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ISBN : 2253142239
Éditeur : Le Livre de Poche (01/06/1999)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 29 notes)
Résumé :
" La Grande Perche ", c'est Ernestine, une prostituée qui a eu jadis maille à partir avec le commissaire Maigret. C'est à lui, dont elle a pu apprécier l'humanité et l'indulgence, qu'elle vient confier le secret qui terrorise son mari. Au cours d'un cambriolage chez un dentiste de Neuilly, celui-ci a découvert le cadavre d'une femme dans la maison. Ainsi Maigret va-t-il faire la connaissance du Dr Guillaume Serre, veuf d'une première femme et, dit-il, quitté par la ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Woland
  10 janvier 2015
Vous avez déjà eu l'immense plaisir - et l'honneur tout aussi grand - de faire la connaissance de Didine dans "La Maison du Juge" et de Félicie dans "Félicie Est Là." Aujourd'hui, Nota Bene et Babelio ont le bonheur insigne de vous présenter dans les règles Ernestine Jussiaume, dite "Tine" pour son époux mais mieux connue sous le surnom de "la Grande Perche", qu'elle doit à sa taille assez élevée pour une femme. Maigret, lui, la connaît de loin, du jour où, accusée - à tort - d'"entôlage" [= dépouiller un micheton naïf mais ils le sont tous en général ], il dut la faire rouler dans un tapis pour l'envoyer direct au commissariat du quartier parce qu'elle refusait obstinément de s'habiller pour s'y rendre. C'était l'époque où Ernestine exerçait encore le métier de fille de joie, quand elle n'avait pas rencontré Alfred Jussiaume, surnommé pour sa part, dans le monde des coffre-forts (malfrats comme policiers), "Alfred-le-Triste", qui tomba amoureux d'elle et lui demanda de l'épouser. L'Amour étant, vous le savez, une chose infiniment plus compliquée que la Haine, Ernestine succomba aux charmes d'Alfred et renonça à son travail - sauf lorsque, périodiquement, des policiers résignés mais qui aimaient bien le personnage se voyaient contraints, par leur enquête et le Parquet, d'expédier Alfred en prison.
Alfred est en effet un obsessionnel et cela l'empêche de vivre tranquille. Au début, il installait les coffres-forts. Puis, il est passé de l'autre côté et il est persuadé que, un jour, dans l'un des coffres qu'il a posés de ses mains habiles, il trouvera LA somme qui leur permettra, à Ernestine et à lui, de filer droit sur une île paradisiaque. Ca fait des années qu'Alfred y croit, à LA somme : mieux qu'en la loterie, plus qu'en Dieu et même qu'au Diable. Et le voilà qui, en ce mardi-soir, prend son vélo, ses outils et file à 23 heures vers une direction inconnue. Seulement, le lendemain-matin, il n'est toujours pas de retour ... Pire : il appelle Ernestine et lui raconte que, alors qu'il se préparait, avec sa discrétion habituelle, à s'occuper du coffre de Guillaume Serre, dans la villa de celui-ci, à Neuilly-sur-Seine, sa lampe électrique a éclairé quelque chose qui n'aurait pas dû se trouver dans la pièce, et surtout pas dans cet état là, c'est-à-dire plus mort que mort, avec un trou sanglant près du coeur et un revolver dans la main. Femme ? Homme ? Alfred-le-Triste n'a pas eu le temps de bien voir. Il a tout éteint et a filé, croisant une voiture qui s'avançait vers la maison. Son émotion était telle qu'il en a même oublié ses sacro-saints outils de professionnel ...
Ernestine, ou plutôt la Grande Perche, parce qu'elle estime qu'il vaut mieux avoir affaire au Bon Dieu qu'à ses saints, s'en vient donc voir son vieil ami Maigret Il a pris du ventre et du grade mais sa réputation est faite : il n'y connaît sans doute pas grand chose en coffres-forts mais, question meurtres, alors là, il est réputé pour ne pas lâcher l'os dès qu'il en voit un. D'abord incrédule, puis amusé et enfin intéressé, Maigret accepte de se charger de l'affaire, non sans prévenir l'inspecteur Boissier, son homologue au département des braquages de coffres.
