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EAN : 9782253142225
186 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (01/05/1999)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.57/5 (sur 59 notes)
Résumé :
L'existence de Spencer Ashby, paisible professeur dans une bourgade de la région new-yorkaise, s'écroule un beau matin lorsqu'on découvre chez lui le cadavre de Belle, la fille d'une amie de sa femme, leur invitée pour quelque temps. Il est le principal suspect... Cet homme naïf, timide, quelque peu complexé, va connaître l'humiliation des interrogatoires policiers, l'ostracisme de ses collègues et l'hostilité de la petite ville. Lorsqu'il apprend qu'aucune charge n... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
Renod
  06 octobre 2016
Les Ashby passent une soirée banale : Christine se rend chez des amis pour faire un bridge tandis que Spencer reste à la maison pour corriger des copies et s'adonner à son hobby, la sculpture sur bois. Quant à Belle, la fille d'une amie qu'ils hébergent, elle part rejoindre des amis au cinéma. Tout bascule le lendemain matin quand Spencer est rappelé d'urgence à son domicile : Belle a été étranglée dans sa chambre. le coroner et un lieutenant de police interrogent Spencer. S'il n'est pas désigné comme coupable, il est le suspect principal, ce qui est déjà de trop aux yeux de sa communauté.
Simenon transpose dans "la mort de Belle" un des thèmes récurrents de ses romans durs. Un homme ordinaire voit son existence bouleversée après un événement extraordinaire. L'abcès est crevé, les traumatismes et les humiliations passées ressurgissent et étouffent le personnage. Alors tout craque, le voilà en pleine crise, promis à une fin inéluctable. Dans ce roman, Spencer Ashby prend rapidement conscience qu'il n'a jamais appartenu à sa communauté, la bourgeoisie du comté de Litchfield. Il se sent même étranger dans sa propre maison. A l'église, à la Poste, au collège, "ils" font bloc pour exclure ce corps étranger, à l'image d'un système immunitaire.
Un roman parmi les cent-dix-huit hors « Maigret » signés Simenon, mais comme chaque fois, un roman psychologique saisissant qui rappelle la fragilité de toute existence.
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Commenter  J’apprécie          230
mfrance
  15 mars 2020
La vie d'un professeur, Spencer Ashby, être humain "normal", satisfait de son travail et de son mariage, jouissant de la considération de ses concitoyens au sein d'une communauté tranquille dans la reposante campagne du Connecticut se trouve tout à coup chamboulée par le meurtre survenu sous son toit de Belle, une jeune fille hébergée dans la demeure familiale.
Son existence n'est pas seulement chamboulée, mais elle vole carrément en éclats, car il est le principal suspect. Il ne peut pas se disculper, ayant passé la soirée seul, dans son bureau, et ne pouvant fournir aucun alibi !
A partir de là, Simenon nous sert un roman d'une hallucinante noirceur. Tout se défait autour de Spencer Ashby. Ses concitoyens commencent à le considérer comme l'étranger dont il faut se méfier. En effet, lui, il vient d'ailleurs et n'appartient à la communauté que par son mariage avec Christine, qui elle, jouit d'une excellente renommée. Et Christine, elle même, ne commence t-elle pas à le considérer d'une façon différente ? C'est en tout cas ce que se dit Spencer Ashby, qui vient à douter de son environnement et de lui-même, qui se sent pris, voire étouffé dans un engrenage mortifère, dont il ne sait pas comment sortir, qui se retrouve hanté par les fantômes de l'enfance et du passé, qui se sent observé, critiqué, jugé...
Simenon, implacablement, décortique les mécanismes qui transforment un homme en bête traquée, perdant tout à coup contact avec son entourage, se sentant acculé, fragilisé, incapable de faire face, non seulement à une situation donnée mais au regard et au comportement des autres, et à partir de là, prêt à n'importe quoi !
Comme c'est facile, à lire Simenon, de se retrouver en situation de tout perdre.
Par son talent, et l'économie de moyens qu'il met dans sa narration, il rend la chose tellement évidente que l'on en sort totalement déboussolé.
Glaçant !
