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EAN : 9782290332887
307 pages
J'ai Lu (02/04/2003)
3.83/5   389 notes
Résumé :
« Muller vivait depuis neuf ans dans le labyrinthe. Maintenant, il le connaissait bien. Il savait ses pièges, ses méandres, ses embranchements trompeurs, ses trappes mortelles. Depuis le temps, il avait fini par se familiariser avec cet édifice de la dimension d'une ville, sinon avec la situation qui l'avait conduit à y chercher refuge. »
Tous les hommes qui avaient tenté de pénétrer dans le labyrinthe de Lemnos avant Muller étaient morts d'une façon atroce. ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (43) Voir plus Ajouter une critique
3,83

sur 389 notes

Cela faisait un moment que l'envie me titillait de découvrir R.Silverberg et je dois dire que je suis ravi de cette rencontre.

Je ne sais pas s'il était pertinent de commencer par ce titre, je l'avais mis en "pense-bête" il y a longtemps suite à une critique, de plus le thème m'intéressait.

Cinq étoiles sans hésiter, j'aime beaucoup la sobriété du style et son côté intimiste et quasi documentaire.

j'ai aimé tous les aspects de cette lecture, un scénario subtil dans son déroulement, qui est Richard Muller ? Pourquoi s'est-il exilé sur cette planète hostile au coeur d'une ville mystérieuse qui est ni plus ni moins qu'un labyrinthe infesté de pièges mortels ?

Et surtout pourquoi une expédition est-elle organisée pour le tirer de sa retraite contre son gré ?

Beaucoup de mystères qui seront levés les uns après les autres à un rythme idéal, il faudra attendre la toute fin pour savoir, un aspect que j'apprécie infiniment ;)

De la pure SF, avec extra-terrestres et artefacts en prime, mais aussi et peut-être surtout des personnages intéressants à la psychologie particulièrement travaillée, je n'ai trouvé que des qualités à ce roman et je vais étudier la bio de l'auteur avec soin pour essayer de passer à la suite de la façon la plus pertinente possible.

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Bon,

Finalement ce roman me laisse une impression mitigée. Comment, pourquoi ? Difficile de faire le tri. Je vais essayer d'en parler avec toute la subjectivité possible :)

Je crois que le fait que ce roman constitue essentiellement une réécriture du mythe de Philoctète – si bien mis en scène par Sophocle (et paraît-il par Eschyle et Euripide aussi, mais ces dernières ont été perdues) – a malheureusement joué contre moi. J'ai pris le texte de Sophocle comme grille de lecture principale. Je comparais sans cesse les caractères des personnages, j'essayais de retrouver le rythme et le ton de la tragédie antique dans le texte du 20ème siècle. J'étais déçu quand ça ne collait pas. Si proche qu'il soit de son modèle, ce roman reste une oeuvre originale qui veut aborder ses propres thèmes.

La proximité avec Philoctète est patente, surtout dans les caractères des personnages. Boardman fait un Ulysse plus roublard et désagréable que l'original si c'est possible, mais on peut aussi le voir comme un Churchill qui n'hésite pas devant les moyens à employer (merci à Nadou38, splendide compagne de LC, qui m'a inspiré ce point). Rawlins est un authentique Néoptolème, naïf à souhait (même trop parfois) mais bordé de noblesse et de justice.

Mais le plus réussi est Muller, l'homme marqué d'une malédiction qui l'a éloigné de son espèce, isolé dans le labyrinthe. le caractère, les réactions de ce Philoctète sont beaucoup plus approfondies. L'homme est devenu bipolaire, enchainant le rejet intégral de l'ordurière humanité en général et de Rawlins en particulier, et le besoin vital de retrouver enfin un être humain avec qui parler. Il est persuadé qu'il a subi la punition divine des héros antiques qui cherchaient à dépasser leur condition humaine. Tout le roman tourne autour de lui, le reste est presque de l'habillage.

Presque. Car un autre thème est abordé que j'aime beaucoup : celui de la difficulté de communication entre espèces différentes. Dans ce roman, la communication est incroyablement difficile, le résultat est au minimum frustrant, au pire très dangereux. Robert Silverberg en vient pratiquement à déclarer qu'aucune communication n'est possible, hormis un darwinisme mécanique ou une relation du genre « botte-fourmi » mis en avant dans le premier film des Avengers. On n'est au-delà de la Stratégie Ender et La Voix des Morts d'Orson Scott Card où la communication était déjà un souci majeur.

