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EAN : 9782253142171
190 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (18/02/1998)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.76/5 (sur 74 notes)
Résumé :
Antoine Batille a-t-il payé de sa vie - sept coups de couteau sa curieuse habitude d'enregistrer au magnétophone les conversations d'inconnus? De fait, l'écoute de la dernière bande livre très vite à la police une équipe de voleurs de tableaux. Mais pourquoi l'assassin n'a-t-il pas dérobé cet enregistrement compromettant? Et quel est l'inconnu qui téléphone à Maigret, indigné que les journaux accusent les trafiquants de ce meurtre? C'est chez lui, boulevard Richard-... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Woland
  21 septembre 2015
Le seul véritable tueur en série que l'on peut recenser jusqu'ici dans la série des "Maigret" est celui, à motifs sexuels d'ailleurs, de "Maigret Tend Un Piège" . Que ce fût l'époque qui le voulût ainsi ou tout simplement par goût naturel, Simenon s'est peu intéressé à ce type de meurtriers. Il faut dire que, pour analyser, sans trop risquer de se tromper, les motifs qui font agir un tueur en série, il faut vraiment creuser longuement, profondément, douloureusement ...
Dans "Maigret et le Tueur", l'auteur liégeois pose tout de même les bases d'une analyse de ce type. Un soir qu'il dîne avec sa femme chez les Pardon, la servante du médecin vient annoncer un client, "l'épicier italien", qui attend, tout affolé. le temps d'enfiler un manteau et les deux hommes suivent le malheureux Pagliati qui leur raconte que, revenant du cinéma avec sa femme, ils ont été témoin d'un homme à terre qui, sous une pluie battante, en poignardait sauvagement un autre, rue Popincourt. En les voyant arriver, l'agresseur a paru avoir le réflexe, bien normal, de fuir mais non, il est revenu pour "achever" sa victime de trois autres coups. Pagliati a laissé le corps à la garde de sa femme et couru carillonner chez le Dr Pardon, qui habite tout près. le médecin constate d'énormes dégâts mais, pour l'instant, la victime, un jeune homme relativement bien habillé, portant un mini-magnétophone à une chaîne autour du cou, est encore vivante.
Pas pour longtemps ...
A première vue, il n'y a vraiment rien à comprendre. Déjà, le portefeuille n'a pas été volé, ce qui permet d'identifier tout de suite le mort, Antoine Batille, fils de famille dont tout le monde racontera bientôt à Maigret et ses hommes qu'il n'avait qu'une seule passion : se promener dans le métro, dans la rue, dans les bars ... pour enregistrer, sans qu'ils s'en rendent compte, ce que disaient ceux qu'il croisait. Evidemment, l'on finit vite par penser qu'il a enregistré sans le vouloir des paroles prononcées dans un bar par quelques malfrats évoquant un "coup" futur ou achevé et déjà recelé. Mais si tel est le cas, pourquoi, alors que le tueur est revenu achever Batille, ne lui a-t-il pas arraché le magnétophone ? Ce que l'on cherche se trouve peut-être sur une autre bande ? Mais non : c'est bien la bande qu'utilisait ce soir-là le jeune homme qui donne la clef de l'énigme. En tous cas, qui semble la donner. Sans le vouloir, Batille avait bel et bien enregistré quelques phrases évoquant un cambriolage dans une villa recelant d'assez belles toiles. le chef du gang, Julien Vila, n'est pourtant pas du genre à tuer. Voler, oui. Tuer, non ... Très vite, Maigret sent que la piste Vila n'est pas la bonne ...
Dans ce cas, c'est qu'il y en a une autre, comme dirait M. de la Palice. Mais laquelle ?
Alors, au 36, sans se lasser, on passe et on se repasse, la, puis les bandes. Rien. Mais rien de rien.
Pour une fois, c'est la presse qui va faire avancer l'affaire. Elle publie en effet des entrefilets en première page sur la mort du jeune Batille, qui était le fils d'une célébrité et, d'article en article, finit par donner le nom de Vila et de sa bande. le résultat ne se fait pas attendre : le journal qui a titré la nouvelle reçoit une lettre, écrite à l'encre verte, et certifiant que Vila n'a rien à voir avec l'affaire de la rue Popencourt. L'auteur veut bien être un tueur mais il ne veut pas envoyer un innocent à la guillotine à sa place.
