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ISBN : 2253142298
Éditeur : Le Livre de Poche (30/11/-1)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 33 notes)
Résumé :

Qui a tué Louise Filon, alias Lulu, ancienne prostituée du quartier de La Chapelle, alors qu'elle était enceinte ? Et qui payait son appartement cossu, dans le quartier des Ternes ? En cherchant la réponse à ces questions, Maigret va découvrir deux hommes dans la vie de la victime : Pierrot, le musicien de musette, et le professeur Etienne Gouin, une sommité du monde médical. Il va aussi plonger dans deux Paris on n... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Woland
  08 février 2015
Plus qu'un roman policier classique et bien qu'il y ait, cela va sans dire, un cadavre et ceci, pratiquement dès les premières pages, "Maigret Se Trompe" brosse avant tout le portrait d'un individu, le professeur Etienne Gouin, grand chirurgien devant Esculape mais bien triste sire devant Dieu et les hommes. Cet individu, parti de rien - il était fils de paysans - s'est fait tout seul et a utilisé au mieux l'incroyable intelligence et la non moins merveilleuse habileté manuelle que lui avaient conférées la Nature pour atteindre aux rangs les plus élevés parmi les chirurgiens parisiens - et même mondiaux car on le consulte jusqu'en Inde. Simenon retarde à dessein son entrée en scène mais pourtant, cette scène, Gouin y règne tout entier, du début jusqu'à la fin, car on ne cesse de parler de lui. de sa profession, où il excelle - il facture en général une fortune mais, rien que pour voir les yeux reconnaissants et énamourés d'une mère se lever sur lui comme elle les lèverait vers Dieu Lui-même, il est prêt à opérer gratuitement ceux qui n'ont pas les moyens de recourir à ses services comme il le fait, entre autres, du petit garçon de sa concierge. de sa vie privée - il a épousé une infirmière, fille de pêcheurs bretons, qui, amoureuse et éblouie à l'idée de devenir Mme Gouin, (et plus tard d'"être Mme Veuve Etienne Gouin", comme le soulignera ironiquement son époux tout à la fin du livre), se montre cependant si peu jalouse que c'est elle qui a engagé son mari à louer l'appartement du dessous pour y installer sa jeune maîtresse, Louise Filon. de son harem, permanent, renouvelable et ambulant - toutes les femmes l'adorent : étudiantes, infirmières, patientes, toutes, elles sont fières de coucher avec lui ne fût-ce qu'une seule fois. le fait qu'il les prenne pour ainsi dire à la sortie du bloc médical, avec l'air de ne pas y penser, ne choque aucune de ses dames - ou alors, elles ne l'avoueraient pas pour un empire tant est grande l'attraction du professeur, pourtant peu gâté physiquement pas la Nature ("C'est un si grand homme, comprenez-vous," chuchotent-elles à l'unisson, "si sujet à une pression toujours intense, qu'on doit bien lui pardonner cette façon d'agir ...")
Cette omniprésence de Gouin - il se heurte à lui absolument dans tous les coins et a même failli le croiser au 36, où le professeur s'est déplacé mais n'a rencontré que Lucas, trop "sous-fifre" pour qu'il se confie vraiment à lui - gêne Maigret aux entournures - et l'horripile même un peu. Notre commissaire divisionnaire se souvient que, si Gouin est fils de paysan, lui-même n'est que fils de régisseur. Ce qui fait que Gouin et lui ont en commun de s'être faits tout seuls. La différence, que Maigret commence à subodorer bien avant que sa seule entrevue avec le professeur, au chapitre 8 du roman, ne vienne le lui confirmer dans un éclat fulgurant, c'est que le commissaire, lui, a préservé son humanité - l'humanité profonde du personnage de Simenon n'a jamais fait de doute ni pour son créateur, ni pour ses lecteurs. Gouin, au contraire, s'il a jamais pu faire preuve d'humanité au sens premier et simple du terme, n'est plus qu'une espèce de dégénéré, si imbu de son importance personnelle, si narcissique, qu'il traite tout le monde par le mépris. Il méprise avant tout les femmes, c'est certain et affirme sans rire que, si elles prétendent l'"aimer" et le "protéger", ce n'est en fait que pour se donner un rôle à tenir, pour se croire à leur tour vraiment importantes et indispensables. de sa femme à la dernière de ses maîtresses, aucune ne trouve grâce à ses yeux. Louise Filon, assassinée dans l'appartement qu'il lui avait loué au-dessus de son propre appartement, rue Carnot, ne vaut guère plus pour lui. L'avait-il vraiment "dans la peau", comme le disent certains et certaines ? Si tel fut le cas, il ne l'admettra en tous cas jamais. Louise était enceinte ? La belle affaire ! Il aurait sans doute reconnu l'enfant tout en sachant qu'il n'était pas de lui mais de Pierrot, l'amant de coeur de sa maîtresse. Et puis, basta ! Surtout pas de complications.
Du haut jusques en bas, l'univers entier n'a été créé, semble-t-il, que pour adorer et servir l'illustre professeur Etienne Gouin. ;o)
Le personnage est l'un des plus froids et des plus cyniques qu'ait jamais créés Simenon. Par le narcissisme, il rappelle, en homme, Valentine Besson dans "Maigret & la Vieille Dame." Mais la ressemblance s'arrête là. Valentine a au moins le courage de passer à l'acte. Encore est-ce parce que, dans un sens, elle y est contrainte, sinon, là non plus, pas de complications. Tandis que Gouin, lui, se contente de tisser des toiles innombrables, d'y enfermer les pauvres pantins et marionnettes, mâles et femelles, qui viennent à entrer dans son existence et qui peuvent lui servir, de les monter les uns contre les autres - surtout les unes contre les autres - et puis de rester là, à observer, comme il observe la maladie investissant ses patients ou encore les abandonnant, morts et vides, sur la table du bloc. le seul grain d'humanité qu'il lui reste, c'est dans la jouissance qu'il prend à calculer et à regarder ses victimes s'entre-déchirer comme il regarderait des insectes ou des rats de laboratoire se porter des coups mortels, acculés par l'instinct ou bien mieux, stimulés pour s'entre-tuer.
Le nom de l'assassin ? Ma foi, vous pouvez le deviner assez vite mais la fin est tout de même surprenante car cet assassin a un complice - là encore une femme - qu'on ne soupçonnait pas. Mais ce n'est pas pour ça que vous aimerez "Maigret se trompe" : c'est pour le génie, quasi balzacien (les longues digressions et le style feuilletonnesque du Romantisme en moins), avec lequel Simenon vous décrit Etienne Gouin, en long, en large, au plus profond de ses ténèbres. Fidèle à son éditeur, il a appelé son roman "Maigret se trompe" (vous verrez pourquoi il se trompe) tandis que Balzac, fidèle à sa "Comédie Humaine" et à sa manie des titres-patronymes, aurait tout simplement donné : "Le Professeur Gouin." Et c'est bien le sous-titre qui convient à ce roman sombre, accablant pour l'espèce humaine, l'un des romans où Simenon, en pleine crise de noirceur, fait le moins de concessions à l'optimisme.
Grâce au ciel, on est certain que, en rentrant chez lui, Maigret retrouvera la fidèle Louise Maigret, l'odeur d'encaustique de l'appartement du boulevard Richard-Lenoir et les délicieuses émanations culinaires d'un repas qui l'attend sans faillir depuis des heures. Quelque part, ça nous rassure ... ! Il y a peut-être des Gouin dans l'univers - trop même - mais le Ciel dans Sa bonté ou le Destin ou le Hasard ou la Nature tout simplement, par souci d'équilibre, a aussi créé des Maigret. Tous ne seront pas sauvés mais beaucoup, ainsi, seront, au moins, préservés. Grâces en soient rendues à Simenon et n'oubliez pas qu'un roman aussi réaliste que "Maigret se trompe", peut parfois vous effrayer bien plus que ne le fera jamais un bon film d'horreur ... ;o)
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KiriHara
  08 novembre 2017
Georges Simenon est un auteur culte pour bon nombre de lecteurs en général et de lecteurs de romans policiers, en particulier.
