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Paul Lavigne (Traducteur)
EAN : 9782221113899
672 pages
Robert Laffont (08/10/2009)
4.09/5   88 notes
Résumé :
Ce roman, qu'on a pu qualifier d'hybride de James Bond et d'Arsène Lupin, est construit sur un flash-back qui permet de suivre les inénarrables péripéties du héros de l'histoire, Thomas Lieven, entre 1939 et 1957, période durant laquelle ce jeune banquier de Londres n'accumulera pas moins de seize passeports de neuf nationalités différentes.

Très riche lorsque la Seconde Guerre mondiale commence, Lieven est un fin gourmet, un excellent cuisinier (on ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
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ODP31
  22 août 2021
Sortez les blinis !
Bon, avec Thomas Lieven dans les parages, vérifiez bien qu'il ne vous a pas tartiné des oeufs de lump au prix du caviar. Damnés succédanés.
Espion à l'insu de son plein gré, allemand d'origine, grand voleur, pardon banquier, il oeuvrait et manoeuvrait avec brio à Londres en 1939. L'homme est raffiné, charmeur, passionné de femmes et cuistot hors pair quand il se retrouve piégé et doit utiliser ses talents au service des services secrets allemands, de ceux de sa majesté, des américains et des français. Parfois les uns après les autres, parfois en même temps. Un agent ni double, ni triple mais quadruple. Il a plus de passeports que de pass sanitaires. Un collectionneur de QR codes 007. Toujours en besoin de liquidités, les pays en conflit lui confient des missions dangereuses pour remplir les caisses et participer à l'effort de guerre lasse.
Si Thomas Lieven risque plus de s'étouffer avec une truffe qu'avec les principes, qu'il est patriote du monde et qu'il n'a rien contre un enrichissement personnel pour la mauvaise cause, il prend tous les risques pour éviter de participer à la boucherie collective. Il use de tous les stratagèmes pour sauver des vies, dont la sienne et il sera pourchassé par tous ses employeurs. Il trouvera ses complices parmi des résistants, des truands et ses conquêtes. Ses trahisons successives le conduisent un peu partout : du Portugal à Berlin, de Paris à Toulouse puis Marseille, des Etats Unis à Londres. Passager clandestin qui ne voyage qu'en première.
Evoquer pour moi ce roman qui date de 1960, c'est comme partager un coin de champignons ou une plage sauvage connue des seuls autochtones. C'est à la fois partager un plaisir immense de lecture et divulguer un secret conservé de façon un peu égoïste. D'un autre côté, il s'est écoulé près de 30 millions d'exemplaires et bien d'autres passionnés doivent réserver une place de choix à ce roman dans leur bibliothèque.
C'est le roman de divertissement par excellence. Une péripétie par page et il y en a plus de 600, un héros charismatique, des femmes irrésistibles, des intrigues alambiquées, des hommes de mains patibulaires. A la différence de beaucoup de ces romans, le style n'est pas abandonné à l'histoire et je garantis des sourires. Ce roman, c'est une série condensée de huit saisons.
James Bond pacifiste, Arsène Lupin sans monocle, inutile d'essayer de résister à Thomas Lieven, il a toujours quelques coups d'avance, même sur l'auteur.
Son paternel côté plume, c'est Johannes Mario Simmel, juif allemand né en 1924 à Vienne, qui perdit une bonne partie de sa famille dans les camps de concentration. Il travailla comme traducteur pour l'armée américaine, avant d'être journaliste puis écrivain à succès.
Rangé parmi les classiques de la librairie « Ombres Blanches » à Toulouse que je squatte chaque semaine, je ne peux que confirmer que ce roman hybride y a toute sa place. Je ne sais pas où le ranger, alors, il restera sur ma table de nuit.
Un livre à espionner qu'il faut garder à l'oeil, de peur qu'il s'échappe.
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Bigmammy
  01 mars 2014
J'avais adoré ce livre dans les années 70, tellement que je l'ai prêté à quelqu'un, qui ne me l'a pas rendu. Au fil des années, j'en avais oublié le titre … et puis grâce à Babelio, au détour d'une liste, je l'ai retrouvé, vite commandé, dévoré, adoré à nouveau.
Ce n'est pas un monument de qualité stylistique, mais un plaisir de chaque page à déguster. Parce qu'à travers cette histoire rocambolesque d'un agent secret hyperdoué mais qui refuse que ses actions soient productrices de morts, on y découvre aussi des menus et des recettes de cuisine tout à fait bien décrites.
