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Liliane Sztajn (Traducteur)Jean-Luc Fromental (Traducteur)
ISBN : 2207251357
Éditeur : Denoël (11/10/2000)

Note moyenne : 3.99/5 (sur 174 notes)
Résumé :
À Londres, Gemma s'ennuie. Marre de la routine. Marre de la grisaille. Marre de la première femme de Charlie, son mari. Gemma dépérit. Alors lui vient une idée de génie. Elle fait ses valises et embarque Charlie. Direction : la Normandie. Et là, c'est une nouvelle vie. Pensez donc : un pays capable de proposer vingt-cinq sortes de pains différents ne peut être totalement mauvais, non ? Mais la campagne a vite fait d'é... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (39) Voir plus Ajouter une critique
LePamplemousse
  04 octobre 2014
Cette adaptation très libre du "Madame Bovary" de Flaubert donne un petit coup de jeune à une oeuvre assez tristounette et un peu désuète, du moins, à mes yeux.
Certes le roman graphique n'est pas non plus une farandole de "joyeuseté" et de bonne humeur mais les dessins très travaillés et plein de tendresse rendent moins moroses les faits qui s'y déroulent.
Transposée à notre époque en Angleterre et en Normandie, l'histoire de Gemma, une jeune femme indécise de nature et pas toujours portée sur la rigolade, est véritablement agréable à lire.
Le texte est omniprésent et l'histoire étant racontée par une tierce personne, nous avons la sensation de regarder évoluer chacun des personnages.
Etant normande moi-même, j'ai bien retrouvé l'ambiance et les décors proches de Rouen et la présence assez importante d'anglais venus habiter dans d'anciennes fermes et chaumières typiques certes mais souvent en mauvais état.
Je n'ai pas encore vu le film adapté de la bande dessinée mais j'ai hâte de découvrir Fabrice Luchini dans le rôle du boulanger, personnage assez emblématique et pas franchement sympathique.
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Arakasi
  21 décembre 2012
Avant « Tamara Drewe », Posy Simmonds s'était déjà attaquée à la revisitation d'auteurs classiques européens. Pour notre plus grand orgueil franchouillard, c'est au chef-d'oeuvre de Gustave Flaubert, « Madame Bovary », qu'elle a rendu hommage cette fois – et avec autant de charme que de talent ! Si l'histoire se déroule majoritairement en France, c'est en Angleterre que débutent les événements. Gemma Bovery est une jeune britannique de bonne famille, en apparence comblée de tous les bienfaits : la beauté, l'intelligence, un sens artistique aigu et un époux plus âgé qui l'adore. Mais Gemma souffre d'un mal aussi vieux que le monde. Elle s'ennuie. Mortellement.
Pour fuir Londre et sa grisaille, elle arrive à convaincre son mari de déménager en Normandie, cette terre promise remplie de gens adorables et de verts pâturages. Pendant les premières semaines de vie campagnarde, Gemma est aux anges, mais très vite l'ennui s'installe à nouveau avec tout son lot de petites exaspérations quotidiennes : les français sont des ploucs, son mari un mollasson, leurs voisins anglais des imbéciles… le seul qui trouverait grâce aux yeux sévères de Gemma serait, à la rigueur, le jeune nobliau qui vient de s'installer dans le manoir voisinant leur ferme pour réviser son examen de droit. Il est mignon comme tout, ce petit français, et que ne ferait-on pas pour échapper au morne train-train ? Mensonges, adultères, intrigues, la vie de Gemma prend soudain un tour bien plus passionnant ! Mais toute cette belle histoire ne pourra pas durer éternellement et le drame attend au détour d'un sentier…
L'histoire est connue et la fin en est dévoilée dès les premières pages – Gemma Bovary a été retrouvée morte dans la cuisine de sa ferme – toute la question étant de savoir quels événements ont entrainé cette tragique conclusion. Posy Simmonds fait preuve d'un indubitable talent à ce jeu et d'un grand sens de la narration qui font de « Gemma Bovery » un ouvrage passionnant à découvrir (y compris pour les lecteurs de Flaubert qui savent déjà à quoi s'en tenir). La bande dessinée possède toutes les qualités qui m'avaient tant séduite dans « Tamara Drewe » : un style d'écriture sensible et léger, un humour à la fois ironique et cruel et des personnages aussi attachants qu'agaçants. On retrouve également le même format original associant passages en bande dessinée et paragraphes romancés. Encore une fois une excellente bande dessinée ; Posy Simmonds est décidément un auteur à suivre !
