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EAN : 9782070408368
279 pages
Éditeur : Gallimard (07/12/1999)
3.72/5   54 notes
Résumé :
Kees Popinga est employé par Julius de Coster qui dirige une maison de fournitures de bateaux. Son patron, qui va faire faillite, s'enfuit en simulant un suicide. Dès lors Popinga est un autre homme. Il ne veut plus obéir à la routine journalière et quitte sa femme, ses deux enfants, son métier. Mais cette «libération» ne sera qu'un échec que Simenon décrit avec ce sens de la fatalité qui rappelle les tragiques grecs.

Source : Folio, Gallimard
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
koalas
  11 janvier 2018
Trop longtemps  happé par le train train quotidien,
de sa vie de petit bourgeois hollandais bon père de famille
Popinga vient de se faire licencier.
Libéré du boulot, il compte prendre exemple sur son ancien patron,
avoir une maîtresse comme la belle Pamela
mais il lui tord le coup comme à un canard.
Devenu fugitif, Popinga saute dans un train...
C'est un très bon roman noir de Simenon
sans son célèbre commissaire Maigret.
Là, point d'enquête, il suffit de suivre le personnage
qui change d'identité et de peau...de vache !
L'homme qui aimait regarder  les trains passer, ça défile à toute allure....
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Woland
  06 septembre 2017
Etoiles Notabénistes : ******
ISBN : 9782258093584
Voici probablement la meilleure étude sur une personnalité de psychopathe à laquelle se soit livré Simenon dans sa série de romans psychologiques. Nous savons déjà qu'il a rarement traité le thème du tueur en série dans ses "Maigret" et que, les deux fois (je ne crois pas me rappeler qu'il l'a fait plus souvent), il n'a jamais réellement cherché à approfondir le caractère de ces personnages-là. Dans cet "Homme Qui Regardait Passer Les Trains", son but est visiblement tout autre. Non qu'il se prononce de façon définitive. Il laisse son lecteur se faire sa propre idée de son héros, Kees Popinga, mais pour l'y aider, il lui fournit tous les indices nécessaires. Indices et peut-être contre-indices, allez savoir ...
A chaque roman, Simenon se révèle comme un maître de l'analyse psychologique, qu'il l'ait été consciemment ou pas. Et il était trop fin pour ne pas savoir que, même si la logique d'un malade mental n'est pas la même que celle d'un être dit "normal", elle n'en existe pas moins bel et bien.
Normal, en tous cas, Kees Popinga nous le paraît sans conteste dès les premières pages. Dans sa belle villa de Groningue, en Hollande, il mène une vie paisible et terriblement hollandaise auprès de sa femme, qu'il appelle "maman" (sauf au lit, nous l'espérons) et de ses deux enfants, Frida, dont on ne sait jamais à quoi elle pense, et Carl, de deux ans plus jeune (il a donc quinze ans), adolescent qui ne présente aucun des défauts inhérents à cet âge - ce qui fait penser à son père, nous l'apprendrons plus tard, qu'il ne fera rien de bien dans la vie ... Popinga possède en plus une excellente situation dans la meilleure maison d'import-export du lieu, celle de Julius de Coster en Zoon Père & Fils. Bref, tout est chaud, tout est douillet, tout est prévu dans cette existence qui semble parfois nous restituer le lent et pondéré tic-tac d'une horloge comtoise, à la fois rassurant et lassant. le jeudi, M. et Mme Popinga vont non pas au cinéma - distraction décrétée peu convenable par maman - mais à l'Opéra. Kees s'interdit de lui-même de pénétrer dans certains bars qui ne sont pas convenables, eux non plus. Quant à la maison close du lieu, où, pendant des années, se produisit Paméla, la femme qu'il considérait cependant comme la plus attirante qui fût, jamais, pour rien au monde, Popinga n'y poserait le bout du gros orteil.
J'ai parlé d'horloge. Et une horloge, si solide qu'elle soit, c'est fragile. Tous les trois mois, ma grand-mère faisait venir son horloger pour qu'il vérifiât les mécanismes de celles de la maison, c'est tout dire. Et ma grand-mère savait ce qu'elle faisait ! ;o) Mieux valait prévenir tout détraquement éventuel car, une fois le détraquement survenu, adieu la modération, adieu la sagesse, adieu la sécurité même si la lassitude s'en va aussi avec elles ... Or, par un soir de période de Noël, à Groningue, l'horloge des Popinga est prise d'assaut par la menace qui la guette depuis sa création ...
