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Pierre-Paul Durastanti (Traducteur)
EAN : 9782290250105
192 pages
J'ai Lu (07/04/2021)
3.93/5   273 notes
Résumé :
Étrange demeure que cette ferme Wallace, qui se dresse sur une falaise escarpée du Wisconsin. Enoch Wallace, son propriétaire, vit là, de toute éternité semble-t-il... Depuis bientôt deux ans, Claude Lewis - agent des Renseignements déguisé en ramasseur de gingseng - enquête et tourne autour de la ferme...
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Critiques, Analyses et Avis (46) Voir plus Ajouter une critique
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Fifrildi
  01 mai 2021
Au carrefour des étoiles (Way Station, 1963) a reçu le prix Hugo en 1964. C'est le deuxième livre que je lis de l'auteur et il m'a donné très envie de poursuivre mon exploration de son oeuvre.
Les anciennes éditions (avec les pages jaunies et les couvertures parfois rebutantes) ne font pas toujours envie. C'est donc une bonne chose qu'il existe des rééditions avec, pour ce roman, une nouvelle traduction de Pierre-Paul Durastanti.
C'est l'histoire d'Enoch Wallace un vétéran de la guerre de Sécession. La guerre est finie depuis longtemps, mais lui semble traverser le temps sans vieillir. Quel mystère se cache sous cette apparente immortalité ? Un coup d'oeil à la 4e de couverture vous en dira plus qu'il n'en faut! Évitez donc de la lire si c'est possible.
Enoch est un personnage vraiment intéressant et son point de vue sur les choses l'est aussi. Sa tâche l'amène à faire des rencontres d'êtres fort différents mais il n'a aucune difficulté à les apprécier au-delà de leur apparence et des différences culturelles. Simak nous propose une belle leçon de tolérance.
La menace d'une nouvelle guerre est au centre des préoccupations de l'époque (guerre froide) et cela se ressent assez fort. Plus qu'une guerre, les gens d'alors redoutaient l'apocalypse nucléaire.
Un beau roman que je vous recommande.


Challenge SFFF 2021
Challenge ATOUT PRIX 2021
Challenge mauvais genres 2021
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jamiK
  30 novembre 2016
L'histoire commence avec un mystère : qui est ce jeune homme de plus de 120 ans qui semble avoir une vie de solitaire ? Je pensais au début que le roman serait une enquête sur ce personnage, mais ce n'est pas du tout ça. le mystère est vite résolu et on rentre dans l'intimité d'Enoch Wallace.
En fait le roman tourne autour de la vie extraterrestre et de la maturité du monde des humains. L'histoire se passe dans un coin perdu du Wisconsin au moment de l'apogée de la guerre froide en 1963. On voit passer le temps, avec lenteur, dans la campagne américaine, entre visions bucoliques et rencontre avec de sages extraterrestres. Enoch Wallace ne lance aucun jugement, il accompli la tache qu'on lui a demandé et observe avec détachement les évènements comme une sorte de Candide. Il y aura un peu d'action vers la fin, mais ce n'est pas ce qui est important.
Ce qui m'a plu dans ce roman, c'est qu'il n'est pas écrit comme un roman de SF, les évènements paraissent naturels. La Guerre Froide n'est pas vraiment évoquée, juste suggérée. On se laisse emporter par sa poésie et notre pensée se ballade au fil des chapitres au travers de grands thèmes, la guerre, la paix, la sagesse, notre place dans l'univers... On se surprend même parfois à observer la nature.
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Le_chien_critique
  03 avril 2018
De la SF picaresque sur fond de Chanson pour l'auvergnat.
J'avais beaucoup aimé le roman A travers temps, de Robert Charles Wilson, dont j'avais lu qu'il s'inspirait de ce roman de Simak. Il me tardait de lire l'oeuvre originel, pas de réel réécriture, plus une variation / hommage à ce Carrefour des étoiles.
Une campagne isolée avec quelques fermes aux habitants frustres. Une rumeur, un homme aurait 120 ans, de quoi alerter quelques agences de sécurité intérieure... Peu a peu nous faisons connaissance avec cet habitant un peu particulier, son travail et ses rencontres.