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Taraxacum
  22 décembre 2015
Brillant polar et étude de caractère, La Mort de Belle n'en a pas moins quelque chose d'assez dérangeant,mais c'est fait totalement exprès! Posons le décor: dans une petite ville des USA, Spencer a épousé sur le tard une femme plus riche que lui mais ne se sent pas vraiment intégré dans la communauté. le cousin de sa femme a fait signer à celle ci un testament indiquant que son argent reviendrait à ses propres enfants, et pas aux éventuels enfants de Spencer, et lorsque sa femme sort le soir, il préfère souvent rester à boire du whisky, jamais plus de deux verres, et travailler sur son tour à bois. Il n'est jamais très clair d'ailleurs si il est réellement tenu à l'écart ou s'il s'agit simplement de sa susceptibilité, de son orgueil et de son refus de faire des efforts pour s'intégrer.
Son épouse, Christine, a pris chez eux pour quelque temps la fille d'une amie connaissant des difficultés financières et voilà qu'un matin, on la retrouve morte. Spencer est assez rapidement mis hors de cause: Belle, c'est le nom de la pauvre victime, s'est défendue, l'assassin doit porter des griffures assez profondes et lui-même a une peau totalement intacte.
Cependant, il ne peut s'empêcher au fil des jours de laisser la paranoïa s'installer. Chaque geste de sa femme, chaque mouvement des voisins est pour lui l'occasion de se sentir soupçonné. Et quand certains fâcheux le font réellement, c'est pour lui la confirmation que tout le monde est contre lui !
Attention spoilers, sautez donc vers la fin....

C'est un excellent roman psychologique, avec une écriture brillante qui fait monter l'angoisse et sait rendre le lecteur mal à l'aise mais entrez y en sachant cela, justement, que vous aurez besoin d'un roman léger juste après!
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Herve-Lionel
  08 août 2015

N°949– Août 2015
JUSQU'À L'ENFER – Téléfilm de Denis Malleval (2009). rediffusion 7 Août 2015 -France 2
Adaptation d'un roman de Georges Simenon «  La Mort de Belle »
Simon Andrieu (Bruno Solo) est professeur de mathématiques dans un lycée d'Orléans. Bien  que d'origine modeste, ses parents étaient boulangers à Châteauroux, il s'est marié avec Christine (Delphine Rollin) dont le père était professeur de médecine. Il l'a sans doute rencontrée à l 'université et ses amis se demandent encore pourquoi elle a bien pu le choisir comme mari, alors qu'elle devait être courtisée par nombre de jeunes hommes plus fortunés et plus en vue. Par le miracle de l'amour sans doute, on peut dire que Simon a fait un riche mariage. Ils forment ensemble un couple bizarre et sans enfant malgré la quarantaine. La fortune et les relations de Christine leur permettent d'avoir un certain train de vie, de faire partie des notables de la ville et ils fréquentent volontiers le Procureur, des avocats, des médecins… Simon ne se sent pas pour autant intégré dans ce milieu où il n'a pas sa place et où il n'est pas vraiment accepté ; Christine aime sortir avec des amis mais lui préfère la solitude alcoolique, s'enferme volontiers dans son bureau qui est aussi son terrain de jeu puisqu'il y joue au train électrique. Cette activité est souvent l'apanage d'anciens cheminots mais dans son cas c'est plutôt la marque d'une volonté de retrait du monde dans lequel il vit, comme quelqu'un qui voudrait rester dans sa bulle, dans son enfance. de l'enfance justement, il garde la timidité, l'inhibition, surtout vis à vis des femmes, ses voisines, ses jeunes et belles élèves, les passantes qu'il croise dans la rue. Avec elles il vivrait volontiers une passade ou une liaison, mais il n'ose pas à cause d'un traumatisme qui remonte à son adolescence. Il les regarde de loin, sans oser les toucher. Cette névrose se retrouve dans leur vie de couple où ils semblent mener deux existences juxtaposées, quotidiennes, domestiques, sans véritable passion et l'amour, s'il a existé entre eux au début, n'est plus qu'un lointain souvenir …Cette oppressante ambiance traduit l'enfermement qui est celui de Simon, à la fois dans dans sa vie au jour le jour et en lui-même.
