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Commissaire Maigret - Romans et ... tome 95 sur 103
EAN : 9782253142164
188 pages
Le Livre de Poche (01/01/1998)
3.91/5   65 notes
Résumé :
Une femme, Hélène Lange, a été étranglée à Vichy. Bien qu'elle y ait vécu neuf ans, personne ne sait rien d'elle. Ni d'où proviennent les coquettes sommes d'argent qu'elle recevait à intervalles réguliers. Séjournant là pour une cure thermale en compagnie de son épouse, Maigret s'intéresse entre deux promenades à l'enquête de son confrère et ami Lecœur. Ce dernier n'aura pas grand mal à arrêter l'assassin. Les petits secrets des sœurs Lange, en revanche, lui donnero... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
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saigneurdeguerre
  07 janvier 2022
Vichy.
Mais qu'est-ce que Maigret fiche à Vichy. Une enquête sûrement… Ah, ben, non ! Il prend les eaux. le commissaire est là en cure avec son épouse. C'est qu'il devient vieux le pépère, et la bonne cuisine française bien saucée et copieusement arrosée, cela finit par fatiguer l'organisme. Monsieur Maigret boit de l'eau plusieurs fois par jour ! Il se promène avec Madame et respecte un rituel quasi religieux, s'en tenant tous les jours aux mêmes occupations, aux mêmes heures, aux mêmes endroits. C'est ainsi qu'il repère une femme qui a la particularité d'être habillée couleur lilas et qui suit, elle aussi ses rituels, tous les jours aux mêmes heures. Quel intérêt ? Quelles horribles vacances ! Heureusement, Maigret ne va pas tarder à bénéficier d'une salutaire distraction… Salutaire, mais pas pour tout le monde ! Une femme, Hélène Lange, la femme en lilas vient de mourir. Mort naturelle ? A moins de considérer l'étranglement comme une mort naturelle, cela ressemble davantage à un meurtre…
Ce qui est étonnant, c'est que, bien que vivant là depuis des années, les gens ne savent que peu de choses sur cette dame Hélène Lange. Lecoeur, confrère et ami de Maigret n'hésite pas à lui demander son aide, ce que notre commissaire accepte bien volontiers vu que les verres d'eau ont leur charme, mais leurs limites aussi.
Critique :
Des années, des décennies que je n'avais pas lu un Maigret ! Cela fait du bien de se replonger dans les enquêtes tranquilles et pépères alors que depuis quelques années il y a surenchère de morts plus gores les unes que les autres. Bon, d'accord, il y a tout de même une femme qui s'est faite estourbir, mais presque gentiment. Une strangulation de rien du tout… C'est agréable (pas pour la victime) pour le lecteur de polars de voir une énigme se résoudre simplement sans même déranger les experts, qu'ils viennent de Miami ou de Paris. Après une grosse brique, un polar de moins de 200 pages, cela repose les neurones. Il faudra que j'y pense plus souvent.
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ibon
  03 juin 2022
Le docteur Pardon a prescrit une cure à Vichy à un Maigret rattrapé par les excès des 30 dernières années.
C'est un coup dur pour le commissaire divisionnaire du Quai des Orfèvres qui, la cinquantaine bien passée, a le corps qui commence en effet à ne plus supporter la bière, le vin et les plats en sauce quotidiens sans oublier la prunelle d'Alsace avant d'aller se coucher.
Ce sera alors l'eau de Vichy pendant 3 semaines avec promenades matin et après-midi. D'abord perçu comme une punition, Maigret s'accommode de ce régime avec rigueur et fatalisme, mais toujours la pipe au bec.
Seul un meurtre pourrait gâcher les bonnes résolutions. Car l'action engendrée par l'enquête le ramenait généralement au bistro. Craquera-t-il?
Je retrouve sa méthode d'imprégnation. La vie de la victime est étudiée car elle porte le germe assassin.
Simenon signe ici l'un de ses meilleurs récits. Assez détaillée pour que l'on se sente avec Maigret parmi les curistes à Vichy mais suffisamment concise pour goûter l'effet du retournement de l'enquête.