Ah ! Là, Maigret, il le sent bien, tient enfin quelque chose. Entre deux bouffées de sa pipe, il s'empare de ce fil d'Ariane inespéré et il le déroule, tout doucement, nous guidant ainsi jusqu'au vrai et seul coupable et entreprenant, sans le savoir, une véritable analyse du tueur. Un tueur qui, lui-même, ne sait pas pourquoi il est "comme ça." Il sait seulement que, à certains moments, le désir monte en lui - le désir de tuer - et il doit lui obéir tout de suite. Aussi frappe-t-il au hasard, femme ou homme, peu importe. La notation sexuelle est discrètement sous-entendue dans la réponse du tueur à Maigret lorsque celui-ci lui demande pourquoi il est venu achever Batille : "Ce n'était pas pour l'achever," dit-il en substance. "Simplement, je n'avais pas encore atteint le moment de ma plénitude."
Signalons d'ailleurs qu'il avoue de bonne grâce avoir assassiné pour la première fois quand il avait quatorze ans. Il en a ressenti du plaisir mais aussi une terreur abominable. le tueur en série de Simenon , comme on le voit, n'est pas un banal. Ni intello, ni stupide, ça fait plus de trente ans qu'il cherche "pourquoi" et que, à sa façon, il souffre. Il ne plaide pas la folie mais il admet que, à ses yeux, quand il tue, il n'est plus lui-même. Tout en le restant. Comprendra qui pourra.
Analyse passionnante, patiente aussi, bien différente de ce que font les Américains dans le genre, et qui cherche à retrouver, au fond du monstre, la parcelle, si infime mais encore palpitante, d'humanité. le Tueur de Maigret est aussi passionnant à étudier, si j'ose dire, que celui qui le traque et que la traque elle-même. Dans ce genre de cas, et peut-être êtes-vous comme moi, je me dis toujours : "Et si, parmi mes proches, j'avais eu un parent de ce genre : cousin, frère, etc, etc ... Comment aurais-je réagi ? Aurais-je cherché à comprendre ? Aurais-je rompu tout net, trop horrifiée pour vouloir regarder la vérité en face ? ... Aurais-je pensé à la génétique ? ... Aurais-je ... ?"
En particulier, bien sûr, si le proche en question s'était montré bon père de famille, bon frère ou cousin, etc, etc ... Les tueurs en série ayant subi un ou plusieurs traumatismes dans leur enfance et ayant souvent été des enfants-martyrs, sont et restent à part. Mais ceux qui ont été aimés, choyés, etc ... justement, c'est encore plus difficile de les comprendre, non ?
Un excellent Maigret, solide, curieux, avec beaucoup de profondeur, qui ne se lit pas en une heure. Il faut revenir parfois en arrière, réfléchir par nous-même. C'est en bref un "Maigret" un peu à part - comme son Tueur. En tous cas, tel est mon avis. N'hésitez pas à venir nous en dire ce que vous, vous en aurez pensé, surtout ! ;o)
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Woland
  11 juin 2015
En ce début des années soixante, à qui viendrait l'idée de tuer un clochard ? Nous sommes loin de l'univers d'"Orange Mécanique" et s'il arrive qu'il y ait des rixes entre clochards et que l'un ou l'autre soit blessé, mortellement ou pas, c'est tout de même assez rare. Entre ces exclus de la société, que celle-ci les ait oubliés ou qu'ils aient choisi, eux, de l'oublier, la solidarité est indéniable. Et puis, sincèrement, pourquoi tuer un clochard ? Pour le peu d'affaires qu'il possède ? Pour ses bouts de carton qui le protègent du froid ? Pour ses vêtements sales, fripés et loqueteux ? Allons donc, soyons sérieux !