De demi en demi, de patron de bistrot en vitrier à la mémoire éléphantesque surtout quand il sort son registre des ventes, les deux hommes vont découvrir que Guillaume Serre - inutile de le plaindre, hein ? il a certainement un fond sadique : au métier d'avoué de son père, il a préféré des études de ... dentiste , c'est déjà un très, très mauvais point, en tous cas pour tous ceux qui n'aiment pas aller chez le dentiste (et nous sommes nombreux, pas vrai ? ) - n'est pas très net. Immense, plus grand et plus massif que Maigret, le visage impassible, avec une moustache à la turque (ne parlez pas de racisme : je ne fais que citer Simenon ), Serre a une maman toute petite et toute sèche, très distinguée, qui voudrait bien que le commissaire ne traite cette ennuyeuse affaire qu'en passant par elle - et elle seule. Son fils est si sensible ...
Un cambriolage ? Oh ! monsieur le commissaire, nous aurions prévenu la police. Ma belle-fille ? Elle a pris un taxi mardi soir car elle partait par le train du soir pour les Pays-Bas, son pays natal, où elle compte passer quelques mois. Si elle comptait revenir ? Eh ! bien, monsieur le commissaire, tout cela est très délicat, n'est-ce pas mais le fait est que la chère Maria et le cher Guillaume ont fait une erreur en se mariant. Alors, peut-être que cette séparation serait devenue ... oui, admettons-le bien que nous soyons catholiques pratiquants, définitive. Ah ! Les temps, monsieur le commissaire, ne sont plus ce qu'ils étaient ... Comment ? Vous croyez que ma belle-fille a disparu ? Mais, monsieur le commissaire, c'est une plaisanterie ou alors un mauvais tour qu'elle nous joue ...
La mère est humble mais intarissable. le fils, lui, méprisant mais peu bavard. Au milieu, invisible pour l'instant, une Maria, née van Aerts, qui ne réapparaît effectivement nulle part et, quelque part, du côté du Havre, un Alfred-le-Triste qui maintient son histoire et qui voudrait bien récupérer ses outils. En prime, dans la salle d'attente de Maigret, la Grande Perche fait les cent pas, coiffée d'un indescriptible chapeau vert. Ce chapeau, elle le promène d'ailleurs un peu partout : à Neuilly, rue de la Ferme, non loin de la villa des Serre, dans un bistrot voisin, à Paris, bien sûr et même, nous l'avons dit, au Quai des Orfèvres où elle rencontre Mme Veuve Serre, dans l'espoir de lui tirer les vers du nez. Mais l'espoir se délite vite. La Grande Perche, qui n'est pas née de la dernière pluie, prétexte alors un malaise pour se faire conduire chez Maigret et lui confier que cette Mme Serre est sacrément intelligente et qu'elle semble bien poursuivre un but déterminé ...
Voilà, je vous en ai assez dit. Sachez aussi que c'est l'un des meilleurs livres de la série, en tous cas à notre avis. Un impressionnant face-à-face entre Maigret et le dentiste, face-à-face qui, en fait, dissimule une vérité bien atroce, bien tordue, bien melliflue. Et si vous n'êtes pas prêt d'oublier l'éternel chapeau vert de la Grande Perche, vous n'oublierez pas non plus le nom ni les motivations de l'assassin. Qu'importe, ça ne vous empêchera pas de relire "Maigret & la Grande Perche" : juste pour le plaisir. Dans l'univers littéraire de Georges Simenon, il est rarissime que le lecteur ne prenne pas son pied. Et une fois qu'il l'a pris, que voulez-vous, il récidive. ;o)
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dido600
  26 avril 2016
On retrouve un Fascinant Maigret un phénomène : à la fois personnage mythique et familier, il nous subjugue par sa placidité et persévérance .