Il faut dire que, sorti dans la nuit par exception (après avoir mis ses caoutchoucs) pour vérifier une dernière fois si "L'Océan III", l'un des bateaux de la Compagnie, sera fin prêt pour prendre la mer le lendemain, c'est avec ahurissement et non sans effroi que Kees Popinga doit faire face à un capitaine furieux qui n'a pas été réapprovisionné en mazout ainsi que cela était prévu. Encore sous le choc et après un détour au manoir de Julius de Coster le Jeune - lequel, ne vous y trompez pas, a soixante ans pour une épouse de trente ans plus jeune - Popinga est renvoyé, non sans mépris, par cette dernière aux bureaux de la Compagnie où, d'après ce qu'il lui a dit, son mari avait pour idée de travailler tard. Mais vous pensez bien que Popinga, en employé modèle, y est déjà allé, aux bureaux de la Compagnie. Des bureaux où De Coster brillait par son absence.
Finalement, tout à fait par hasard, alors qu'il jette un regard de biais par la vitrine de l'un des bars mal famés de la ville, "Le Petit-Saint-Georges", Popinga, qui n'en croit pas ses yeux, y découvre, paisiblement installé à une simple table de bois, son patron en train de consommer, son patron qui le voit à son tour et lui fait signe fort aimablement de le rejoindre.
Avec une urbanité charmante et un cynisme écoeurant de froideur, Julius annonce à son chargé d'affaires que la Compagnie sera très bientôt déclarée en liquidation judiciaire parce que, entre autres, cela fait bien vingt ans que lui, Julius fait de la contrebande et se livre à divers trafics sous cette couverture qu'il a héritée de son père, désormais sénile mais qui, du temps de ses beaux jours, avait lui-même fait fortune en trafiquant au Transval lors de la Guerre des Boers. Ayant cette fois-ci poussé le bouchon un peu loin, Julius a décidé de "disparaître" en toute discrétion, ce soir-même, pour se réfugier en Angleterre où l'y attend un confortable magot. Et ce sont sur ces bonnes paroles et avec le conseil paternel de l'imiter qu'il abandonne Popinga à ses réflexions ...
Et c'est là que jaillit d'un seul coup le côté obscur de Popinga, cet homme qui aime tant à regarder passer les trains, surtout les trains de nuit qui, compte tenu de l'implication sexuelle qu'il associe à leurs wagons, lui inspirent une fascination étrange et lourde. Tout d'abord, avec l'argent que lui a donné le très serviable De Coster, il s'offre un ticket pour Amsterdam. De Coster y a abandonné, à l'Hôtel Carlton[, la fameuse Paméla, qu'il entretenait là-bas depuis quelque temps. Popinga se présente à elle et, sans plus de préambule, parce qu'il trouve sa demande naturelle ("après tout, c'était son métier, n'est-ce pas ?", dira-t-il plus tard), exige de passer une heure de sexe effréné avec elle. La jeune femme lui éclate de rire au nez et ...
Après Amsterdam, Paris. Popinga s'y promène glorieusement et, au début en tous cas, dans l'euphorie de sa nouvelle vie, sans aucune lassitude, sans aucune crainte : ni de la pègre, ni de la police qu'il a pourtant bientôt à ses trousses. Simenon nous révèle, par à-coups, son besoin (contre lequel il lutte ou ne lutte pas) d'avoir des rapports sexuels mais aussi de tuer uniquement des femmes. S'il avait à tuer un homme, Popinga le ferait également sans le moindre scrupule mais ce serait sans doute dans le cas d'une légitime défense. La preuve : sur la fin du livre, alors qu'il avait à sa merci un clochard, endormi sur un banc et dont il voulait à tout prix les vêtements, il renonce au geste meurtrier.
A partir du moment où Popinga monte dans le train qui l'amène à Amsterdam, le lecteur monte dans son rêve éveillé de refoulé qui, brusquement, voit éclater, exploser la personnalité qui lui servait de paravent et aussi de refuge. Tandis que les personnages qui se meuvent autour de lui - notamment Jeanne Rozier, son amant Louis et leur bande de malfrats - appartiennent à la réalité, bonne ou mauvaise, il n'y a plus, pour Popinga, qu'une Réalité : la sienne. Kees Popinga y règne en maître, fait la une des journaux, écrit aux directeurs de certains quotidiens pour rectifier ce qui, selon lui, est faux dans ce qu'ont rapporté sur lui leurs rédacteurs. Il s'offre même le luxe d'écrire au commissaire Lucas qui traite son affaire au Quai des Orfèvres. Peu à peu, il se berce de sa célébrité mais surtout de l'adresse, exceptionnelle, avec laquelle il échappe à ses persécuteurs, tous ces gens qui vivent dans la norme. Il caresse, flatte, et ressasse sans cesse la valeur de son intelligence. Kees Popinga échappe à tous parce qu'il est le Plus Fort, le Plus Intelligent. D'ailleurs, tous le disent ...
Quand les journaux, probablement sur les ordres de la Sûreté, cessent de le mettre en avant, le Rêve Enchanté de Popinga commence à vaciller sur ses bases. Et notre homme est prêt à tout pour le retrouver et le faire durer éternellement.