Une histoire qui balance entre la quiétude des lieux et des existences pathétiques et sordides. du grand art!
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morganex
  18 septembre 2019
Maigret est en vacances. Ou plus exactement en cure thermale. A Vichy. Trop de bières montées au bureau du Quai des Orfèvres, trop de repas à la diététique incertaine, au cours d'enquêtes jusqu'au bout de la nuit.
"... ne vous inquiétez pas, juste une petite remise en forme. Trois semaines et il n'y paraîtra rien.."
Madame accompagne Monsieur. Maigret s'inquiète pour sa santé, n'en laisse fièrement rien paraître. Madame n'est pas dupe, elle connait son commissaire, sait ce qui le ronge. L'homme, la cinquantaine, se sent brutalement vieillir. Il se soumet, avec le fatalisme d'un 3ème age prématuré, au rituel de la cure, en suit le protocole à la lettre en homme qui ne se sent plus décisionnel de lui-même. Lui qui ne savait jamais comment allait se dérouler ses journées de commissaire, s'adonne en couple à de longues marches quotidiennes qui suivent inlassablement les mêmes itinéraires.
... et le lecteur de sourire de ce Maigret nouveau: fataliste, refermé sur lui-même, silencieux, bougon, courbé sur ses craintes, filant du mauvais coton; de cette Mme Maigret comme une ombre dans son sillage. Notre héros devient personnage de comédie, offusqué de ce chapeau de paille qui remplace son melon habituel, travaillé par la nécessité de résister à une bière fraîche tentatrice, résigné à l'eau thermale chaude qui stagne au fond de son verre de curiste.
Maigret s'ennuie de ce Vichy qui chaque jour montre les mêmes visages aux mêmes heures et aux mêmes endroits, s'invente un jeu pour s'égayer, celui de "profiler" certains curistes à distance. Maigret occupe son temps en s'accrochant ainsi à sa raison d'être, le policier reprend le dessus. Une femme en lilas devient sa cible privilégiée. Elle est entre deux ages, toujours seule, chaque soir sur la même chaise jaune face au kiosque à musique. Elle l'intrigue. Il ne parvient pas à la cerner. C'est rapidement, pour lui, un mystère qui vire à l'obsession.
Le problème prend une toute autre tournure quand la dame est retrouvée étranglée chez elle. Maigret se fera l'ombre silencieuse et attentive, parfois amusée et ironique face aux méthodes d'un de ses anciens subordonnés, désormais en charge de l'affaire. Maigret suit l'enquête en dilettante, coincé entre ses soins thermaux auxquels il ne veut pas se soustraire et sa passion d'une vie: comprendre les autres pour les démasquer ou les aider..
La personnalité de la victime ne va pas tarder a leur apporter du fil à retordre.
La suite appartient au roman...
Avec "Maigret à Vichy", Simenon a du changer ses habitudes d'écriture, sa mécanique d'auteur à l'oeuvre de la série. La méthode romanesque employée n'est pas celle d'ordinaire. Il y a du soleil dans les mots, y a du sourire dans les actes jusqu'à ce que l'épilogue recadre tout dans le drame . L'auteur livre ainsi un roman atypique dans sa production consacrée au Commissaire.
La raison de ce changement est simple, Simenon doit s'adapter à Vichy, à ce que la ville représente.
On connaissait sa récurrence d'utilisation d'un background hivernal, froid et pluvieux pour dramatiser les situations humaines disséquées. Avec "Maigret à Vichy", l'été se devait d'être là, bien à coeur. Cette saison est le temps béni des cures et des vacances associées. Il lui a fallu composer avec la chaleur, qu'il rendra bien entendu lourde et suffocante; le soleil, qu'il montrera omniprésent et brûlant. C'est pleine lumière, sous les ombrages des allées, près de l'Allier où rit la jeunesse en ski nautique, dans la chambre fraîche de l'hôtel derrière les persiennes fermées que se noue et se dénoue le drame en cours. Un orage du feu de Dieu ponctuera l'épilogue, le fracas du tonnerre en point d'orgue du drame qui couve. le calme reviendra dans la chaleur étouffante des habitations qui n'ont su profiter de la fraîcheur de l'orage. Maigret tournera la page du drame sur un espoir: la foudre ne doit pas frapper deux fois au même endroit.