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Aelinel
  26 novembre 2016
Après Tamara Drewe, réécriture de Loin de la foule déchaînée de Thomas Hardy, Posy Simmonds rempile avec Gemma Bovery, inspiré du fameux roman de Gustave Flaubert, Emma Bovery.
Gemma, qui vient tout juste d'être larguée, fait la rencontre de Charlie, plus âgé qu'elle et fraîchement divorcé. Tous les deux tombent rapidement amoureux et officialisent leur union. Malheureusement pour Gemma, son couple pâtit des nombreuses intrusions de l'ex-femme de son mari, cette dernière n'hésitant pas à utiliser ses deux enfants pour faire culpabiliser Charlie. Gemma décide alors son mari à déménager dans la campagne normande, loin des turpitudes de Londres et de l'emprise toxique de son ex-femme.
Quelques mois après, Gemma, éternelle insatisfaite, est prise de lassitude. Son nouveau voisin, le boulanger Raymond Joubert ne peut s'empêcher de voir en elle l'héroïne du fameux roman de Gustave Flaubert, Emma Bovary…
Encore une fois, la réécriture d'un classique sous le format du roman graphique (mixte entre la bande dessinée et le texte) est une pure réussite. Posy Simmonds parvient parfaitement à se réapproprier l'oeuvre originale sans redite tout en offrant à son lecteur une adaptation très contemporaine. Elle n'hésite d'ailleurs pas à inclure dans son intrigue des faits sociétaux très actuels comme le divorce avec la garde des enfants, l'expatriation des Anglais en France, leur désillusion, l'adultère, etc… L'auteure rend également ses personnages attachants malgré leur faille, leur défaut ou leur mauvaise action. C'est cela d'ailleurs qui est notable car elle n'use d'aucun manichéisme : personne n'est complètement noir ou blanc et cela rend les personnages tellement humains. Les dessins sont également très réussis et aident le lecteur à s'immerger dans l'histoire.
En conclusion, Posy Simmonds a, une nouvelle fois, réussi son pari : celui de transposer un classique du XIXème siècle à une situation plus contemporaine. le roman graphique a été adapté au cinéma par Anne Fontaine avec Gemma Arterton et Fabrice Luchini. Il me tarde donc de le découvrir, ayant déjà beaucoup aimé la version cinématographique de Tamara Drewe avec la même actrice, sorti en 2010.
Lien : https://labibliothequedaelin..
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Bazart
  03 octobre 2014
J'ai beaucoup apprécié le film (plus encore que le film de Jean Becker), charmante chronique d'Anne fontaine, qui retrouve là le meilleur de son cinéma, entre comédie très efficace sur le choc des cultures et peinture au vitriol d'un microcosme.
Anne Fontaine a donc adapté un célèbre roman graphique britannique éponyme, lui-même inspiré évidemment comme son titre l'indique, par le chef-d'oeuvre de Flaubert, est qui est construite sur l'air du diction "la nature imite l'art".
Publié en France en 2000, son Gemma Bovery est ressortie à la rentrée, augmenté d'une série de dessins inédits, et d'une préface d'Anne Fontaine expliquant les partis pris de son adaptation et les raisons de son coup de coeur pour cette oeuvre là. On apprend notamment que le roman graphique, genre à la frontière de la littérature et de la BD classique, est plus «libre» dans sa forme qu'une BD classique et utilise des outils de narration plus proches que ceux du 7ème art.