Thomas Lieven est un héros pacifiste qui adore faire la cuisine. Il est beau, mesure 1,75m, mince, élégant. Né en 1910 – comme mon père – il a donc 29 ans lorsque l'Allemagne – sa patrie – déclenche le second conflit mondial. Thomas est alors un jeune et talentueux banquier à Londres. Il parle couramment l'anglais et le français. Venu à Paris pour le compte de son associé, il tombe dans un traquenard et ne se sauvera que sous la condition d'être recruté tour à tour par les services secrets de sa Gracieuse Majesté, par l'Abwehr de l'Amiral Canaris, par le Service de Renseignement français de la résistance, par le FBI et même par les Russes pendant la guerre froide. Bien entendu, il est recherché à la fois par tous ces services qui le considèrent comme un agent ennemi.
Nous suivons ses aventures dangereuses, cocasses, ses conquêtes féminines, les combines financières qu'il met en oeuvre à son profit et au profit des camps qui lui conviennent, fait en sorte d'apaiser le maquis de la Creuse, s'acoquine avec le grand banditisme marseillais – avant que les Allemands ne fassent sauter le quartier du Vieux-Port – échappe à plusieurs menaces d'exécution – s'évade de prison à la manière du Comte de Monte-Christo – démantèle un réseau de trafic de bons du Trésor Allemand destiné à piller les pays occupés et initié par le beau-frère de Himmler… Bien avant Les Bienveillantes de Jonathan Littell, c'est la première fois que l'on soulève la question de la corruption généralisée des officiers des troupes d'occupation allemande…
Basé sur l'histoire réelle d'un héros qui reste dans l'anonymat – on comprend aisément pourquoi – ce roman d'espionnage plus vrai que ceux Ian Fleming (James Bond fut inspiré par l'agent triple Dusko Popov), nous offre un personnage qui a plusieurs traits en commun avec Arsène Lupin et Bernie Günther. le livre a connu un succès planétaire lors de sa sortie en 1966 : 76 millions d'exemplaires vendus dans le monde, 38 traductions, 30 millions vendus en Europe. Son auteur, Johannes Mario Simmel, est un Autrichien d'origine juive dont une partie de la famille a péri dans les camps. Il est mort en 2009 et à cette occasion, on a réédité son livre.
Certains voient en cet ouvrage un roman d'apprentissage (Bildungsroman) et un symbole de la réconciliation Franco-Allemande. Thomas Lieven adore la France, il y possède une petite maison sur le Bois de Boulogne, on le retrouve à Toulouse pendant la débâcle, à Marseille comme un poisson dans l'eau au milieu des caïds de la pègre, du côté d'Eguzon au centre de la France puis à Baden-Baden en secteur français de l'occupation française en Allemagne à la tête d'un service de recherche des criminels nazis. C'est échevelé, drôle, culotté, plein de tendresse et de rebondissements inattendus. Bref, un roman passionnant que j'ai eu le bonheur de redécouvrir … sans compter la lecture de dizaines de recettes puisque le héros – dans les moments les plus tendus – sert à ses convives des repas mémorables qui lui permettent de se tirer des situations les plus dangereuses.
..
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moussk12
  10 août 2016
Que dire de ce livre ? Il est unique en son genre, d'autant plus que l'histoire est vraie !
Edité en 1967, il raconte les extraordinaires aventures d'un espion. Espion malgré lui, car Thomas Lieven (évidemment ce n'est pas son vrai nom), n'était pas destiné à cette vie aventureuse. Tout a commencé en 1939 où, jeune banquier de la cité londonnienne, Thomas Lieven se fait arrêter par la Gestapo, à Cologne, pour des malversations frauduleuses de son associé, Marlock, resté à Londres. Comment va-t-il se tirer de ce pétrin? Les SS reconnaissent tout de suite l'homme brillant, intelligent, ingénieux et, faut-il le dire, assez filou. Ils lui proposent de "payer sa dette" (en fait qui n'est pas la sienne), en travaillant pour eux. Et c'est ainsi que tout débute, fausses identités, faux papiers. Mais une fois découvert en France, voilà qu'on lui propose la même chose ! Et durant toute la guerre, Thomas Lieven travaillera pour les allemands, puis pour les français, puis pour les allemands et ainsi de suite, sans jamais pouvoir sortir de ce cercle vicieux.
