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EAN : 9782253161264
224 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (15/06/2011)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 18 notes)
Résumé :
Le garçon, Gabriel, n'avait rien à faire. Sa serviette à la main, il se tenait debout, face à la rue, dont les vitres légèrement embuées du café encadraient un tronçon. Il était trois heures de l'après-midi et il faisait sombre, dedans comme dehors. Dedans, c'était une pénombre riche, de la richesse des boiseries patinées qui recouvraient les murs et le plafond, de la richesse du velours pourpre des banquettes, avec, dans l'eau profonde des glaces biseautées, les re... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
ventrebleu
  28 septembre 2020
Alain Malou a dix-sept ans. Il ne connaissait pas bien son père. Maintenant qu'il vient de se suicider, il s'en rend bien compte. Il réalise surtout que jusqu'à présent il a vécu en gamin, dans les jupes de sa mère, dans les livres et cahiers, dans sa préparation du bac au collège. Et puis, ce suicide est bien spectaculaire: au revolver, en pleine rue, sur le seuil du comte d'Estier. Ce n'était pourtant pas la première fois qu'Eugène Malou frôlait la banqueroute. Est-ce cette fois pire que les autres? Alain doit comprendre. Comment son père a-t-il construit sa fortune? Pourquoi a-t-il bâti Malouville, ce lotissement hyper moderne où les trams promis par la ville, la préfecture et même les ponts-et-chaussées ne mènent pas et où personne ne veut vivre? Est-ce sa soeur, cette Marie-couche-toi-là, qui lui donnera la réponse? Sont-ce Frouquet ou Bougues qui ont connu un autre Eugène dans sa jeunesse? Alain entame une quête. Celle de son père, celle de lui-même. Celle peut-être de Simenon en personne lorsqu'il quitte définitivement Liège et lui aussi monte à Paris pour faire fortune, faire sa vie, devenir un homme. L'auteur ne le dit pas et c'est très bien ainsi.
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Rebus
  14 mars 2021
Alain Malou a 17 ans, quand en rentrant de l'école, il est interpelé dans la rue : son père, Eugène, vient de se tirer une balle dans la tête. La population est sous le choc, car tout le monde connaissait Eugène Malou, un personnage en vue, mais aux abois. D'ailleurs, il n'y a plus un sou dans la maison, les meubles sont sous scellés, les huissiers sont passés.
Une fois les obsèques terminées, la famille éclate. Alain décide quant à lui de mener sa propre enquête sur ce père qu'il ne connaissait pas : qui était-il ? D'où venait-il ? Que faisait-il ? A quoi aspirait-il ?
Simenon nous livre ici davantage un roman d'apprentissage qu'un roman policier : pas de meurtre, mais une enquête sur la famille, sur la figure du père, sur les secrets et les non-dits familiaux. Connaître le père conduira le personnage à se connaître lui-même.
L'écriture est concise, mélancolique, et fait la part belle aux silences. Une étude de caractères très réussie.
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franksinatra
  20 août 2020
Un roman « dur » de Georges Simenon, écrit en 1947, dans lequel l'auteur met en scène un jeune homme de dix-sept ans, Alain Malou, en quête de son père, Eugène, un puissant entrepreneur immobilier, qui vient de se suicider après des déboires financiers qui l'ont conduit à la ruine et à la faillite. Timide et réservé, en quête aussi de lui-même et de ce qu'il veut devenir, Alain apprendra à connaitre qui était son père auprès des siens qui se déchirent allégrement, se haïssent ou se méprisent, sa mère, une femme du monde pour qui seuls l'apparence et l'argent comptent, sa soeur, Corine, une « marie couche-toi-là » qui, depuis son jeune âge, a bien compris le pouvoir que ses charmes exercent sur les hommes pour assurer son train de vie, et enfin Edgar, son demi-frère, né d'un premier mariage d'Eugène Malou avec une femme du peuple, qui ne pense qu'à consolider sa vie de petit fonctionnaire tranquille et sûre. Pour eux, Eugène Malou était un entrepreneur marron, capable de verser dans la corruption, à la limite de l'escroquerie mais toute la famille fermait sans difficultés les yeux sur tout ça tant que l'argent rentrait. Il découvrira cependant un autre aspect de la personnalité de son père auprès de proches comme Joseph Bourgues, un ancien bagnard, compagnon des années galère d'Eugène du temps où ils étaient anarchistes et François Foucret, ex-chef de chantier des établissements Eugène Malou et Cie qui mettront en avant le sens de la fidélité, la générosité et le sens de l'honneur qui font du suicidé un homme rare.