Si je parle d'une façon aussi générale, vous aurez d'ores et déjà compris que je ne suis pas si fan que cela de l'auteur ni du personnage.
Le personnage, d'abord, je ne l'ai connu, pendant des années, qu'à travers les adaptations cinématographiques ou télévisuelles des romans de l'auteur. Que ce soit Jean Richard ou, plus tard, Bruno Cremer, il faut avouer que le personnage me lassait très rapidement. Cependant, je dois avouer avoir fortement apprécié les 3 films dans lesquels le policier était interprété par l'excellent Jean Gabin. Mais, peut-être, avais-je apprécié les films plus pour l'acteur que pour le personnage. Ou bien, Gabin avait-il pris des libertés avec le personnage de Simenon ?
Il n'y a pas si longtemps que ça, j'avais décidé de tenter ma chance en lisant un roman de la série. Pour découvrir une série et un personnage, quand je le peux, je débute par le premier épisode. Comme je le pouvais, j'ai lu « Pietr le Letton », le premier épisode de la série.
Le moins que je puisse dire, c'est que je n'avais pas du tout accroché. Ni au style ni au personnage. du coup, je n'avais pas insisté.
Mais, comme je suis devenu un fan du personnage Odilon Quentin, de Charles Richebourg, qui partage bien des caractéristiques physiques et mentales avec le commissaire Maigret, j'ai décidé de redonner une chance à ce dernier. Mais là, pour me faire un avis tranché, j'ai décidé de chercher le meilleur épisode. Si je n'aimais pas celui-là, il deviendrait clair que je n'aimerais jamais le personnage.
Après quelques recherches sur le net pour me faire une idée du titre à me procurer, j'ai jeté mon dévolu sur « Maigret se trompe ».
Maigret se trompe : Qui a tué Louise Filon, alias Lulu, ancienne prostituée du quartier de la Chapelle, alors qu'elle était enceinte ? Et qui payait son appartement cossu, dans le quartier des Ternes ? En cherchant la réponse à ces questions, Maigret va découvrir deux hommes dans la vie de la victime : Pierrot, le musicien de musette, et le professeur Étienne Gouin, une sommité du monde médical. Il va aussi plonger dans deux Paris on ne peut plus dissemblables : celui des pauvres et des mauvais garçons, celui – feutré, silencieux, orgueilleux aussi – d'une bourgeoisie opulente... Reste à découvrir le coupable. Et son mobile. Et pour cela, à affronter la personnalité imposante du médecin, que Maigret semble redouter...
Court roman, heureusement !
Maigret enquête sur la mort d'une ancienne prostituée devenue la maîtresse attitrée d'un chirurgien renommé.
Si les suspects possibles ne sont pas nombreux et si l'enquête aurait pu se résumer en quelques pages, Simenon parvient à nous livrer, pourtant, presque 200 pages. La faute à, non pas une enquête qui s'enlise et qui s'éternise, mais à la propension de l'auteur à se pencher plus sur le personnage atypique du professeur Étienne Gouin, le chirurgien, que sur le meurtre lui-même.
À la fin du livre, si l'on sait qui a tué Lulu, on connaît, surtout, la vie et la psychologie du chirurgien, grâce aux portraits brossés par sa femme, sa concierge, sa secrétaire...
Certes, d'un point de vue littéraire, difficile de trouver quoi que ce soit à reprocher. C'est plutôt bien écrit, Simenon donne de la profondeur à ses personnages (dommage que cette profondeur profite plus à un personnage secondaire qui ne reviendra pas dans la série, plutôt qu'à ses personnages récurrents).
Mais, du point de vue de l'intrigue, il y a de quoi être déçu. du côté suspens, itou puisque l'on devine assez rapidement qui est le meurtrier (malgré une mini révélation qui n'apporte pas grand-chose).
Maintenant, si le lecteur cherche un essai sur les moeurs, un ouvrage sur la psychologie et l'attirance que le talent peut provoquer chez les femmes, pourquoi pas. Enfin, si vous n'êtes pas trop féministe, car, dans ce roman, les femmes sont, soit des groupies dont le seul but est de satisfaire le professeur, soit des putes, soit des harpies qui ne reconnaissent pas le talent. Pas un seul personnage féminin positif dans ce roman-ci.
Au final, si j'ai terminé ma lecture, je ne peux pas dire que j'ai été emballé par l'histoire et par l'enquête, car il n'y a pas vraiment d'enquête et c'est bien là que le bât blesse.
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dido600
  30 juin 2018
Ecrit en 1953
Dans un immeuble cossu, une jeune femme Louise filon tente de refaire sa vie. Loin de la nuit, des proxénètes et des clients, une prostituée veut raccrocher. Son amoureux sans le sou, Pierrot, l'accompagne. Ce soir-là, elle se sait enceinte et savoure son bonheur. Peu de temps après, on la retrouve assassinée. Maigret fait le tour du propriétaire et commence par soupçonner Pierrot, qu'il écarte bien vite. En revanche, le docteur Gouin,un éminent chirurgien qui habite au même numéro, l'intrigue. Ce dernier entretient louise fillon a' l'extrême .
. La femme du chirurgien semble être au courant de la relation de son mari avec Louise, et Maigret apprend petit à petit qu'autour du chirurgien gravitent plusieurs femmes qui semblent chercher à le protéger: outre sa femme, et la concierge, il y a aussi l'assistante du professeur, Mlle Decaux.
, le lecteur prend intérêt à la personnalité des protagonistes et particulièrement celle du professeur Gouin. Maigret redoutant la confrontation avec le chirurgien, la connaissance que nous avons de ce dernier n'est livrée que petit à petit, par des témoignages. La rencontre entre Gouin et Maigret est le sommet du roman
Un roman compatible a' la notoriété de George Simenon
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Polars_urbains
  03 novembre 2018
Un homme et des femmes.
Maigret se trompe est une enquête parfaite fondée sur des entretiens / interrogatoires minutieux des protagonistes, proches ou lointains (sauf la victime, Louise dite Lulu, évoquée par d'autres et que le Dr Paul se charge de « faire parler ») de l'affaire du crime du boulevard Carnot : la concierge, la femme de ménage, le distingué et célèbre professeur de médecine qui entretenait la jeune femme assassinée, son épouse et la soeur de celle-ci, son assistante, sans oublier l'amant de coeur de Lulu, un peu musicien et peu ex-souteneur, donc coupable idéal… On remarquera que le commissaire, qui semble redouter la confrontation avec le chirurgien, réserve celle-ci pour la toute dernière partie du roman (« Ce qu'il savait de Gouin, il l'avait appris des paroles et des attitudes de cinq femmes différentes. ») et qu'elle conduira à confondre les coupables… Un moment d'anthologie entre deux hommes secrets, issus de milieux sociaux semblables, deux êtres ayant « une connaissance à peu près égale des hommes et de la vie » mais qui ne doivent rien à personne : « Comme le professeur, Maigret était né dans un petit village du centre de la France, et comme lui, il avait été de bonne heure livré à lui-même. » Plus proche de Simenon que de Maigret, le professeur Gouin n'est-il pas aussi la face cachée du commissaire, une sorte de portrait en négatif ?
Comme souvent chez Simenon, la composante sociale est forte. Dès le début, nous trouvons l'opposition entre l'avenue Carnot du quartier des Ternes, aisé bourgeois, où vit le professeur Gouin et où il a installé Louise, et les environs alors misérables du boulevard de la Chapelle, domaine des truands et des prostituées (« les silhouettes familières étaient à leur place. »), l'ancien milieu de la même Louise. Deux quartiers et deux couches sociales. Puis une opposition entre les deux « hommes » de Louise, l'homme arrivé au sommet de sa profession, et le plus que modeste saxophoniste de bal musette, entre l'épouse de Gouin et sa soeur… Et tous ces personnages ramenèrent à des êtres issus de milieux pauvres, que la réussite professionnelle et sociale n'aura pas réussi à satisfaire.

