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Jean-Daniel Brèque (Traducteur)
ISBN : 2070415872
Éditeur : Gallimard (11/10/2000)

Note moyenne : 4.02/5 (sur 986 notes)
Résumé :
Ils ont le Talent.
Ils ont la capacité de pénétrer dans notre esprit pour nous transformer en marionnettes au service de leurs perversions et de leur appétit de pouvoir. Ils tirent les ficelles de l'histoire. Sans eux le nazisme n'aurait peut-être jamais existé, et nombre de flambées de violence, tueries, accidents inexpliqués n'auraient peut-être pas ensanglanté notre époque. Car ils se livrent aussi entre eux une guerre sans merci, selon des règles emprunt... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (66) Voir plus Ajouter une critique
Pujol
  30 août 2012
Ces deux tomes sont de pures merveilles : Une galerie de personnages fascinants qui nous emportent dans leurs violences, leurs passés de meurtriers ou de victimes.
Les uns, tels des reptiles, sont cachés parmi nous et s'infiltrent dans nos cerveaux afin de nous manipuler et de nous "pousser" à les servir de quelque façon que ce soit.
Les autres, ont déjà subi ce viol mental et tentent par "tous les moyens" de retrouver leurs tortionnaires et de les supprimer de la surface du globe.
On assiste alors à une course-poursuite sanglante où le "talent" monstrueux de ces hommes et de ces femmes se déchaîne, transformant des quartiers entiers en zones de guerres.
Ce "pouvoir" a déjà été décrit et utilisé de nombreuses fois dans la littérature de science-fiction et le lecteur pourra se demander où est l'originalité là-dedans...
Elle est dans "tout le reste". On se délecte de ces individus à la violence froide qui se réunissent entre eux, comparant avec délectation leurs exploits respectifs, "festins" macabres, médiatisés ou non. Une aristocratie du mal qui se joue du reste de l'humanité entre Vienne et le Sud des Etats-Unis, entre thé et petits-fours, entre Ségrégation et Seconde Guerre Mondiale.
Dan Simmons fait preuve de tout son talent dans la peinture chirurgicale des affrontements, des corps qui souffrent, se criblent, se délitent. Il est dans le détail mais aussi dans la construction, avec des actions et des récits parallèles, des flash-backs, des histoires qui s'imbriquent dans le temps et l'espace.
Bref, un plaisir presque coupable à la lecture de cette brutalité, de cette animalité qui en vient à soulever de nombreuses questions en nous :
cette fascination qui nous empêche de poser ces tomes et nous les fait enchaîner sans reprendre notre souffle, n'est-elle pas un miroir de ce qui se passe dans le récit ? A savoir, des prédateurs qui sentent encore la charogne de leurs tueries passées mais qui attirent à eux les moutons, invariablement, obstinément, terriblement.
L'odeur du sang nous attire, tout aussi sûrement.
Proie potentielle qui rêve de devenir le chasseur.
Victime sur le point de basculer dans le camp du bourreau.
Génial. Horriblement génial.
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Fx1
  11 octobre 2014
Une claque littéralement ...
Simmons plonge le lecteur dans un monde tellement bizzare , que l'on ne peut que se sentir un peu mal à l'aise...
Il va trés loin dans la description de la cruauté mentale , de la manipulation , il repousse les limites trés loin ...
On pouvait craindre une sorte de roman à la King , classique .
Simmons en livre ici l'opposé total .
Oui ce livre fait peur , et non il n'y a pas de monstres ou autres bétises de ce genre .
Il fait peur parceque le lavage de cerveau présent ici peut étre une réalité quand l'on voit les nazis , les communistes , les nationalistes , les souverainistes et autres endoctrinés .
Oui ce livre fait peur , parceque d'un coté il est trop réel .
Ce réalisme nous saute au visage , nous laisse muets , pétrifiés nous lecteurs qui avons entre les mains un ouvrage aussi puissant et effrayant .
Simmons fait a peine moins fort qu'Hyperion avec cet opus , et se place définitivement au sommet du genre .
A ne pas mettre entre toutes les mains .
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Luniver
  21 avril 2013

