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EAN : 9782896943968
Éditeur : Alto (25/09/2018)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 36 notes)
Résumé :
Les traces de pas dans la neige finissent toujours par disparaître, comme des souvenirs qu’on est forcé d’oublier, soufflés par le vent ou effacés par le soleil. Celles de Suzor, parti un soir de décembre 1976, n’existent plus depuis longtemps. Pourtant, Jeanne les voit encore chaque jour par la fenêtre du salon.

Pendant quarante ans, elle s’est promis de ne jamais le chercher, mais lorsqu’elle apprend qu’il est atteint d’alzheimer, sa promesse ne tie... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Madame_lit
  17 octobre 2018
Entrer dans Les écrivements, c'est aller à la rencontre de Jeanne, une dame de 81 ans, qui rédige dans un cahier depuis plusieurs années son vécu. La Fourmi, alors qu'elle était enfant, a baptisé les écrits de Jeanne : Les écrivements. Jeanne est amenée à revisiter son passé en compagnie de la Fourmi devenue une adolescente, à dévoiler son histoire d'amour avec Suzor, à aborder les événements qui ont conduit à leur rupture, à partir à la recherche de cet amoureux inoubliable malgré les quarante ans qui les séparent. Jeanne réussira-t-elle à retrouver Suzor? Suzor saura-t-il la reconnaître alors qu'il souffre d'Alzheimer?
Vous l'aurez sans aucun doute remarqué, la mémoire est au coeur de ce récit. Il y a des souvenirs que l'on ne peut effacer, il y a des fantômes qui ne cessent de hanter les vivants, il y a des sentiments qui déchirent les entrailles après de longues années. La douleur s'est estompée, mais les souvenirs de l'autre ont grossi en soi comme une tumeur. Avant la mort qui inévitablement va poindre son nez, quels choix un être peut-il faire pour aller à la rencontre de son histoire d'amour la plus précieuse? Comme le mentionne Jeanne, la narratrice :
Puis il y a la mémoire, cruelle. Des odeurs, des images parfois s'impriment pour toujours, d'autres fois s'évanouissent. Les petites douleurs qu'on voudrait garder au chaud près de soi s'envolent, celles qu'on voudrait abandonner nous écrasent. Les bonheurs s'éparpillent parmi les banalités ou prennent toute la place. Nous ne choisissons pas les souvenirs qui nous empêchent de dormir ni ceux qui nous pousseront à nous lever. Et même lorsque nous réussissons à frotter si fort et si longtemps qu'ils semblent oblitérés, des années plus tard ils nous sautent au visage comme un clown de film d'horreur (p. 11)
Grâce à la mémoire de Jeanne, le lecteur découvre le drame qui a marqué le couple et qui l'a traumatisé à tout jamais suite à des événements s'étant déroulés dans les montagnes de l'Oural en URSS. Ainsi, Matthieu Simard revisite l'Affaire du col Dyatlov et le mystère entourant la mort de neuf randonneurs par le biais de son récit. Jeanne confiera ses souvenirs pour raconter ce qui a mené au départ de Suzor après leur voyage en URSS.
Mais encore, il y a beaucoup de neige dans ce récit. La neige québécoise, la neige des montagnes de l'Oural. C'est blanc, c'est pur, c'est froid, c'est morbide, c'est l'effacement, c'est l'hiver.
Je les trouve aussi beaux que nous l'étions sur ce trottoir, quand l'hiver pour une première fois nous enveloppait et que nous ne savions pas encore qu'il ne nous libérerait plus. (p. 222)
Le printemps pointera-t-il son nez après ces longs hivers? le soleil fera-t-il fondre les coeurs?
J'ai beaucoup aimé cette histoire d'amour, de mort, de neige, de traumatismes. J'ai retrouvé de très belles phrases à l'intérieur de ce bouquin. Mon coeur craque et mon âme divague sur les sentiers poétiques du texte. J'avais lu l'année dernière Ici, ailleurs de Matthieu Simard et je dois avouer que j'aime sa façon de nous raconter une histoire même si cette dernière semble improbable. C'est une escapade au milieu de couples déchirés par les événements de la vie. Et parfois, le printemps tarde à venir…
Je tiens à remercier la maison d'édition Alto puisqu'elle a eu la gentillesse de me faire parvenir Les écrivements en service de presse dans le cadre de la rentrée littéraire québécoise 2018.
https://madamelit.ca/2018/10/16/madame-lit-les-ecrivements-de-mathieu-simard/
Lien : https://madamelit.ca/2018/10..