On entre ainsi dans le scénario d'un roman graphique comme dans un film et il n'est donc guère étonnant qu'après Tamaa Dreve adapté par Stephen Frears en 2009 (une adaptation qui m'avait laissé un peu mitigé), Anne Fontaine ait souhaité également mettre en image un roman graphique de P Simmonds.
J'ai lu le roman graphique de Posy Simmonds après avoir vu le film d'Anne Fontaine, et je pense que si j'avais fait le contraire, le film m'aurait très certainement moins enthousiasmé.
Il y a quand même des différences notables entre le livre et le film, ce dernier se concentrant bien sur le personnage de Luchini, impeccable en maître ès fantasmes, dont le seul plaisir est d'essayer de faire coïncider réalité avec fiction (littéraire)...
Dans la BD de Posy Simmons, le boulanger/ narrateur est toujours le témoin clé de son parcours, mais reste beaucoup moins acteur et bien plus en retrait que Lucchini. Et d'ailleurs, dans le film de Fontaine, les séquences les plus jouissives sont sûrement celles qui mettent en scène Lucchini et Gemma Atterton, avec quelques scènes supplémentaires par rapport au livre particulièrement jubilatoires (je pense à celle de la guèpe notamment).
bovery-livre3Pareil pour le sort réservé à Gemma : si les premières pages du roman graphique nous amènent immédiatement à connaître la mort de Gemma, ceci afin que le lecteur ait accès à ses journaux intimes, le film est plus flou sur la destinée de Gemma (désolé pour le spoil) avant la dernière demi heure, et le dénouement, qui là ressemble beaucoup plus à celui du livre.
En fait, le roman graphique axe beaucoup plus sur la vie de Charlie et sa femme avant de venir en Normandie, et les problèmes de Charlie et de son ex femme, qui sont totalement passés sous silence du film français.
On aime particulièrement la construction mêlant beaucoup de texte à quelques vignettes, complétant ou illustrant l'histoire et les dessins noir et blanc d'une beauté assez singulière, une construction qui permet croiser les points de vue de Gemma et de son voisin –et dans le présent et dans le passé-, et d'accéder à une multitude d'interprétations fort intéressantes.
Bref, si "Gemma Bovery" le film m'a sans doute plus emballé que Gemma Bovery le roman graphique, c'est certainement dû au fait que j'ai découvert le récit sur grand écran avant de le lire, car en dépit de ces quelques variantes que je viens d'énumérer, le film reste une adaptation fidèle- et particulièrement judicieuse- d'un roman graphique qui, de par sa construction et son idée de départ, s'avère être aussi original qu'ambitieux.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Under_The_Moon
  11 février 2013
Je garde un souvenir très amusé de Gemma Bovery.
La 1ère raison est que ma mère me l'avait offert quelques temps après que j'ai lu LA Madame Bovary de Flaubert, que j'avais détesté ! Bien sûr j'ai tout de suite compris l'ironie du cadeau, mais, après tout, je me suis dit "pourquoi pas ? "
Aujourd'hui encore je me dit que j'ai bien fait. La narration de Posy Simmonds est bien moins ennuyeuse que celle de Flaubert . La forme qu'elle a choisi, celle du roman graphique, y est sans doute pour beaucoup c'est certain.
Ce que j'ai aimé aussi c'est ce mélange de français et d'anglais (j'ai lu la traduction française, pas la version originale) qui donne un charme à toute cette mise en scène. de cette façon, j'ai compris pourquoi les Anglais aiment Madame Bovary. le cadre de la campagne normande où Madââme s'ennuie et cherche le frisson fait un écho très net à la campagne anglaise avec ses petits cottages avec autours ... des moutons pour tenir compagnie aux vaches !
Une histoire bien française avec un humour oh so British : un régal !
Gemma Bovery aura donc réussi à me réconcilier un peu avec l'oeuvre originale.
