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Critique de Pavlik


Pavlik
  27 juillet 2014
Demain les Chiens, un livre rouge ?

Ce recueil de nouvelles est composé de huit "contes" qui constituent, pour les Chiens, la légende narrant la chute de l'Homme et l'avènement de la race canine, et plus généralement, des animaux, sur Terre. Chacun est précédé de commentaires résumant les théories des Chiens experts de la question. La plupart s'accordent pour dire que l'Homme est un être mythique, qui n'a jamais existé. D'autres, minoritaires, pensent qu'il a représenté la race dominante de la Terre pendant des siècles, voir qu'ils pourraient être à l'origine de la civilisation canine.

Paradoxalement les Chiens sont peu présents tout au long de l'ouvrage et il faut attendre les trois derniers contes pour qu'ils occupent le devant de la scène. Les huit nouvelles sont reliées entre elles par la présence des membres d'une même famille, les Websters, qui occupent une place importante dans la légende et finissent par devenir mythique. L'ensemble se lit donc quasiment comme un roman. Demain les Chiens possède le charme suranné des productions sf de l'âge d'or (les années 1950) mais sans être excessivement ancré dans son époque. Ainsi, il a acquis une forme d'intemporalité qui en fait, à mon sens, un classique du genre. Ceci tient, en grande partie, au fait qu'il ne développe pas d'aspects technologiques trop marqués ; le monde décrit par Simak surprend par son aspect bucolique et rural et on sent qu'il aimait la nature et les grands espaces. le ton est mélancolique, parfois désabusé. Pour autant les développements technologiques ou expérimentaux sont évoqués (voyages interstellaires, mondes parallèles, robots) mais uniquement pour servir son propos.

L'auteur n'était sans doute pas un grand optimiste quant à l'avenir de l'humanité et les valeurs mises en avant tout au long de l'ouvrage sont surprenantes au regard du contexte de sa rédaction et de la nationalité de Simak (américaine). En effet, on peut dire que chaque peuple qu'il nous présente les caractérise et il ne fait pas de mystères quant au message, voir à l'avertissement, qu'il souhaite nous transmettre. Les Chiens incarnent la fraternité et les valeurs humanistes qui, pour l'auteur, font tant défaut aux Hommes. Les robots (très anthropomorphisés, représentés essentiellement par le personnage de Jenkins) servent de "mains" aux Chiens qui en sont dépourvus et représentent le travail, noble et salutaire, au service de la communauté. Néanmoins, ils n'ont pas d'imagination. Les Mutants, enfin, sont des hommes qui ont évolué, développant une espérance de vie accrue et des capacités psychiques et intellectuelles supérieures à l'homme. Mais cette évolution a un prix puisqu'ils perdent leur instinct grégaire, ne recherchant que leur bonheur personnel : pour Simak ils sont le mur vers lequel nous fonçons de façon inconsciente. Quant à l'Homme, il est imparfait et inconstant dans ses aspects positifs et l'auteur lui reconnait comme vertu principale sa capacité à éliminer les problèmes qui lui barrent la route, malheureusement souvent de façon violente. Bref, Simak voit dans l'individualisme une menace vitale pour la survie de notre espèce et valorise la communauté et le travail comme outil de construction de sa Fraternité des Animaux. D'où ma question, Simak un communiste qui s'ignore ?

En résumé, Demain les Chiens est un recueil très agréable à lire, dont la force du message reste d'actualité et l'ambiance très particulière qui s'en dégage lui confère une forte identité. Je ne mets pas cinq étoiles car je trouve que les deux premières nouvelles sont un cran en dessous des autres.

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