Mais ce qui rend le personnage attrayant, sympathique et attachant, c'est sa personnalité. Il a su se jouer de tous car il avait le flegme et l'humour de l'anglais, la rigueur de l'allemand, l'élégance et les bonnes manières du français. C'était un pacifiste qui jamais n'a porté d'armes, ni tué qui que ce fût. Il était contre la violence et tentait, dans chaque mission qu'on lui imposait, de trouver un subterfuge pour ne pas plus léser les démunis. Bien au contraire ! Pour cela, il s'est fait beaucoup d'ennemis mais également, beaucoup d'amis dans chaque camp. Ce qui l'a bien servi dans des situations inextricables.
Et comble de tout, il était habité d'une passion culinaire telle, que, c'est lors des repas qu'il confectionnait lui-même (et dont les recettes sont toutes décrites) pour ses invités de marque de toutes nationalités, qu'il parvenait à se tirer d'un mauvais pas ou à faire approuver ses "plans".
Thomas Lieven était un personnage rocambolesque par excellence, très intuitif, en fait, un superbe arnaqueur.
Cela fait 3 fois que je lis ce livre (à peu près tous les dix ans) et mon plaisir est constant.
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GeorgesSmiley
  08 juillet 2019
L'espion qui cuisine ! Vous imaginez déjà, dans une pièce sordide, sans fenêtre, un espion monstrueusement occupé à arracher à n'importe quel prix des informations vitales aux malheureux tombés entre ses mains. Pas du tout. Il cuisine vraiment, en cuisine, simplement armé d'un fouet ou d'un petit couteau, d'un chinois, d'une passoire, de casseroles ou de plaques à tartes. Il cuisine avec plaisir et succès, même quand On n'A Pas Toujours du Caviar. En ajoutant, sans autre précaution, que notre maître-queue apprécie les dames et qu'elles le lui rendent bien, qu'il fuie toute violence et n'entend causer de tort à personne, je me rends bien compte qu'il devient de plus en plus compliqué de convaincre un lecteur novice que cette histoire est basée sur des faits réels. Lisez donc la préface pour vous en persuader, elle émane d'un ancien du deuxième bureau, que les habitués du genre connaissent pour être la version française du MI6 britannique, de la CIA américaine ou de l'ancien KGB soviétique.
Oubliez John le Carré, ce qui m'est impossible, à moi qui ai honteusement usurpé l'identité de son héros emblématique, et persuadez-vous que tout va bien se passer. Notre James Bond des cuisines valse élégamment dans l'Europe dévastée de 1938 à 1958, sans autres bobos que quelques cicatrices (la Gestapo, tout de même), échappe aux exécutions du petit matin et enchaîne conquêtes et escroqueries en flattant le palais de ses amis, adversaires, partenaires ou ennemis tandis qu'il séduit leurs femmes.
Il y a de l'Arsène Lupin dans cet homme-là, plus que du James Bond, beaucoup trop cynique, pas assez « fleur bleue ». Et lorsqu'il se rend au casino, comme Mr Bond, c'est uniquement pour regarder une jolie femme perdre, perdre beaucoup, perdre tout jusqu'à …devoir la consoler. C'est léger, amusant et totalement (j'ai contacté John le Carré qui a dérangé George Smiley dans sa retraite de Cornouailles, tous deux confirment : « Impossible ! ») improbable. Nous sommes donc trois à n'avoir que moyennement goûté la cuisine de M. Lieven qui nous a semblé manquer singulièrement des divers ingrédients indispensables à qui entendrait cuisiner à propos de l'espionnage tels que :
Trahisons, arrestations arbitraires, interrogatoires plus que musclés, chantages en tous genres, filatures, enregistrements sournois, dossiers falsifiés, meurtres ou sacrifices d'innocents. Mais, pour qui n'est pas Un Pur Espion, ne fait pas partie des Gens de Smiley et ne s'est jamais trouvé dans le Tunnel aux Pigeons, ce roman charmant et rocambolesque fera une lecture de qualité à base de bonnes recettes et de bonnes fortunes. C'est d'autant plus à saluer et à mettre au crédit de l'auteur lorsqu'on a pris connaissance de son parcours personnel, lequel fut confronté à certains des organismes cités dans le livre avec des conséquences beaucoup plus funestes que celles rencontrées par son héros.
Puisqu'on vous certifie que cette histoire est basée sur des faits réels !