Simenon explore son personnage en long et en large et de l'intérieur de son cerveau. le résultat est magnifique - même si certains ne le jugeront certainement pas assez "gore". Mais le "gore" n'était pas l'affaire de Simenon. Son affaire à lui, c'était l'être humain. Et, malgré sa déviance et même sa perversion, sans oublier sa mégalomanie, c'est bien le souvenir d'un être humain que le lecteur emporte de Kees Popinga, l'Homme Qui Regardait Passer les Trains. Bonne lecture à vous !
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Baluzo
  19 mai 2020
Je ne suis pas un expert de Simenon, j'en ai quand même lu une grosse dizaine quand même! et celui-là me semble atypique sur certains points: d'abord l'histoire commence hors de France en mettant en scène un personnage principal non français....ensuite et c'est ce qui m'a le plus surpris , c'est "presque" un roman d'actions!!! Là, où Simenon nous ( m') avait habitué à un récit tout en tensions lentes, évolutions progressives , ici, on va de rebondissement en rebondissement et on accompagne le personnage principal en permanence en mouvement ! On retrouve quand même la belle écriture et aussi , je trouve ,ces "héros " qui basculent dans leurs actes hors de la loi, souvent considérés comme ...fous mais qui semblent si proches de nous et de nos semblables....
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pgremaud
  04 août 2021
Peut-on décider un jour d'échapper à la routine et de changer de vie ? C'est ce qui arrive au héros de ce roman de Simenon, trouvé dans ma bibliothèque de vacances. le mot "héros" est du reste peut-être mal choisi car sa fin n'a rien d'héroïque !
Quand son patron lui annonce la ruine de son entreprise, Kees Popinga se dit que c'est l'occasion de ne plus être ce que les autres attendent de lui. Mais une de ses premières actions d'homme "libre" le conduit à tuer involontairement quelqu'un et il s'enfuit à Paris. Ce n'est que le début d'une suite de mésaventures et d'actes ratés et Kees n'arrive même pas à terminer sa vie sur le coup d'éclat qu'il avait prévu.
Comme souvent chez Simenon, l'accent est mis davantage sur la psychologie du personnage que sur l'action. On assiste ainsi progressivement à la dégringolade de son héros , un homme respecté qui se retrouve finalement dans un asile psychiatrique !
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MarcelP
  27 février 2020
C'est l'histoire d'une dissolution, d'une désintégration, celle d'un homme banal qui fuit son quotidien, pulvérise ses inhibitions et devient, le temps d'un voyage sans retour, un autre. Un effeuillage mental et physique jusqu'à évaporation totale.
Kees Popinga possède tout : l'aisance, une famille, la respectabilité et une vie où tout paraît tiré au cordeau. Son avenir proche, mis en danger par la banqueroute de la société qui l'emploie, le pousse soudain à rompre avec le train-train monotone de son existence. En rupture de ban, il se dépouille de ses chaînes une à une et fait définitivement craquer le vernis de son honorabilité. Bouleversant l'ordre de son monde bien rangé, le dérisoire Popinga s'enfonce dans l'absurde (un meurtre) et l'imprévisible (un vol de voiture).
Se tenant au plus près de son héros blafard, Simenon le marque à la culotte, sans affect ni psychologie et use, tout au long de son histoire, d'une troisième personne impersonnelle et strictement factuelle qui a contrario nous tient à distance d'un personnage pourtant observé à la loupe.
Ce récit froid et clinique d'une chute néantise un insignifiant, c'est cruel et finalement assez facile. le lecteur ne ressent aucune empathie pour Popinga et l'ennui suinte rapidement de cette débâcle élavée. La vision des femmes (maman ou putain) désespérément binaire et la veulerie des hommes consternante amplifient la sensation nauséeuse que provoque le roman.
Cependant ce qui, aujourd'hui, fait la force de "L'Homme qui regardait passer les trains" c'est l'autopsie minutieuse que Simenon nous offre d'une folie paranoïde. La dernière page tournée, on s'interroge sur le mystère d'un homme passé de l'autre côté du miroir. Et si c'était moi ?
Lien : http://lavieerrante.over-blo..
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
WolandWoland   07 septembre 2017
[...] ... Il avait du temps devant lui. Il pouvait chercher ses phrases. Le poêle ronflait comme celui de Groningue et les tables étaient garnies de clients paisibles qui attendaient l'heure d'un train.

