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EAN : 9782290308592
311 pages
Éditeur : J'ai Lu (18/02/2002)

Note moyenne : 4.01/5 (sur 1115 notes)
Résumé :
La civilisation des chiens bruisse de mythes. Fondateur, celui de l'homme est le plus répandu : on le raconte aux chiots pour les distraire, mais certains le considèrent intrinsèquement lié à l'apparition de la race canine. Qui sait ? L'éventuelle présence de l'homme sur terre dans un lointain passé donne lieu à des spéculations et sert de base à huit contes formant suite sur l'évolution des canidés depuis que les hommes ont abandonné leurs cités... et que l'un d'en... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (105) Voir plus Ajouter une critique
Iboo
  28 avril 2016
Ce n'est pas une révélation, je suis plutôt hermétique à la SF. Non, que je n'aime pas, mais surtout parce que, la plupart du temps, je n'y comprends rien. Pour peu qu'on y traite d'ufologie ou de technologies avancées et, là, je suis totalement larguée.
Mais mon amie Sara, adepte du genre, ne comptait pas me laisser sur cet a priori et m'a mis ce livre dans les pattes.
Chacun des huit contes est précédé d'une note en introduction dans laquelle le remplacement de l'homme sur Terre par une civilisation canine - secondée par de gentils robots, dont le fabuleux et bienveillant Jenkins - est un fait établi.
Et même si j'avoue n'avoir pu contenir un petit sourire en coin en lisant que d'éminents philosophes ou chercheurs portaient le nom de Skip, Voyou ou Tige, les deux ou trois premières pages ont suffit à ce que j'intègre parfaitement la situation.
Nous voici donc, nous, humains, réduits à l'état de mythes et légendes sur lesquels les intellectuels canins émettent de nombreux doutes quant à l'existence réelle. Légendes qui, néanmoins, émerveillent les chiots lorsqu'elles leur sont contées à la veillée.
L'ensemble est vraiment bien ficelé. Très riche, tant par la réflexion qu'il suscite que par ses personnages très touchants, qu'ils soient hommes, chiens ou robots. Seules, les fourmis, quelque peu schizophrènes ne m'ont pas été sympathiques.
Il y aurait beaucoup à dire sur ce livre, surtout quand - on ne le sait qu'à la toute fin - Simak dévoile son état d'esprit lorsqu'il a rédigé ce roman.
Mais je n'ai pas l'intention de faire une thèse car je l'ai lu comme Simak espérait qu'on le lise : "Si mes idées d'alors transparaissent trop, j'ai échoué en tant que conteur. Or, j'ai pour seule prétention d'essayer de toutes mes forces d'être un bon conteur."
Passionnant ! Absolument passionnant. Et, "You know what ?", comme disait Droopy, je l'ai beaglement aimé, nom d'un chien !
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Nowowak
  16 avril 2020
Mon vrai pseudo est OuahOuah, je suis un labrador de six ans qui adore lire dès qu'il a une seconde. Dans la vie je préfère rester tranquille à la maison pour étudier les oeuvres complètes des tragédiens canins. J'ai déjà lu 1950 livres mais je n'ai rédigé sur Canelio que 800 critiques, je débute. Je compte sur vous pour m'aider et être indulgent. J'ai également un blog consacré à la littérature canine contemporaine. Dans un lointain passé il paraît que les hommes écrivaient des livres, je me passionne pour cette idée farfelue car mon esprit est d'une curiosité intarissable mais c'est assez peu crédible. Question de flair.
« Jenkins tenta de faire ses adieux, sans y parvenir. Il aurait voulu pouvoir pleurer, mais un robot en était incapable. »
La race humaine n'aurait jamais atteint la grandeur du Chien. Ma famille compte plusieurs écrivains et même dans leurs fictions les plus débridées les hommes ne sont pas présents. Ont-ils existé ? La chose est loin d'être certaine. La plupart des chiens pensent que non. Il faudrait faire un sondage. Ils auraient existé nous aurions retrouvé des vestiges, des ruines mais il ne reste que des supputations. L'évolution de l'espèce canine se suffit à elle-même et notre technologie est aussi avancée que notre sens artistique. Les robots nous aident bien dans notre évolution mais ce ne sont que des machines sans âme.
« Voici les récits que racontent les Chiens quand le feu brûle clair dans l'âtre et que le vent souffle du nord. La famille alors fait cercle autour du feu, les jeunes chiots écoutent sans mot dire et, quand l'histoire est finie, posent maintes questions :
« Qu'est-ce que c'est que l'Homme ? » demandent-ils.
