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Jean-Daniel Brèque (Traducteur)
EAN : 9782266298001
1200 pages
Pocket (14/10/2021)
4.17/5   546 notes
Résumé :
Ils ont le talent. Ils ont la capacité de pénétrer mentalement dans notre esprit pour nous transformer en marionnettes au service de leurs perversions et de leur appétit de pouvoir. Ils tirent les ficelles de l'Histoire. Sans eux le nazisme n'aurait peut-être pas été cette monstruosité dont nous avons du mal à nous remettre, Lee Harvey Oswald n'aurait peut-être pas été abattu par Jack Ruby, John Lennon n'aurait pas été assassiné devant chez lui, les fanatismes de to... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (48) Voir plus Ajouter une critique
4,17

sur 546 notes
Charleston. Années 1980. Trois seniors se réunissent comme tous les ans dans une maison cossue pour échanger sur les activités menées depuis leur dernière séparation. Rien de bien méchant jusque là. Sauf que le passe-temps favori de ces trois-là consiste à provoquer violences, tueries et accidents aussi mortels qu'inexplicables, tout ça dans le but de mesurer l'étendue de leur pouvoir. Leur pouvoir ? Celui de contrôler n'importe quel autre être humain par la pensée, le transformant ainsi en véritable pantin et/ou machine à tuer privée de tout instinct de conservation et de toute émotion. Dan Simmons signe avec « L'échiquier du mal » une tétralogie glaçante qui confirme, si besoin, le bien fondé de la place tenue par l'auteur dans le domaine du fantastique ces dernières années. Car nous avons, il me semble, bel et bien affaire à un maître du genre. La première chose qui impressionne, c'est le rythme effréné qu'il parvient à conserver (presque) jusqu'à la dernière page. L'intégrale comporte en effet plus de mille pages et, mis à part quelques longueurs à la toute fin, on ne s'ennuie pas une seconde. L'un des plus grands tours de force de l'auteur consiste ainsi à réussir à maintenir le lecteur constamment en alerte, que ce soit lors des scènes d'action ou surtout lors des fréquents moments d'accalmie qui en deviennent paradoxalement presque plus éprouvant pour les nerfs.

Cette tension sous-jacente qui nous fait comprendre que le pire peut arriver à tout moment ne tarde pas à donner au roman un caractère assez addictif. Addiction renforcée par la frustration du lecteur qui piaille littéralement d'impatience à l'idée de voir les protagonistes enfin sortir la tête de l'eau et remporter une victoire au dépend de leurs tortionnaires. Car il faut dire que le combat est plutôt déséquilibré : d'un côté des êtres capables de contrôler n'importe qui par la pensée, de l'autre trois citoyens lambda, certes très en colère, mais bien mal équipés pour lutter contre la perversité et l'expérience de ces « vampires psychiques ». Si le récit parvient à nous happer à ce point, c'est d'ailleurs en grande partie grâce à ses personnages qui bénéficient tous sans exception d'un traitement extrêmement soigné. C'est bien sûr d'abord le cas de nos trois héros et en particulier de Saul Larski, sans doute le personnage le plus attachant du roman, non seulement en raison de son expérience traumatisante dans les camps de concentration mais aussi et surtout à cause de sa notable évolution tout au long des trois tomes. Leurs adversaires ne sont toutefois pas en reste, à commencer par la seule à bénéficier d'une narration à la première personne et que l'on voit avec une horreur grandissante sombrer dans une folie ayant des conséquences terribles pour tout le monde sauf pour elle-même.

Malgré le malaise et l'angoisse que ne manque pas de procurer la lecture, on ne peut s'empêcher de dévorer avec une avidité croissante les différents tomes de cette tétralogie qui ravira certainement tout bon amateur de fantastique. Si jamais vous êtes curieux de découvrir d'autres ouvrages de l'auteur dans le même genre, je vous conseille de vous pencher notamment sur « Drood », récit tout aussi glaçant mettant en scène deux célèbres écrivains du XIXe et une mystérieuse créature hantant les sous-sols de Londres.
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C'est mon premier roman de Dan Simmons que je lis grâce à un conseil de lecture de mon ami Éric. J'accepte l'invitation car on veut lire la suite ensemble. C'est une lecture que je fais au début de novembre, c'est une très belle découverte, je dépose ma critique maintenant.