Malgré la présence de la CIA et de ET, ne vous attendez pas à "lire" le film Men in Black dont les ressemblances sont assez nombreuses. Pas ou peu d'actions ici, l'humour est en berne, et une certaine nostalgie baigne l'ensemble.
Dans Au carrefour des étoiles, ce n'est pas Etoile qui est important, des aliens nous ne serons que peu de choses, mais bien le terme Carrefour. Carrefour dans la vie d'un homme, au "bilan" de sa vie et qui s'interroge sur l'humanité. La sienne mais surtout celle de l'Homme et des autres races extraterrestres. Un bilan mitigé pour les deux camps.
Roman écrit en pleine Guerre Froide, Simak se demande si tout cela est bien raisonnable. le progrès technique est loin d'apporter le progrès humaniste. Bien que daté par cet événement historique, le roman reste universel dans son questionnement.
Simak n'oublie pas cependant qu'il écrit de la SF : la technologie extraterrestre est bien présente, vous y découvrirez les autoroutes intergalactiques avec leur mode de téléportation étonnant, ainsi qu'une maison dont les super héros voudraient comme demeure inviolable. Mais cela reste avant tout une réflexion humaniste : Qui suis-je, où vais-je, dans quel état j'ère ? A mon sens, un roman indispensable si la question de l'Autre vous intéresse.
Tout n'est pas sans défauts, la fin se devine assez facilement, les personnages secondaires sont assez vite brossés, certains passages sont empreint de religiosité ou de sirupeux, mais dans tout ce vacarme du monde, un peu de sérénité fait du bien.
Notons la prouesse des éditeurs du monde entier : tous ont réussi à sortir des couvertures plus hideuses les unes que les autres. Comme quoi, être uni est possible !
Pas de version électronique légale, la dernière édition papier date de 2004 dans l'omnibus Les mines du temps, ce roman est hors mode.
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Arthur409
  17 avril 2021
Dans un coin perdu du Wisconsin, au milieu années 1960, il y a une ferme où vit, seul, un certain Enoch Wallace. Pas très causant, il fréquente peu ses rares voisins, mais discute volontiers avec le facteur qui semble son seul lien avec le monde extérieur.
Mais Enoch est bien occupé, car la ferme est en réalité un relais spatial : elle sert d'étape à des extra-terrestres de toutes sortes qui voyagent d'un bout à l'autre de la galaxie. Ils se déplacent par une sorte d'intrication quantique instantanée, s'incarnent dans un corps temporaire fabriqué à l'aide d'un « matérialiseur » relié à une cuve adaptée, et quand ils repartent pour une nouvelle étape de leur voyage, leur corps provisoire est détruit dans une installation spéciale.
En plus de son rôle d'hôte d'accueil, Enoch est une sorte de correspondant de la Terre auprès des galactiques. Il leur transmet un grand nombre d'observations sur l'avancée des sciences et des techniques sur notre planète, sur l'évolution de nos sociétés. L'enjeu, très important, est l'entrée éventuelle de la Terre dans la puissante Fédération Galactique !
Mais quelques grains de sable viennent perturber le fonctionnement de cette organisation. Un agent des services secrets, genre Mulder des X-Files, découvre qu'Enoch, qui paraît âgé d'une trentaine d'années, a combattu pendant la Guerre de Sécession et serait âgé de plus de cent vingt ans… Et quelque part dans la Galaxie, le Talisman, qui permet aux membres de la Fédération Galactique d'être reliés à une puissante force spirituelle, a été volé !
Je laisse le lecteur découvrir le dénouement de cette intrigue, qui, au-delà du récit imaginaire, est sous-tendu par une réflexion sur la violence humaine et la guerre.
Le livre a été écrit en 1963, et a reçu le prix Hugo 1964. Nous sommes alors en pleine guerre froide, la crise des missiles de Cuba vient d'avoir lieu. L'atmosphère est lourde dans le monde, ainsi que peuvent l'évoquer des chansons comme « Il y avait une ville » de Claude Nougaro (1958) ou « A Hard Rain's a-Gonna Fall » de Bob Dylan (1962). Je me souviens personnellement de cette époque et de son ambiance oppressante.