L'été est là, loin du froid et de la pluie de maints autres épisodes.
Vichy montre ses riches atours, ses luxueux hôtels et sa population saisonnière aisée, ses permanents aux aguets de la manne financière que la ville offre. La description de la cité thermale est délicieuse de justesse sociale, le lecteur se sent au coeur d'un oasis privilégié que Maigret n'affronte pas car il a besoin de ses services.
Maigret se soumet aux rituels de cure, presque british d'attitude dans son respect des horaires et des convenances.
On se croirait dans un Agatha Christie. Maigret se fait Poirot d'une intrigue classique de déduction, près des curistes riches ostensiblement bien habillés et réservés.
Il n'y a pas d'antagonisme franc entre deux mondes sociaux opposés si ce n'est une opposition nette et tranchée entre l'aspect presque rieur des 9/10ème du roman et l'épouvante ressentie à l'épilogue. Maigret ne s'implique pas comme à l'ordinaire. Et quand le drame trouvera son épilogue, il abandonnera son habit de détective belge fier de ses déductions académiques pour reprendre celui d'un Maigret en prise directe avec un monde dur et sans pitié.
Parfait.
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Woland
  12 août 2015
Le commissaire divisionnaire Jules Maigret a cinquante-trois ans et quelques lourdeurs à l'estomac ou encore dans les jambes, quand il grimpe les sempiternels escaliers de la P. J. ou ceux des immeubles où crépitent les flashes de l'Identité judiciaire sur des cadavres en piteuses postures. Ce n'est pas très grave - oui, je sais que tout le monde, moi la première, se pose la question : "Mais Maigret ne serait-il pas un tantinet alcoolique ?" - mais son foie, bien qu'un peu gros, est en excellente forme . le reste aussi d'ailleurs mis à part que, que voulez-vous, on vieillit tous et Maigret aussi. Sur les conseils du Dr Pardon, et peut-être touché pour la première fois par la crainte de la Mort qu'il a vue pourtant si souvent et de si près, Maigret part pour Vichy avec une Louise Maigret ravie mais un peu inquiète de le voir si calme et plus préoccupé, pour une fois, de suivre strictement sa cure d'eaux ferrugineuses ou souffrées que de guetter un hypothétique rappel en urgence du 36.
En fait, dans un sens, Maigret est heureux. Un peu de repos, une petite routine sympa, pas de cure trop contraignante - ce goût de souffre, après tout, ce n'est pas la Mort ,o) - beaucoup de marche, tranquille et attentive à la nature, de temps à autre un concert que l'on écoute au kiosque de musique, vers les 21 heures, les trois croissants - trois,out de même ! - du petit-déjeuner traditionnel, un climat un peu lunatique, tantôt dégoulinant de pluie, tantôt très chaud, finalement, tout ça lui convient. Pour l'instant. Fidèle à ses habitudes cependant, il regarde à droite, il flaire à gauche, il cherche à deviner ce que font les promeneurs qu'ils croisent, à quel milieu social ils appartiennent, si ce sont des curistes ou des habitants de la ville, bref, il recourt à sa façon préférée de se distraire.
Il remarque notamment, très régulière au kiosque les soirs de concert, une dame mince, élégante, aux traits fins et qui a dû être jolie, avec cependant une certaine dureté dans l'ensemble, et toujours habillée très élégamment, comme dans une sorte de rituel, avec une pièce lilas dans ses habits : foulard, jupe, etc ... Alors, Maigret, il ne sait trop pouquoi, une sorte d'instinct peut-être, se met à fantasmer en quelque sorte sur cette femme : ce lilas qu'elle porte tout le temps, cette douceur apparente et cette dureté volontaire qu'il perçoit bien chez elle, cette grâce féminine et en même temps cette indifférence absolue et comme hautaine à ce qui l'entoure ...
... Et voilà que la dame en lilas, Melle Lange, Hélène de son prénom, est retrouvée assassinée, dans son salon . Pour une fois, le commissaire chargé de l'enquête, Lecoeur, est un ancien de l'équipe de Maigret qui l'a eu, tout jeune inspecteur, sous ses ordres, à la P. J. Lecoeur est évidemment ravi de l'aubaine, son ancien patron un peu moins. Mais un policier reste un policier et Maigret accepte de "donner un coup de main." Discret, bien sûr.