Quand on me connaît, on sait que je ne lis pas toujours vite, surtout si je lis toute seule. Je suis très surprise que j'aie lu un bon pavé, et que j'en ressors très enthousiasme. C'est avec beaucoup de plaisir que je découvre sa plume puissante, tu es happée par l'ambiance angoissante qui y règne. On fait alors la connaissance de plusieurs personnages dont leurs routes vont se croiser.

L'auteur Dan Simmons te tient toujours en haleine, il réussit toujours à t'amener là où il veut, tu essaies de faire des liens, tu n'es jamais tranquille car tu as toujours peur pour tes protagonistes.

« En lui. Il sentit cette chose sur son cerveau comme un étau, serrer et serrer encore. Il essaya de hurler, mais cela lui fut interdit. »

Le livre « L'échiquier du mal » est très bien écrit, l'auteur Dan Simmons dépose bien ses pièces, il garde bien sa thématique, il aborde bien les enjeux. Il est audacieux je trouve car c'est des sujets qui ne sont pas toujours faciles à évoquer. Je ne ressens pas de temps mort et ni d'ennui,
tu es toujours sur le qui-vive et tu suis attentivement les événements.

Il ne faut pas baisser la garde, surtout de ne pas se laisser posséder, est-ce qu'on le sait seulement quand ça nous arrive ? Tu ne sais pas qui peut arriver derrière toi, la peur est toujours au rendez-vous.

C'est un grand coup de coeur, j'aime beaucoup échanger avec mon compagnon de lecture, on poursuit donc notre saga ensemble, j'invite donc à aller lire son très beau billet à Eric qui m'a convaincu.

Siabelle
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Et si on jouait à un jeu ?
C'est ce que font trois amis de longues de date, se retrouver et répertorier toutes les vies humaines avec lesquelles ils ont joués jusqu'à la mort. C'est drôle non ?

Ils ont le Talent, c'est comme ca qu'ils le nomment. Ils sont capable de pénétrer l'esprit de leur proie et de les manipuler à volonté. Une fois contrôlée, la victime ne peut plus se défendre, elle subit sans pouvoir se rebeller. Ah ca, elle tape, elle crie, elle se débat, mais rien ne peut la délivrer. Un vrai supplice.

Dan Simmons prouve encore une fois qu'il a un talent (pas le même) démesuré pour raconter des histoires et celle ci est terrifiante.
Tout d'abord, il nous présente des personnages pour lesquels on pourrait presque avoir de l'empathie. Puis petit à petit, on rentre dans l'horreur. Se sont des monstres. On se rend compte des atrocités qu' ils sont capables de faire à leurs semblables, de la manière dont ils imposent leur volonté. Dan Simmons décrit à la perfection les sensations ressenties par les victimes lors de ces intrusions forcées et ca fait froid dans le dos.

Bien ancré dans notre monde, notre Histoire, ce récit fantastique plonge le lecteur dans une traque sans fin. Au fil des pages, on sent la tension monter, l'intrigue se développer. On a envie de comprendre, de savoir comment les personnages vont réussir à s'en sortir. Les rebondissements sont très nombreux, le rythme ne laisse aucun répit au lecteur qui se sent lui aussi pris aux pièges de ses monstres.