Ou bien : « Qu'est-ce que c'est une cité ? »
Ou encore : « Qu'est-ce que c'est que la guerre ? »
On ne peut donner à ces questions de réponse catégorique. Les hypothèses ne manquent pas, les théories, ni les suppositions les mieux fondées, mais rien de tout cela ne constitue véritablement une réponse. »
La race humaine forme un mythe sur lequel les intellectuels canins émettent de nombreux doutes quant à l'existence réelle. Néanmoins ces légendes émerveillent toujours autant les chiots lorsqu'elles leur sont contées à la veillée. Ce n'est jamais sans un peu de frayeur et de répugnance quand sont évoquées les manies humaines.
« Dans le cercle de famille, plus d'un conteur a dû recourir à l'explication classique : il ne s'agit là que d'un conte, l'Homme n'existe pas et non plus la cité, et d'ailleurs ce n'est pas la vérité qu'on recherche dans une légende mais le plaisir du conte. »
Il est très probable que l'homme soit un être mythique qui n'ait jamais existé. Qu'il ait pu écrire des livres est totalement invraisemblable ! Ils ne savaient pas parler comment auraient-ils pu lire ou écrire ! Quant à imaginer qu'il ait pu représenter la race dominante de la Terre pendant des siècles, voire qu'il aurait été à l'origine de la civilisation canine, on touche au délire !
Je vous laisse, j'ai un os à finir.

Lien : https://pasplushautquelebord..
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Pavlik
  27 juillet 2014
Demain les Chiens, un livre rouge ?
Ce recueil de nouvelles est composé de huit "contes" qui constituent, pour les Chiens, la légende narrant la chute de l'Homme et l'avènement de la race canine, et plus généralement, des animaux, sur Terre. Chacun est précédé de commentaires résumant les théories des Chiens experts de la question. La plupart s'accordent pour dire que l'Homme est un être mythique, qui n'a jamais existé. D'autres, minoritaires, pensent qu'il a représenté la race dominante de la Terre pendant des siècles, voir qu'ils pourraient être à l'origine de la civilisation canine.
Paradoxalement les Chiens sont peu présents tout au long de l'ouvrage et il faut attendre les trois derniers contes pour qu'ils occupent le devant de la scène. Les huit nouvelles sont reliées entre elles par la présence des membres d'une même famille, les Websters, qui occupent une place importante dans la légende et finissent par devenir mythique. L'ensemble se lit donc quasiment comme un roman. Demain les Chiens possède le charme suranné des productions sf de l'âge d'or (les années 1950) mais sans être excessivement ancré dans son époque. Ainsi, il a acquis une forme d'intemporalité qui en fait, à mon sens, un classique du genre. Ceci tient, en grande partie, au fait qu'il ne développe pas d'aspects technologiques trop marqués ; le monde décrit par Simak surprend par son aspect bucolique et rural et on sent qu'il aimait la nature et les grands espaces. le ton est mélancolique, parfois désabusé. Pour autant les développements technologiques ou expérimentaux sont évoqués (voyages interstellaires, mondes parallèles, robots) mais uniquement pour servir son propos.
L'auteur n'était sans doute pas un grand optimiste quant à l'avenir de l'humanité et les valeurs mises en avant tout au long de l'ouvrage sont surprenantes au regard du contexte de sa rédaction et de la nationalité de Simak (américaine). En effet, on peut dire que chaque peuple qu'il nous présente les caractérise et il ne fait pas de mystères quant au message, voir à l'avertissement, qu'il souhaite nous transmettre. Les Chiens incarnent la fraternité et les valeurs humanistes qui, pour l'auteur, font tant défaut aux Hommes. Les robots (très anthropomorphisés, représentés essentiellement par le personnage de Jenkins) servent de "mains" aux Chiens qui en sont dépourvus et représentent le travail, noble et salutaire, au service de la communauté. Néanmoins, ils n'ont pas d'imagination. Les Mutants, enfin, sont des hommes qui ont évolué, développant une espérance de vie accrue et des capacités psychiques et intellectuelles supérieures à l'homme. Mais cette évolution a un prix puisqu'ils perdent leur instinct grégaire, ne recherchant que leur bonheur personnel : pour Simak ils sont le mur vers lequel nous fonçons de façon inconsciente. Quant à l'Homme, il est imparfait et inconstant dans ses aspects positifs et l'auteur lui reconnait comme vertu principale sa capacité à éliminer les problèmes qui lui barrent la route, malheureusement souvent de façon violente. Bref, Simak voit dans l'individualisme une menace vitale pour la survie de notre espèce et valorise la communauté et le travail comme outil de construction de sa Fraternité des Animaux. D'où ma question, Simak un communiste qui s'ignore ?
