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ISBN : 2253083356
Éditeur : Le Livre de Poche (15/11/2017)

Note moyenne : 4.56/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Quand Andrew Battell s’embarque sur un navire corsaire en 1589 et quitte l'Angleterre élisabéthaine en quête de gloire et de fortune, il ne peut deviner qu'il restera vingt ans prisonniers des « sombres terres d'Afrique ». Capturé par les Portugais sur les côtes du Brésil, expédié en Angola, il va subir les pires coups du sort, mais aussi connaître les plus grandes joies. Amour, guerre, évasions, magie, dangers et trahisons en tout genre… son destin ressemblerait ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Fifrildi
  28 octobre 2018
Gros coup de coeur pour ce livre qui vient se placer en première place de mon top Silverberg.
Ne vous fiez pas aux étiquettes « science-fiction » et « fantastique » car il s'agit bel et bien d'un roman historique qui a pour cadre l'Afrique (Angola essentiellement) de la fin 16ème, début 17ème siècle.
Andrew Battell y raconte son histoire à la première personne. Ce nom ne m'est pas du tout inconnu car je l'ai déjà croisé dans mes lectures sur le gorille. Celui-ci a été officiellement découvert en 1847. Selon toute vraisemblance, Andrew Battell a été le premier à y faire référence plus de 200 ans plus tôt mais en le nommant « pongo ».
Andrew Battell est Anglais et depuis son jeune âge ne rêve que de prendre la mer comme l'ont fait ses frères et son père. Après la mort de sa femme, il tombe amoureux de la jeune Anne Katherine et décide de partir à son tour pour faire fortune et revenir l'épouser. En 1589, il embarque à bord d'une pinasse direction le Rio de la Plata (estuaire entre l'Argentine et l'Uruguay). Mais abandonné sur place avec d'autres camarades par le capitaine Cocke il va tomber aux mains des Portugais et ainsi débutent 20 années sous leur joug.
Le livre, qui fait plus de 1000 pages est découpé en 5 parties qui correspondent aux grandes étapes de sa vie : Navigateur – Pilote – Guerrier – Jaqqa – Ulysse.
Je ne vais pas en faire un résumé mais je l'ai littéralement dévoré (lu en 6 jours). J'ai adoré le Battell de Silverberg qui était franchement bien brossé comme tous les autres personnages d'ailleurs. Les Portugais n'inspirent pas la sympathie, que du contraire. L'esclavagisme existait déjà avant leur arrivée mais avec eux elle a pris une toute autre dimension. Quel business immonde !
Nous avons donc au menu : de l'Histoire, de l'aventure, du désespoir, mais aussi de l'espoir et de l'amour, des trahisons, de l'humour (Battell a un grand sens de l'autodérision), du cannibalisme, des meurtres, … La liste est très longue, tellement le roman est riche et dense. Il y a aussi pas de mal de passages érotiques qui m'ont la plupart du temps bien fait (sou)rire. Sacré Robert ! ^_^
Andrew Battell alias Piloto, alias Andoubatil, alias Kimana Kaïir s'en va directement rejoindre ma liste de personnages inoubliables.
Un roman historique excellent que je recommande à tous les amateurs du genre.
Pour les amateurs de Robert Silverberg, il nous offre ici un tout autre style. Cela vaut vraiment la peine de rendre hommage à ce livre qui n'a pas eu le succès qu'il mérite de l'autre côté de l'Atlantique.


Challenge pavés 2018
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danaella
  18 juin 2018
Si Silverberg, comme auteur américain est connu comme auteur de SF, ce roman fictionnel sur base historique, est inspiré d'une lecture de jeunesse qui a déclenché sur son esprit curieux l'envie d'approfondir le sujet. Ainsi il découvrit un vieux livre : " Les étranges aventures d'Andrew Battell, de Leigh, en Angola et dans les régions voisines" situé à l'époque élisabéthaine. Une époque d'or pour l'Angleterre, , surtout d'un point de vue culturel et artistique (Shakespeare, Marlowe), les conflits entre catholiques et protestants ne sont pas encore présents. L'Angleterre est une grande puissance maritime, elle est en guerre seulement avec l'Espagne. Notre protagoniste nous relate à sa façon ce monde qu'il a quitté pour s'enrichir sur les côtes brésiliennes. Mais Andrew Battell, capturé par les portugais va devoir expier pendant une bonne moitié de sa vie, sa témérité. Son destin est scellé à ce continent africain qui va l'asservir, jusqu'au profond de son âme. Nous le suivons pas à pas lorsqu'il tombera dans les mains avides des portugais qui l'utilisent comme pilote pour dominer ce territoire plein de richesse à s'approprier sans états d'âme. L'esclavage est le commerce plus fructueux de ces contrées. Il est également adroitement manipulé par une femme, et si l'amour, la bonté et presque la naiveté du personnage nous émeut, de ses expériences néfastes il en tire une grande force qui nous surprend. L'immersion totale au coeur des ténèbres advient quand il doit survivre au milieu d'une tribu de cannibales qui n'ont d'autres visions que la destruction. Mais c'est en vivant à leur côté, que sous la superficie se cache une profondeur ténébreuse que le protagoniste devra combattre pour se retrouver lui-même.