Le roman demande un réel investissement au lecteur, aussi bien en concentration qu'en temps. J'ai trouvé le dénouement long à arriver, surement impatiente de voir comment ses fou furieux allaient payer pour leurs crimes.
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Trois personnes âgées se réunissent pour un repas entre amis. Chacun d'eux est doué du Talent qui lui permet de contrôler une personne à distance et de lui imposer ses mouvements. Bien que liés depuis leur jeunesse, une certaine méfiance existe entre eux. Alors quand Willi meurt dans un accident d'avion après leur dîner, Mélanie est persuadée qu'elle sera la prochaine que Nina voudra éliminer. Prenant les devants, par l'intermédiaire de marionnettes humaines, les deux femmes s'affrontent lors d'une sanglante nuit.
La police locale, en la personne du shérif Gentry, mène l'enquête. Elle le conduit à croiser le chemin de Nathalie, la fille d'une des victimes collatérales et Saul, psychiatre de Nina, qui fut victime pendant la seconde guerre mondiale du Talent d'un gradé allemand des camps d'extermination.
En parallèle, nous découvrons d'influentes personnes qui viennent interférer avec l'histoire de tous ces premiers protagonistes.

Dan Simmons que j'avais adoré lire et relire pour sa série de science fiction des cantos d'Hypérion, reste ici bien ancré dans notre monde et notre histoire. Il nous offre plutôt un thriller teinté de science fiction qui change complètement.
La peinture de la société qui apparait dans le livre, toujours d'actualité, est très sombre. L'horreur de l'holocauste y est retranscrit, voire accentué par l'histoire personnelle de Saul. La vie d'un gang noir de Philadelphie, le viol des starlettes hollywoodiennes, l'utilisation du pouvoir des plus puissants à leurs fin personnelles, et j'en passe certainement.
Face à toute cette noirceur, nous avons le portrait de victimes, marquées mais qui se redressent pour se battre, utilisant des moyens qui frisent parfois les méthodes qu'ils veulent combattre. Nathalie, femme noire américaine, se révèle une femme exceptionnelle et très moderne, à la fois intelligente, combative, courageuse et l'âme d'une survivante.

Si je ne mets pas plus d'étoiles à cet excellent livre, c'est que je n'aime pas les atmosphères aussi noires, même si je n'avais aucun mal à tourner les pages, que le suspense était prenant et que je voulais savoir si nos héros allaient s'en sortir, vu que rien n'est gagné avec Dan Simmons.
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Thriller psychologique par excellence, ce livre est un chef-d'oeuvre et la plume de Dan Simmons a le pouvoir de me transporter oú il veut bien m'emmener.
Rythme soutenu, scénario carré et solide, si la multiplicité de personnages peut a priori dérouter, on finit par s'y retrouver. Un livre à déguster quand on est tranquille et bien installé de préférence, pour s'y immerger.
Le récit donc... les méchants ont le pouvoir de contrôler les autres, aussi bien dans leurs actes que dans leurs paroles. Simmons établit même un parallèle avec les nazis, ce qui donne un résultat surprenant puisque l'analogie ne cadre pas avec L Histoire, mais bon, c'est un roman et les actions se succèdent à une telle allure qu'on ne s'ennuie pas une seconde.
Un très bon livre donc, à lire de toute urgence.

