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ISBN : 2875574140
Éditeur : La Boîte à Pandore (31/10/2019)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Si la France compte 1,2 million de personnes âgées dépendantes aujourd’hui, elles devraient être 1,8 million en 2050. Cette augmentation inquiète les professionnels de la santé car le manque d’effectifs n’est pas près d’être pallié.
Éva Silvio, infirmière ayant exercé dans divers secteurs, nous immerge dans le monde des EHPAD – Établissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes – et nous invite à réfléchir sur la considération des seniors, sur les v... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
popie21
  09 novembre 2019
Éva Silvio c'est le pseudonyme de…, d'une très chère amie babéliote. Pas une raison pour faire du copinage mais bien sûr que j'ai voulu lire son premier livre, je me suis même jetée dessus !
C'est un témoignage édifiant, un morceau de vie d'une femme pleine de bonne volonté et désireuse de se mettre au service des autres. de l'empathie et de l'énergie à revendre, elle décide de devenir infirmière. Sur le papier, c'est un beau métier, l'un des plus beau peut-être. Mais dans la pratique, c'est devenu une toute autre histoire, un vrai sacerdoce, il faut y croire pour le pratiquer.
C'est un constat, jamais amer et bourré d'autodérision, sur ce métier et sur ceux qui le pratiquent. le constat d'une profession soumise aux règles du marché, où les patients deviennent des numéros, où les horaires s'étendent bien plus que le salaire, où l'on doit produire du soin à la chaîne et savoir être multitâche pour pallier au manque de personnel et aux absences. L'absence qui survient quand les soignants à bout de forces, à force de lutter, cassent la corde sur laquelle ils tirent depuis trop longtemps.
Éva Silvio nous dit tout, nous montre tout avec une grande sincérité et beaucoup d'anecdotes rigolotes qui aident à faire passer la pilule que doit avaler chaque jour le personnel de santé. Il en faut du courage pour résister à ce rythme, quand on aime ses patients et qu'on n'a pas de temps à leur consacrer, quand on aime son métier mais qu'on a pas les moyens de l'exercer correctement, quand les contraintes deviennent tellement grandes que la seule issue pour ne pas se perdre soi-même est de raccrocher la blouse.
Je comprends mieux à présent pourquoi cette amie me paraît toujours être branchée sur secteur, pourquoi elle cavale encore et toujours comme le petit lapin aux piles Varta – cherchez pas les jeunes, il n'existe plus ;-). Elle court, elle court l'infirmière, elle court tellement vite pour moi, que j'avoue m'être un peu perdue parfois entre les noms des collègues, celui des patients, les spécialités exercées, les tensions, les transmissions, les démissions et les rémissions. Mais je ne suis pas infirmière moi, jamais je n'ai eu à exercer un métier aussi exigeant, qui demande d'être toujours à cent pour cent, toujours à cent à l'heure. Déformation professionnelle oblige comme le dit Éva, quand on est infirmière, quoiqu'il arrive, on le reste pour toujours.
Bon et ben donc, même si c'est ma copine qui l'a écrit, j'ai beaucoup apprécié ce livre et c'est avec plaisir que j'ai lu ce témoignage bourré de tendresse et d'humour ; j'en admire d'autant plus son auteure. Ceux qui la connaissent retrouveront son style inimitable, jamais à cours de bonne humeur et de jeux de mots, elle qui après avoir soigné tant de maux retrouve enfin sa sérénité dans l'amour des mots. J'espère que beaucoup d'autres la découvriront et sauront l'apprécier. En tout cas après cette lecture, plus question d'oublier de dire merci à tous les soignants avant de quitter sa chambre d'hôpital.
Merci Jmlyr, merci "la fermière", merci l'infirmière !
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Annette55
  14 novembre 2019
«  Elle court, elle court, l'infirmière .Elle tue le temps, et même quand elle en a , elle court encore .Son métier l'a trop habituée .Elle ne pourra plus jamais s'arrêter .... »
«  Je ne veux plus entendre crier toute la journée les mêmes mots, les mêmes paroles, qui me rappellent que demain je serai peut - être ainsi . »
Deux extraits de ce récit que chacun devrait lire ....
Lu d'une traite avec attention, ce « récit - témoignage »vivant, complet , vibrant, pétri d'humanité , ne cache rien des hésitations , de la force de volonté , de la longue expérience enrichissante, en de multiples domaines : (chirurgie orthopédique , pneumologie , cancérologie , EHPAD .)...et j'en oublie, de la lucidité , de la fatigue, de l'usure, du découragement , du désir de lisse, de l'épuisement , du mal de dos, de C ....Pseudo Eva, mon amie littéraire qui a eu la grande gentillesse de me l'envoyer.
