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EAN : 9782070408382
246 pages
Éditeur : Gallimard (18/11/1999)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 59 notes)
Résumé :
Une main aux ongles laqués met de l'arsenic dans une tasse de café et un homme frôle la mort. Sous un éclairage implacable, de menus faits prouveront peu à peu que cette main est celle d'une victime plutôt que celle d'une criminelle. Simenon raconte avec une psychologie pénétrante le drame silencieux de la vie d'une femme.

Source : Folio, Gallimard
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
PauvreType
  09 septembre 2019
Comme si cela ne me suffisait pas de réduire le monde à ma propre et triste et sale personne, voilà que je réduis désormais la littérature à quelques auteurs.
Dosto, Céline, Kafka, Bove, Gogol et Simenon donc ; même le vieux Buko peut désormais aller se faire enculer. Il faut dire que je suis las, que je dors quinze heures par jour (ou pas du tout), que je suis seul, que ma bite est aussi inutile qu'un crayon de bois blanc et tout, et tout. Bref, ne parlons pas de moi.
Je viens de terminer ce Simenon. Un beau portrait de femme dans un tableau provincial, où l'odieux côtoie le superbe etc, toutes les conneries que l'on dit habituellement sur le grand Georges et qui ne sont pas tout à fait des conneries. Bien que je ne sois pas une femme (cela me déplairait pas, je pourrais baiser à foison et j'aurais le courage de me faire mettre une bonne fois pour toutes), et que la province profonde me dégoûte aussi sûrement qu'un pubis épilé, je fus tout au long de la lecture en totale symbiose avec Bébé Donge.
Une amoureuse, voilà ce qu'elle est. Et de toutes les névroses, celle-ci me parait la plus respectable. Moi aussi je le fus, beaucoup et trop peu de temps, et si la possibilité de tuer ma partenaire - rendant ainsi l'amour éternel (le meurtre est un art voisin de la photographie : il fige pour l'éternité), je l'aurais sans doute fait.
L'amour est une forme de préjugé, comme disait le gros porc précédemment cité, mais quoi ? se tirer sur la nouille, n'est-ce pas un peu léger comme justification d'une vie sur terre ?
(qu'est-ce que je m'emmerde, il est neuf heures, je veux dormir mais voilà que je baragouine. Désolé Georges de me servir de ta pomme)
Cette nuit, j'ai maté L'adversaire (une critique du bouquin par mézigue est disponible sur ce réseau plus ou moins social) et Jean-Claude Romand m'est apparu, lui aussi, comme un grand amoureux. Qu'il en faut de l'amour en soi pour dézinguer ses parents, ses enfants et sa femme !
NE PAS TUER SES PROCHES EST UN CRIME.
Si j'avais été aimé (et je ne doute pas que je le fus, à quelques moments heureux de mon existence situés lors de l'âge, pénible, de l'enfance) comme il le fallait, je ne serais pas là à causer, à jouer à l'écrivain. Un petit meurtre rapide et spumescent et tout serait enfin fini. La lâcheté d'autrui, voilà notre misère commune.

Voeu d'un pauvre type : après avoir baisé une femme que j'ai aimée, je bois un Whisky. Je m'abaisse ensuite, pour ramasser mon pantalon, et la garce me tire une balle dans le crâne.
Et si elle me rate, il me restera toujours Simenon.


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SophieLesBasBleus
  24 avril 2020
De Bébé Donge je ne connaissais que le film d'Henri Decoin, vu il y a bien longtemps et dont seul le visage à la beauté glacée de Danielle Darrieux me restait en mémoire. Heureusement car ainsi ma lecture n'a pas été parasitée par les images et le parti pris du film ! C'eût été dommage car j'ai découvert un roman d'une surprenante modernité tant dans la forme que dans les ressorts psychologiques mis en évidence par le récit.