Monsieur le rédacteur-en-chef,

Je vous demande tout d'abord d'excuser mon français, mais pendant les dernières années en Hollande, je n'ai pas eu beaucoup la pratique.

Supposez que, dans tous les journaux, des gens qui ne vous connaissent pas , écrivent que vous êtes comme ci et comme ça, alors que ce n'est pas la réalité et que vous êtes autrement ? Je suis sûr que cela vous ferait déplaisir et que vous auriez le désir de dire la vérité.

Votre rédacteur est allé à Groningue et a questionné les gens, mais les gens ne pouvaient pas savoir, ou encore ils ont menti exprès, ou rencore ils ont menti sans le faire exprès.

Je veux rectifier et je commence par le commencement car j'espère que publierez ce document qui, lui, est véridique et montrera comment on peut être victime de ce que disent les autres. D'abord, l'article parle de ma famille. Il en parle d'après ma femme, qui a déclaré à votre reporter :

- "Je ne peux pas comprendre ce qui est arrivé et rien ne le faisait prévoir. Kees était d'une excellente famille ; il a reçu une très bonne éducation supérieure. Quand il m'a épousée, c'était un jeune homme calme et réfléchi qui ne rêvait que de fonder un foyer. Depuis lors et pendant seize ans, il a été un bon époux, un bon père. Il avait une santé magnifique mais je dois dire que, le mois dernier, un soir de verglas, il est tombé sur la tête. Est-ce que ce n'est pas cela qui a provoqué des troubles du cerveau et de l'amnésie ? Certainement, il n'a pas fait ce qu'il a fait en connaissance de cause et il est irresponsable ..."

Kees commanda un second café et faillit demander un cigare, mais il se souvint de sa décision et, avec un soupir, bourra une pipe, relut ces quelques lignes et commença à les réfuter.

- "Voici, monsieur le rédacteur-en-chef, ce que j'ai à dire à ce sujet :

1) Je ne suis pas d'excellente famille. Mais vous comprendrez que ma femme, dont le père était bourgmestre, tienne à raconter ces choses aux journalistes. Ma mère était sage-femme et mon père, architecte. Seulement, c'était ma mère qui faisait vivre le ménage. Mon père en effet, quand il allait voir des clients, restait à bavarder, à boire avec eux, trop gai et trop liant qu'il était de nature. Après, il oubliait de faire un prix, ou bien il oubliait un détail des travaux à entreprendre, si bien qu'il avait toujours des ennuis.