Emile Gouin est bien évidemment la vedette de Maigret se trompe, et comme toutes les vedettes, il sait se faire attendre. Ou du moins, Simenon ménage ses effets. Au coeur de l'intrigue, jouissant d'une réputation flatteuse, protecteur de la jeune femme assassinée, protégé par toutes celles qui l'approchent, on ne parle que de lui mais il n'apparaît qu'indirectement. Il faudra attendre les deux derniers chapitres pour que Maigret se décide à pénétrer dans ‘appartement de l'avenue Carnot pour avoir une discussion avec le brillant professeur. Redoute-t-il ce moment ou bien ne sait-il pas déjà tout de lui grâce aux entretiens qu'il a eus préalablement ?
Analyse fouillée de la personnalité d'un homme à femmes (aux relations aussi passagères et furtives que dépourvues de sentiment), dur et tragique, mais aussi six portraits de femmes si l'on inclue la victime, fort différentes les unes des autres (de la vieille fille frustrée à la fidèle assistante en passant par une épouse résignée et une fille facile) et gravitant autour de lui, Maigret se trompe est un bon exemple de ce que Simenon sait faire en matière d'étude psychologique. Car si l'intrigue et sa résolution n'auront finalement guère d'importance (tous les protagonistes auraient bien pu être coupables !) le lecteur a l'impression d'en savoir un peu plus sur la personnalité de chacun, surtout celle du professeur Gouin. du grand art !

