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Pierre-Paul Durastanti (Traducteur)
EAN : 9782290250105
192 pages
Éditeur : J'ai Lu (07/04/2021)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 222 notes)
Résumé :
Etrange demeure que cette ferme Wallace, qui se dresse sur une falaise escarpée du Wisconsin. Enoch Wallace, son propriétaire, vit là, de toute éternité semble-t-il... Depuis bientôt deux ans, Claude Lewis - agent des Renseignements déguisé en ramasseur de gingseng - enquête et tourne autour de la ferme...
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
jamiK
  30 novembre 2016
L'histoire commence avec un mystère : qui est ce jeune homme de plus de 120 ans qui semble avoir une vie de solitaire ? Je pensais au début que le roman serait une enquête sur ce personnage, mais ce n'est pas du tout ça. le mystère est vite résolu et on rentre dans l'intimité d'Enoch Wallace.
En fait le roman tourne autour de la vie extraterrestre et de la maturité du monde des humains. L'histoire se passe dans un coin perdu du Wisconsin au moment de l'apogée de la guerre froide en 1963. On voit passer le temps, avec lenteur, dans la campagne américaine, entre visions bucoliques et rencontre avec de sages extraterrestres. Enoch Wallace ne lance aucun jugement, il accompli la tache qu'on lui a demandé et observe avec détachement les évènements comme une sorte de Candide. Il y aura un peu d'action vers la fin, mais ce n'est pas ce qui est important.
Ce qui m'a plu dans ce roman, c'est qu'il n'est pas écrit comme un roman de SF, les évènements paraissent naturels. La Guerre Froide n'est pas vraiment évoquée, juste suggérée. On se laisse emporter par sa poésie et notre pensée se ballade au fil des chapitres au travers de grands thèmes, la guerre, la paix, la sagesse, notre place dans l'univers... On se surprend même parfois à observer la nature.
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Arthur409
  17 avril 2021
Dans un coin perdu du Wisconsin, au milieu années 1960, il y a une ferme où vit, seul, un certain Enoch Wallace. Pas très causant, il fréquente peu ses rares voisins, mais discute volontiers avec le facteur qui semble son seul lien avec le monde extérieur.
Mais Enoch est bien occupé, car la ferme est en réalité un relais spatial : elle sert d'étape à des extra-terrestres de toutes sortes qui voyagent d'un bout à l'autre de la galaxie. Ils se déplacent par une sorte d'intrication quantique instantanée, s'incarnent dans un corps temporaire fabriqué à l'aide d'un « matérialiseur » relié à une cuve adaptée, et quand ils repartent pour une nouvelle étape de leur voyage, leur corps provisoire est détruit dans une installation spéciale.
En plus de son rôle d'hôte d'accueil, Enoch est une sorte de correspondant de la Terre auprès des galactiques. Il leur transmet un grand nombre d'observations sur l'avancée des sciences et des techniques sur notre planète, sur l'évolution de nos sociétés. L'enjeu, très important, est l'entrée éventuelle de la Terre dans la puissante Fédération Galactique !
Mais quelques grains de sable viennent perturber le fonctionnement de cette organisation. Un agent des services secrets, genre Mulder des X-Files, découvre qu'Enoch, qui paraît âgé d'une trentaine d'années, a combattu pendant la Guerre de Sécession et serait âgé de plus de cent vingt ans… Et quelque part dans la Galaxie, le Talisman, qui permet aux membres de la Fédération Galactique d'être reliés à une puissante force spirituelle, a été volé !
Je laisse le lecteur découvrir le dénouement de cette intrigue, qui, au-delà du récit imaginaire, est sous-tendu par une réflexion sur la violence humaine et la guerre.
Le livre a été écrit en 1963, et a reçu le prix Hugo 1964. Nous sommes alors en pleine guerre froide, la crise des missiles de Cuba vient d'avoir lieu. L'atmosphère est lourde dans le monde, ainsi que peuvent l'évoquer des chansons comme « Il y avait une ville » de Claude Nougaro (1958) ou « A Hard Rain's a-Gonna Fall » de Bob Dylan (1962). Je me souviens personnellement de cette époque et de son ambiance oppressante.