Mais plusieurs trucs m'ont déplu : l'aspect trop mécanique de la pénétration dans le labyrinthe par l'équipe venue y chercher Muller ; on se croirait dans un vieux jeu vidéo des années 1990 comme Lara Croft ou Prince of Persia (encore une fois merci Nadou38 pour l'image). du coup, on se demande comment Muller a réussi sans avoir plusieurs vies (et j'ai presque pleuré de dépit quand il l'a expliqué). Autre chose : l'aspect artificiel des dialogues (j'avais dit que je serais subjectif). J'ai eu beaucoup de mal à y faire coller de vraies gens. Ce n'est pas de l'imitation du théâtre, ce n'est pas surjoué, c'est… très peu convainquant (en tout cas moi j'ai souvent raclé ma gorge). C'est peut-être un effet de la traduction. Enfin, Bob prend un peu par-dessus la jambe les dimensions de l'univers en cherchant la galaxie d'origine de certains extraterrestres et en la trouvant en une dizaine d'années. le genre de trucs qui m'agace.

Voilà. Résultat mitigé. Sauf sur un point capital : la LC avec Nadou38 qui a définitivement bonifié ma lecture et sorti de temps en temps de ma grille de lecture Philoctète. Un grand merci à elle.

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Dans le cadre du challenge Robert Silverberg, je continue à découvrir l'oeuvre de cet auteur et la, avec la lecture de L'homme dans le labyrinthe, j'avoue que je n'ai pas été déçue, au contraire.

J'avais choisi ce livre un peu au hasard, alléchée par la quatrième de couverture, et franchement, je ne peux que me féliciter de ce choix.

Un homme, dont on ne sait pas grand-chose au début si ce n'est son nom (Richard Muller) vit depuis 9 longues années dans un labyrinthe. Ce labyrinthe, truffé de pièges presque toujours mortels a ceci de particulier qu'il ne se trouve pas sur Terre. En effet, nous sommes à des années lumières de la Terre que Muller a quittée pour des motifs bien mystérieux. Il s'est réfugié et caché de l'humanité dans cet endroit inhabité et inhospitalier.

Mais, si Muller pense que tout le monde ignore son lieu de repli, il se trompe car rien moins qu'une expédition arrive sur sa planète avec comme mission principale de franchir ce labyrinthe et de lui mettre la main dessus.

Avec cette expédition, deux autres personnages vont partager la vedette avec Muller. le jeune Ned Rawlins, enthousiaste, idéaliste, qui se fait fort de rejoindre Muller et de la convaincre d'accepter de revenir parmi les siens. le deuxième, Charles Boardman, beaucoup plus retors, nous fait bien comprendre que tous les moyens seront bons pour mettre la main sur Muller.

Le labyrinthe reste évidemment le centre de cette histoire et malgré tous les pièges qui y fourmillent, on n'a qu'une hâte, lire la suite. Ce que j'ai d'ailleurs fait en l'espace d'un week-end.

J'ai vraiment bien aimé lire cette histoire, où l'on s'interroge régulièrement sur les raisons qui ont amenées Muller à se réfugier dans un endroit aussi inhospitalier. L'ambiance de cet endroit plus que dangereux est fort bien restituée et Silverberg possède vraiment un sacré talent de conteur. On ne découvre qu'au fur et à mesure de la lecture les réelles motivations des différents protagonistes.

En conclusion, je ne rajouterais qu'une chose : j'ai adoré et puis c'est tout !

Un de mes préférés pour le moment, je dois l'avouer…

Challenge Robert Silverberg

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Pourquoi donc Muller a t'il choisi de quitter la terre et de venir vivre dans un labyrinthe truffé de pièges mortels ?

Cela fait pourtant neuf ans qu'il vit là, tout seul…

Mais une équipe de terriens arrive bientôt et a pour mission de le ramener avec elle.

Dans quel but ?

Beaucoup de questions sont posées dans ce roman que j'ai beaucoup aimé et les réponses nous seront fournies au fur et à mesure de la lecture.

L'intrigue est véritablement prenante, l'écriture est sobre, le style est plaisant, et les personnages sont très travaillés.

Un excellent roman de science-fiction.

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Nouveau format de critique où j'analyse le texte par l'intermédiaire de questions soulevant tous les aspects de fond du récit. La critique révèle néanmoins en grande partie l'intrigue du livre.

Ce chef d'oeuvre de Silverberg aborde de nombreuses notions sans pouvoir toutes les développer, et laisse beaucoup d'interrogations du lecteur sans réponses.

Le personnage de Muller semble avoir jusqu'aux dernières pages du livre une vision pessimiste de l'humanité, une opinion qui sera balayée à grand fracas à la toute fin du livre d'une façon très optimiste et émouvante.

Si l'on s'attendait à un récit centré sur le labyrinthe de Lemnos, le scénario dépasse très vite le contexte du labyrinthe mais laisse des questions sans réponses: qui sont les mystérieux constructeurs de labyrinthe et pourquoi l'ont-ils construit? Pour se protéger de quoi? Et quelle est cette mystérieuse maladie qui semblait anéantir toutes les espèces intelligentes de la galaxie à une même période de l'Histoire, et qui eut raison des constructeurs du labyrinthe?

