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ISBN : 2266035738
Éditeur : Pocket (01/01/1977)

Note moyenne : 3.49/5 (sur 149 notes)
Résumé :
Le commissaire Maigret, de la Première Brigade mobile, leva la tête, eut l'impression que le ronflement du poêle de fonte planté au milieu son bureau et relié au plafond par un gros tuyau noir faiblissait. Il repoussa le télégramme, se leva pesamment, régla la clef et jeta trois pelletées de charbon dans le foyer.
Après quoi, debout, le dos au mur, il bourra une pipe, tirailla son faux col qui, quoique très bas, le gênait.
Il regarda sa montre qui mar... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
Fortuna
  19 février 2019
Dans ce premier roman de la série, écrit en 1930, de palace en hôtel minable, de bar miteux en restaurant de luxe, sur les boulevards parisiens, sous la pluie normande, le commissaire Maigret est à la poursuite d'un mystérieux Letton, homme aux multiples visages, armateur norvégien, vagabond russe, escroc d'envergure internationale, sillonnant l'Europe, changeant constamment d'aspect.
Sa filature démarre gare du Nord à l'arrivée du train en provenance de Brème. A sa descente Pietr le Letton est pris en charge par un employé du palace le Majestic alors qu'un homme correspondant à son signalement est retrouvé assassiné dans les toilettes d'un des wagons...
L'enquête est rude, l'associé de Maigret va être assassiné, notre commissaire sera lui-même victime d'une tentative d'assassinat… L'atmosphère est là, le personnage est lancé, ce faux pantouflard, qui aime son confort, sa pipe, sa bière et son poêle, mais écoute son flair et son courage dès que l'affaire se complique… Et n'hésite pas à se mouiller, au propre comme au figuré.
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book-en-stock
  15 avril 2018
Première aventure du commissaire Maigret, écrite en 1931, qui nous entraîne de Paris à Fécamp alors qu'une tempête fait rage et que la pluie bat son plein !
Dans ce premier épisode, le commissaire est âgé de 45 ans, fume déjà assidûment la pipe, boit des pintes de bière et se nourrit de sandwich durant l'enquête alors que sa femme l'attend vainement à la maison. Elle ne le verra pas apparaître avant plusieurs jours… blessé qui plus est !!
Cette enquête débute calmement par des filatures, des observations poussées, et se poursuit par un véritable face à face psychologique haut en tension. le commissaire est surprenant de persévérance et de résistance ! La météo joue contre lui avec une tempête et une pluie diluvienne mais rien ne l'arrête, pas même un coup de feu tiré contre lui, et les cadavres qui s'accumulent.
J'ai beaucoup apprécié cette lecture. Ce personnage si connu m'a étonnée, j'avais le sentiment de le découvrir sous un jour nouveau ! le récit est rythmé également au niveau de l'écriture.
Un très bon moment !
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Woland
  18 septembre 2014
Historiquement, si j'ai bien compris - car la genèse de Maigret n'est pas simple - "Pietr le Letton" constitue le premier roman où le commissaire au chapeau melon et à la pipe tient pour la première fois et jusqu'au bout le premier rôle. Sa silhouette s'est peu à peu précisée à l'imagination de son créateur qui l'a déjà fait se profiler dans un texte ou deux. Mais là, le commissaire vient carrément d'"apparaître" à l'écrivain alors que celui-ci écrivait sur le bateau avec lequel il remontait la Seine ou la Marne et, détail assez savoureux, le fameux poêle à bois que Maigret entretient avec tant d'amour dans son bureau du Quai des Orfèvres est un "cadeau" que lui fit son créateur, lequel souffrait alors, devant son texte et sa machine à écrire, du froid qui imprégnait l'air fluvial. On peut dire de cette "apparition" qu'elle est déjà en majesté : rien n'y manque - en tous cas, rien de ce qui fera Maigret qui se montre déjà bourru, bougon et redoutablement taciturne.
L'intrigue ? ... Un crime dans "L'Etoile du Nord", ce train bien connu qui commença à assurer le service entre Amsterdam et Paris, via Bruxelles, dans les années vingt avant de prendre sa retraite dans la dernière décennie du XXème siècle. Dès le début, Maigret sait qu'un escroc d'envergure internationale, surnommé "Pietr le Letton", est à bord de ce train, et a pour charge de surveiller ses faits et gestes. Mais, quand il arrive sur les lieux pour l'enquête, il découvre avec perplexité que la victime ressemble trait pour trait à l'escroc. Jusque dans le dessin des oreilles. Nous sommes dans les années vingt et les technologies policières, même si Bertillon leur a fait faire un indiscutable bond en avant, sont encore dans leur petite enfance en Europe.