Il ne se décourageait pas pour cela, il soupirait :

- "Je suis trop bon !"

Mais ma mère ne l'entendait pas ainsi et je n'ai pas connu un jour sans qu'il y eût des scènes de ménage à la maison ; elles étaient particulièrement violentes quand mon père avait bu plus que de coutume et ma mère nous criait, à ma sœur et à moi :

- "Regardez cet homme et essayez de ne jamais lui ressembler ! Il me mettra au tombeau !" ... [...]
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Maxime12Maxime12   02 janvier 2015
..."aux dernières nouvelles, le nommé Popinga aurait quitté son domicile de Groningue dans des conditions qui permettent de se demander s'il n'a pas un autre crime sur la conscience. En effet, son patron, M. Julius de Coster, a disparu subitement et"....
- C'est bien toi ? martela Jeanne Rozier, à bout de patience.
- Bien sûr que c'est moi !
- C'est toi qui a étranglé cette femme ?
- Je ne l'ai pas fait exprès.. Je me demande même comment elle a pu en mourir... D'ailleurs, il y a beaucoup de choses exagérées dans l'article, et même des choses tout-à-fait fausses....
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Maxime12Maxime12   05 octobre 2014
En ce qui concerne personnellement Kees Popinga, on doit admettre qu'à huit heures du soir il était encore temps, puisque, aussi bien, son destin n'était pas encore fixé. Mais temps de quoi ? Et pouvait-il faire autre chose que ce qu'il allait faire, persuadé d'ailleurs que ses gestes n'avaient pas plus d'importance que pendant les milliers et les milliers de jours qui avaient précédé ?
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Bruno1Bruno1   26 octobre 2014
Il paraît, toujours d'après Mme Popinga, que pendant seize ans j'ai été un bon époux et un bon père. Ce n'est pas plus vrai que le reste. Si je n'ai jamais trompé ma femme, c'est qu'à Groningue on ne peut le faire sans que cela se sache et que Mme Popinga m'aurait rendu la vie impossible.
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AlixoneAlixone   23 septembre 2014
Quand vous recevrez cette lettre, je ne m'appellerais plus Kees Popinga et je ne serais plus dans la situation d'un criminel qui fuit la police. J'aurai un nom honorable, un état-civil indiscutable et je ferai partie de cette catégorie de gens qui peuvent tout se permettre parce qu'ils ont de l'argent et du cynisme.
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Faire littérature à partir de faits divers constitue un genre en soi, popularisé notamment par Capote, Carrère ou Jablonka. Lien entre travail journalistique et écriture au long cours, dimension romanesque, importance des aspects sociologiques : on brûle d'entendre Florence Aubenas, autrice du grand succès le Quai de Ouistreham (2010, L'Olivier) et Dimitri Rouchon-Borie, lauréat du Prix Première 2021, sur ces sujets. Née à Bruxelles, Florence Aubenas adore Simenon. de permanence au Monde, journal où elle écrit aujourd'hui, un coup de fil lui inspire le sujet de L'inconnu de la poste (L'Olivier). Qui a sauvagement assassiné Catherine Burgod, employée de la poste à Montréal-la-Cluse, dans l'Ain ? On soupçonne Gérald Thomassin, acteur césarisé en 1990, marginal qui n'a jamais coupé les ponts avec le milieu du cinéma. Aubenas refait l'enquête, rencontre l'acteur qui finit par disparaître subitement et livre cet ouvrage captivant, tendu, construit comme un roman, bel exemple de littérature du réel. Journaliste et chroniqueur judiciaire, Dimitri Rouchon-Borie, a fait sensation en janvier avec le démon de la colline aux loups (Le Tripode). Dans ce texte très fort, qui semble avoir été écrit comme en apnée, à la ponctuation presque absente, il donne la parole à Duke, enfant sacrifié devenu adulte violent. de façon très troublante, son éveil à la conscience nous fait le considérer tour à tour en victime ou en coupable.
Une rencontre diffusée dans le cadre de la Foire du Livre de Bruxelles 2021.
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