Alors, il y a bien une explication : un type complètement dingue passe dans le coin et hop ! pris d'un coup de folie, il tue le clochard . Si d'autres clochards venaient d'ailleurs à se retrouver trucidés de la même façon - un coup à la tête et puis une poussée dans la Seine - on pourrait, non sans réticences, envisager l'hypothèse d'un quelconque "Tueur de Clochards", lointain émule de Jack l'Eventreur. Seulement voilà : un seul clochard s'est retrouvé dans l'eau après avoir reçu un solide coup de quelque chose sur l'arrière du crâne. Encore a-t-il eu de la chance car deux mariniers, qui faisaient étape par là, ont entendu des bruits suspects et ont uni leurs efforts pour retirer le malheureux du pétrin où il s'était retrouvé on ne sait comment.
Du coup, voilà notre clochard à l'hôpital. Au début, il est dans le coma mais, quand il en sort, on ne peut pas dire que les recherches de la Police s'en trouvent facilitées : l'homme, bien que comprenant ce qu'on lui dit, se refuse visiblement à dénoncer son agresseur, . Car Maigret est sûr et certain qu'il le connaît, cet agresseur, et que, d'un mot, d'un seul, il pourrait lui indiquer l'identité de l'assassin potentiel. Mais non, le clochard, pour l'Etat-Civil le Dr François Keller, qui a jadis tout laissé tomber en Alsace, sa femme, sa fille et sa belle carrière, reste motus et bouche cousue. Et quand Maigret tente d'organiser un face-à-face avec son suspect à lui, tout ce qu'il retire de l'expérience est une lueur d'ironie dans les yeux de Keller et rien de plus.
Pourquoi l'affaire titille-t-elle autant notre commissaire à la pipe ? Eh ! bien, comme ses collègues et même s'il sait que ce genre d'affaires est souvent plus compliqué que la moyenne, Maigret aime bien les cas qui sortent de l'ordinaire. Et là, avec ce François Keller sur qui Mme Maigret, par la famille qu'elle a en Alsace, peut facilement lui fournir une foule de renseignements qu'il complètera en visitant la fille, puis l'épouse du noyé qui s'en est si bien sorti, il flaire le cas étrange, inédit, déroutant . Mme Keller est une mondaine qui évolue dans la haute société parisienne mais qui fait tout de même l'effort d'aller reconnaître son mari à l'hôpital. Elle propose même de payer tous les frais, si nécessaire. La fille, elle, n'y va pas : elle redoute de voir son père tel qu'il est devenu, dans sa déchéance. Mais, à bien y regarder, tant l'une que l'autre, on se demande bien pourquoi l'idée leur serait venue d'occire un homme dont, visiblement, elles avaient perdu la trace depuis une éternité - et qu'elles ne tenaient, ni l'une ni l'autre, à voir réapparaître dans leur vie.
Côté clochards, c'est un peu la même chose : aucun suspect possible.
Côté écluse et mariniers ... Ah ! là, Maigret hume quelque chose . La péniche des frères van Houtte lui fait une drôle d'impression. Enfin, quand j'écris la péniche, c'est de Jef van Houtte, le capitaine, dont je veux parler. Pourtant, van Houtte est l'un des deux mariniers à avoir sauvé Keller. Et puis, tout crime à un mobile. Et c'est toujours là qu'on achoppe car il est prouvé que van Houtte et Keller ne se connaissent pas. Pour les mariniers, comme pour tous ceux qui appartiennent à la société, les clochards sont tous pareils : on ne les regarde pas, ou alors d'un oeil indifférent. On passe devant eux dans les péniches mais c'est tout juste si l'on remarque leurs cartons, leurs petites affaires personnelles et leurs braseros, l'hiver, sous les ponts ...
A moins que ...
A moins que van Houtte et Keller ne se soient rencontrés sous un autre pont, une fois, une seule, et dans des circonstances particulières ...
Et alors ...
Un "Maigret" tranquille, bon enfant, qui intrigue jusqu'au bout. On notera que, pour une fois - c'est assez rare chez Simenon mais on pensera bien sûr à "L'Inspecteur Cadavre" - Maigret ne parvient pas à coincer son assassin. Non parce qu'il tient à le laisser aller - il le considère comme un "idiot bête", si vous voyez ce que je veux dire - mais parce que, jusqu'au bout, François Keller, à qui le commissaire prendra l'habitude de venir dire un petit bonjour régulier quand il passera par la suite non loin du pont qui l'abrite, se sera refusé à le dénoncer. ;o)
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dido600
  05 mai 2014
Ecrit en 1962