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Klergau
  20 novembre 2018
Matthieu Simard, Les écrivements - 2018
Quel beau roman ! Qu'elle est belle l'histoire de Suzor et de Jeanne séparés depuis quarante ans mais qui se retrouvent dans leur vieillesse après avoir vécu ensemble des moments de belles folies, des moments de douleurs aussi. C'est par le biais des écritures de Jeanne et de ses confidences à la petite Fourmi, sa voisine, que l'on découvre tout leur passé et la beauté de leur amour.
L'écriture est belle, originale comme les personnages. Simard a su trouver le ton juste, l'anecdote, l'atmosphère, les pointes d'humour propres à nous attendrir sans tomber dans le piège de la facilité. le style suit à merveille les modulations de l'âme de Jeanne tantôt nostalgique, tantôt souriante, tantôt tout cela qui fait une vie. Et que dire de toutes ces nuances de la tendresse qui ponctuent l'oeuvre ? Il me semble que ce roman mériterait un prix. le Prix des libraires peut-être ?
Commenter  J’apprécie          100
clairejeanne
  17 septembre 2020
Une très belle histoire d'amour, un peu triste bien sûr, entre une femme Jeanne, qui a plus quatre-vingts ans au moment où elle raconte l'histoire et Suzor, l'homme de sa vie ; un récit très original, la recherche d'un homme par une femme qui n'a jamais oublié...
C'est l'enfant de voisins, Fourmi, qui a nommé les écrits de Jeanne - le carnet marron qu'elle remplit depuis quarante ans - les "écrivements", quand elle était petite ; devenue jeune fille et toujours peu aimée de ses parents, elle réapparaît dans la vie de Jeanne au moment où celle-ci a besoin de repartir dans le passé pour comprendre le présent. Les dialogues entre ces deux femmes l'une très jeune et l'autre assez vieille est une belle réussite, des moments jubilatoires...
L'octogénaire, qui ne voulait plus entendre parler de son ancien compagnon, parti il y a quarante ans, va se rendre compte qu'en fait, il était toujours là avec elle ou plutôt qu'elle vivait toujours avec sa présence. Dans son entourage, personne n'ose lui dire que Suzor est atteint de maladie d'Alzheimer et que ses souvenirs disparaissent ; quand elle l'apprend, elle se met en route Jeanne, en quête de son amour malade, pour ne pas être la seule à se souvenir de leur bonheur.
C'est un beau roman sur le souvenir et l'oubli, la mémoire et ses "déraillements", la permanence des sentiments et ce qui peut éloigner deux êtres qui s'aiment ; il y a eu, quand ils étaient jeunes, ce séjour en Russie organisé par le gouvernement canadien pour resserrer les liens entre les deux pays mais qui a viré au cauchemar intégrale (affaire du col Dyatlov) ; est-ce ce qui a détruit leur vie commune ?
Une histoire très prenante qu'on ne lâche pas une fois la lecture commencée : Que s'est-il passé en Russie ? Jeanne retrouvera-t-elle Suzor ? La reconnaîtra-t-il ?
Et puis il y a le froid et la neige, vrais personnages de l'histoire, et surtout Jeanne, qui a "toujours fait semblant d'être forte pour cacher (sa) faiblesse", une femme assez rebelle qui parle cash et ne s'encombre pas de politesse inutile.
Roman tendre et chaleureux, malicieux et poétique, un plaisir !
Premières phrases : " Il aurait fallu oublier. Effacer ces quelques mois comme on fait disparaître un coeur dessiné sur la vitre enneigée d'une voiture, nous n'avons pas su. le 1à mai 1959, comme si c'était hier. La piste d'atterrissage de l'aéroport de Saint-Hubert me semble glisser jusqu'à l'horizon. derrière nous les hélices de l'avion militaire dont nous venons de descendre se sont immobilisées. Suzor ne m'a pas regardée depuis notre départ, n'a pas dit un mot pendant le vol, comme s'il avait oublié que j'existais, que nous existions. Debout au milieu de la piste, nous contemplons le paysage sans relief en espérant que ce sera suffisant pour nous faire oublier les montagnes de l'URSS au coeur desquelles nous venons d'ensevelir une partie de nos vies."


Lien : https://www.les2bouquineuses..
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GrignoteLivres
  26 août 2019
40 ans.
Cela fait 40 ans que Sutor est parti sans se retourner, laissant à Jeanne pour seul souvenir la trace de ses pas dans la neige.