Lien : http://www.polarsurbains.com..
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natlitou
  12 avril 2013
Une ancienne prostituée du quartier de la Chapelle est retrouvée morte dans son appartement cossu, près de l'Etoile.
Comment Louise Filon pouvait-elle se loger dans un tel immeuble ? Quel est le mobile du crime ?
Un grand professeur de médecine, son épouse, sa belle-soeur et son assistante, un musicien de musette, des concierges, une femme de ménage : une galerie de personnages au milieu d'une enquête qui dévoile les relations cachées entre la bourgeoisie parisienne et les "pauvres gens".
Une lecture très agréable qui me réconcilie avec le Commissaire : les adaptations télévisées ne me donnaient pas du tout envie de me plonger dans du Simenon...mais après la lecture de ce roman, je sais que je peux suivre une enquête menée par Maigret sans avoir envie de dormir !
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critiques presse (1)
LeFigaro   31 juillet 2014
Dans Maigret se trompe- un des meilleurs de la série, comprenez que ce jugement est complètement subjectif -, notre commissaire «raccommodeur de destinées» se trouve face au meurtre de Louise [...].Comme souvent, chez Maigret, le vrai coupable est rarement le meurtrier et le lecteur sait qu'il ne peut pas sortir de là.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
WolandWoland   08 février 2015
[...] ... - "Vous parlez de Melle Decaux ? Elle ne m'a pas paru le moins du monde embarrassée. Je suppose que, dès que je l'ai quitté, elle vous a téléphoné pour vous mettre au courant ?

