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ISBN : 2266023217
Éditeur : Pocket (24/08/2005)

Note moyenne : 3.25/5 (sur 36 notes)
Résumé :

Avant d'ouvrir les yeux, Maigret fronça les sourcils, comme s'il se fût méfié de cette voix qui venait lui crier tout au fond de son sommeil : "Mon oncle !" Les paupières toujours closes, il soupira, tâtonna le drap de lit et comprit qu'il ne rêvait pas, qu'il se passait quelque chose puisque sa main n?avait pas rencontré, là où il eût dû être, le corps chaud de Mme Maigret.
Il ouvrit enfin les yeux. La nuit était claire. Mme Maigret, debout près... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Woland
  19 octobre 2014
ATTENTION : Spoilers ! ;o)
S'il est rare de voir Maigret en vacances, on le trouve parfois déjà à la retraite dans ce tome III de la toute dernière édition Omnibus de l'intégrale. C'est le cas pour ce "Maigret" qui date pourtant de 1934 - et du tout début de la fameuse Affaire Stavisky. En pleine nuit, notre commissaire et son épouse sont réveillés par des coups violents à la porte de leur petit pavillon de Meung-sur-Loire. le responsable de cet esclandre, à deux heures du matin, n'est autre que Philippe, le neveu par alliance de Maigret, dont ce dernier a favorisé l'entrée dans la police. Reconnaissons-le, Philippe a de sacrées bonnes raisons de s'affoler ainsi : lors d'une planque dans un miteux cabaret parisien, il a fait l'idiot. S'étant introduit au Floria dans la petite chambre de repos que s'y réservait le patron, Pepito, il a assisté, à la fermeture, au meurtre de celui-ci. Comme tout se passait dans le noir, il a fini par sortir lui-même son arme pour aller voir d'un peu plus près. Tout en se déplaçant dans la salle, il pose la main sur une arme abandonnée sur une table. Comprenant la bêtise qu'il vient de faire, il persiste et signe et s'empresse d'aller déposer le revolver qui, vu la température du métal, est certainement l'arme du crime, près de la main du cadavre. Enfin, il se décide à quitter les lieux et, comme de juste, tombe nez à nez avec un quidam passant par là comme qui dirait par hasard mais qui s'empressera de témoigner, devant tout le monde et n'importe qui, que le jeune policier sortait à telle heure, pile après la mort de Pepito, du bar que tenait celui-ci.
Maigret est furieux, furieux. On ne peut pas être plus sot, surtout quand on est policier ! Il ne le dit pas - Philippe est le neveu de sa femme - mais il le pense. Qui pis est, c'est son vieux rival Amadieu qui est chargé de l'affaire, sous la houlette du juge Gastambide, un petit Basque que Maigret n'a jamais beaucoup apprécié non plus. Et voici que le Floria, dont tout le monde pensait qu'il allait fermer au moins pour quelques jours, est immédiatement racheté par Albert, homme de paille d'un certain Cageot, caïd discret mais incontesté de la pègre parisienne, que Maigret n'a jamais réussi à coincer et qui, pour le commissaire, est celui qui tire toutes les ficelles.
Mais là, l'affaire est vraiment grave : Philippe, que tout accable, risque sa tête.