Celui-ci s'attache à un couple, François Donge et Eugénie, que tous nomment Bébé depuis toujours. Lui, chimiste, industriel à succès, absorbé par son travail et par ses nombreuses maîtresses et elle, "un pastel ! Un être aérien, immatériel, sorti d'un recueil de poésies" uniquement centrée sur son fils de 8 ans, sur ses toilettes et sur la tenue de la maison de campagne, donnent une apparence lisse à leurs relations dépourvues de passion comme - semble-t-il - d'amour. Aussi lorsque Bébé tente d'empoisonner son mari c'est la déflagration. Surtout qu'à aucun moment elle ne nie son acte, mais se dit incapable de l'expliquer face au juge.
Sur son lit d'hôpital, François examine leurs années de mariage à la lueur de cette tentative de meurtre. Derrière la façade imperturbable que dresse Bébé face au monde, il commence à déceler les failles, les déceptions, les désillusions qui l'ont conduite au geste meurtrier. Ce faisant, il prend conscience de sa propre responsabilité dans la faillite de leur couple. Maintenue dans un état d'enfance par son surnom mais aussi par les principes de son mari, Bébé Donge n'avait pas d'autre choix que le meurtre pour se préserver de l'anéantissement. C'est paradoxalement en femme enfin libre qu'elle accepte l'emprisonnement.
Simenon montre une virtuosité extraordinaire en jouant avec les fils du récit, les temporalités et les points de vue pour décortiquer l'évolution d'une femme, son silencieux enfermement dans la réalité d'un mariage décevant et son sursaut de révolte salutaire. La force du roman est décuplée par le choix du point de vue du mari qui glisse du rôle de victime à celui de bourreau. La narration est sèche, centrée sur des faits, des détails qui soudain prennent une importance démesurée, comme sous l'effet d'un zoom photographique. La véritable personnalité de Bébé Donge se révèle par dévoilements progressifs tout en gardant toujours une part de mystère, de secret.
En révélant dès le début le nom de la coupable, l'auteur prend le contrepied des romans policiers habituels et débarrasse immédiatement le lecteur de la résolution de l'énigme. L'enquête, c'est François Donge qui la mène sur son couple, sur sa femme et sur lui-même. Mais le constat va au-delà de l'histoire des Donge et s'étend à une société entière qui cantonne la femme dans un rôle soumis et décoratif de "gardienne du foyer" alors que les maris s'auto-valorisent par leurs activités extérieures. le prétexte de la frigidité est lui aussi remis en cause par Donge : n'est-ce pas lui qui a suscité le dégoût de son épouse ? le roman a été écrit en 1940 mais son propos reste finalement très actuel !
Et cette lecture me conduit directement à la découverte impatiente des autres romans de Simenon !
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mfrance
  06 février 2019
Mais pourquoi diable ai-je attendu si longtemps pour découvrir "la vérité sur Bébé Donge" ?
En effet, ce court roman, très sombre, est un véritable joyau noir, ciselé par Simenon, qui nous entraîne dans les arcanes de l'esprit des deux principaux protagonistes Bébé et son époux François.
Quel est le mystère de ce couple si bizarrement assorti ?
Qui est Bébé ? une empoisonneuse (ce qu'on apprend dès le début), une jeune femme frivole et frigide, ou la victime d'un mariage mal assorti ?
Lui, un riche industriel, habitué à la réussite, à être obéi, taiseux et hautain.
Elle, la presque gamine épousée à l'aube de ses 17 ans, très naïve et ignorant tout de l'amour.
Eux, un couple apparemment heureux, vivant dans le confort bourgeois d'une reposante maison de campagne faite pour le calme, le bonheur domestique et la joie de vivre.
Avec une grande économie de moyens doublée d'une précision d'horloger, Simenon décortique avec sûreté et sobriété les mécaniques complexes du coeur humain et nous en livre une analyse impressionnante de justesse et de dureté.
A découvrir sans tarder, si ce n'est déjà fait !
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Givry
  20 novembre 2019
Bébé Donge, alias madame Donge, a tenté d'empoisonner son mari. Celui-ci s'en sort miraculeusement. Elle admet sans discussion sa tentative de meurtre, elle ne s'explique pas son geste, pourtant prémédité.