On dégotte dans la Seine le corps d'un clochard grièvement blessé, ancien médecin François Keller qui a voulu quitter le milieu bourgeois qu'il ne supportait plus. N'ayant pu concilier son idéalisme avec la mentalité bourgeoise de sa famille a rompu tout lien avec la société et a pris place dans le monde marginal de la cloche Dans l'atmosphère des brumes de la Seine et du monde mystérieux des mariniers, Maigret va constituer la vie de ce marginal, pleine de secrets et de passions.
Les soupçons se portent sur un certain marinier Jef van Houte .Comme toujours Maigret grâce A' sa placidité légendaire et sa persévérance trouvent les mobiles de cet assassinat manqué Malheureusement le clochard de Maigret Refuse de témoigner contre le Marinier Jef van Houte Il refuse de juger le comportement d'autrui .Faute de preuves le commissaire Maigret doit donc relâcher le marinier
Il se dévore goulument une écriture très simple et sans ambages nous tiens en haleine avec un suspens jusqu'à la fin du récit enfin un roman a' ne pas regretter
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dido600
  22 avril 2018
Publié en 1969.
L'intrigue se déroule à Paris, en France. Antoine Batille, qui vient d'être assassiné de sept coups de couteau rue Popincourt, avait la manie de collectionner des conversations à l'aide d'un magnétophone portatif, comme d'autres prennent des photos. L'a-t-on tué parce qu'il a surpris une conversation compromettante ? En tout cas, l'écoute de la dernière cassette enregistrée par le jeune homme met la police sur la piste d'une bande de voleurs de tableaux dont quatre membres sont arrêtés.
En perspective ce polar comporte deux intrigues puisque le meurtre du début entraîne la police vers une fausse piste qui est celle des voleurs de tableaux ; la deuxième partie, plus courte, s'attache à la peinture du cas pathologique du tueur et met l'accent sur la compréhension dont celui-ci a besoin.
Un très bon roman de la littérature classique policière et compatible a' la renommé de George Simenon.
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michelangelo
  24 janvier 2020
Encore un petit trésor d'écriture signé Simenon… Sous les ponts de Paris, près du Quai des Orfèvres, un clochard est assommé et jeté dans la Seine. Il ne doit sa survie qu'à l'aide de deux bateliers qui le sortent de l'eau. Une enquête est enclenchée avec le commissaire Maigret.
Très bien construite, l'intrigue mène doucement vers un épilogue assez prévisible. L'important est dans les détails savoureux du décor et des personnages hauts en couleur. Simenon fait vivre devant nous un Paris oublié avec ses péniches, ses petits bistrots de quartier, sa noble bourgeoisie citadine.
Fidèle à ses habitudes, Maigret de dédaigne pas une chopine, un digestif ou une bonne bière. Il se régale de plats savoureux (tombés en désuétude de nos jours) préparés par sa femme dévouée et attentive au bien-être de son mari.
Rien que pour l'univers propre à Simenon, la lecture de son petit roman vaut le déplacement. le style y est simple et pourtant précis. Les phrases coulent avec légèreté et une extrême fluidité. L'analyse de la psychologie des personnages est un modèle du genre, tout en finesse. Rien n'est laissé au hasard et jamais on ne tombe dans la caricature grotesque.
Somme toute, ce roman n'est pas un chef d'oeuvre. Toutefois, il comblera les lecteurs avides d'authenticité et amateurs de ce Paris ouvrier et laborieux d'après-guerre que Simenon connait si bien et décrit à la perfection. Quant à l'enquête elle-même, tout en restant assez classique, elle ménage un petit rebondissement final prévisible bien vite pardonné.
Michelangelo 24/01/2020
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Citations et extraits (47) Voir plus Ajouter une citation
WolandWoland   22 septembre 2015
[...] ... L'homme était jeune. Il paraissait à peine vingt ans, portait un blouson de daim et ses cheveux étaient assez longs sur la nuque. Il était tombé en avant et le dos de son blouson était plaqué de sang ...