Maigret prend donc la route de Paris et se montre à nouveau au Quai des Orfèvres où, étant donné les circonstances, l'on est à la fois heureux et gêné de l'accueillir. Amadieu rôde, lance des petites phrases, recherche le dialogue pour mieux faire la leçon. Gastambide est comme tous les procureurs : il veut des résultats, et vite, d'autant que les preuves sont simples. Certes, il est regrettable que Maigret se retrouve mêlé à tout ça mais on ne va tout de même pas prendre des gants avec Philippe sous prétexte que le jeune homme est le neveu du grand Maigret ...
Résolu, la pipe agressive, plus pesant que jamais , sans se laisser impressionner un seul instant par les mauvais garçons qui constituent le cercle de Cageot et savent tous de quoi il en retourne, à peine ému par une tentative de meurtre à son encontre qui se retourne d'ailleurs contre celui qui devait l'amener dans un piège, Maigret sillonne certains quartiers nocturnes de Paris sans désemparer. Il résoudra l'affaire, il le sait. Il coincera Cageot et son ramassis de demi-sels tous plus insolents les uns que les autres. Et il sauvera au moins la tête de Philippe même si, sans illusions sur l'avenir, il comprend bien que la carrière policière sera désormais fermée au jeune homme.
Je parlais d'affrontement pour "L'Ecluse N° 1" et il en existe un également ici : celui d'un Maigret qui ne renonce pas face à un Cageot qui, lui non plus, n'a jamais renoncé. Mais autant le duel avec Ducrau, dans "L'Ecluse ...", se faisait d'égal à égal, autant le lecteur ne parvient jamais à ressentir la moindre petite once d'empathie envers le Cageot. Intelligent, rusé, économe dans les moyens à utiliser, ne recourant pas systématiquement au crime mais faisant assassiner sans états d'âme par ses hommes de main, ne se mouillant strictement jamais, Cageot est froid, répugnant, authentique et, pourrait-on dire, plus vrai que nature. Mais il n'y a pas en lui cette grâce pervertie, cette passion du Mal qui, même si elle vient des ténèbres et y retourne, n'est pas interdite aux chefs de bande et aux escrocs, surtout pas dans l'univers littéraire. La passion, fût-ce pour le sang ou la dernière parcelle d'humanité - corrompue, hideuse, mais encore vivante - qui rapproche parfois Maigret de l'un ou l'autre de ses adversaires.
Bien que le caractère de Cageot ne parvienne pas à toucher le lecteur, il est, comme d'habitude, très bien analysé. Simplement, cet homme ne connaît pas l'émotion vraie - ne l'a peut-être jamais connue. Sa jouissance, si jouissance il y a, c'est de contrôler, de diriger, de tirer les ficelles qui animent les pantins. Mais s'il le fait en parfait professionnel, il le fait aussi sans génie.
Bref, une bonne petite aventure de Maigret mais pas l'une de ses incontournables. ;o)
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Christw
  04 avril 2012
Pourquoi cette envie de retrouver un roman policier de Simenon ? le goût de sensations simples façon blanquette de veau ? Un seuil rincé à l'eau sous le soleil froid d'un matin d'avril, une pipe bourrée trop serré qu'il faut rallumer quatre fois, un bistrot avec le doux bien-être d'un armagnac sur une table de marbre, une estrade de cabaret avec des instruments de musique dans leur housse, l'odeur d'une cuisine aux placards pleins de confiture. Oui cela. Et le policier bougon qui ne lâche rien, aussi encombrant qu'une armoire de chêne Empire. Ce sont toutes ces choses qui font un Maigret.