Certains hommes ont un Talent : celui de pouvoir entrer dans la tête des autres et de les manipuler aussi facilement qu'une marionnette. Toutes les explosions de violence inexpliquées, toutes les folies destructrices, qui fascinent depuis longtemps les hommes, leur sont dues.
C'est à une situation de ce genre que doit faire face le shérif Gentry : trois de ces personnes Talentueuses se réunissent pour discuter de leurs dernières performances, avant de se trahir mutuellement. Résultat : neuf meurtres dans la même nuit, de personnes sans liens les unes avec les autres, sans aucun mobile apparent. de quoi s'arracher les cheveux ! Il recevra dans son enquête le soutien de Saul Laski, ancien déporté qui a subi les attaques de l'un d'eux, qu'il poursuit désormais dans l'espoir de se venger.
L'idée de base est intéressante, mais sa réalisation souffre de plusieurs points faibles : d'abord, la surpuissance des méchants. On ne comprend pas très bien pourquoi ils n'utilisent pas leur Talent contre nos héros, ce qui pourraient régler leur problème en cinq minutes. Si quelques tentatives d'explication sont données pour nous expliquer que c'est difficile, elles ne tiennent pas la route puisqu'elles ne s'appliquent, visiblement, pas au reste du monde.
J'ai un peu de mal aussi à croire à l'existence du mal pur : à mon sens, chaque individu a de bonnes (ou surtout de mauvaises) raisons de « mal » agir. Ce qui n'est pas le cas de nos méchants, qui n'ont aucune raison particulière de se conduire comme ils le font : ils font le mal uniquement parce qu'ils ont la possibilité d'être maléfiques.
Point de vue de l'écriture, quelques soucis aussi. D'abord le côté thriller américain : les personnages secondaires meurent d'une seule balle tirée par un trou de serrure, tandis que les personnages principaux peuvent courir en évitant une centaine de balles, qui leur arrachent un poil de nez ou leur éraflent un ongle, mais qui, par chance, ne touchent jamais un organe vital. Et enfin, les dialogues sonnent faux, principalement quand on arrive aux noirs de banlieue : leur faire dire « mec » à la fin de chaque phrase et leur faire ignorer quelques mots compliqués (une faux, ...) ne suffit pas à les rendre crédibles. J'ai d'ailleurs eu l'impression que le récit baigne dans une atmosphère raciste assez désagréable : souvent du fait des personnages, mais l'auteur n'est pas exempt de fautes non plus.
Assez déçu donc, surtout au vu du plébiscite reçu par ce livre.
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thomassandorf
  30 octobre 2015
Livre fantastique (dans tous les sens du terme), L'Echiquier du mal fait partie de ces grands moments de lecture intensive : deux tomes, une histoire qui vous entraine à travers le temps entre la dernière guerre et 1980, dans de nombreuses contrées (Etats-Unis, Allemagne, Israël, Mexique), une flopée de personnages. Des rebondissements quasi permanents avec des moments phares comme l'assaut de Germantown, l'intrusion dans la maison de Charleston, le final sur Dolmann Island. C'est quasi cinématographique. D'ailleurs très étonnant qu'il n'y ait as eu d'adaptation.
L'histoire ? Celle d'un Talent qui permet à certaines personnes de manipuler la conscience et les actes de leurs voisins. Ces gens quasi immortels sont également des pervers sadiques jouant avec la vie des personnes dont ils investissent le cerveau et le corps. Cette fois ils décident de retourner ce jeu contre l'une de leurs congénères. Acculée cette femme âgée et jusque là bien tranquille retrouve le goût de la manipulation et se terre dans une maison de Germantown en jouant avec ses habitants pour la protéger. La traque pour la retrouver s'organise entre les hommes de Talents et un chasseur de Nazis, persuadé d'avoir été manipulé psychiquement dans un camp de concentration en 1942. C'est musclé. Très musclé.
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loreleirocks
  18 avril 2013
On se fait parfois une idée à travers les critiques lues avant de se plonger dans un bouquin. Ce livre est le parfait exemple de la bonne surprise, pour moi : je craignais un clone de roman d'horreur de Stephen King, avec sa théâtralité télévisuelle, sa touche de surnaturel, sa violence et sa vision du monde plutôt en noir et blanc, avec des gentils gentils et des méchants méchants...