L'analyse psychologique est ici très poussée. Tout tourne autour de cette Hélène Lange, fille de paysans, et aussi autour de sa soeur, Francine. Malgré la dizaine d'années qui les séparaient, les deux soeurs étaient inextricablement liées par un secret très lourd dont la révélation est responsable du décès de l'aînée. Hélène et Francine, bien que toutes deux d'une beauté différente, ont profité de la vie lorsqu'elles sont montées à Paris. Et c'est là que tout s'est joué ...
A ce stade, il est difficile pour le rapporteur du récit de se risquer plus loin, sous peine de déflorer une intrigue qui n'est peut-être pas l'une des plus connues dans la geste "Maigret" mais qui en est l'une des plus noires. Ajoutons simplement que les deux soeurs ont joué de malchance et, à l'idée de la manne qui s'éloignait d'elles, elles ont choisi la voie du mensonge. Vous savez bien, le Mensonge ? Celui qui arrive toujours en tête, dopé à bloc, tout coquet, tout élégant, avec un bagout monstre et qui fait croire n'importe quoi à n'importe qui pendant des années jusqu'à ce que se présente, haletante, bonne dernière et les pieds en sang, une Vérité certes épuisée mais aux révélations implacables, qu'elle étaie en plus de preuves à la fois si tristes et si crues que, parfois, celles-ci déchaînent des réactions brutales, inattendues, spontanées ... et criminelles.
Avec son kiosque à musique, ses concerts réguliers, l'intimité qui rapproche les Maigret et l'ironie douce qui existe entre eux, ce roman m'a fait souvent songer au "Bal des Voleurs" d'Anouilh. Pièce "rose", soit, à la fin optimiste mais fondée sur le mensonge, sur le quiproquo. Dans l'ouvrage de Simenon, il n'y a pas vraiment de quiproquo, rien qu'une supercherie énorme. Et le mensonge est omniprésent, faisant comme d'habitude son boulot de vantard et d'illusionniste extrêmement doué et conduisant à leur perte ceux qui se sont laissés un jour séduire par ses belles histoires et les horizons financiers sur lesquels elles ouvraient.
Mais l'argent n'est pas tout, dans la vie. Et puis, être obligé de se cacher pour en jouir ... le pire, sans doute, c'est quand le Destin reprend les dés et les fait rouler, créant l'incident, la rencontre qui n'aurait jamais dû avoir lieu et qui va transformer une histoire certes sordide mais sans plus en un crime particulièrement douloureux pour un assassin dont on espère bien, Maigret le tout premier, qu'il se verra acquitté.
Un bon "Maigret." Un peu paresseux, tranquille, qui pense beaucoup et donne tout autant à penser. Parfait pour le calme des vacances, que le soleil ait décidé de vous honorer ou, au contraire, de vous bouder. Ne l'oubliez pas : c'est un charmant petit détour, plus sérieux, plus glauque qu'on ne peut se l'imaginer au début, dans l'oeuvre de l'auteur liégeois. ;o)
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Warrenbismuth
  09 septembre 2022
Ce tome, « Maigret à Vichy », n'est bien sûr qu'un prétexte à cette chronique. Ponctuellement je rejoins le commissaire né de l'imagination de SIMENON, je lui fais des infidélités très souvent, plus rarement je l'abandonne durant plus d'une année. Mais il revient dans la même pièce que moi, comme un vieil amant, et cela fait 15 ans que ça dure. Enfin plutôt, que ça durait. En effet, c'est par ce « Maigret à Vichy » que l'aventure se termine dans mes lectures, que se clôt pour moi le cycle des enquêtes du commissaire. Je le confesse, je n'ai pas pris le chemin tout tracé qui m'aurait enjoint de lire tout dans l'ordre chronologique, pour la simple raison que lorsque j'ai repris, de manière active, les enquêtes en 2007, je ne pensais pas parvenir un jour à terme, à avoir lu tout l'univers qui met en scène le célèbre commissaire, je m'imaginais me contenter de grappiller ici et là quelques titres épars.