Le mari est dans un premier temps anéanti, mais il ne ressent aucune colère. Voilà deux personnages dont l'attitude est bien mystérieuse. L'auteur fait de magnifiques allers - retours équivoques pour relater cette fameuse affaire. Il conduit ce court roman magistralement. En quelques phrases, une nouvelle énigme émerge, les questions fusent : pourquoi est-il là? Pourquoi y retourne-t-il ? Pourquoi est-il pressé ?
J'ai été impressionnée par la qualité de cette écriture belle et désuette, qui m'évoque celle d'un Maupassant « moderne » de 1942, avec les expressions de l'époque. Pourquoi m'a-t-il été présenté comme un auteur mineur ? Parce qu'il écrivait des romans policiers ? Parce qu'il en écrivait tant que ses romans ne pouvaient être bons ? Ou parce qu'il a travaillé pendant la seconde guerre mondiale ?
L'acteur Bruno Solo, invité récemment à une émission de radio, avait fait de cette histoire une présentation si enthousiaste que je me suis précipitée pour la lire. Merci à lui.
Simenon est un écrivain génial, à continuer de découvrir, sans aucun risque d'ennui.
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Lavieestunlongfleuvetranquille
  19 octobre 2020
Quand les vicissitudes de la vie amènent à commettre l'irréparable, ce n'est pas l'acte qui importe ni les conséquences de l'acte mais la découverte des méandres d'une vie qui ne ressemble jamais à un long fleuve tranquille.
En l'occurence, Simenon s'inspire du prix Goncourt de Mauriac (Thérèse Desqueyroux) paru une quinzaine d'années plus tôt, et l'enrobe de sa froide analyse en instaurant une ambiance dont il est passé maître du genre.
Cette jeune épouse qui prémédite son crime va acquérir une maturité "judiciaire", une personnalité que lui déniait son mari, qui va pourtant ouvrir les yeux, trop tardivement, et se rendre compte de son erreur et du mal qu'il a causé à cette jeune femme pétrie d'idéalisme.
Les personnages sont installés avec maestria, ciselés au couteau, incroyable de vraisemblance sans aucune fausse note ou caricature excessive. L'ambiance est mise, superbe, et ne trahit pas une intrigue inexistante et superflue.
Seul l'enfant est quelque peu laissé pour compte. A bon escient ? Peut être... Car il y a toujours une part autobiographique dans les romans de ce magnifique auteur belge.
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Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
dido600dido600   12 novembre 2020
Les gens ne savaient pas. Les gens ne comprennent jamais. Parce que, s’ils comprenaient, il n’y aurait peut-être pas de vie possible ?
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dido600dido600   11 novembre 2020
a été très malheureuse… murmura François toujours immobile.
— Tant pis pour elle !… On fait chacun son bonheur ou son malheur…
— Ou bien ce sont les autres qui le font…
— Qu’est-ce que tu veux dire ?
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dido600dido600   11 novembre 2020
les empoisonnements sont, neuf fois sur dix, quatre-vingt-quinze fois sur cent, des crimes dictés par l’intérêt… Dans les cinq autres cas, il s’agit d’une femme qui veut se débarrasser d’un mari gênant pour épouser son amant… C’est ce que nous voyons, par exemple, dans les fermes : une paysanne qui veut épouser son valet et qui a recours à la taupicine pour se rendre veuve…
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dido600dido600   12 novembre 2020
Un bruit étrange, un peu comme celui de la mer qui se retire sur les galets.
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dido600dido600   12 novembre 2020
Où est Jacques ?
— Il est à la maison… Je croyais…
Sa gorge était trop serrée. Les mots étaient gros et râpeux comme des noyaux de pêche.
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Videos de Georges Simenon (114) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Georges Simenon
A la fin de l'été 1969, Michel Audiard finit le montage d'Une Veuve en Or. Il est interviewé à la télévision par Michel Polac, et évoque au débotté son admiration pour Georges Simenon. Il le défend spontanément contre la mauvaise foi des critiques, qui le traitent alors de « Balzac du pauvre ». Fidèle à son image, Audiard ironise au passage sur le Prix Goncourt, et recommande surtout un livre passionnant et méconnu de l'auteur français, identifié de tous pour ses histoires du Commissaire Maigret, mais moins pour ses autres oeuvres.
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