Qui sont vraiment les Hydriens? Une communication est-elle vraiment possible avec-eux? Sont-ils vraiment inférieurs aux hommes? Qu'ont-ils vraiment fait à Muller? Il y a-t-il une discipline commune avec eux, un domaine absolu comme les mathématiques qui serait similaire à toutes les espèces possédant une intelligence développée? Les Hydriens ont-ils finalement aidé inconsciemment ou non l'humanité (et eux-mêmes par la même occasion) en infligeant ces dommages à Muller?

L'action de Muller a-t-elle suffit à faire comprendre aux Extragalactiques que l'humanité était consciente et intelligente et ne devait pas être soumise? Est-ce que des êtres considérés supérieurs à d'autres auraient plutôt tendance à asservir les êtres inférieurs ou au contraire à être bienveillant à leur encontre, leur supériorité étant signe de sagesse, ne leur conférant donc pas le besoin d'asséner cette supériorité en asservissant ceux qui leur sont "inférieurs"? Lorsque l'on cherche une réponse chez les hommes, qui n'hésitent pas à réduire en esclavage tout ce(ux) qui leur semble inférieur, l'avenir se révèle inquiétant si l'humanité devait tomber sur des êtres supérieurs à eux dans la galaxie.

Silverberg envisage les deux extrêmes de l'humanité, et symbolise son mauvais côté (même si Silverberg insiste sur le fait que l'idée de clivage bien/mal est absurde) par Boardmann, qui cependant ne semble vouloir agir que pour la sauvegarde de l'humanité: cette ambivalence appelle à se demander qui croire? Boardmann est-il vraiment le "méchant" de l'histoire?

En quoi la réaction de la majeure partie des humains face à la maladie de Muller est-elle révélatrice de la mauvaise partie de l'humanité et justifie le profond dégoût et mépris de Muller pour l'humanité? Qui de Muller ou du reste de l'humanité déteste le plus l'autre? Pourquoi Muller accepte finalement si facilement de collaborer avec Boardmann, ce qui tranche avec tous les propos qu'il a tenu?

Pourquoi le fait de pouvoir voir l'âme de Muller ne laisse apparaitre aux yeux du monde entier uniquement le coté obscur de Muller, ne dévoilant que la partie puante (dans les termes de Silverberg) de l'âme de Muller? Qu'en est-il de la belle partie de l'humanité qu'il y a chez Muller, de son bonheur, de ses souvenirs heureux, de son ambition débordante, de son ambition de devenir un Dieu? Pourquoi n'est ce pas cela que l'on aperçoit lorsqu'on approche Muller?

Toute ces questions que suscite le texte témoignent de la profondeur de ce récit et du grand génie de son auteur, Silverberg.

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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
Manquer d'un membre, d'un œil, ou avoir une infirmité quelconque était considéré comme un crime esthétique: tout pouvait être réparé et la bienséance commandait d'offrir à ses congénères une apparence agréable. Les imperfections et la laideur outrageante étaient éminemment antisociales.
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L'homme n'avait pas été créé pour traverser ainsi le vide, d'un astre à un autre... On prétend que notre époque offre le plus grand champ à l'existence humaine, mais je crois qu'un homme gagne plus à connaître chaque grain de sable doré d'une seule petite île du Pacifique que de passer sa vie à bourlinguer ainsi, de monde en monde.
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- (...) A la guerre, un soldat tue parce que l’univers lui impose cette situation. Ce peut être une guerre injuste et il se peut que son frère se trouve dans le vaisseau qu’il doit viser, mais la guerre est réelle et il doit y tenir son rôle.
- Et où placez-vous le libre arbitre dans ce mécanisme universel dont vous parlez, Charles?
- Nulle part. Il n’y en a pas. C’est pourquoi l’univers sent mauvais.
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Si cela ne peut être reproduit en laboratoire, ce n’est pas réel. Si cela ne peut être mis en équation, ce n’est pas réel. S’il n’y a pas de circuits, ce n’est pas réel. C’est ainsi que parlait son père. Comment pouvait-il être transformé fondamentalement au point d’émettre réellement ses propres émotions?
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Rawlins, en un éclair, avait pris conscience des discordes et des troubles qui étaient le sort commun : les chances gâchées, les amours ratées, les paroles trompeuses, les douleurs injustes, les désirs, les envies, les convoitises coupables, la morsure de la faim, les frustrations qui rongent et brûlent la chaîne du temps, la mort des petits insectes en hiver, les larmes des choses. Il avait reçu d'un coup le vieillissement, l'affaiblissement, l'impotence, la fureur, l'abandon, la solitude, l'isolement, la désolation, la rage impuissante et la folie. C'était un hurlement silencieux criant la colère cosmique.
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Videos de Robert Silverberg (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Robert Silverberg
Ancienne colonie, la planète Belzagor a été rendue à ses deux espèces intelligentes. Des scientifiques décident d'assister à leur rituel secret, la cérémonie de la renaissance... Dessin : Laura Zuccheri Oeuvre originale : Robert Silverberg Scénario : Philippe Thirault
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