Dans sa retraite solitaire, Enoch, marqué par ses combats de la Guerre de Sécession, se livre à une analyse de la violence qui lui semble inhérente à la nature humaine. Violence collective de la guerre, absurde, bien sûr, mais aussi la violence qui semble ancrée dans chaque individu, et qu'Enoch ressent quand il la libère dans le stand de tir ultra-réaliste que les extra-terrestres lui ont aménagé au sous-sol de la ferme. Comment une race aussi violente que l'humanité pourra-t-elle être admise dans la Confédération Galactique ? Il existerait bien une solution, suggérée par le mentor extra-terrestre d'Enoch mais elle supposerait une régression totale de l'humanité, et Enoch ne peut s'y résoudre.
La solution fait appel à une part de merveilleux, comme si la sagesse humaine était insuffisante pour résoudre le problème …
Ce roman n'est pas une épopée spatiale à grand spectacle, il n'y a pas de vaisseau futuriste, les extra-terrestres sont à peine décrits, car ce n'est pas leur apparence qui importe, mais leur message. Il n'y a pas d'aliens hostiles (sauf un…), ils sont plutôt amicaux et ne transitent jamais par la ferme d'Enoch sans lui apporter un cadeau (dont souvent il ne sait pas que faire !). Non, ce livre est plutôt une fable, un conte philosophique que l'auteur de « Micromégas » n'aurait peut-être pas renié.
Deux commentaires sur la forme pour terminer :
- Cette nouvelle édition du roman est issue d'une excellente traduction de Pierre-Paul Durastanti. Je me permets cependant une remarque : avoir appelé les voyageurs en provenance de Vega des « végans » est certes logique, mais un peu déstabilisant étant donné que ce mot a été récemment créé dans une tout autre signification…
- J'ai bien aimé l'illustration de couverture, avec le symbole « Google maps » planté sur la ferme d'Enoch, avec cependant un style de dessin très « Amazing Stories » qui rappelle les années 50 -60.
Merci à Babelio et aux éditions « J'ai Lu » pour cette lecture originale qui incite à réfléchir, dans le cadre d'une « Masse Critique ».
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Masa
  26 novembre 2014
Au carrefour des étoiles fut récompensé en 1964 par le prestigieux prix Hugo. Dans ce court roman, nous suivons un homme pas comme les autres, du nom de Enoch Wallace. Il a été choisi par la communauté intergalactique afin de surveiller la station sur la Terre. Bien complètement différent, je n'ai pu m'empêcher de penser au récit I'm legend de Richard Matheson. Peut-être cette complicité qu'a le lecteur avec le personnage principal.
En lisant ce livre, j'ai reçu un pointe de mélancolie et de nostalgie. J'aime beaucoup la plume de Clifford D. Simak. J'avais déjà eu l'occasion de goûter à ses récits avec l'excellent recueil : Des souris et des robots. Encore une fois, il nous distille d'une écriture humaniste et parfois naïve.
Clifford D. Simak est un conteur. Je l'imagine parfaitement l'écoutant narrer l'une de ses histoires au coin d'un feu.
Une chose ne changera jamais. Dans ce récit, écrit en 1963 (Way station), l'auteur expose une guerre imminente entre les deux gros blocs. Depuis, les choses ont changé, mais pas tellement sur le fond. de nos jours, le conflit est mondial avec les événements au Proche-Orient. Les êtres humains continueront toujours à faire la guerre.
L'auteur reste sur une pointe d'optimiste parfois un peu trop de gentillesse, un regard bien naïf. C'est un très bon roman, qui se lit aisément grâce au talent de Clifford D. Simak.
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Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
Le_chien_critiqueLe_chien_critique   03 avril 2018
Il n’ignorait pas que l’on avait à plusieurs reprises essayé de placer Lucy dans une institution pour sourds-muets ; mais, chaque fois, ç’avait été un échec. Tantôt elle s’enfuyait et il fallait des jours pour la retrouver errant dans la campagne, tantôt elle se rebellait, faisait la grève et refusait d’apprendre ce que l’on cherchait à lui enseigner.