Un livre qui nous plonge dans un univers totalement étouffant comme la nature sauvage de ces contrées en ces temps là, et doucement page après page on sort de l'enfer avec une expérience du passé qui semble si présente lors de la lecture. Chapeau! Sans oublier le style archaïque du livre avec un esprit totalement élisabéthain. le tournures de phrase sont élégantes et recherchées, c'est un plaisir à lire, en fin du moins pour moi.
Courage, ce roman fait 1054 pages, de découvertes, de frissons, et de plaisir!
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Pyjam
  13 décembre 2018
Par un tour du hasard (ou de la Providence), j'ai acheté le même jour mes deux meilleures lectures de 2018 : Terreur de Dans Simmons, et le Seigneur des ténèbres de Robert Silverberg, deux épais pavés de 1056 pages chacun (en poche, XXL). Ces deux livres sont des récits romancés d'histoires vraies se déroulant dans des contrées lointaines, peu connues, et inhospitalières : l'expédition de sir John Franklin à la recherche du passage du Nord-Ouest entre les terres glacées de l'Arctique en 1845 pour Terreur, et la capture et la déportation par les Portugais du marin anglais Andrew Battell en Angola autour de 1600 pour le Seigneur. Les deux livres ont encore un point (peu) commun : on y parle de cannibalisme !
Ironiquement, mais c'était mon choix, j'ai lu Terreur qui se passe dans les glaces en été, et le Seigneur en hiver. Moins 50°C dans un cas, plus 50°C dans l'autre cas. Mais de plus grandes différences marquent ces deux textes remarquables. La plus importante étant sans doute que les membres de l'expédition du Nord-Ouest sont partis de leur plein gré conduits par des hommes mus par l'ambition. Ils sont tous morts. Andrew Battell, en revanche, n'a presque jamais été maître de son destin pendant les 21 années qu'a duré son exil. Il en est pourtant revenu pour raconter son histoire.
Les circonstances étaient certes très différentes, mais on ne peut qu'être frappé par la rigidité de la conduite des explorateurs polaires, trop fiers pour s'adjoindre l'aide de la population locale. Comment des hommes civilisés pourraient-ils recevoir la moindre aide des sauvages ? Evidemment, ceux-ci ne sauraient leur prodiguer de bons conseils sur la manière de se vêtir ou de s'alimenter pour résister au froid, ou quelles routes suivre et lesquelles éviter. Que pourraient-ils bien connaître de la glace, eux qui ont vingt mots différents pour la désigner ?
À l'inverse, Andrew Battell doit sa survie à sa grande humilité et sa capacité d'adaptation exceptionnelle : à Rome, vis à la romaine, dit-on; alors chez les Portugais, apprends la langue et vis à la portugaise, et mieux (ou pire) encore : chez les Jaqqas, les terribles guerriers cannibales... vis à la Jaqqa !
Vous l'aurez deviné, les aventures d'Andrew Battell ne sont pas très catholiques, ni très protestantes non plus d'ailleurs, et le roman de Silverberg ne manque ni de détails crus ni de réflexions choquantes. Tout comme Terreur, c'est un roman qui nous immerge dans une ambiance riche de détails qui font vrai. Comme un tour que lui aurait fait le Seigneur, Andrew Battell, jamais maître de son destin, vit cependant une aventure mémorable qui traverse les siècles, riches en péripéties, en joies et en douleurs, en trahisons et en combats. Si votre coeur est bien accroché, c'est un roman à ne pas manquer, peut-être le meilleur de Silverberg.
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Aerynn
  14 août 2018
Un livre dense, effrayant quelquefois, mais que l'on ne peut pas arrêter . L'histoire de cette épopée cauchemardesque dans une Afrique fantastique est enivrante. On se délecte de la noirceur, on veut savoir ce qui va arriver, est-ce qu'il va survivre, se sortir de ses malheurs, jusqu'ou ira -t-il ? Jusqu'ou suivrons-nous Silverberg dans cette folie moite ?
Un livre comme tous ceux de Silverberg : a lire et relire.
Ce n'est pas de la SF c'est une histoire à la frange extérieure du réel.
Je le recommande, c'est terriblement bien !