En dressant le portrait au vitriol et sans compromis des Malou, l'auteur se livre à une puissante étude de moeurs au sein d'une famille de parvenus dans une petite ville de province où le poids du qu'en-dira-t-on est lourd. Comme bien souvent dans ses romans, Simenon nous confie dans un réquisitoire sans appel tout le mépris qu'il ressent pour ces gens. Seuls trouvent grâce à ces yeux, les gens du peuple, les gens d'en bas, capables de gratitude, de reconnaissance et de compassion comme Mélanie, la patronne de la pension de famille qui héberge Alain et bien sûr François Foucret et Joseph Bourgues.
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PtitVincent
  23 avril 2021
Tout commence par le suicide du patriarche, Eugène Malou. Celui-ci criblé de dettes se tire une balle dans la tête en pleine rue. Par cet événement, le plus jeune des enfants, Alain va brusquement entrer dans l'âge adulte.
Lycéen, il ne vivait que pour ses études et le décès de son père, qu'il admirait sans oser le lui montrer, va lui ouvrir les yeux : une famille ruinée où les différents éléments se détestent. La mère qui ne pense qu'à ses bijoux. Edgar, le fils d'un premier mariage, homme mou et sans envergure, prenant ses distances, fuyant la réputation de la famille. Corinne, la fille, qui n'hésite pas à user de ses charmes pour obtenir ce qu'elle veut. Cette petite famille va exploser devant le regard froid de l'adolescent.
Celui-ci décide de rester dans la petite ville où il croit retrouver un certain équilibre : un premier travail dans une imprimerie, une chambre dans un hôtel où la patronne le choie maternellement, des amis enfin, les vrais amis de son père : un ouvrier et sa femme fidèles au patron, un ancien camarade de jeunesse, passé par les bagnes guyanais. Il découvrira, par sa soeur, puis par ce dernier ami, un portrait contrasté de son père qui lui permettra, une fois que tout s'écroulera autour de lui, de repartir du bon pied.
Un roman sombre et tragique de George Simenon, efficace, allant à l'essentiel et qui nous montre une bourgeoisie provinciale repliée sur elle-même, un pouvoir de l'argent destructeur et la force des règles régissant une société française timorée (Eugène Malou étant un homme d'affaires courant après l'argent pour mieux le dépenser et le distribuer ne fera jamais accepté dans ce milieu).
Et puis il y a l'idée de la transmission, le père déçu par son fils aîné et sa fille reporte ses espoirs sur un fils qu'il observe mais que l'époque lui interdit de se rapprocher vraiment.
Les non-dits sortiront violemment après la mort du père dans un roman initiatique totalement maîtrisé et réussi.
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LesLecturesDeRudy
  17 avril 2020
Bonne étude de moeurs de la société de l'entre deux guerres et surtout de la petite bourgeoisie à laquelle Simenon appartenait et qu'il jugeait sans complaisance . Les personnages sont soit blancs ou noirs mais guère de demi-mesure.c'est toujours plaisant à lire et amusant de constater le bond énorme en avant de nos sociétés en moins d'un siècle . Simenon est quelque peu visionnaire lorsqu'il annonce par la voix d'un de ses personnages que sous peu chaque famille aura sa voiture et rêvera de confort individuel . Seul petit bémol la misogynie ouvertement affichée par l'auteur qui ne donne pas vraiment le beau rôle aux femmes et qui d'ailleurs les appelle sous le vocable de femelles régulièrement .