Bilan du personnage de Maigret : 75 romans, 29 nouvelles, mais aussi les cinq apparitions « proto-Maigret » au tout début des années 1930, cinq enquêtes où le commissaire est ébauché, mais qui ne figurent pas dans la série. Terminer une pareille expérience, c'est un peu comme perdre un membre de sa famille. 15 ans de cohabitation plus ou moins active, 15 ans que lui fume sa pipe et moi mon tabac en le lisant. J'en ai retenu beaucoup d'enseignements, notamment dans le travail psychologique minutieux opéré par SIMENON, et cette précision chirurgicale, comme maladive. J'en suis venu à observer mes semblables et leurs travers, et bien sûr de le regretter illico.
Pendant ces 15 ans, Maigret m'a séduit, jamais ennuyé, jamais je n'ai trouvé le temps long dans une description ou une conclusion d'enquête. Parfois certaines preuves ont pu me paraître un poil hâtives, du genre grosses ficelles que l'on cache derrière le décor. Mais toujours je me suis senti solidaire et plein de tendresse pour ce gros monsieur pataud et malhabile dans ses déplacements.
SIMENON, à qui un journaliste disait que « son » Maigret lui ressemblait de plus en plus, répliqua que c'était lui, SIMENON, qui se rapprochait de plus en plus du personnage qu'il avait créé. C'est le plus bel hommage qu'il pouvait rendre à celui qui l'a rendu célèbre. Mais lui-même n'a-t-il pas rendu Maigret célèbre ?
Pourquoi terminer cette série par « Maigret à Vichy » ? Maigret a grandi à la campagne près de Moulins, dans le département de l'Allier, car oui, Maigret est auvergnat. Et cette enquête à Vichy, qui n'en est pas vraiment une pour lui en tant que commissaire (puisqu'il se trouve alors sur place avec sa femme pour suivre une cure de remise en forme dans les eaux thermales), est une sorte de retour aux sources, en tout cas à quelque 40 kilomètres seulement de son lieu de naissance.
« Maigret à Vichy » est original dans son scénario. Maigret n'est pas là pour poursuivre un tueur, mieux, il est avec sa femme, en amoureux, flânant dans les rues de la ville de Vichy, observant les autres curistes, comme par déformation professionnelle, lorsque l'une d'entre elle, une femme d'une cinquantaine d'années qu'il a déjà remarquée, est assassinée. C'est presque « par accident » qu'il prend part à l'enquête, durant laquelle d'ailleurs sa femme donne quelques pistes, ceci aussi est rare dans la saga. le fond n'est jamais à sous-estimer chez Maigret, la trame est toujours complexe ou en tout cas solide et soignée. Ce tome ne fait pas exception à la règle. On se laisse comme toujours prendre au jeu avec allégresse et enthousiasme. Maigret est de ces personnages littéraires qui marquent longtemps. Certes, les nombreuses adaptations cinématographiques ou télévisées ont contribué à le rendre encore plus célèbre, mais il faut avoir lu ses enquêtes pour bien se rendre compte du travail méticuleux de l'auteur qui avance par touches minuscules sur le terrain avec Maigret, ne laissant rien au hasard, et surtout pas la météo du jour !
J'ai du mal à réaliser que je dis adieu à Maigret, alors je préfère un « au revoir » timide, peut-être reviendrai-je un jour ou l'autre vers lui, retendre ma main à sa grosse paluche. Je n'ai pas la prétention de pavoiser en connaisseur ès-Maigret, en spécialiste de la question. Mais sachez qu'au fil des décennies, le protagoniste principal évolue peu, que sa vie n'est jamais pleine d'aspérités, aussi ses enquêtes peuvent se lire dans le désordre. Quant au préférences dans le choix, c'est bien simple : aucun tome, aucune enquête ne m'ont paru creux ou invraisemblables, tout vaut le déplacement, même si à titre personnel et avec ce léger recul, les nouvelles m'ont laissé une très forte impression de par leur précision d'horloge suisse en seulement quelques pages, c'est sans doute vers elles que je retournerai en premier lieu si l'envie me vient subitement de renouer avec Maigret. Mais d'ici là, j'aurai peut-être relu « Maigret entre en scène », ce recueil désormais épuisé qui regroupe cinq enquêtes passées inaperçues, qui sont pourtant les racines mêmes du commissaire, celle où par de plus ou moins longues apparitions, il est présenté au lectorat de SIMENON. Si j'effectue le grand saut, je ne manquerai pas de vous en faire part. En attendant, vous pouvez vous plonger sans crainte dans cette série, je vous souhaite 15 années pleines de rencontres et de complicité.
https://deslivresrances.blogspot.com/