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Stgenest
  16 septembre 2018
Que c'est long et répétitif... Je ne suis pas entré dans cette aventure. Les descriptions sont toujours les mêmes et les sauvages sont vraiment sauvages.Rien qui ne fasse comprendre les acteurs, rien d'anthropologique. Décevant.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
FifrildiFifrildi   21 octobre 2018
Au bout du compte, j'avais eu raison d'écrire ce livre qui, je crois, reste unique dans mon œuvre sur le plan de l'envergure ; et Don Fine avait eu raison d'exprimer des doutes quant à sa publication, car ce fut un échec commercial. Les libraires, reconnaissant dans le nom de son auteur celui d'un écrivain de science-fiction, placèrent le livre dans le rayon science-fiction ; et les lecteurs de science-fiction qui le prenaient pour feuilleter, voyant qu'il n'y était question ni de vaisseaux spatiaux, ni de machines à voyager dans le temps, ni de planètes étrangères, le reposaient sur son étagère. Quant aux lecteurs de romans historiques, il ne songèrent pas un instant à aller le chercher parmi les ouvrages de science-fiction et ne parvinrent donc pas à le dénicher. Ainsi disparut-il rapidement de la circulation dans mon propre pays, même si ailleurs, en traduction, il devait trouver de fervents lecteurs et connaître une carrière honorable.

(Extrait de l'avant-propos)
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FifrildiFifrildi   24 octobre 2018
Il est de tels hommes - enflés ainsi que des vessies de porc, gonflés d'orgueil à l'idée de leur naissance ou de leur mérite - qui se révèlent fort dangereux car ils sont faibles et dissimulent cette faiblesse derrière des actes pouvant passer hardis aux yeux d'autres hommes. Celui qui est véritablement fort peut hausser les épaules, s'esclaffer et dédaigner les querelles qui ne sont point de son honneur. Mais les faibles qui feignent la force n'ont point cette sagesse et assènent en la nuit le coup du traître.
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OlivOliv   28 novembre 2017
Puisque je n'avais rien d'autre à faire que de regarder autour de moi, j'observais attentivement et tâchais de retenir ce que je voyais. Et je m'émerveillais de ce que chaque nation d'Afrique possédât telle foison de ses propres coutumes, telles myriades de sortilèges, de charmes, de "mokissos" et même de philosophies particulières, tant qu'il faudrait en vérité un millier d'annalistes et un millier de vies pour tous les recenser — ce qui serait, à mon avis, du plus haut intérêt. Et pourtant, qu'adviendra-t-il si les Portugais arrivent à leurs fins et convertissent tout ce pays à la foi catholique ? Si tout le monde commence à se vêtir à la manière portugaise, à parler la langue portugaise, à aller à la messe et à renoncer à ses propres coutumes ? Vous pourriez me répondre que cela n'en serait que mieux, qu'il serait bon d'abolir les damnables coutumes païennes, et, jusqu'à un certain degré, je serais d'accord avec vous car je ne vois nul mérite à juger par le poison ou à exciser certaine partie de la femme ou à tels autres actes odieux. Pourtant, quand toutes ces choses auront disparu de la surface de la terre et qu'il en ira de même partout, que ce soit à Londres ou à Moscou ou en Turquie ou en Angola, n'aurons-nous point perdu une grande partie des richesses de ce monde ?
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FifrildiFifrildi   23 octobre 2018
On me permit de monter à bord pour l'examiner et m'accoutumer à elle. Pour un marin en effet, un nouveau vaisseau est un peu pareil à nouvelle femme qu'il faut apprendre à connaître. Toutes les femmes ont les mêmes parties de corps et ce aux mêmes endroits ou presque ; mais chacune d'elles est différente et par la taille, et par la forme et par le fonctionnement, et les plus grands chevaucheurs ont besoin d'un peu de temps pour comprendre leur marche.
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OlivOliv   24 novembre 2017
Tuer ainsi était pour moi chose nouvelle, du moins à si courte distance que je voyais la figure de ma victime et que je respirais sa sueur alors que je la défaisais. Il est vrai que lorsque je naviguais sur le "Margaret and John" durant la campagne contre l'Armada espagnole, je pris part à certains combats qui n'étaient point jeux d'enfants, mais où l'on tuait en effet à foison. En ce temps, je chargeais de lourds boulets dans la gueule des canons puis reculais immédiatement et contemplais les boulets fracasser les flancs des vaisseaux espagnols qui s'enflammaient aussitôt et se brisaient : cela est sans nul doute expérience de soldat. Nombre d'Espagnols périrent très certainement alors, et j'avais bien aidé à les envoyer en Enfer. Mais il est une différence — et une différence considérable ! — entre travailler parmi les canonniers d'un vaisseau pour tirer des boulets sus un ennemi sans visage à plusieurs centaines de brasses de vous, et frapper de votre propre main un homme seul qui se tient juste devant vous. La première manière reste un acte détaché tandis que la seconde est tuerie plus intime. Ainsi je reçus en quelque sorte en ce jour mon baptême du meurtre.
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Videos de Robert Silverberg (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Robert Silverberg
Ancienne colonie, la planète Belzagor a été rendue à ses deux espèces intelligentes. Des scientifiques décident d'assister à leur rituel secret, la cérémonie de la renaissance... Dessin : Laura Zuccheri Oeuvre originale : Robert Silverberg Scénario : Philippe Thirault
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