- "Vous avez averti la police ?"

Pardon, accroupi près du blessé, intervenait.

- "Qu'elle envoie une ambulance ..."

Cela signifiait que l'inconnu était vivant et Maigret se dirigea vers la lumière qu'il apercevait à cinquante mètres. On lisait, sur la devanture faiblement éclairée, les mots Chez Jules. Il poussa la porte vitrée tendue d'un rideau crème et pénétra dans une atmosphère si calme qu'elle en paraissait comme irréelle. On aurait pu croire à un tableau de genre.

C'était un bar à l'ancienne mode, avec de la sciure de bois sur le plancher et une forte odeur de vin et d'alcool. Quatre hommes d'un certain âge, dont trois gras et rougeauds, jouaient aux cartes.

- "Je peux téléphoner ? ..."

On le regardait avec stupeur se diriger vers l'appareil mural, près du comptoir d'étain et des rangées de bouteilles.

- "Allô ? ... Le commissariat du XIème ? ..."

Il était à deux places, la place Léon Blum, l'ancienne place Voltaire.

- "Allô ... Ici, Maigret ... Il y a un blessé rue Popincourt ... Vers la rue du Chemin-Vert ... Une ambulance est nécessaire ..."

Les quatre hommes s'animaient comme se seraient animés les personnages d'un tableau. Ils gardaient les cartes à la main.

- "Qu'est-ce que c'est ?" demanda celui qui était en manches de chemise et qui devait être le patron." Qui est blessé ?

- Un jeune homme ..."

Maigret déposait de la monnaie sur le comptoir, se dirigeait vers la porte.

- "Un grand maigre, en blouson de daim ?

- Oui ...

- Il était ici il y a un quart d'heure ...

- Seul ? ...

- Oui.

- Il paraissait nerveux ?"

Le patron, Jules vraisemblablement, interrogeait les autres du regard.

- "Non ... Pas spécialement ...

- Il est resté longtemps ?

- Une vingtaine de minutes ..." ... [...]
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WolandWoland   22 septembre 2015
[...] ... - "Vous savez qui est à l'appareil ?

- Oui ...

- Vous connaissez mon nom ?

- Votre nom n'a pas d'importance ...

- Vous n'allez pas essayer de découvrir d'où je vous téléphone ?"

Le ton était hésitant. L'homme manquait d'assurance et essayait de se donner du courage.

- "Non ...

- Pourquoi ?

- Parce que cela ne m'intéresse pas ...

- Vous ne me croyez pas ?

- Si ...

- Vous êtes persuadé que je suis l'homme de la rue Popincourt ?

- Oui ..."

Il y eut cette fois un assez long silence, puis la voix demanda, timide, inquiète :

- "Vous êtes toujours là ?

- Oui ... Je vous écoute ...

- On vous a déjà fait parvenir la lettre que j'ai envoyée au journal ?

- Non, on me l'a lue au téléphone.

- Avez-vous reçu la coupure avec la photo ?

- Oui ...