Observant ainsi la jeune fille et le papillon, Enoch comprit soudain la raison d’un tel comportement : Lucy avait un univers à elle. Un univers familier où elle savait s’introduire. Et, dans cet univers, elle n’était pas l’infirme qu’elle aurait immanquablement été dans le monde normal.
Quel bien pouvait lui apporter l’alphabet des sourds-muets ou la lecture sur les lèvres si cela devait la priver de sa sérénité intérieure ?
C’était une créature des bois et des collines, une fille des saisons, l’amie des fleurs du printemps et des oiseaux migrateurs de l’automne. Elle communiait avec la nature, la vivait. En un sens, elle était intégrée à la nature. Elle occupait une place que l’Homme avait depuis longtemps désertée. Qu’il n’avait, en fait, jamais tenue.
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VanceVance   17 août 2010
Les Terriens n’étaient ni bons ni raisonnables en bien des domaines. Peut-être parce qu’il manquaient encore de maturité. Ils avaient l’esprit vif, iles étaient intelligents, il leur arrivait même parfois de faire preuve de compréhension ; cependant, en ce qui concernait une foule d’autres points, ils étaient lamentables.
Mais si on leur donnait une chance – si on pouvait leur laisser entendre à demi-mot ce qui se passait dans l’espace… alors, ils prendraient sur eux. Ils surmonteraient leurs préjugés. Et, après un certain laps de temps, ils seraient admis dans la grande fraternité des étoiles
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PavlikPavlik   19 septembre 2022
Même si Enoch devait un jour s'y confiner, la station perdurerait, inaccessible aux hommes, aussi curieux et fouineurs qu'ils se montrent. Ils ne pouvaient l'ébrécher, ni l'entailler, ni la démolir. Ils ne pouvaient rien lui faire du tout. L'humanité aurait beau surveiller, spéculer, analyser, tout ce qu'elle retirerait de ses efforts, ce serait le fait qu'un édifice très inhabituel se dressait sur cette crête. Un édifice capable de résister à tout, sauf une explosion atomique - et cette exception restait à démontrer.
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Le_chien_critiqueLe_chien_critique   03 avril 2018
Autrefois, toutes les races étaient unies. Des différences, il en existait, naturellement, mais elles étaient surmontées. Il y avait un dessein commun : forger la grande fraternité des intelligences. Nous avions conscience d’être, ensemble, détenteurs d’un prodigieux capital de connaissances et de techniques. En travaillant de concert, en rassemblant tout ce savoir, toutes ces compétences, nous pouvions parvenir à quelque chose d’infiniment plus vaste et plus décisif qu’aucune race oeuvrant seule. Nous avions nos difficultés, nos différends, mais nous avancions. Nous négligions délibérément les animosités mesquines, les querelles médiocres, pour ne nous attaquer qu’aux points d’opposition importants, certains que si nous réussissions à régler les problèmes sérieux, les autres nous apparaîtraient si minces qu’ils s’évanouiraient du même coup. Mais, actuellement, la situation s’est modifiée. On note une tendance à s’attacher aux détails infimes pour les enfler démesurément.
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SteamkeuponSteamkeupon   07 mars 2015
Bien sûr, Ulysse ne s'appelait pas Ulysse. A la vérité, il ne portait pas de nom. Ceux de sa race n'en avaient pas besoin : ils possédaient un autre système d'identification infiniment plus riche. Mais la base même de leur terminologie ne pouvait être appréhendée par les êtres humains.
- Je vous appellerai Ulysse, lui avait dit Enoch lors de leur première rencontre. Il m'est nécessaire de vous donner un nom.
- Il sonne bien, avait répondu l'étrange créature (étrange, elle l'était à l'époque, mais elle avait cessé de l'être depuis). Mais puis-je vous demander pourquoi ce nom d'Ulysse?
- Parce que c'est celui d'un grand homme de ma race.
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