Assuré par la déposition d'Ernestine, Maigret se rend sur le lieu de la tentative de cambriolage. Là, il rencontre un dentiste vivant avec sa mère, monsieur Serre. Sa femme, hollandaise faussement en voyage, semble avoir disparu. Mais Serre nie tout, tant sur le cambriolage que sur la disparition de sa femme. Commence alors pour Maigret une enquête faite de longs et pénibles interrogatoires ou'L'élément le plus attachant du roman est sans doute l'affrontement entre deux hommes de même prestance, Maigret et Serre.En outre a' travers ce recit on decèle La complicité entre policiers et gens du milieu devient ici une collaboration volontaire.
un roman compatible a' la notorièté de George simenon .
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Polars_urbains
  03 août 2018
Décidément, les gabarits comptent dans Maigret et la grande perche, entre Ernestine, qui donne son nom au roman, son mari, un « homme chétif aux yeux inquiets » et un Maigret confronté à un suspect de même prestance que lui. le choc avec le Docteur Serre (« un Turc comme on en voyait jadis sur les images »), ne sera pas physique mais deviendra une lutte psychologique sans merci.
L'intrigue de départ est mince, un cambrioleur affirme avoir vu le cadavre d'une femme sur le lieu d'un de ses exploits, dans une villa de Neuilly, et le commissaire ne sait pas trop quoi en penser. Pourtant, malgré l'absence totale d'indices et bien qu'aucun corps n'ait été trouvé (« Rien d'extraordinaire, répondit Maigret. Une histoire de Hollandaise qui a peut-être été assassinée, mais qui est peut-être en vie quelque part. »), il se lance et se montre de plus en plus tenace au fil des jours. Il organise des surveillances, fait intervenir la police scientifique et se livre à de longs interrogatoires du suspect, de sa mère, de la femme de ménage ou d'une amie de la disparue. Un long travail de procédure…
Maigret et la grande perche est un excellent roman, intéressant à plusieurs titres : par la densité et la qualité des interrogatoires, typiques de la « chansonnette » chère au commissaire ; par la complicité qu'il entretient avec ses collègues et collaborateurs ; par les relations ambigües entre Maigret et certains délinquants qui tourne finalement à une sorte de collaboration qui ne dit pas son nom. Mais l'élément le plus significatif du roman demeure l'affrontement (« une lutte de poids lourds s'engageait ») avec le Docteur Serre, un homme sous emprise (thème courant chez Simenon) prêt à tout pour protéger ceux qu'il aime ou qu'il craint.
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pilou62200
  04 mars 2015
Pour avoir vu de nombreux Maigret à la télévision, je n'avais lu qu'un seul de ses romans. Eh bien, en lisant celui-ci, je ne suis pas déçu. C'est du grand art, on se laisse guider au rythme du commissaire, on suit le fil de l'enquête, on dénoue les écheveaux.
Et c'est sur la fin, quand il abat ses cartes, que tout s'éclaire.
Dans ce roman, la grande perche n'aura qu'un rôle mineur pour l'enquête, même si c'est elle qui va prévenir le commissaire qu'un meurtre a été commis. Un peu à l'image de la fin du roman, lorsqu'il ira la réveiller dans la salle d'attente, elle est la en filigrane, dans le titre du roman, mais c'est bien la famille Serre qui est au coeur de cet ouvrage. C'est la famille serre que Maigret va mettre sur le feu pendant une nuit complète et c'est à l'aube, que la vérité sera faite.
Passionnant !
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Citations et extraits (63) Voir plus Ajouter une citation
WolandWoland   10 janvier 2015
[...] ... - "J'ai réfléchi, Serre. Je commence à penser que vous n'avez pas menti autant que je le croyais."