40 ans que Jeanne a demandé à tout le monde de ne pas lui parler de lui.
40 ans qu'elle essaie d'oublier. Mais sous son corps vieillissant son coeur ne se calme pas. Il en a assez d'attendre. Il en a assez de ne pas savoir. Une réunion de famille et toute la mécanique fout le camp. Ça s'emballe et Jeanne suit. Ou tente de suivre.
Et nous aussi, entre coeur serré et papillons dans le ventre, on la suit, on apprend, pas à pas, à connaître son histoire, la sienne et celle de Sutor. C'est beau et triste à la fois, majestueux comme les montagne de l'Oural et piquant comme l'hiver canadien sur la peau.
Un très très beau récit...
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Alexe30
  20 novembre 2018
J'ai adorée ce livre
Et que dire du second personnage fourmi qui prend place du début à la fin du livre
Mais ce livre m'a fais comprendre que dans la vie on ne peut tout savoir
Alors il y a quelque personnage qu'on aimerais savoir quoi qui se passe à la fin comme Charlot le frère de fourmi et qui es devenue suzor l'amour de jeanne
Mais j'ai vraiment adoré ce livre en 3 jours il étais lue
Bonne lecture lecteur lectrice xxxcx
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critiques presse (2)
LaPresse   17 octobre 2018
Ce petit roman tendre n'est pas le meilleur de Matthieu Simard; il manque d'originalité, et on se croirait parfois dans un gentil film un peu convenu vu à Sundance.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeDevoir   01 octobre 2018
Avec Les écrivements, son septième roman, où une femme de 81 ans pourchasse d’anciens souvenirs, Matthieu Simard nous décline encore une fois une histoire à la première personne du singulier emplie de tendresse moelleuse, moins d’un an après Ici ailleurs (Alto).
Lire la critique sur le site : LeDevoir
Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
ieo9ieo9   17 octobre 2018
Nous ferons la paix et mourrons entrelacés, il le faut, et sur notre pierre tombale nous ferons inscrire que nous étions pourtant immortels. Personne ne viendra déposer de fleurs, mais il y aura dans les lettres sculptées un peu de pollen porté par le vent et à nos pieds des feuilles de peuplier.
Commenter  J’apprécie          60
Madame_litMadame_lit   17 octobre 2018
uis il y a la mémoire, cruelle. Des odeurs, des images parfois s’impriment pour toujours, d’autres fois s’évanouissent. Les petites douleurs qu’on voudrait garder au chaud près de soi s’envolent, celles qu’on voudrait abandonner nous écrasent. Les bonheurs s’éparpillent parmi les banalités ou prennent toute la place. Nous ne choisissons pas les souvenirs qui nous empêchent de dormir ni ceux qui nous pousseront à nous lever. Et même lorsque nous réussissons à frotter si fort et si longtemps qu’ils semblent oblitérés, des années plus tard ils nous sautent au visage comme un clown de film d’horreur (p. 11)
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rkhettaouirkhettaoui   01 octobre 2018
 La mémoire est une drôle de bête. Bientôt, je ne me souviendrai plus de vous, Robert et Véronique. C’est ce que les médecins m’ont dit le mois dernier. J’ai attrapé le pire des déraillements. Celui qui efface votre chemin. Je suis maintenant alzheimer, comme beaucoup d’autres. Ne vous inquiétez pas, je vais plutôt bien. Il y a depuis trop longtemps des choses que je suis incapable d’oublier. Je me porterai mieux quand elles auront disparu.
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taktic66taktic66   16 février 2019
il n'y a dans l'avenir que les rêves échoués d'hier, qu'on cède aux autres en souhaitant qu'ils aient plus de chance ou de courage que nous.
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rkhettaouirkhettaoui   01 octobre 2018
Communiquer sans dire un mot m’avait forcée à puiser dans ce que je suis vraiment, sans la peur de ne pas dire le bon mot, sans celle de ne pas comprendre ceux des autres. Lire leurs visages, écrire avec le mien, parfois dessiner pour s’expliquer, tout ça m’avait attendrie. Je me suis mise à les aimer. Et ils m’aimaient aussi, toute une communauté qui devenait une famille, des frères, trente frères.
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Videos de Matthieu Simard (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Matthieu Simard

PAVEL à la Nuit Blanche !
Des extraits de Pavel, la série de Matthieu Simard, lus par Didier Lucien à la dernière Nuit Blanche de Montréal, le 28 février 2009. Visitez www.epizzod.com !
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