En résumé, Demain les Chiens est un recueil très agréable à lire, dont la force du message reste d'actualité et l'ambiance très particulière qui s'en dégage lui confère une forte identité. Je ne mets pas cinq étoiles car je trouve que les deux premières nouvelles sont un cran en dessous des autres.
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steppe
  11 octobre 2010
J'ai eu envie de relire ce livre plus de 20 ans après une première lecture dont je n'avais plus aucun souvenir si ce n'est celui d'avoir à l'époque beaucoup aimé....
Et la magie est toujours là. Dans un style sobre et abordable Simak reprend nombre de thèmes chers à la SF ( robots, conquête spatiale, amitiés extra-terrestres.....) mais il prend une route bien plus novatrice et étonnante pour au final nous livrer une oeuvre humaniste, touchante... Des contes racontés le soir au coin du feu par des Chiens alors que l'homme est devenu un mythe dont discutent les savants et penseurs canins pour déterminer s'ils ont ou non existé.... Un homme qui a disparu de la surface de la Terre.
Simak nous relate donc, les différentes étapes de cette extinction de notre race en mêlant réflexions philosophiques, questionnements sur les bases de nos sociétés et remise en cause de nos fondamentaux, le tout avec un vrai talent de conteur et une grande habileté à entretenir le suspens....
« Cette série fut écrite en réaction contre le crime massif et la guerre, mais aussi comme une sorte d'accomplissement de mes aspirations personnelles. J'y créais un monde que j'aurais voulu vrai. J'ai fait les chiens et les robots à l'image des gens avec lesquels j'aurais aimé vivre. Et le point capital est celui-ci : ce sont des chiens et des robots parce que jamais les humains ne pourront être cette sorte de gens ». Clifford D. SIMAK
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jamiK
  06 février 2017
Dans un lointain futur, les chiens se racontent de vieilles légendes qui parlent de l'homme... A-t'il réellement existé, ou n'est-il qu'un être imaginaire ?
Les légendes sont sous forme de 8 nouvelles qui se suivent chronologiquement sur une période de 10 000 ans, avec le commentaire d'un chien, sorte d'érudit de la race canine, en introduction. Cela rend le rythme du roman un peu monotone, un peu haché, mais qui, avec un final bien imaginé, prend toute son ampleur en nous laissant une forte impression.
Le point fort de ce roman, c'est d'avoir imaginé une vision de l'évolution de l'espèce humaine originale et qui tient la route, même si elle n'est pas forcément plausible, pleine de réflexions indirectes sur notre société : peut-on créer un monde sans guerre, sans crime, que se passe-t'il si la survie n'est plus une préocupation de la vie ?... et une quantité d'autres thèmes chers à la science-fiction.
Trop souvent, quand les anticipations qui n'appartiennent pas à la catégorie dystopie se penchent sur l'évolution dans un avenir lointain de notre espèce, on tombe dans le délire sous acide ou le scientifique bancal (c'est cependant valable pour de nombreuses dystopies). Clifford D. Simak réussit la prouesse de présenter une évolution qui nous parle, qui nous pousse à la réflexion, qui nous tient en haleine, avec des chiens, des ours, des écureuils... qui parlent, sans jamais tomber dans le grotesque et le puéril.
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Citations et extraits (114) Voir plus Ajouter une citation
PatlancienPatlancien   01 mars 2021
Il avait toujours existé des mutants, sinon la race n’aurait pas progressé. Mais jusqu’au siècle dernier environ, on ne les avait pas reconnus pour tels. Jusqu’alors, les mutants ne se distinguaient qu’en ce qu’ils devenaient de grands hommes d’affaires, ou de grands savants, ou de grands escrocs. Ou au contraire des excentriques qui ne rencontraient que mépris ou pitié auprès d’une race qui ne tolérait pas qu’on s’éloignât de la norme.