Un soir que sa femme est sortie sans lui, alors qu'il a préféré la correction de ses copies, sa bouteille de whisky et son jeu de train favori, une jeune anglaise, Belle Sherman, que le couple héberge par complaisance, est retrouvée morte dans sa chambre. Commence une enquête judiciaire où les soupçons se portent évidemment sur lui, surtout pour ses voisins, ses collègues et la presse mais ses relations semblent le protéger pour un temps, d'autant que les investigations piétinent … C'est l'alcool qui précipitera les choses, leur donnant un épilogue inattendu.
J'ai retrouvé dans cette oeuvre, écrite en 1952 aux États-Unis, toute l'ambiance distillée d'ordinaire dans les romans de Simenon, l'analyse psychologique des personnages, leurs démons intérieurs, leurs fantasmes, leurs fêlures... En matière de romans policiers, je les préfère et de loin à ce qu'on peut voir actuellement où des scènes de violence, de sexe et de destruction, d'hémoglobine, sont l'ordinaire de ce genre de littérature.
J'ai particulièrement apprécié le personnage campé par Bruno Solo qui nous a plutôt habitués à des rôles plus plus légers et comiques. C'était sans doute là un défi intéressant pour lui mais il donne ici toute la mesure de son talent dans ce rôle dramatique. J'avais d'ailleurs fait la même remarque à propos de Bernard Campan (La Feuille Volante nº 869) dans « La Boule noire », une autre adaptation d'un roman de Simenon par Denis Malleval.
Hervé GAUTIER – Août 2015 - http://hervegautier.e-monsite.com
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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Brooklyn_by_the_sea
  29 septembre 2017
C'est un petit livre bizarre et dense, dont l'histoire se passe aux Etats-Unis, en plein hiver neigeux. Simenon retranscrit à merveille l'ambiance étouffée et étouffante qui règne dans une petite ville bien propre, dès lors qu'une jeune fille est retrouvée morte dans la maison d'un respectable professeur, qui n'a rien vu ni entendu pendant qu'on l'assassinait. Peu à peu, au sein de l'honnête communauté, la suspicion s'éveille à l'égard de cet homme un peu différent.
Une fois encore, Simenon pointe du doigt les braves gens qui rejettent ceux qui ne leur ressemblent pas -quitte à ce que le pire advienne. Simenon n'explique pas, il nous laisse imaginer (et c'est très bien comme ça).
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   07 novembre 2014
Il arrive qu'un homme, chez lui, aille et vienne, fasse les gestes familiers, les gestes de tous les jours, les traits détendus pour lui seul, et que, levant soudain les yeux, il s'aperçoive que les rideaux n'ont pas été tirés et que des gens l'observent du dehors. Il en fut un peu ainsi pour Spencer Ashby. Pas tout à fait, car, en réalité, ce soir-là, personne ne lui prêta attention. Il eut sa solitude comme il l'aimait, bien épaisse, sans un bruit extérieur, avec même la neige qui s'était mise à tomber à gros flocons et qui matérialisait en quelque sorte le silence.

(Incipit.)
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CerclenantaisCerclenantais   23 mai 2017
Des milliers de gens mouraient chaque semaine d'accident le long des routes, des milliers agonisaient chaque nuit dans leur lit, et cela ne provoquait aucune fièvre dans le corps social. Mais une gamine, une Belle Sherman, était étranglée, et toutes les cellules se mettaient en effervescence.
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Vidéo de Georges Simenon
Dans ce nouvel épisode, nous continuons notre visite des coulisses du genre en compagnie de Fabienne Gondrand, traductrice littéraire, qui nous raconte ses débuts dans le métier et sa passion pour les éditions du Masque, héritage d'un grand-père italien fan des polars d'Agatha Christie et de Simenon. Au fil de la conversation, on évoque sa traduction "jubilatoire" de Meurtres à Kingfisher Hill de Sophie Hannah, l'héritière de la Reine du crime, ainsi que les romans noirs électriques de Joseph Knox, où la ville de Manchester se dresse comme un personnage. Pour finir, Fabienne nous parle en avant-première de la nouvelle aventure de l'inspecteur John Rebus, par l'immense Ian Rankin, auteur phare de la maison. Bonne écoute !
CRÉDITS : Conversation dans le noir est un podcast des éditions du Masque. Réalisation : Paul Sanfourche Générique : Longing - Joachim Karud
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