Personne n'imagine le quotidien aberrant de ces infirmières patientes , souriantes, à toute épreuve , taillables et corvéables à merci , ces aides- soignantes accueillantes , sérieuses et consciencieuses, ces coordinatrices que l'auteure n'oublie surtout pas de valoriser .....
Elles courent , elles courent , ces soignantes exemplaires en EHPAD affrontant jour après jour: insultes au quotidien , coups de pieds , pression insupportable, infinie , fin de vie , agressivité , éclairs lumineux de lucidité ...parfois,...
On fait connaissance avec monsieur Boulon, madame Oh, la la , Oh, la la , madame F..... et bien d'autres...
On apprend beaucoup au fil des pages : procédures de formation, recrutement, partage d'expériences professionnelles difficiles , Incompréhensions d'une administration tatillonne , méfiance , engagements de ne rien divulguer, comparaison entre services, manque d'effectif récurrent , solitude du week- end , conditions d'exercice limites,
détails des soins parfois barbares , toilettes du matin et pansements ,riches et enrichissantes allusions à Elisabeth Kübler- Ross , psychiatre renommée qui accompagna des centaines de mourants et pensait qu'il existait une vie après la mort ...
L'écriture n'est pas enfantine , non, pas du tout, spontanée, réaliste , touchante et agréable .
Dans sa sincérité absolue, Eva ne nous cache rien même ses promenades aux côtés de son grand - père ( décédé trop tôt) dans les hauteurs Du Mont - Ventoux , il n'était que « douceur et bonhommie enveloppé de cent - vingt kilos de gentillesse » .
Les anecdotes amusantes et le surf , la couse à pied , les tartes du grand - père allègent la partie médicale même si le passage à propos des cancers du sein ( pour des raisons personnelles et familiales) m'ont à la fois sincèrement interpellée , émue , ( Terrible) , par la merveilleuse empathie et compréhension dégagée par Eva .
Ah, «  ce n'est pas un métier très sucré » nous dit elle , mais on reste infirmière à vie... N'est ce - pas!
Le lecteur curieux , ébahi, enchanté , emporté par tant de sincérité , de courage, de dynamisme de bel humour se laisse entraîner par cette énergie créatrice , cet allant toujours généreux, ce besoin de faire bouger un peu les choses , si vivifiant comme l'air et les vagues de l'océan , Eva .
Bravo, bravo, Un pur moment de bonheur , je souhaite que chacun puisse lire ce livre émouvant, riche d'humanité et d'enseignements .....
Ah !«  La salle des plaisirs du palais » et «  le monte- escalier . »
L' oeuvre aboutie d'une « Belle »personne qui a vécu moult péripéties....En vivra encore énormément grâce à son nouveau métier ouvert aux autres ,...
peut- être de plus légères ....
Encore merci pour l'envoi et ta confiance , Eva !
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1967fleurs
  10 novembre 2019
Quand j'ai appris la sortie du livre Eva Silvio, j'ai couru à Cultura me le procurer, enfin le commander…
Deux jours plus tard, un petit SMS, et je me précipite à nouveau pour prendre mon paquet. Je l'ouvre au volant de ma voiture à l'arrêt, volumineux pour un ouvrage de taille normale….
Une heure seulement de pause, alors j'ai décidé de manger ses mots.
C'est hier que j'ai refermé ce livre, un pur bonheur, un agréable moment de lecture. Pourtant le sujet…n'est pas de toute gaieté. Pour travailler en EHPAD, il faut être remplie de convictions…car le public n'est pas facile et les moyens restreints.
Eva nous raconte donc son quotidien en forme de marathon. Elle a de l'énergie à revendre, de la dissuasion, elle est authentique, magnanime et essaie de donner de son humanité aux personnes qui ont croisé sa route, avec l'aide de son équipe.
Elle est une force de proposition auprès de la direction pour faire évoluer quelques pratiques tout en collaborant avec les familles.
Le sujet, résident est une personne et non un numéro de chambre, c'est cela qui fait toute la différence. Eva est réaliste, bienveillante malgré toute l'énergie qu'elle déploie, elle se rend à l'évidence, elle ne tiendra pas longtemps.
Elle nous raconte son parcours fait de rencontres toutes inédites et uniques, de situations professionnelles cocasses, de moments douloureux aussi.
Et puis il y a cette trajectoire qui va s'imposer à elle.