Le problème, c'est que, quelques minutes plus tôt, un Pietr le Letton dans une forme parfaite (ou, en tous les cas, un homme qui lui ressemble là aussi trait pour trait), est descendu, vaguement dédaigneux et très élégant, de "L'Etoile du Nord" et s'est installé dans un grand hôtel de la capitale où il semble vouloir faire affaire avec un Américain. Lors d'un très bref chassé-croisé avec ce dernier, Maigret obtient d'ailleurs la confirmation que l'Américain connaît parfaitement le personnage qu'il a invité à sa table pour ce qu'il est : un escroc.
Alors ? Qui est le mort ? Et très bientôt, où est passé le Letton qui disparaît de l'hôtel sans tambour ni trompettes avant d'y reparaître, un ou deux jours plus tard, avec le même étonnant sans-gêne ?
Si Simenon puise encore les ressorts de son histoire dans le fonds de commerce de ce roman populaire qu'il rêve de laisser en carafe, si, çà et là, se pointent encore deux ou trois points d'exclamation très mélodramatiques et éminemment feuilletonnesques, "Pietr le Letton" est cependant du Maigret pur jus : bougonnements, silences, cogitations diverses, grand remuement interne du commissaire lorsqu'il comprend que l'un de ses inspecteurs, Torrence, a été assassiné parce que lui-même lui avait dit de rester tranquillement à l'hôtel, à surveiller le Letton et les Américains, cette colère formidable et têtue dont les aficionados verront bien souvent leur héros accablé devant l'injustice amère de l'existence, et bien sûr ces descriptions de paysages urbains et nocturnes à nulle autre pareilles. Avec, pour une fois - la seule, je pense - la "bourde" magistrale et plus ou moins volontaire du commissaire qui laisse le Letton s'emparer de son arme de service pour se donner la mort.
Maigret agit-il par pitié ? Ou pour venger la mort de Torrence ? Son inconscient intervient-il ou pas ? le lecteur cherche et cherchera longtemps la réponse.
Que dire d'autre ? On ne résume pas Simenon : on se contente d'encourager sa lecture - y compris et avant tout peut-être celle des non-dits qui peuplent l'univers de Maigret. ;o)
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sylvaine
  23 août 2015
Pietr le Letton, première enquête officielle de Maigret fut aussi le premier roman que Simenon signa de son patronyme en 1931.
Paris, Novembre, Maigret, commissaire de la première Brigade Mobile s’apprête à quitter la chaleur douillette de son bureau pour sortir dans le vent glacial et affronter la tempête qui sévit sur Paris. Direction gare du Nord. L’Étoile du Nord en provenance de Bruxelles entre en gare. Il est 11 heures.
Si Maigret est planté là sur le quai, en personne, c’est qu’il vaut vérifier qu’un individu surveillé par toutes les polices d’Europe descend bien du train comme prévu. Cet individu, connu pour ses nombreuses escroqueries financières, s’appelle Pietr le Letton signalement :Pietr le Letton :32 169 01512 0255 02732 O3116 etc….
Eh oui !!! à l’époque pas d’internet, de téléscripteur, de photographies, seulement des portraits parlés et là on traduirait : Pietr le Letton âge apparent 32 ans, taille 169cm, sinus dos rectiligne, etc
Voir débarquer un tel individu à Paris c’est à coup sûr s’attendre à apprendre sous peu qu’une énorme entourloupe à été menée à bien. Maigret a bien l’intention de garder un œil sur Pietr le Letton et l’empêcher de nuire .
C’est bien lui qui descend du train, il est accueilli par un employé du Majestic l’un des palaces de Paris. Maigret s’apprête à le suivre lorsqu’un remue ménage démarre à la hauteur de la voiture 5.Vient d’être découvert dans les toilettes le cadavre d’un homme et là Maigret hallucine s’il n’avait pas vu de ses propres yeux Pietr le Letton passer devant lui sur le quai il jurerait que l’homme dans les toilettes n’est autre que Pietr le Letton !
Vous pensez bien que Maigret ne peut laisser les choses en l’état ! Assisté par son fidèle lieutenant Torrence, il va essayer d’élucider cette énigme. Quels sont donc ces rapports privilégiés qui existent entre ce voyou de Letton et Mr Mortimer ce richissime industriel américain ?Pourqui les deux hommes disparaissent ils pendant 48 h pour réapparaître comme si de rien n’était dans leur chambre au Majestic ? Pourquoi Maigret part il rôder à Fécamp ?
Tout Maigret est là dans ce premier roman, le gabarit, les habitudes, la pipe, l’amour de la bonne table, la patience….et l’amour de la chaleur d’un bon poêle !
Consacré comme l’un des meilleurs livres du XXème siècle, cette enquête de Maigret ne peut que plaire. Pour un coup d’essai c’est un coup de maître !