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
MissVioMissVio   12 septembre 2014
C'est le mot dette qui m'a fait perdre mon calme. Que Charlie en ait, c'était une chose. Mais pour Gemma, il en allait autrement. Cela signifiait que le maléfice que j'avais cru contenu, enfermé, avait de nouveau brisé son réceptacle. Une influence maligne, un jeu de coïncidences horribles, la malédiction de Madame Bovary - j'ai eu peur soudain que rien ne soit fini pour Gemma, qu'elle soit condamnée à vivre le destin de l'héroïne romanesque. Croyais-je vraiment que Gemma, comme Emma Bovary, allait se tuer ? Une petite aventure sexuelle, quelques excès avec sa carte American Express, était-ce suffisant pour pousser quelqu'un à prendre de l'arsenic ? L'idée était si folle qu'il m'était difficile d'expliquer pourquoi je craignais, précisément, qu'elle fût possible. A tout le moins, pas impossible.
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colimassoncolimasson   21 avril 2013
Dit à Charlie que c’était la dernière fois qu’ils venaient. Aux prochaines vacances ils n’auront qu’à rester à Londres et gémir auprès de leur mère. Je SAIS qu’on s’ennuie ici –la campagne EST ennuyeuse. JE m’ennuie –ras-le-bol des mêmes boutiques, des mêmes visages, de passer ma vie à leur cuisiner des trucs pour les entendre faire beurk. Allée à Rouen et fait les courses de la semaine au Leclerc –plus rapide et moins cher. Qu’ils se bourrent de frites au micro-ondes à en vomir.
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NievaNieva   09 février 2015
Il est intéressant de noter que c'est la caméra de télévision qui nous a appris a espérer une perception complète et continue des événements. Dans les documentaires animaliers par exemple, quand un serpent poursuit un rat dans un trou, la caméra est là. Précédant le reptile, elle nous permet, téléspectateur, d'attendre avec le rongeur angoissé dans ce qui va bientôt devenir une petite chambre d'épouvante. Mais grâce au ciel, dans la vraie vie, le rat et le serpent disparaissent sous terre et voilà ! On ne voit pas la suite. On reste hors du trou et on échappe à un spectacle pour le moins éprouvant.
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LadydedeLadydede   17 février 2013
Comme je l'ai dit, c'est le printemps à présent et les pommiers de Bovery sont en fleurs. Il y a un camion de déménagement devant la maison : les nouveaux propriétaires s'installent. Ils sont anglais, eux aussi, comme les Bovery. Un couple. Il est plus âgé qu'elle, me dit Martine. Elle a croisé la femme dans l'allée. Elle s'appelle Jane. Jane Eyre.
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colimassoncolimasson   29 avril 2013
Pour passer le temps, j’ai regardé les touristes. Il semblerait que nous vivions à l’Ere du Short, l’Ere du Cul. « N’avons-nous pas de honte » me suis-je demandé. La réponse est : « Non ». Nous exhibons tous nos postérieurs moins que parfaits et nous nous en fichons. Toute honte bue.
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Videos de Posy Simmonds (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Posy Simmonds
Autour de Gemma Bovery .Jean-Claude Loiseau,Posy Simmonds,Anne Fontaine,Jean-Luc FromentalCC-BY-NC-ND 2.0Après Stephen Frears et son Tamara Drewe adapté d'un graphic novel de sa compatriote Posy Simmonds, c'est au tour d'Anne Fontaine, réalisatrice française, d?adapter au cinéma Gemma Bovery, variation de l'auteure anglaise sur le monument de Flaubert, édité chez Denoël Graphic en 2000. Dessinatrice et cinéaste envisagent ensemble les convergences et divergences de l'oeuvre originale au film, qui sort le 10 septembre sur les écrans, les impératifs différents des personnages de papier et des acteurs de chair, les ambiguïtés du regard croisé France-Angleterre, les richesses et servitudes de l'adaptation de l'image à l'image.
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