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Citations et extraits (53) Voir plus Ajouter une citation
dido600dido600   03 mai 2016
J’oubliais un détail qui vous amusera peut-être. Je m’étais étonné de trouver des livres annotés au crayon. Des phrases ou des mots étaient soulignés. Parfois il n’y avait qu’une croix en marge. Je me suis demandé quel client avait cette manie et j’ai fini par découvrir que c’était elle…
— Vous lui en avez parlé ?
— Il le fallait bien… Mon commis ne pouvait passer son temps à gommer ces marques…
— Quelle a été sa réaction ?
— L’air pincé, elle a dit :
» — Je vous demande bien pardon… Lorsque je lis, j’oublie que les livres ne sont pas à moi…
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WolandWoland   12 août 2015
[...] ... - "Je suppose que c'est bien de votre soeur qu'il s'agit ?"

Elle fit oui de la tête, sans émotion.

- "Vous ne préférez pas vous asseoir ?

- Merci. Je peux fumer ?"

Elle regardait la fumée qui s'échappait de la pipe de Maigret avec l'air de dire : "Si celui-là peut tirer sur sa bouffarde, j'ai bien le droit de griller une cigarette ..."

- "Je vous en prie ... Je suppose que ce crime vous surprend autant que nous ?

- Bien sûr que je ne m'y attendais pas ...

- Vous ne connaissiez pas d'ennemis à votre soeur ?

- Pourquoi Hélène aurait-elle eu des ennemis ?

- Quand l'avez-vous vue pour la dernière fois ?

- Il y a six ou sept ans, je ne sais pas au juste ... Je me rappelle que c'était en hiver et qu'il y avait une tempête ... Elle ne m'avait pas prévenue de sa visite et j'ai été surprise en la voyant entrer tranquillement dans mon salon de coiffure ...

- Vous vous entendiez bien avec elle ?

- Comme on s'entend entre soeurs ... Je ne l'ai pas tellement connue, à cause de la différence d'âge ... Elle sortait de l'école alors que j'y entrais ... Puis elle suivait des cours à La Rochelle bien avant que je n'y devienne manucure ... Ensuite, elle a quitté la ville ...

- A quel âge ?

- Attendez ... Il y avait un an que j'étais en apprentissage ... J'avais donc seize ans ... Ajoutez sept ... Elle avait vingt-trois ans ...

- Vous lui écriviez ?

- Rarement ... Dans notre famille, ce n'est pas le genre ... (...) ... [...]
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WolandWoland   12 août 2015
[...] ... Quand il poussa une exclamation, Mme Maigret surgit de la salle de bains, en peignoir à fleurs bleues, sa brosse à dents à la main.

- "Qu'est-ce qu'il y a ?

- Regarde ..."