[Maigret] avait laissé tomber le monsieur comme si, après tant d'heures de tête à tête, une certaine familiarité était de mise. Le dentiste se contenta de le regarder avec méfiance.

- "Maria ne devait pas plus disparaître que votre première femme. Vous n'aviez aucun intérêt à sa disparition. Elle avait bouclé ses bagages, annoncé son départ pour la Hollande. Elle se préparait réellement à prendre le train de nuit.

" Je ne sais pas si elle devait mourir chez vous ou seulement une fois dehors. Qu'en pensez-vous ?"

Guillaume Serre ne répondit pas, mais son regard était manifestement plus intéressé.

- "Si vous préférez, elle devait mourir de mort naturelle, je veux dire d'une mort pouvant passer pour naturelle.

"Ce n'est pas ce qui s'est produit car, dans ce cas, vous n'auriez eu aucune raison de faire disparaître son corps ni ses bagages.

"Il y a un autre détail qui ne colle pas. Vous vous étiez dit adieu. Elle n'avait donc pas à retourner dans votre bureau. Or son cadavre s'y trouvait à un certain moment de la nuit.

"Je ne vous demande pas de me répondre, mais de suivre mon raisonnement. Je viens seulement d'apprendre que votre femme possédait un automatique.

"Je suis prêt à croire que vous avez tiré pour vous défendre. Après quoi vous avez été pris de panique. Vous avez laissé le corps où il était, le temps d'aller chercher votre voiture au garage. C'est à ce moment-là, aux environs de minuit, que la concierge vous a aperçu.

"Ce que je cherche à savoir, c'est ce qui a changé vos plans et les siens. Vous étiez dans votre bureau, n'est-ce pas ? ... [...]
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WolandWoland   10 janvier 2015
[...] ... La fiche que le garçon de bureau avait fait remplir et qu'il tendait à Maigret portait textuellement :

Ernestine, dite la Grande Perche (ex-Micou, actuellement Jussiaume), que vous avez arrêtée, il y a dix-sept ans, rue de la Lune, et qui s'est mise à p... pour vous faire enrager, sollicite l'honneur de vous parler de toute urgence d'une affaire de la plus haute importance.

Maigret jeta un coup d'oeil en coin au vieux Joseph pour savoir s'il avait lu le billet, mais l'huissier à cheveux blancs restait impassible. Il était probablement, ce matin-là, le seul, dans les bureaux de la P. J., à ne pas être en bras de chemise, et, pour la première fois après tant d'années, le commissaire se demanda par quelle aberration on obligeait cet homme quasi vénérable à porter au cou une lourde chaîne avec une énorme médaille.

Il y a des jours, comme ça, où l'on se pose des questions saugrenues. Cela tenait peut-être à la canicule. Peut-être aussi à ce que l'impression de vacances empêchait de prendre les choses très au sérieux. Les fenêtres étaient grandes ouvertes et la rumeur de Paris vibrait dans le bureau où, avant l'entrée de Joseph, Maigret était occupé à suivre des yeux une guêpe qui tournait en rond et heurtait le plafond invariablement au même endroit. Une bonne moitié des inspecteurs étaient à la mer ou à la campagne. Lucas portait un panama qui, sur sa tête, prenait des allures de hutte indigène ou d'abat-jour. Le grand patron était parti la veille, comme tous les ans, pour les Pyrénées.

- "Saoule ?" demanda Maigret à l'huissier.

- "Je ne crois pas, monsieur Maigret." ... [...]
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dido600dido600   24 avril 2016
La rue était toute dorée par le soleil. On entendait le bruissement de la brise dans les grands arbres du Bois de Boulogne.
Il y avait une grille noire, un peu plus loin, un carré de pelouse, une maison calme et ordonnée comme un couvent.
Il y avait quelque part dans cette maison une vieille femme qui ressemblait à une Mère supérieure et une espèce de Turc avec qui Maigret avait un compte à régler.
La vie était belle.
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dido600dido600   24 avril 2016
Voilà sa tête !
Une tête d’ascète, en somme, bien plus que de voyou. La peau collait aux os, les narines étaient longues et pincées, et le regard avait une intensité quasi mystique.
Même sur ces dures photographies de face et de profil, sans faux col, avec la pomme d’Adam qui saillait, on sentait l’immense solitude de l’homme dont la tristesse n’avait pourtant rien d’agressif.
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dido600dido600   25 avril 2016
Vous ne vous souvenez pas du jour ? Ni de l’heure ?— C’était le soir, assez tard. Attendez. Je m’étais relevée. Ne me regardez pas comme ça. Cela va me revenir.
Elle avait l’air d’effectuer un calcul mental.
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