« A la suite d'un certain nombre d'actions aussi violentes que grotesques, le bon citoyen Thomas Lieven se vit dans l'obligation de mener en bateau les organismes suivants : l'Abwehr allemande et la Gestapo, le Secret Service britannique, le Deuxième Bureau français, le FBI américain et la Sûreté soviétique. »
Cet espion malgré lui avait de l'estomac, quant à vous, futurs lecteurs, certain que vous allez vous régaler, on ne peut que vous souhaiter « Bon appétit ! »
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Ogrimoire
  17 août 2017
Ce livre, comme, d'ailleurs, son auteur et son héros, est un véritable ovni, qui ne ressemble à aucun autre. Thomas Lieven est intelligent, malin, brillant, un brin filou, et, surtout, profondément romantique. Il a, naturellement, beaucoup de succès avec les femmes. Il est séduisant – c'est son côté James Bond -, élégant et virtuose – ce qui lui a valu d'être comparé à Arsène Lupin. Il profite de ses missions pour monter diverses combines qui lui permettent de s'enrichir au passage – il n'était pas banquier pour rien -.
Mais, tout rocambolesque que puisse paraître l'ensemble, on ne parvient pas à se défaire de l'idée que, peut-être, ce sont tout de même des aventures réelles. Bref, la lecture est agréable, amusante, surprenante, associant à la fois des faits réels – ou, au moins, réalistes -, mais également quelques passages qui le sont beaucoup moins. Cependant, ce n'est pas là l'essentiel. Ce qui compte réellement, c'est de passer un bon moment de lecture. Alors…
Alors, même si on n'a effectivement pas toujours du caviar, on peut, bien plus simplement, avoir toujours à portée de main un exemplaire de ce livre…
Lien : https://ogrimoire.wordpress...
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Citations et extraits (49) Voir plus Ajouter une citation
GeorgesSmileyGeorgesSmiley   08 juillet 2019
L'adjudant Bieselang portait l'uniforme de la Luftwaffe. Il avait 45 ans, était maigre, pâle et constamment sur le point d'éclater de rage. Sa bouche grande ouverte, laissant apparaître de nombreuses obturations dentaires, faisait peur à voir. Or, la bouche de l'adjudant Bieselang était presque continuellement grande ouverte : le jour, pour gueuler, la nuit pour ronfler.
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OgrimoireOgrimoire   17 août 2017
D’abord l’Abwehr allemande. Puis, le Secret Service. Maintenant, le Deuxième Bureau. Tout cela, en l’espace de 96 heures. Il y a quatre jours encore, pensait Thomas, je vivais à Londres. J’étais un homme considéré, un banquier en pleine réussite. Qui va encaisser cette histoire ? Qui va me croire, au club ?
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TaraxacumTaraxacum   29 mars 2016
- Cesse! S'il arrive quelque chose, je veux que tu aies la tête claire. Tu ne peux pas tabasser monsieur le directeur si tu prends une biture.
- Ce gros lard? Même en plein cirage, je m'en charge.
-Ça suffit! Tu as bien compris l'histoire des signaux de sonnette?
-Oui.
-Répète voir.
-Un coup de sonnette: j'apporte le plat suivant. Deux coups : j'apporte les photocopies. Trois coups: j'arrive avec la matraque.
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GeorgesSmileyGeorgesSmiley   08 juillet 2019
Juge Byers au témoin anonyme N°17. "_ Vous avez assisté à l'arrestation de Mr Abel (espion soviétique arrêté aux USA). Veuillez décrire son comportement.
N°17. _ Mr Abel était très calme. Ce n'est que pendant la perquisition qu'il manifesta des symptômes d'hystérie.
Juge Byers. _ Pourquoi ?
N°17. _ Parce que la radio se mit à marcher dans l'appartement voisin. C'était Elvis Presley qui chantait. Mr Abel pressa ses deux poings contre ses oreilles. Il s'écria textuellement : "C'est du poison, pour les nerfs ! Ce type représente pour moi une raison majeure de retourner en Russie !"
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moussk12moussk12   10 août 2016
MENU
Soupe au fromage
Civet de lapin aux nouilles
Pâté-Surprise à la sauce aux champignons
8 décembre 1940
Un dîner burlesque sauve la vie à Thomas Lieven
(suivent les recettes)
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Vidéo de Johannes Mario Simmel
Johannes Mario Simmel (1982)
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