- Elle m'a répété vos questions et ses réponses. Elle se figurait que c'était important. Les femmes ont un perpétuel besoin de se convaincre de leur importance.

- Lucile Decaux est votre collaboratrice la plus immédiate, n'est-ce pas ?

- Elle est mon assistante.

- Ne vous sert-elle pas en outre de secrétaire ?

- C'est exact. Et même, elle a dû vous le dire, elle me suit partout où je vais. Cela lui donne l'impression qu'elle joue un rôle capital dans ma vie.

- Elle est amoureuse de vous ?

- Comme elle le serait de n'importe quel patron, pourvu qu'il soit célèbre.

- Elle m'a paru dévouée, au point de faire un faux serment, par exemple, si c'était nécessaire, pour vous tirer d'embarras.

- Elle le ferait sans hésitation. Ma femme a été en contact avec vous, elle aussi.

- Elle vous l'a dit ?

- Tout comme Lucile, elle m'a répété les moindres détails de votre entretien."

Il parlait de sa femme du même ton détaché qu'il avait pris pour parler de son assistante. Il n'y avait aucune chaleur dans sa voix. Il constatait des faits, les relatait, sans leur accorder de valeur sentimentale. ... [...]
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dido600dido600   25 juin 2018
Vous vivez seule ?
— Avec mon mari.
— Il a fait de la prison aussi ?
— Jamais. Il se contente de boire.
— Il ne travaille pas ?
— Il y a quinze ans qu’il n’a pas travaillé une seule journée, pas même pour enfoncer un clou dans le mur.
Elle disait cela sans amertume, d’une voix égale où il était difficile de déceler de l’ironie.
— Que s’est-il passé ce mati
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dido600dido600   27 juin 2018
Il ne s’agissait pas de tristesse, plutôt d’une expression boudeuse de petite fille qui, dans la cour de l’école, reste à l’écart et regarde jouer ses camarades.
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WolandWoland   08 février 2015
[...] ... [La concierge] s'était ressaisie. Il continuait :

- "Je puis en tous cas leur demander si, hier au soir, ils n'ont rien entendu. Ils étaient ici ?

- Mme Gouin y était.

- Toute la journée ?

- Oui. Sa soeur est venue la voir et est restée jusqu'à onze heures et demie.

- Et le professeur ?

- Il est parti pour l'hôpital vers huit heures.

- Quand est-il rentré ?

- A onze heures un quart environ. Un peu avant le départ de sa belle-soeur.

- Le professeur se rend souvent le soir à l'hôpital ?

- Assez rarement. Seulement quand il y a un cas urgent.

- Il est là-haut en ce moment ?

- Non. Il ne rentre presque jamais avant l'heure du dîner. Il a bien un bureau dans l'appartement, mais il ne reçoit pas de malades, sauf dans des cas exceptionnels.

- Je vais aller questionner sa femme."

Elle le laissa se lever, se diriger vers la chaise sur laquelle il avait déposé son pardessus. Il allait ouvrir la porte quand elle murmura :

- "Monsieur Maigret !"

Il s'y attendait un peu et se retourna avec un léger sourire. Comme elle cherchait ses mots, l'air presque suppliant, il prononça :

- "C'est lui ?"

Elle se méprit.

- "Vous ne voulez pas dire que c'est le professeur qui ... ?

- Mais non, ce n'est pas ce que je veux dire. Ce dont je suis presque sûr, c'est que c'est le professeur Gouin qui a installé Louise Filon dans la maison."

Elle fit oui de la tête, à regret. ... [...]
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dido600dido600   26 juin 2018
En somme, toute la maison sait que Lulu est la maîtresse du professeur ?
— Ceux qui ne le savent pas, c’est qu’ils n’ont pas envie de le savoir.
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