Ne vous méprenez pas. J'ai aimé Under the Dome et encore plus The Stand (Le Fléau).
J'avais peur de trouver le style d'écriture aux teintes franchement 80s de The Stand, qui a presque mal vieilli...
Et bien non! L'écriture de Dan Simmons est bien plus fine et tout aussi fluide qu'un bon Stephen King. du moins en anglais (j'ai aperçu une critique faisant la remarque que L'Échiquier du Mal avait vieilli et pas très bien. Traduction datée ?).
Oui, il y a surenchère de violence et d'horreurs, des complots à gogo, mais c'est bien là le thème ! La tension m'a accompagnée page à page, avec, presque, la peur de trouver une surprise macabre ou la disparition d'un personnage qui paraissait pourtant essentiel au détour d'un paragraphe. Malgré quelques longueurs certainement nécessaires à la mise en place de la phase finale de l'intrigue, on se laisse prendre par l'accélération progressive jusqu'au crash de ce récit épique.
On s'attache aux personnages réalistes et consistants, loin de la caricature, et on se prend à se réveiller avec la réalisation brutale qu'on espère, une seconde à peine, que l'un des montres prenne le dessus sur un autre, tout aussi dénué de conscience. On se fait bien balader par Mr Simmons.
Rajoutez donc au cocktail quelques éléments qui me font mordre sans réfléchir, soit une intrigue bien mêlée à L Histoire des années 30 aux années 80 et des ramifications politico-économiques à vous donner des cauchemars et voilà !
Un seul regret, je ne connais absolument rien aux échecs et je suis persuadée être passé à côté d'un tas de détails ou de vues d'ensemble de l'intrigue.
Un bonus dans mon édition datant de 2009, pour les 20 ans de la première publication de Carrion Comfort. Une longue préface, par Simmons lui-même, très intéressante et horrible à sa manière, sur l'écriture du livre et les mésaventures de Dan Simmons jusqu'à la publication. Également bourrée d'infos sur la formation de l'auteur et ses débuts d'écriture, qui donne sacrément envie de lire son premier roman.
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
LuniverLuniver   14 avril 2013
Gentry était retourné dans le Sud, avait enseigné pendant deux ans au Morehouse College d'Atlanta, puis avait pris un poste de veilleur de nuit pour travailler à son livre sur le rôle du Bureau des affranchis pendant la Reconstruction. Il n'avait jamais achevé son livre, mais s'était surpris à apprécier son travail bien qu'ayant d'énormes problèmes à conserver un poids conforme au règlement. En 1976, il s'était établi à Charleston et y avait été engagé comme officier de patrouille. Un an plus tard, il refusait un poste de maître assistant en histoire à l'université de Duke. Gentry appréciait le caractère routinier du travail de police, les contacts quotidiens avec les ivrognes et les fous, et l'impression qu'aucune journée de flic ne ressemblait à la précédente. Un an plus tard, il se surprit lui-même en se présentant au poste de shérif du comté de Charleston. Il en surprit beaucoup d'autres en remportant l'élection haut la main. A en croire un journaliste local, Charleston était une ville étrange, amoureuse de sa propre histoire, et l'idée d'avoir un historien comme shérif avait séduit l'imagination des électeurs.
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patrick75patrick75   23 février 2013
Mr Thorne m'aurait apporté le journal du matin sur le plateau, mais j'avais appris depuis longtemps que la lecture des folies et des scandales de ce monde ne sert qu'à profaner le lever du jour.
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PujolPujol   03 septembre 2012
Je connaissais bien ce type de femme vaincue par la vie [...] C'était un satellite en quête d'un monde autour duquel orbiter. N'importe quel monde ferait l'affaire, à condition qu'il lui épargne la longue ellipse glacée de l'indépendance. Un frère paraplégique était un don de Dieu pour une telle femme; elle aurait pu se consacrer à un mari et à des enfants, mais un frère impotent lui offrait beaucoup plus d'excuses pour éviter les tracas et les obligations inhérentes à une vie normale.