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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
Kohlberg avait découvert sept niveaux de développement moral, censés être indépendants de l'époque, du lieu et de la culture. Le Niveau Un est essentiellement celui de l'enfant : exempt de toute notion du bien et du mal, n'obéissant qu'à ses besoins et à ses désirs, uniquement inhibé par des stimuli négatifs. Plaisir et douleur servent de base au jugement éthique selon un schéma des plus classiques. Au Niveau Deux, l'être humain réagit à la notion de bien et de mal en se conformant aux décisions d'une autorité. Les adultes savent ce qu'ils font. Une personne du Niveau Trois se soucie des règles en vigueur. «Je n'ai fait que suivre les ordres. » L'éthique du Niveau Quatre est dictée par la majorité. Une personne du Niveau Cinq consacre sa vie à créer et à défendre des lois qui servent le bien commun, tout en défendant les droits des personnes dont les opinions sont incompatibles avec le Niveau Cinq. Les Niveau Cinq font d'excellents avocats. Saul en avait connu quelques-uns à New York. Les Niveau Six sont capables de transcender l'optique légaliste des Niveau Cinq et se soucient du bien commun et des réalités éthiques supérieures, indépendamment des frontières nationales, culturelles ou sociologiques. Les Niveau Sept obéissent uniquement aux principes universels. Jésus-Christ, Bouddha et Gandhi figurent parmi les rares Niveau Sept connus. [....]
À sa grande stupéfaction, puis à sa grande terreur, il avait découvert l'existence d'un Niveau Zéro. Il existait des êtres humains n'ayant jamais atteint le stade fœtal et absolument dénués de repères moraux ; même les stimuli plaisir/douleur étaient impuissants à gouverner de telles personnes - si on pouvait encore les qualifier de « personnes ».
Un Niveau Zéro pouvait croiser quelqu'un dans la rue, le tuer par caprice et s'éloigner ensuite sans le moindre remords. Les Niveau Zéro ne souhaitaient ni être capturés ni êtres punis, mais ce n'était pas le désir d'éviter la punition qui guidait leurs actes. Et ceux-ci n'étaient pas non plus motivés par un désir de transgression qui l'emportait sur la peur du châtiment. Les Niveau Zéro étaient incapables de distinguer un acte criminel d'un acte ordinaire ; ils étaient atteints de cécité morale. Des centaines de chercheurs avaient mis les hypothèses de Kohlberg à l'épreuve, mais ses données semblaient solides, ses conclusions irréfutables. À n'importe quelle époque, dans n'importe quelle société, un à deux pour cent de la population se trouvaient au Niveau Zéro du développement moral.
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Je ne sais pas exactement quand Nina et moi avons eu l'idée du duel. Peut-être fut-ce lors d'une de ces longues nuits chaudes où l'une venait dormir chez l'autre : le plaisir de se blottir au creux du même lit, d'échanger murmures et gloussements, d'étouffer nos rires lorsqu'un froissement rêche trahissait la présence d'un domestique de couleur arpentant les couloirs obscurs. Quoi qu'il en soit, cette idée était le prolongement naturel des prétentions romantiques de l'époque. L'idée de voir Charles et Roger s'affronter en duel pour un point d'honneur abstrait dont nous étions la cause nous excitait d'une façon physique que je reconnais à présent comme une simple forme de titillation sexuelle.

Tout cela aurait été inoffensif s'il n'y avait pas eu notre Talent. Nous réussissions tellement bien à manipuler les hommes – une manipulation qui était en ce temps-là non seulement admise mais encouragée – que ni l'une ni l'autre ne voyait quoi que ce soit d'extraordinaire dans la façon dont nos souhaits se transformaient en actes. La parapsychologie n'existait pas à cette époque ; ou plutôt, elle n'existait que sous la forme de séances de tables tournantes qui n'étaient que des jeux de société. En tout cas, nous avons passé plusieurs semaines à nous murmurer des fantasmes, puis l'une de nous – ou peut-être les deux – a transformé le fantasme en réalité grâce à son Talent.

Dans un sens, ce fut notre premier Festin
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Justice doit être rendue, elle est réclamée par les millions de voix qui s'élèvent des tombes anonymes, des fours rouillés, des maisons vides peuplant des milliers de villes. Mais pas la vengeance. La vengeance est indigne.
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Comme la majorité des jeunes que je rencontrais ces temps-ci, il m'étais impossible de dire si celui-ci était un authentique attardé ou s'il était tout simplement mal élevé. La plupart des personnes âgées de moins de trente ans appartiennent à l'une de ces deux catégories
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Il avait cru que s’il parvenait à comprendre la psychologie du mal il pourrait le guérir. Mais il n'existait aucun antibiotique contre le bacille de cette peste.
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Série TV - The Terror (2018) La première saison est l’adaptation du roman "Terreur" de Dan Simmons.
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