Celui-ci, publié en 1934, devait signifier la fin des aventures du commissaire qui tenait sans doute trop Simenon, lequel, avec cette histoire qui n'est pas un vrai roman policier, pensait se débarrasser du personnage une bonne fois pour toutes. C'est pourtant un des romans qui ont le mieux révélé l'enveloppante personnalité du commissaire. Et on sait qu'après celle-ci, Maigret connaîtra encore 83 aventures...

Histoire de famille: le neveu de Madame Maigret, inspecteur au Quai des Orfèvres, est accusé d'une bavure. le commissaire à la retraite reprend du service officieusement. le tout se déroule dans le Paris des année 30, et on allume sa cigarette au bec de gaz dans les cafés. C'est d'un charme...

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morganex
  09 septembre 2018
Dans ce tome daté de 1934 (19ème de la série), Maigret est déjà jeune retraité. Ce roman semble avoir été le dernier d'une première série (que l'on me corrige si je me trompe). Simenon n'est pas à une approximation chronologique près dans le cursus de son héros. le défilé des tomes s'arrange souvent avec l'age supposé du commissaire. L'auteur agit en fonction de ce qui l'arrange. Maigret était policier avant, il le sera encore après la retraite.

Or donc, l'homme à la pipe coule de vieux jours heureux sur les bords de la Loire: nature, grand air et pêche à la ligne. Avant son départ de la P.J. il y a casé comme inspecteur son jeune et insignifiant neveu. Or ce "benêt" fait des siennes un soir dans une boite de Pigalle. On l'accuse d'avoir assassiné un membre de la pègre. Il vient chercher l'aide de son oncle en jurant qu'il n'est pas coupable. Maigret, en sauveur de l'honneur familial, est ainsi de retour au Quai des Orfèvres. Mais il n'y a plus ses entrées. Pour lui, un sacré casse-tête pointe son nez... la suite appartient au roman.
Le fait est qu'ici, dans ce tome précis, Maigret, pour atteindre son but d'innocenter son neveu, démarre en position de handicap. Il est seul (ou presque). Il n'est plus qu'ex-fonctionnaire en rupture d'assermentation; il ne peut ajouter le poids de la machine judiciaire à son propre poids. Il y a, en outre, via le poids du passé, tant de rancoeur dans l'air, tant du côté maffieux que de celui de quelques uns de ses anciens collègues.
Maigret n'est plus commissaire. Il n'a plus le droit d'enquêter. Il le fera pour son propre compte, en léger dépassement constant de la légalité. S'il franchit lourdement la frontière, il ne pourra aller plus loin: la police s'est arrangée du coupable débusqué, les truands activeront leurs faux alibis et avocats dévoués. Maigret marchera sur des oeufs, tout lui sera sable mouvant même s'il connait sur le bout des doigts le terrain où il évolue. L'expérience qu'il a de Pigalle et de sa pègre; l'habitude des règles du Milieu, de ses rites et coutumes; le réveil de ses anciens repères au milieu des truands et malfrats, seront ses instruments vers le succès.
Ses méthodes habituelles seront improductives, et il le sait et le Milieu ne l'ignore pas. Pour atteindre le coupable il devra se réinventer, emprunter d'autres chemins non pas tant de déductions logiques (il croit savoir rapidement qui est le coupable) et d'immersion dans le milieu dans lequel il plonge (tout le monde le connait, lui et ses méthodes) que de persuasion et de manipulations poussant le criminel à la faute. La retraite, comme un boulet à ses chevilles, une entrave à sa "manière policière habituelle"; sa réaction sera d'obliger ses adversaires à se démasquer.
Le présent tome sobrement intitulé "Maigret" aurait pu être "Maigret met la pression".
Simenon, à mon humble avis, se lance ici un défi: celui de réinventer son héros, de nous le montrer sous un autre angle, celui combatif et mordant de la teigne qui ne lâche pas sa proie, qui va la pousser à l'erreur. Cet objectif fera que ce Maigret nouveau, plus persuasif qu'immersif, plus pressé que patient, prendra toute la place au détriment d'un background humain qui apparaîtra en contraste bien palot, pas à la hauteur du héros. le tome est consacré à la pègre de Pigalle, celle des années 30, celle qui gravite autour du sexe, de la drogue et du hold-up. Si l'auteur nous montre "Messieurs les Hommes", à côté de son Maigret déterminé et fort dans sa tête, c'est pour les cantonner, cul sur une chaise, au bistrot et à la belote, à la recherche de faux alibis, au respect de la loi du silence. Les mafiosi sont falots, Maigret n'en parait que plus grand, prenant tout l'espace. C'est le seul défaut du roman.