Toujours prévenantes, toujours effacées, ces femmes sont en fait des monstres d'égoïsme. Pendait qu'elle se répandait en éloges sur son frère disparu, je percevais le fétichisme pervers que lui inspiraient bassinet et chaise roulante, l'admiration qu'elle se vouait à elle-même, qui avait sacrifié pendant plus de trente ans sa vocation d'épouse et de mère pour soigner avec amour un cadavre à peine mobile et constamment puant.

Je connaissais bien Anne Bishop : sa vie était un long suicide masturbatoire. En y pensant, j'eus honte d'être du même sexe qu'elle. Souvent lorsque je rencontre des loques dans son genre, j'ai envie de les forcer à s'enfoncer les deux mains dans la bouche jusqu'à ce qu'elles s'étouffent dans leurs vomissures, et que c'en soit fini.
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PujolPujol   31 août 2012
La violence moderne me désespère. Sa nature impersonnelle, son caractère routinier qui l'a rendue accessible au plus grand nombre, me désespèrent. J'avais un poste de télévision, mais je l'ai revendu au plus fort de la guerre du Viet-Nâm. Ces tranches de mort aseptisées- que l'oeil de la caméra rendait encore plus distantes-ne signifiaient rien à mes yeux.

Mais je pense qu'elles signifiaient quelque chose pour les veaux qui m'entourent.

Lorsque la guerre a pris fin, ainsi que la comptabilité macabre détaillée chaque soir sur les écrans, ils en ont redemandé encore et encore, et les écrans de cinéma et les rues de cette chère nation mourante leur ont fourni une provende médiocre. C'est une dépendance que je connais bien.

Ils ne comprennent rien.

Lorsqu'on se contente de l'observer, la mort violente est une tapisserie de souillure, de tristesse et de confusion. Mais pour ceux d'entre nous qui goûtent au Festin, la mort peut être un sacrement.
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jecogitejecogite   24 août 2015
Franz Anton Mesmer avait connu ce phénomène même s'il ne l’avait pas compris. Je soupçonne Mesmer d'avoir eu quelques traces du Talent. Les pseudo-sciences modernes l’ont étudié, lui ont donné un nou¬veau nom, lui ont enlevé une grande partie de son pou¬voir, ont rendu confus son usage et ses origines, mais il reste l'ombre du phénomène décrit par Mesmer. Per¬sonne n'a une idée exacte de ce qu'est un Festin.
La montée de la violence moderne me désespère. Je cède parfois au désespoir, littéralement, à ce gouffre de désespoir profond et sans avenir que Hopkins appelait le putride réconfort. Quand je contemple cet abattoir qu'est devenue l'Amérique, ces papes et ces présidents abattus de façon presque routinière, je me demande s'il existe d'autres personnes douées du Talent ou si la bou¬cherie n'est pas tout simplement devenue un nouvel art de vivre.
Chaque être humain se nourrit de violence, de la démonstration de son pouvoir sur son prochain, mais rares sont ceux qui —comme nous —ont goûté l'ultime pouvoir. Et sans le Talent, rares sont ceux qui connais¬sent le plaisir inégalé du meurtre. Sans le Talent, même ceux qui se nourrissent de la vie ne peuvent savourer le flot d’émotions qui envahit le traqueur et sa proie, l'ex¬tase toute-puissante du traqueur qui a transgressé toutes les règles et tous les châtiments, l'étrange soumission presque sexuelle de la proie dans cette ultime seconde de vérité où toutes ses options sont supprimées, tous ses avenirs déniés, toutes ses possibilités effacées par cette démonstration de pouvoir absolu.
La violence moderne me désespère. Sa nature imper¬sonnelle, son caractère routinier qui l'a rendue acces¬sible au plus grand nombre, me désespèrent. J'avais un poste de télévision, mais je l’ai revendu au plus fort de la guerre du Viêt-Nam. Ces tranches de mort asepti¬sées — que l’oeil de la camera rendait encore plus dis¬tantes — ne signifiaient rien à mes yeux. Mais je pense qu'elles signifiaient quelque chose pour les veaux qui m'entourent. Lorsque la guerre a pris fin, ainsi que sa comptabilité macabre détaillée chaque soir sur les écrans, ils en ont redemandé, encore et encore, et les écrans de cinéma et les rues de cette chère nation mou¬rante leur ont fourni en abondance une provende médiocre. C'est une dépendance que je connais Bien.
Ils ne comprennent rien. Lorsqu'on se contente de l'observer, la mort violente est une tapisserie de souillure, de tristesse et de confusion. Mais pour ceux d’entre nous qui goûtent au Festin, la mort peut être un sacrement.
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Interview de Dan Simmons.
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