Ceux qui avaient réussi s’étaient adaptés au monde qui les entourait, avaient utilisé leurs facultés mentales supérieures dans des voies qui ne choquaient personne. Mais en se pliant à des limitations fixées pour des gens moins extraordinaires qu’eux, ils avaient émoussé leurs possibilités, ils n’avaient pas utilisé à plein rendement leurs facultés.
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patrick75patrick75   07 juillet 2013
Au fond, commença Joe, vous êtes des gens très seuls, vous autres humains. Vous n'avez jamais connu votre semblable. Vous ne pouvez pas le connaître parce qu'il vous manque le terrain d'entente commun qui vous permettrait de le comprendre. Vous avez des amis, biens sûr, mais vos amitiés se fondent seulement sur des émotions, jamais sur une compréhension véritable.
Vous vous entendez les uns avec les autres, évidemment, mais par tolérance plutôt que par sympathie réelle. Vous arrivez à régler vos problèmes, mais des solutions que vous y apportez il ressort que toujours les plus forts ont raison de l'opposition des plus faibles.
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Charybde2Charybde2   21 décembre 2014
« Si vous croyez qu’une Chambre de Commerce, que des discours creux, que des plans à courte vue vous apporteront la solution, c’est de la folie. La réponse à tous les problèmes qui vous occupent existe et elle est simple : la cité, en tant qu’institution humaine, est morte. Elle continuera peut-être à se débattre encore quelques années, mais c’est tout.
– Mr Webster… dit le maire.
Mais Webster ne lui accorda aucune attention.
– Sans ce qui s’est passé aujourd’hui, continua-t-il, je serais resté et j’aurais continué à jouer à la maison de poupées avec vous. J’aurais continué à prétendre que la cité était un organisme vivant. J’aurais continué à me leurrer et à vous leurrer aussi. Mais il existe, messieurs, quelque chose qui s’appelle la dignité humaine.
Le silence glacial qui suivit ne fut rompu que par des bruits de froissement de papier, ou par la toux d’un auditeur embarrassé.
Mais Webster n’en avait pas fini.
– La cité a échoué, dit-il, et c’est aussi bien ainsi. Au lieu de rester assis à pleurer sur son corps brisé, vous devriez vous lever et vous répandre en actions de grâces sur cet échec.
« Car si cette cité n’avait pas perdu toute utilité, comme les autres, si les cités du monde n’avaient pas été abandonnées, elles auraient été détruites. Il y aurait eu une guerre, messieurs, une guerre atomique. Avez-vous oublié les années 1950 et 1960 ? Avez-vous oublié ces nuits où vous vous réveilliez en attendant que tombe la bombe, tout en sachant que vous ne l’entendriez pas venir et que si elle venait vraiment, vous n’auriez pas de nouvelle occasion de l’entendre ?
« Mais les cités ont été abandonnées, l’industrie s’est dispersée, il n’y avait plus d’objectifs, il n’y a donc pas eu de guerre.
« Certains d’entre vous, messieurs, dit-il, beaucoup d’entre vous sont vivants aujourd’hui parce que la cité a été abandonnée par ses habitants.
« Alors, pour l’amour du ciel, laissez la morte. Félicitez-vous qu’elle soit morte. C’est l’événement le plus heureux de toute l’histoire humaine.
Sur quoi John J. Webster tourna les talons et quitta la salle.
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steppesteppe   03 novembre 2010
« Cette série fut écrite en réaction contre le crime massif et la guerre, mais aussi comme une sorte d’accomplissement de mes aspirations personnelles. J’y créais un monde que j’aurais voulu vrai. J’ai fait les chiens et les robots à l’image des gens avec lesquels j’aurais aimé vivre. Et le point capital est celui-ci : ce sont des chiens et des robots parce que jamais les humains ne pourront être cette sorte de gens ». Clifford D. SIMAK
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EcureuilEcureuil   10 décembre 2008
Voici les récits que racontent les Chiens quand le feu brûle clair dans l'âtre et que le vent souffle du nord. La famille alors fait cercle autour du feu, les jeunes chiots écoutent sans mot dire et, quand l'histoire est finie, posent maintes questions :
« Qu'est-ce que c'est que l'Homme ? » demandent-ils.
Ou bien : « Qu'est-ce que c'est une cité ? »
Ou encore : « Qu'est-ce que c'est que la guerre ? »
On ne peut donner à ces questions de réponse catégorique. Les hypothèses ne manquent pas, les théories, ni les suppositions les mieux fondées, mais rien de tout cela ne constitue véritablement une réponse.
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