Simenon pouvait t'il nous raconter cette histoire sans faire de Maigret un retraité ? Non, c'était impossible. La mécanique de l'enquête aurait du être tout autre et l'histoire aurait perdu son charme. Cet état en retrait imposé à un Maigret entravé est, à mon sens, le fait d'importance de l'épisode, son axe principal, son attrait indéniable. Il fait toute la particularité et l'intérêt du récit, l'essentiel du propos. L'idée maîtresse de Simenon fut celle, me semble t'il, de cadenasser Maigret dans une logique d'enquête officieuse et de voir comment son héros allait s'en sortir. L'auteur semble se poser au-dessus des débats, imposer un défi à son héros en ayant l'air de lui dire: "Allez vas-y, montres nous que tu es capable d'agir autrement..!". Simenon doit ainsi, loin des ficelles habituellement en action, presque réinventer un autre héros, celui-ci fonceur et agressif, peu immersif et observateur. Tout est dans l'action, la persuasion forcée, la manipulation rusée. Il y a un contre argument de poids à ma thèse: la longue, lente et magique scène dans laquelle Maigret à son habitude observe en silence ses cibles 12 heures durant, assis silencieux au fond d'un bar. Autre bémol: je ne connais pas suffisamment Maigret pour être catégorique et conforter mon propos quand d'autres épisodes ont bien du montrer le commissaire entravé dans son action, ceux par exemple dans lesquels il est à l'étranger.
"Maigret" n'est pas le meilleur épisode de la série. Mais j'y ai trouvé néanmoins plaisir à le lire via son côté "autre" et l'impression d' y avoir débusqué un héros différent, un profil d'homme déterminé à défendre ses proches. La famille de Maigret, lui comme chef de meute et justicier solitaire, face à celle du Milieu et celle du Quai des Orfèvres.
NB: Il en existe une adaptation: "Maigret", téléfilm français de Claude Barma, avec Jean Richard, diffusé en 1970
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NOIRdePOLARS
  01 avril 2012
Tonton, au secours, c'est pas moi !
Déjà, une enquête, c'est pas toujours facile. Une enquête quand on n'est plus enquêteur, ça l'est encore beaucoup moins.
Maigret, désormais à la retraite, est réveillé potron-minet dans sa maison de campagne par son neveu, qui arrive de Paris. Paniqué, le neveu ! Au secours tonton Jules, on m'accuse d'avoir flingué le malfrat que j'étais chargé de surveiller ! On t'as vu ? Ben oui, un type. T'as touché à rien au moins ? Ben si…
Direction Paris, en duo. Qui c'est le supérieur hiérarchique du neveu ? Amadieu ! Amadieu qui a remplacé Maigret à la tête de la Criminelle. S'aiment pas ces deux là. Idiot, l'Amadieu. Mauvais poulet, mais du bon côté du manche. Pas le cas de Maigret qui n'a plus pour lui l'appareil policier.
Mais il enquête quand même, Maigret. Avec rage, car il s'agit de sauver le neveu. Il se rend vite compte que le témoin miracle, Audiat, passe son temps entre le bar de la rue Fontaine et les champs de courses. Apprend que la boite de nuit où a eu lieu le crime appartient, comme d'autres, à un nommé Cageot, malfrat mais aussi indic, un monsieur bien vu dans la Grande Maison.
Une –longue- scène extraordinaire, simenonienne pur calva de ce bouquin nous montre un Maigret, volontairement placide, chat pelotonné au fond du bar de la rue Fontaine, qui, assis, subissant sans broncher le mépris du personnel, regarde venir à lui, un à un, les protagonistes de ce qu'il n'est pas convenu d'appeler une bande. Ils viennent parce que le téléphone est en dérangement. Providentiel, le dérangement… Un poulet sait aussi bien couper les fils que n'importe qui….
Cerné par des truands qui le savent hors circuit, surveillé de près par son remplaçant inquiet de son retour, Maigret fait face. Très vite, il comprend. le tout est de réunir des preuves : il les obtiendra, au mépris de toutes les règles.
Publié en 1934, ce dix-neuvième Maigret devait initialement être le dernier : c'est pourquoi Simenon, souhaitant dire au revoir au commissaire, l'avait imaginé à la retraite. Il n'en fut rien, heureusement pour nous.
Il s'agit d'un Maigret assez lent, et certains pourront le regretter. Bien au contraire, les fidèles encenseront la force tranquille de Maigret dans ce rôle là. Car en réalité, il écume de fureur. Une fureur qui ne s'extériorise pas. Elle n'en est peut-être que plus dangereuse.
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dido600
  07 juin 2013
Maigret, retraité, est tiré du sommeil par son neveu, Affolé, 'accusé d'avoir tué un malfrat qui 'étais chargé de le surveiller !…
Maigret reprend le service (enquête) d'une manière obligeante pour tenter de sauver son neveu
assiégé par des flibustiers qui le savent en retraite et, surveillé de près par son remplaçant le commissaire Amadieu t inquiet de son retour, Maigret fait face. Très vite, il comprend. le tout est de réunir des preuves : il les obtiendra, au mépris de toutes les règles.
Un Maigret toujours égal a lui-même placide .serein et imperturbable. Il est là pour résoudre les déboires de son neveu néophyte inspecteur
Dans ce récit j'ai l'impression que Simenon veut rendre hommage au commissaire Maigret l'avait persuadé en retraite il n »en fut rien pour les lecteurs
Pour conclure il est lambin mais plaisant a' liret
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
WolandWoland   22 octobre 2014
[...] ... Le premier soin de Maigret fut de s'approcher de la caisse et de dire à la jeune fille :