Je ne vous en dirai pas plus….
J'ai aimé son évocation à Elisabeth Klubber Ross, auteur pionnière dans sa façon d'appréhender le sujet.
La plume d'Eva est sincère, dynamique, pleine d'humour ce qui fait passer plus aisément les sujets délicatement abordés : la fin de la vie, la prise en charge de la dépendance, la solitude, la démence, parfois avec des éclairs de lucidité… l'annonce d'un diagnostic, la maladie, le soin, et des victoires heureusement…
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gouelan
  15 novembre 2019
Éva Silvio nous raconte son métier d'infirmière comme si on y était. On imagine très bien les scènes avec les patients ou les résidents de l'EPHAD. On la voit courir à travers les couloirs, se perdre dans les labyrinthes, réprimander les impatients avec délicatesse.
Ce qui m'a le plus touchée dans ce récit de vie, ce sont les résidents de l'EPHAD.
Ils ont tout leur temps alors que temps manque au personnel soignant. Ils sont dépendants, devenus enfants, indociles, déraisonnables. Les infirmières et aides-soignantes débordées.
Elles débordent cependant d'inventivité et de volonté. Il ne manque que davantage de personnel, de matériel, pour rendre la fin de vie décente. Pourtant ces personnes âgées paient assez cher leur séjour en résidence...
Éva lève le voile sur la réalité du métier d'infirmière. Les horaires, la surcharge de travail, la violence aussi. Mais elle le fait avec une pointe d'humour. Et surtout elle partage avec le lecteur des moments de complicité attachants avec les malades, les résidents et les collègues de travail.
Éva a lâché la blouse blanche pour ne plus courir que dans la nature, épargner son dos, et sa peine devant tant de souffrance et de décadence. Pour souffler et profiter de sa vie de famille.
À découvrir. C'est friand d'anecdotes et de leçons de vie.
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FRANCKYL
  16 novembre 2019
les témoignages les plus vrais sont ceux qui jaillissent directement du coeur! Eva Silvio est non seulement une professionnelle aguerrie (et on verra que les conditions de travail l'exigent) mais aussi une plume vivace, fantaisiste et acérée. Quiconque a déjà mis les pieds dans un EHPAD (on disait une maison de retraite en un temps moins normatif), y trouvera des mots justes mis sur ses ressentis, des réponses aux questions qu'il n'a pas osé poser.....C'est du vécu, du concret, du précis ce qui n'empêche pas ce témoignage, à la fois lucide et bienveillant, de baigner dans une "humanité" de plus en plus rare....et donc appréciable. A lire et faire lire aux aidants, aux curieux et aux autres!
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
gouelangouelan   15 novembre 2019
Je troque mes seringues pour des stylos à plume, et m’en vais écrire sur des parchemins. Si en chemin je croise des pèlerins, je leur proposerai de rédiger leur biographie, pour la pérennité des confidences, dans la plus grande intimité. Écrire pour tous ceux qui ont envie de laisser une trace, pour leur famille, leurs enfants, ou leurs amis. Consigner leur histoire, extraordinaire ou simple. Transcrire un fragment de leur vie, avant l’oubli. Quoi de plus beau aussi que de donner la parole à ceux qui partent pour le voyage ultime, et qui ont encore des souvenirs à révéler, des secrets à chuchoter, mais plus la force de les noter eux-mêmes
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gouelangouelan   15 novembre 2019
Combien de secrets disparaîtront pourtant dans le cercueil, réduits en poussière pour ressurgir peut-être dans quelques années, et transpirer dans l'esprit des descendants ? Certains parlent de psychogénéalogie.
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gouelangouelan   15 novembre 2019
Au début, dans certaines chambres, je trouve que des personnes âgées sont décidément très isolées et reçoivent bien peu de visites. Je ne me mêle pas de leur vie privée, je suis là pour soigner ; mais quand même, de temps en temps, je sais qu'ils ont semé le mal.
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Annette55Annette55   14 novembre 2019
«Ah, bon? moi je m’en fous pas mal, je fais mon boulot et je peux me regarder dans une glace sans sourciller.
Ministre ou clochard, noir ou blanc , je soigne sans distinction de race , ni de classe, et il en est de même pour tous les soignants( j’espère ) .
Alors j’y vais , l’angoisse au ventre !
Que vais-je trouver cette fois? » .
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gouelangouelan   14 novembre 2019
Quelle drôle d'idée de nous faire durer autant ! Nous pourrions partir avant, juste quand ça s'arrête d'être bien, non ?
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