Dans sa retraite solitaire, Enoch, marqué par ses combats de la Guerre de Sécession, se livre à une analyse de la violence qui lui semble inhérente à la nature humaine. Violence collective de la guerre, absurde, bien sûr, mais aussi la violence qui semble ancrée dans chaque individu, et qu'Enoch ressent quand il la libère dans le stand de tir ultra-réaliste que les extra-terrestres lui ont aménagé au sous-sol de la ferme. Comment une race aussi violente que l'humanité pourra-t-elle être admise dans la Confédération Galactique ? Il existerait bien une solution, suggérée par le mentor extra-terrestre d'Enoch mais elle supposerait une régression totale de l'humanité, et Enoch ne peut s'y résoudre.
La solution fait appel à une part de merveilleux, comme si la sagesse humaine était insuffisante pour résoudre le problème …
Ce roman n'est pas une épopée spatiale à grand spectacle, il n'y a pas de vaisseau futuriste, les extra-terrestres sont à peine décrits, car ce n'est pas leur apparence qui importe, mais leur message. Il n'y a pas d'aliens hostiles (sauf un…), ils sont plutôt amicaux et ne transitent jamais par la ferme d'Enoch sans lui apporter un cadeau (dont souvent il ne sait pas que faire !). Non, ce livre est plutôt une fable, un conte philosophique que l'auteur de « Micromégas » n'aurait peut-être pas renié.
Deux commentaires sur la forme pour terminer :
- Cette nouvelle édition du roman est issue d'une excellente traduction de Pierre-Paul Durastanti. Je me permets cependant une remarque : avoir appelé les voyageurs en provenance de Vega des « végans » est certes logique, mais un peu déstabilisant étant donné que ce mot a été récemment créé dans une tout autre signification…
- J'ai bien aimé l'illustration de couverture, avec le symbole « Google maps » planté sur la ferme d'Enoch, avec cependant un style de dessin très « Amazing Stories » qui rappelle les années 50 -60.
Merci à Babelio et aux éditions « J'ai Lu » pour cette lecture originale qui incite à réfléchir, dans le cadre d'une « Masse Critique ».
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Le_chien_critique
  03 avril 2018
De la SF picaresque sur fond de Chanson pour l'auvergnat.
J'avais beaucoup aimé le roman A travers temps, de Robert Charles Wilson, dont j'avais lu qu'il s'inspirait de ce roman de Simak. Il me tardait de lire l'oeuvre originel, pas de réel réécriture, plus une variation / hommage à ce Carrefour des étoiles.
Une campagne isolée avec quelques fermes aux habitants frustres. Une rumeur, un homme aurait 120 ans, de quoi alerter quelques agences de sécurité intérieure... Peu a peu nous faisons connaissance avec cet habitant un peu particulier, son travail et ses rencontres.
Malgré la présence de la CIA et de ET, ne vous attendez pas à "lire" le film Men in Black dont les ressemblances sont assez nombreuses. Pas ou peu d'actions ici, l'humour est en berne, et une certaine nostalgie baigne l'ensemble.
Dans Au carrefour des étoiles, ce n'est pas Etoile qui est important, des aliens nous ne serons que peu de choses, mais bien le terme Carrefour. Carrefour dans la vie d'un homme, au "bilan" de sa vie et qui s'interroge sur l'humanité. La sienne mais surtout celle de l'Homme et des autres races extraterrestres. Un bilan mitigé pour les deux camps.
Roman écrit en pleine Guerre Froide, Simak se demande si tout cela est bien raisonnable. le progrès technique est loin d'apporter le progrès humaniste. Bien que daté par cet événement historique, le roman reste universel dans son questionnement.
Simak n'oublie pas cependant qu'il écrit de la SF : la technologie extraterrestre est bien présente, vous y découvrirez les autoroutes intergalactiques avec leur mode de téléportation étonnant, ainsi qu'une maison dont les super héros voudraient comme demeure inviolable. Mais cela reste avant tout une réflexion humaniste : Qui suis-je, où vais-je, dans quel état j'ère ? A mon sens, un roman indispensable si la question de l'Autre vous intéresse.
Tout n'est pas sans défauts, la fin se devine assez facilement, les personnages secondaires sont assez vite brossés, certains passages sont empreint de religiosité ou de sirupeux, mais dans tout ce vacarme du monde, un peu de sérénité fait du bien.
Notons la prouesse des éditeurs du monde entier : tous ont réussi à sortir des couvertures plus hideuses les unes que les autres. Comme quoi, être uni est possible !
Pas de version électronique légale, la dernière édition papier date de 2004 dans l'omnibus Les mines du temps, ce roman est hors mode.