- Vous me croyez ? Vous ne me prenez pas pour un détraqué ?

- Je vous l'ai déjà dit ...

- Qu'est-ce que vous pensez de moi ? ... (...) [...]
+ Lire la suite
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WolandWoland   11 juin 2015
...] ... - "Excusez-moi d'insister ... Vous dites qu'il a reçu un coup sur la tête ... Un seul ?

- Pourquoi me demandez-vous cela ?

- Cela peut avoir de l'importance ...

- Au premier coup d'oeil, j'ai pensé qu'il avait peut-être reçu plusieurs coups ...

- Pourquoi ?

- Parce qu'une oreille et déchirée et qu'on trouve plusieurs blessures, peu profondes, au visage ... Maintenant qu'on l'a rasé, je l'ai examiné de près ...

- Et vous en concluez ? ...

- Où cela s'est-il passé ?

- Sous le Pont Marie.

- Au cours d'une bagarre ?

- Il paraît que non. L'homme était couché, semble-t-il, endormi, au moment où il a été attaqué ... D'après vos constatations, est-ce plausible ?

- Tout-à-fait plausible ...

- Et vous pensez qu'il a aussitôt perdu connaissance ?

- J'en suis à peu près certain ... Et, après ce que vous venez de me dire, je comprends l'oreille déchirée et les égratignures au visage ... On l'a retrouvé dans la Seine, n'est-ce pas ? ... Ces blessures secondaires indiquent qu'au lieu de le porter, on l'a traîné sur les pavés du quai ... Y a-t-il du sable sur ce quai ?

- On décharge un bateau de sables à quelques mètres.

- J'en ai retrouvé dans les blessures.

- Selon vous, donc, le Toubib ...

- Vous dites ?" s'étonnait le professeur.

- C'est ainsi qu'on le surnomme sur les quais ... Il se pourrait qu'il ait été vraiment médecin ..." ... [...]
+ Lire la suite
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dido600dido600   03 mai 2014
— Les criminologistes, en particulier les criminologistes américains, ont une théorie à ce sujet, et elle n’est peut-être pas aussi excessive qu’elle en a l’air…
— Quelle théorie Que, sur dix crimes, il y en a au moins huit où la victime partage dans une large mesure la responsabilité de l’assassin…
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dido600dido600   20 avril 2018
Ce n’est pas une rue terrible, n’est-ce pas ?
— Qu’est-ce que vous appelez une rue terrible ?
— Une rue où les voyous se réunissent dans les bars, préparent leurs mauvais coups, je ne sais pas, moi…
— Non… C’est simplement une rue de petites gens…
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Vidéo de Georges Simenon
Georges Simenon : La neige était sale (1950 / France Culture). Photographie : Portrait de Georges Simenon (1909-1989) au Château d'Echandens, 02/1963. • Crédits : Leemage - AFP. 1ère diffusion sur la Chaîne Nationale le 27 novembre 1950. Adaptation de Frédéric Dard. Réalisation : Pierre-Christian Renard et Raymond Rouleau. Musique originale de Jean Wiener. En 1950, la Chaîne Nationale proposait une adaptation théâtrale et radiophonique de “La Neige était sale”, un roman de Georges Simenon adapté par Frédéric Dard. Durant l’occupation allemande, en France, on suit le parcours de Frank Friedmaier. Ce jeune homme vit dans une oisiveté dorée, chez sa mère, tenancière de bordel. Il côtoie les filles de la maison et des voyous, parmi lesquels un certain Fred Kromer. Seule lueur, sa voisine Sissy Holtz qui persiste à l'aimer malgré sa déchéance qui semble inéluctable... Interprétation : Yves Brainville, Jean Brochard, Danièle Delorme, Daniel Gélin, Françoise Lugagne, Jane Marken, Pierre Marteville, André Numès Fils, Gérard Oury, Jacqueline Roman, Raymond Rouleau, Blanche Sylvain et André Valmy.
Source : France Culture
+ Lire la suite
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