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Lison50Lison50   18 janvier 2017
Le garçon, Gabriel, n'avait rien à faire. Sa serviette à la main, il se tenait debout, face à la rue, dont les vitres légèrement embuées du café encadraient un tronçon.
Il était trois heures de l'après-midi et il faisait sombre, dedans comme dehors. Dedans, c'était une pénombre riche, de la richesse des boiseries patinées qui recouvraient les murs et le plafond, de la richesse du velours pourpre des banquettes, avec, dans l'eau profonde des glaces biseautées, les reflets de quelques ampoules électriques déjà allumées.
Dehors, c'était la rue de Moulins, la grande route en somme, trop étroite, avec ses autos, son tram, ses magasins et son Prisunic à la façade agressive ; c'était trois heures et c'était l'hiver, sans pluie, sans neige, avec de l'humidité froide en suspens dans l'air sous un ciel de crépuscule.
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franksinatrafranksinatra   20 août 2020
Jamais, il n'avait vu la ville aussi propre, aussi claire, aussi gaie, grâce à la gelée et au soleil d'hiver. Derrière un mur d'école, il entendit le vacarme d'une récréation et il s'arrêta en pensant à toutes les récréations qu'il avait connu.
Il n'était pas triste. Il ne serait plus jamais triste. Il avait compris ce que Joseph Bourgues avait voulu dire quand il avait prononcé : "Ton père était un homme."
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franksinatrafranksinatra   13 août 2020
Il fut, pendant ces deux jours là, comme un convalescent. Il en avait les mouvements lents et prudents, et aussi ce sourire à peine esquissé, un sourire qui s'adressait aux choses comme pour les rendre bienveillantes, ou pour les remercier de ne pas être hostiles.
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franksinatrafranksinatra   20 août 2020
Dix fois au moins on a essayé de me marier. on ne regardait pas l'âge, je te le jure ! ... Pourvu que ce fût un parti reluisant... Ou bien de l'argent, beaucoup d'argent, ou bien un titre... Ou bien encore une situation importante dans le politique.
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Faire littérature à partir de faits divers constitue un genre en soi, popularisé notamment par Capote, Carrère ou Jablonka. Lien entre travail journalistique et écriture au long cours, dimension romanesque, importance des aspects sociologiques : on brûle d'entendre Florence Aubenas, autrice du grand succès le Quai de Ouistreham (2010, L'Olivier) et Dimitri Rouchon-Borie, lauréat du Prix Première 2021, sur ces sujets. Née à Bruxelles, Florence Aubenas adore Simenon. de permanence au Monde, journal où elle écrit aujourd'hui, un coup de fil lui inspire le sujet de L'inconnu de la poste (L'Olivier). Qui a sauvagement assassiné Catherine Burgod, employée de la poste à Montréal-la-Cluse, dans l'Ain ? On soupçonne Gérald Thomassin, acteur césarisé en 1990, marginal qui n'a jamais coupé les ponts avec le milieu du cinéma. Aubenas refait l'enquête, rencontre l'acteur qui finit par disparaître subitement et livre cet ouvrage captivant, tendu, construit comme un roman, bel exemple de littérature du réel. Journaliste et chroniqueur judiciaire, Dimitri Rouchon-Borie, a fait sensation en janvier avec le démon de la colline aux loups (Le Tripode). Dans ce texte très fort, qui semble avoir été écrit comme en apnée, à la ponctuation presque absente, il donne la parole à Duke, enfant sacrifié devenu adulte violent. de façon très troublante, son éveil à la conscience nous fait le considérer tour à tour en victime ou en coupable.
Une rencontre diffusée dans le cadre de la Foire du Livre de Bruxelles 2021.
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