frapper de votre propre main un homme seul qui se tient juste devant vous. La première manière reste un acte détaché tandis que la seconde est tuerie plus intime. Ainsi je reçus en quelque sorte en ce jour mon baptême du meurtre.
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OlivOliv   28 novembre 2017
Puisque je n'avais rien d'autre à faire que de regarder autour de moi, j'observais attentivement et tâchais de retenir ce que je voyais. Et je m'émerveillais de ce que chaque nation d'Afrique possédât telle foison de ses propres coutumes, telles myriades de sortilèges, de charmes, de "mokissos" et même de philosophies particulières, tant qu'il faudrait en vérité un millier d'annalistes et un millier de vies pour tous les recenser — ce qui serait, à mon avis, du plus haut intérêt. Et pourtant, qu'adviendra-t-il si les Portugais arrivent à leurs fins et convertissent tout ce pays à la foi catholique ? Si tout le monde commence à se vêtir à la manière portugaise, à parler la langue portugaise, à aller à la messe et à renoncer à ses propres coutumes ? Vous pourriez me répondre que cela n'en serait que mieux, qu'il serait bon d'abolir les damnables coutumes païennes, et, jusqu'à un certain degré, je serais d'accord avec vous car je ne vois nul mérite à juger par le poison ou à exciser certaine partie de la femme ou à tels autres actes odieux. Pourtant, quand toutes ces choses auront disparu de la surface de la terre et qu'il en ira de même partout, que ce soit à Londres ou à Moscou ou en Turquie ou en Angola, n'aurons-nous point perdu une grande partie des richesses de ce monde ?
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OlivOliv   26 novembre 2017
Je connus à Masangano une existence fort misérable durant l'espace de six années, et sans le moindre espoir de revoir un jour la mer.
Combien promptement puis-je dire cela aujourd'hui ! Il ne me faut guère plus de deux douzaines de mots pour donner l'essentiel de cette simple constatation. Et à énoncer cela en termes tant prompts et tant aisés, je réduis à une simple bagatelle ce qui fut en fait un terrible fardeau entre tous. Guère plus de deux douzaines de mots pour le dire ! Mais, ainsi que même un sot ne pourra manquer de le constater, il faut bien six années tout entières pour vivre une épreuve de six ans ; et je puis vous certifier et jurer par le corps même de Notre Sauveur que demeurer six années à Masangano équivaut fort à vivre soixante années, ou peut-être six cents, en tout autre lieu.
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OlivOliv   27 novembre 2017
C'étaient très certainement des monstres cannibales, et entre les plus effroyables ; mais, singulièrement, ils ne m'apparaissaient point véritablement mauvais, pas plus en tout cas qu'on ne peut dire d'un orage balayant tout sur son passage qu'il est mauvais. Il n'y avait en effet guère de malice en eux. Ils n'étaient que des ventres montés sur pattes. Occire et manger son prochain constitue en vérité, tout enfant pourra l'assurer, fort mauvaise action. Mais les Jaqqas étaient-ils pire que les fourbes et si nombreux Portugais qui avaient fait main basse sur toute cette côte et réduisaient une race tout entière en esclavage, qui se trahissaient les uns les autres et ne cessaient de conspirer toutes sortes de forfaitures tout en allant pieusement à la messe chaque jour ? En cette terre d'Afrique, chacun, me dis-je, était une sorte de monstre. Et je crois bien que je préférais les féroces Jaqqas, qui ne feignaient nulle piété, à ces Portugais hypocrites qui se prétendaient civilisés mais n'étaient que de rudes sauvages dès qu'on les dépouillait de leurs costumes.
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Vidéo de Robert Silverberg
Ancienne colonie, la planète Belzagor a été rendue à ses deux espèces intelligentes. Des scientifiques décident d'assister à leur rituel secret, la cérémonie de la renaissance... Dessin : Laura Zuccheri Oeuvre originale : Robert Silverberg Scénario : Philippe Thirault
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