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Nadouch
  12 mai 2019
La voici, la première enquête de Maigret. On y découvre un commissaire de la brigade mobile, âgé de 45 ans, qui remplit lui-même son poêle dans son bureau, qui reste lui-même en planque (même s'il reconnaît que ce n'est plus de son âge), qui fait lui-même certaines filatures... Et, surtout, qui essaie de s'immerger dans le milieu et dans la psychologie des suspects.
Pietr-le-Letton, gangster international, est retrouvé mort dans un train, puis on le retrouve dans un palace à faire d'obscures affaires avec un américain. Maqué avec une jeune femme à Paris, on le retrouve aussi marié à Fécamp...
Maigret flaire vite le truc, bien entendu ils sont deux... Ou plutôt, ils étaient deux, car il y a bien eu crime.
Un épisode très sombre et le plus violent que je connaisse (Maigret se fait tirer dessus, refuse de se soigner bien entendu, Torrence est tué froidement...), mais qui campe bien les personnages. Je le trouve très bien écrit, profond et recherché. Sans doute un de mes préférés de la série.
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
WolandWoland   20 septembre 2014
[...] ... [Maigret] dut s'y reprendre à trois fois. Dès qu'il retirait la main de la blessure, le sans commençait à couler avec une abondance alarmante.

Il finit par prendre la serviette qui se trouvait sur la table et par la caler sous son gilet, dont il serra très fort la boucle. L'odeur qui régnait dans la chambre l'écoeurait.

Les gestes mous, il souleva un côté du canapé, fit pivoter le meuble sur deux pieds.

Il s'y attendait : c'était Torrence qui gisait là, recroquevillé, un bras tordu, comme si on lui eût brisé les membres pour le tasser dans un petit espace.

Un bandeau couvrait le bas du visage, mais n'était pas noué. Maigret s'agenouilla.

Tous ses mouvements furent calmes, très lents même, sans doute à cause de son propre état. Sa main hésita à palper la poitrine. Et, quand elle eut atteint le coeur, le commissaire se figea, resta là, immobile sur le tapis, les yeux fixés sur son compagnon.

Torrence était mort ! La bouche de Maigret, insensiblement, se tordit. Son poing se serra. Et, tandis que ses prunelles devenaient troubles, il lança, dans le silence de la chambre close, un terrible juron.

Cela eût pu être grotesque. Non ! C'était terrible ! C'était tragique ! C'était effrayant !

Le visage de Maigret était durci. Il ne pleurait pas. Cela devait lui être impossible. Mais il y avait une telle rage, une telle douleur en même temps qu'un tel étonnement sur ses traits que cela confinait à l'hébétude.