Sur la première page consacrée à Vichy, une photographie, celle de la dame en lilas. Elle devait être plus jeune de quelques années et elle avait fait l'effort pour le photographe, d'amener un mince sourire à ses lèvres.

- "Que lui est-il arrivé ?

- Elle a été assassinée ...

- La nuit dernière ?

- Si cela s'était passé la nuit dernière, le journal ne pourrait en parler ce matin ... La nuit d'avant ...

- Nous l'avons vue au kiosque ...

- Vers neuf heures, oui ... Elle est rentrée chez elle, à deux rues d'ici, rue du Bourbonnais ... Je ne me doutais pas que nous étions presque voisins ... Elle a eu le temps de retirer son châle, son chapeau, d'entrer dans le salon, à gauche du corridor ...

- Avec quoi l'a-t-on tuée ?

- Elle a été étranglée ... Hier matin, ses locataires se sont étonnés de ne pas entendre du bruit au rez-de-chaussée ...

- Ce n'est pas une curiste ?

- Elle habite Vichy toute l'année ... Elle est propriétaire de la maison dont elle loue, meublées, les chambres du premier étage ..."

Maigret restait assis et sa femme savait au prix de quel effort.

- "Tu crois que c'est un crime crapuleux ?

- Le meurtrier a tout fouillé mais semble n'avoir rien emporté ... On a retrouvé quelques bijoux et une certaine somme d'argent dans un tiroir qui a cependant été ouvert ...

- Elle n'a pas été ...

- Violée ? Non ..."

Il regarda la fenêtre en silence.

- "Sais-tu qui dirige l'enquête ?

- Evidemment non.

- Lecoeur, qui a été un de mes inspecteurs, et qui est à présent chef de la Police judiciaire, à Clermont-Ferrand ... Il est ici ... Il ne se doute pas que j'y suis aussi ...

- Tu comptes aller le voir ?"

Il ne répondit pas tout de suite. ... [...]
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dido600dido600   02 mai 2016
Plutôt mourir jeune qu’entrer en « état de maladie » …
Il appelait « état de maladie » cette partie de l’existence pendant laquelle on écoute son cœur, on est attentif à son estomac, à son foie ou à ses reins, avec, à intervalles plus ou moins réguliers, l’exhibition de son corps nu au médecin.
Il n’avait plus envie de mourir jeune, mais il repoussait le moment d’entrer en maladie.
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patatarte2001patatarte2001   14 octobre 2022
On devinait l'habitude du silence, comme chez les religieuses, l'habitude de la solitude, peut être même le goût de cette solitude. Que ce soit quand elle marchait ou quand elle était assise comme à présent, elle n'accordait aucune attention aux passants ni à ses voisins...Si son regard ne se posait pas sur les gens mais glissait sur eux sans les voir, c'est qu'il était fixé sur l'intérieur. C'était elle, elle seule, qu'elle regardait, et sans doute en retirait-elle une satisfaction secrète.
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Videos de Georges Simenon (123) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Georges Simenon
En 1979, une romancière a été nommée présidente du jury. Une première dans l'histoire du Festival de Cannes qui convie les littéraires à siéger dans ce comité exclusivement composé d'hommes et de femmes de cinéma. Françoise Sagan ouvre le bal des délibérations. Pourquoi inviter des romanciers à présider ? Une cérémonie particulièrement symbolique qui a sacré deux films arrivés ex aequo avec "Apocalypse Now" et "Le Tambour" adapté du roman de Günter Grass, grâce à Françoise Sagan. Laurent Delmas et Christine Masson nous révèlent quelques anecdotes peu reluisantes de cette 32ème édition du Festival, théâtre d'une polémique entre la romancière et l'institution du cinéma. 
Georges Simenon, le père des "Maigret", Henry Miller, l'auteur américain le plus impertinents et insolents qui soit… Qui sont ces membres du jury qui ont marqué le Festival de Cannes ? 
François Busnel et ses invités remontent le temps, quand les écrivains et grands noms de la littérature se sont retrouvés au Festival de Cannes.

Retrouvez l'intégralité de l'interview ci-dessous : https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/
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