- "Vous avez un jeton de téléphone ?"

La cabine se trouvait dans l'angle droit du café. Elle n'était fermée que par une porte à la vitre dépolie et Maigret, qui sentait le patron aux aguets, manoeuvra violemment l'appareil afin de faire vibrer les déclics. Mais en même temps, de l'autre main qui tenait un canif, il coupait le fil à l'endroit où il entrait dans le plancher, de telle corte qu'on ne pût apercevoir la solution de continuité.

- "Allô ! ... Allô ! ..." criait-il

Il sortit avec la mine d'un homme excédé.

- "Votre téléphone est détraqué ?"

Le patron regarda la caissière, qui s'étonna.

- "Il marchait encore il y a quelques minutes. Lucien a téléphoné pour des croissants. N'est-ce pas, Lucien ?

- Voilà à peine un quart d'heure," confirma le garçon.

Le patron n'était pas encore soupçonneux, mais il n'en observait pas moins Maigret à la dérobée. Il entra dans la cabine, essaya d'obtenir la communication, s'entêta pendant dix bonnes minutes sans apercevoir le fil coupé.

Maigret, impassible, avait repris sa place et commandé un demi. Il faisait provision de patience. Il savait, lui, qu'il en avait pour des heures à rester assis sur cette même chaise, devant ce guéridon de faux acajou, avec le spectacle du bar en étain et de la caisse vitrée, où la jeune fille vendait du tabac et des cigarettes.

En sortant de la cabine, le patron referma la porte d'un coup de pied, marcha jusqu'au seuil du café, renifla un instant l'air de la rue. Il était tout près de Maigret, qui ne le quittait pas des yeux, et, sentant enfin ce regard accroché à lui, il se retourna vivement.

Le commissaire ne sourcilla pas. Comme un client qui va s'en aller, il avait gardé son pardessus et son chapeau.

- "Lucien ! File à côté téléphoner pour qu'on vienne réparer l'appareil."

Le garçon sortit en courant, sa serviette sale à la main, et le patron servit lui-même deux maçons qui entraient, funambulesques, sous une couche presque régulière de plâtre.

Les doutes du bistrot durèrent peut-être dix minutes encore. Quand Lucien annonça que le monteur ne viendrait que le lendemain, le patron se tourna à nouveau vers Maigret et murmura entre ses dents :

- "Salaud !"

Cela pouvait s'appliquer au monteur absent mais une bonne partie de l'injure n'en était pas moins adressée au consommateur en qui l'homme reconnaissait enfin un policier. ... [...]
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WolandWoland   22 octobre 2014
[...] ... - "Si vous saviez, mon oncle ..."

[Philippe] avait envie de pleurer et il ne pouvait pas. Son regard tomba encore sur l'ampoule électrique. Il trépigna.

- "Je parie que tout à l'heure je serai arrêté !"

Mme Maigret, qui versait l'eau bouillante sur le café, se retourna, sa casserole à la main.

- "Qu'est-ce que tu racontes ?"

Et Maigret fumait toujours, écartait le col à petites broderies rouges de sa chemise de nuit.

- "Tu faisais donc une planque en face du Floria ...

- Pas en face. Je suis entré", dit Philippe sans se rasseoir. "Au fond du cabaret, il y a un petit bureau et Pepito y a installé un lit de camp. C'est là qu'il couche le plus souvent après avoir fermé les portes."

Une carriole passa sur la route. L'horloge était arrêtée. Maigret remonta sa montre qui pendait à un clou au-dessus de la cheminée et qui marquait quatre heures et demie. Dans les étables, on commençait à traire et des charrettes se dirigeaient vers le marché d'Orléans. Le taxi était toujours sur la route, devant la maison.

-"J'ai voulu faire le malin", avoua Philippe. "La semaine dernière, le patron m'avait engueulé et m'avait dit ..."

Il rougit, se tut, chercha à accrocher son regard à autre chose.

- "Il t'avait dit ... ?

- Je ne sais plus ...

- Je le sais, moi ! Du moment que c'est Amadieu, il a dû te sortir une phrase dans le genre : "Vous êtres un fantaisiste, monsieur, un fantaisiste, comme votre oncle ... !"

Philippe ne dit ni oui, ni non.

- "Bref, j'ai voulu faire le malin", se hâta-t-il de poursuivre. ... [...]
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Polars_urbainsPolars_urbains   21 mai 2018
Maigret marchait lentement sur le Pont-Neuf. La veille au soir, il n’avait pas mis les pieds au Floria, mais il était allé rôder, rue des Batignolles, autour de la maison de Cageot. C’était un immeuble de rapport, vieux de cinquante ans, comme la plupart des immeubles du quartier. Le corridor et l’escalier étaient mal éclairés. On devinait des appartements tristes et sombres, des fenêtres aux rideaux sales, des meubles au velours fané.
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