Torrence avait trente ans. Depuis cinq ans, il ne travaillait pour ainsi dire qu'avec le commissaire.

Il avait la bouche ouverte, comme s'il eût fait un effort désespéré pour happer une gorgée d'air.

Un voyageur retirait ses chaussures, à l'étage supérieur, juste au-dessus du mort.

Maigret regarda autour de lui pour chercher un ennemi. Sa respiration était forte. ... [...]
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WolandWoland   20 septembre 2014
[...] ... Le chef de gare arriva le premier, important mais inquiet. Puis une civière roula dans le hall, traversa les groupes où les gens mal à l'aise la suivaient des yeux, surtout ceux qui allaient partir.

Maigret remontait le train de son pas lourd, sans cesser de fumer. Voiture 1. Voiture 2 ... Il atteignit la voiture 5.

C'était là qu'il y avait un groupe devant la portière. La civière s'arrêtait. Le chef de gare écoutait les trois hommes qui parlaient à la fois.

- "Police ! ... Où est-il ?"

On le regarda avec un évident soulagement. Il poussait sa masse placide au milieu du groupe agité et, du coup, les autres n'étaient plus que des satellites.

- "Au lavabo ..."

Maigret se hissa, vit la porte des lavabos ouverte, à sa droite. Sur le sol, un corps était tassé, plié en deux, étrangement contorsionné.

Le chef du train, du quai, donnait des ordres.

- "Qu'on conduise le wagon sur une voie de garage ... Attendez ! ... La 62 ... Et qu'on avertisse le commissaire spécial ..."

D'abord, il ne vit que la nuque de l'homme mais, en faisant glisser sa casquette posée de travers, il découvrit l'oreille gauche.

- "Grand lobe traversé limite et dimension limite antitragus ... " grommela-t-il.

Il y avait quelques gouttes de sang sur le linoléum. Il regarda autour de lui. Les employés se tenaient sur le quai et sur le marchepied. Le chef de gare parlait toujours.

Alors Maigret renversa la tête de l'homme et serra davantage sa pipe entre ses dents.

S'il n'avait pas vu sortir le voyageur en manteau vert, s'il ne l'avait vu se diriger vers une voiture en compagnie d'un interprète du Majestic, il eût pu douter.

Même signalement, même petite moustache blonde coupée en brosse à dents, sous un nez à arête vive. Mêmes sourcils clairs et rares. Mêmes prunelles d'un gris verdâtre.

Autrement dit, Pietr le Letton ! ... [...]
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missmolko1missmolko1   16 octobre 2018
Mme Maigret haussa les épaules.
- C’est vraiment la peine d’être la femme d’un officier de la Police Judiciaire !
Mais elle disait cela en souriant.
- Quand il se passe quelque chose, ajoute-t-elle, c’est par la concierge que je suis au courant… Elle a un neveu journaliste, elle !...
Maigret sourit aussi.
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MimekoMimeko   30 décembre 2017
Mais le commissaire s'éloignait déjà, gauche et maladroit, se campait au milieu du hall, comme les visiteurs dans les églises historiques où ils essaient de deviner sans l'aide du sacristain, ce qu'il y a de curieux.
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vanesgautiervanesgautier   16 août 2012
Le commissaire Maigret,de la 1ère Brigade mobile,leva la tête,eut l'impression que le ronflement du poêle de fonte planté au milieu de son bureau et relié au plafond par un gros tuyau noir faiblissait.Il repoussa le télégramme,se leva pesamment,régla la clef et jeta trois pelletées de charbon dans le foyer.
Après quoi,debout,le dos au feu,il bourra une pipe,tirailla son faux col,qui,quoique très bas,le gênait.Il regarda sa montre,qui marquait quatre heures.Son veston pendait à un crochet planté derrière la porte.
Il évolua lentement vers son bureau,relut le télégramme et traduisit à mi-voix:
"Commission internationale de Police criminelle à Sûreté générale,Paris:Police Cracovie signale passage et départ pour Brême de Pietr le Letton."
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