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Masa
  26 novembre 2014
Au carrefour des étoiles fut récompensé en 1964 par le prestigieux prix Hugo. Dans ce court roman, nous suivons un homme pas comme les autres, du nom de Enoch Wallace. Il a été choisi par la communauté intergalactique afin de surveiller la station sur la Terre. Bien complètement différent, je n'ai pu m'empêcher de penser au récit I'm legend de Richard Matheson. Peut-être cette complicité qu'a le lecteur avec le personnage principal.
En lisant ce livre, j'ai reçu un pointe de mélancolie et de nostalgie. J'aime beaucoup la plume de Clifford D. Simak. J'avais déjà eu l'occasion de goûter à ses récits avec l'excellent recueil : Des souris et des robots. Encore une fois, il nous distille d'une écriture humaniste et parfois naïve.
Clifford D. Simak est un conteur. Je l'imagine parfaitement l'écoutant narrer l'une de ses histoires au coin d'un feu.
Une chose ne changera jamais. Dans ce récit, écrit en 1963 (Way station), l'auteur expose une guerre imminente entre les deux gros blocs. Depuis, les choses ont changé, mais pas tellement sur le fond. de nos jours, le conflit est mondial avec les événements au Proche-Orient. Les êtres humains continueront toujours à faire la guerre.
L'auteur reste sur une pointe d'optimiste parfois un peu trop de gentillesse, un regard bien naïf. C'est un très bon roman, qui se lit aisément grâce au talent de Clifford D. Simak.
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Walktapus
  19 juillet 2012
Voilà incontestablement le roman de Simak que j'ai préféré. Et j'aime Simak en général !
Nourri à la guerre froide et pourtant atemporel, sans illusion sur l'espèce humaine et néanmoins fondamentalement optimiste, totalement galactique tout en étant enraciné dans le terroir du Wisconsin, ce livre est une fable pacifiste et humaniste, avec de l'émerveillement, du suspens, une trame simple et limpide, et le point de vue humble et terriblement attachant des héros simakiens.
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
Arthur409Arthur409   17 avril 2021
Il ferma les yeux une seconde, revoyant la pente devant lui, les files interminables de soldats qui avançaient dans la fumée, sachant que ces hommes montaient à l’assaut de la crête dans un seul but : les tuer, lui et ses compagnons qui la défendaient.
Ce n’était ni la première ni la dernière fois, mais toutes les années qu’il avait passées le fusil à la main se résumaient à ça – non pas le combat qui avait suivi, mais cet instant, aussi long que terrible, pendant lequel il avait regardé les soldats en uniforme gris gravir d’un pas décidé un versant de colline pour venir le tuer.
C’est là qu’il avait compris la folie de la guerre, le geste futile qui finissait par devenir inutile, la fureur qu’il fallait nourrir bien au-delà du souvenir de l’incident qui l’avait provoquée, l’illogisme selon lequel un homme, en causant la mort ou le malheur, pouvait prouver son bon droit ou faire respecter un principe.
Quelque part dans sa longue histoire, l’humanité avait érigé une folie en principe auquel elle s’était cramponnée jusqu’à ce qu’il risque de détruire, sinon l’espèce, tous les biens, matériels et spirituels, devenus ses symboles au fil de siècles durement gagnés.
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Arthur409Arthur409   17 avril 2021
Un jour, il l’avait découverte devant le tapis de sabots de Vénus roses ; agenouillée, elle contemplait les fleurs sans en cueillir une seule. Il s’était arrêté à son côté, ravi qu’elle les laisse en paix, et comprenant que les admirer leur apportait à tous les deux une joie et une plénitude qui valaient beaucoup plus que la simple possession.
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Arthur409Arthur409   17 avril 2021
Ma foi, dit le facteur en se calant face à son volant, peu importe ce qu’on est, du moment qu’on s’entend. Si certains pays prenaient exemple sur des petits voisinages comme le nôtre, s’ils s’inspiraient de notre façon de vivre ensemble, le monde se porterait bien mieux.
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Arthur409Arthur409   17 avril 2021
La guerre tenait-elle d’une réaction instinctive dont les individus lambda portaient tout autant la responsabilité que les politiciens et les soi-disant hommes d’Etat ? Ca paraissait inconcevable, pourtant, au fond de chacun, la combativité, l’agressivité et la compétitivité résidaient, qui entraînaient un conflit d’une sorte ou d’une autre si on les pratiquait jusqu’à leur conclusion logique.
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Arthur409Arthur409   17 avril 2021
Il en allait ainsi de l’homme depuis toujours. Il abritait la terreur. Et c’était de lui-même qu’il avait peur.
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