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EAN : 9782707317322
141 pages
Éditeur : Editions de Minuit (15/03/2001)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 57 notes)
Résumé :
Un tramway relie une ville de province à la plage voisine, distante d’une quinzaine de kilomètres. Aux heures matinales, il fait accessoirement office de ramassage scolaire. Ses allées et venues d'un terminus à l'autre entre les ondulations des vignes ponctuent le cours des vies, avec leurs menus ou cruels événements. Les lieux où se déroule l'action sont principalement le bord de mer, une maison de campagne, la ville qui peu à peu se modernise, un court de tennis. ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Pigranelle
  17 février 2020
Ayant refermé le livre plutôt satisfaite et ne comprenant décidément pas pourquoi plus aucun souvenir ne m'était resté de ma lecture précédente, qui pourtant avait bien eu lieu puisqu'en témoignaient non seulement ces deux étoiles sur mon Babelio, mais encore ce volume que j'avais du acheter et qui figurait en bonne place sur la bibliothèque du salon, parmi les autres volumes du même auteur ; lecture que j'avais néanmoins oubliée au point d'emprunter un exemplaire en tout point identique à la bibliothèque universitaire, dans le but de combler ce que je pensais être une lacune de ma connaissance de cet auteur.
Tout en contemplant depuis le balcon la circulation des nombreuses voitures et des plus rares piétons et cyclistes, je cherchais dans ma mémoire dans quelles circonstances – sans doute troublées – j'avais pu lire une première fois ce livre, dans une fourchette temporelle se situant entre ma mutation à Perpignan (puisque c'était pour la description de la ville que j'avais voulu le lire) et une période plus proche mais suffisamment éloignée pour avoir eu le temps de s'effacer complètement de ma mémoire. La logique me suggérait deux hypothèses : d'une part une lecture à mon arrivée à Perpignan, qui ne m'aurait pas marquée parce que ne connaissant pas la ville ma pensée n'aurait pas relié à des images précises ce récit, cette période de ma vie étant en outre baignée dans le brouillard de la fatigue car je venais tout juste de commencer mon travail à la bibliothèque, et dans cet état de vide et d'isolement où me plongeait l'absence de Mathieu resté à Grenoble et qui ne devait me rejoindre qu'au bout d'un an ; d'autre part ma seconde hypothèse optant pour une lecture précédant ou succédant à ma grossesse, mes préoccupations étant alors entièrement tournées vers les bébés et ma fatigue touchant des sommets jamais atteints, bien que j'aie gardé des souvenirs d'autres lectures (profondes ou parfaitement futiles) de cette époque.
Le tramway me touchant désormais doublement, par l'évocation de cette ville qui était désormais la mienne et que je reconnaissais en même temps que je percevais les profonds changements qu'elle avait subi depuis les souvenirs décrits dans le livre, et en premier lieu la disparition du dit tramway, séparant durablement, malgré la voie rapide et la ligne de bus dont j'observais les allées et venues depuis mon balcon, la ville de la cote ; notre appartement donnant précisément sur le début de la route menant à la mer, peut-être sur le trajet même de l'ancien tramway ; me touchant aussi par l'expérience du séjour hospitalier du narrateur à laquelle, ayant passé plusieurs mois à l'hôpital avant et après la naissance des enfants, je pouvais désormais m'identifier, reconnaissant dans les attitudes des soignants et l'esprit flottant du patient comme quelque chose d'universel, n'ayant en tout cas guère évolué depuis la période de rédaction du livre.
Le tramway faisant pour moi comme pour Claude Simon la liaison entre une ville et une expérience traumatique, à cette différence près que le traumatisme a été pour moi une (double) naissance quand pour l'auteur il s'agissait d'une mort (celle de sa mère mais aussi en filigrane la sienne, ou en tout cas – c'était son dernier livre – une certaine déchéance de la vieillesse se rapprochant étrangement de mon état pendant la grossesse, notamment cette difficulté à respirer, cette faiblesse, le moindre geste demandant un effort inhumain, et cette médicalisation d'un état finalement naturel). A cette différence aussi que Perpignan incarnait pour l'écrivain la ville d'origine, familière et lointaine car l'ayant depuis quittée, quand pour moi elle était la ville d'arrivée, étrangère, et qui devient au fil du temps de plus en plus familière ; Simon témoignant d'un enlaidissement progressif qui m'a été donné à voir d'emblée, la ville ayant depuis passé à un degré supérieur de laideur, avec ses centres commerciaux qui rendent en comparaison plutôt excessive l'animosité de l'auteur envers les tuiles mécaniques, tandis que sont laissées à l'abandon les riches demeures de l'entre deux guerres. Et moi ayant eu d'emblée cette laideur sous les yeux (le HLM en face de notre balcon déployant ses fenêtres sans volets sur la place entièrement bétonnée que les trop rares pluies ne suffisent pas à laver des déjections canines, mais rendue tolérable voire agréable par la présence de trois jeunes mimosas fleurissant de jaune vif au coeur de l'hiver), je découvre progressivement les charmes cachés de Perpignan, apprenant à comprendre et à aimer les contrastes d'une ville qui ne cesse de se « renier » elle-même. le livre de Claude Simon constituant en quelque sorte le négatif, la parfaite symétrique, de ma propre expérience : mon arrivée à Perpignan et la naissance de mes enfants s'inscrivant en relief correspondant au creux de l'auteur retraçant la mort de sa mère et son départ de la ville, dans ces longues phrases d'une précision mathématique, avec ces participes présents, qui dès la lecture de la route des Flandres avaient sonné à mon oreille comme un parler familier, au point qu'après l'avoir lu je ne pouvais m'empêcher de penser dans ce style qui venait naturellement, comme une langue maternelle réactivée après une longue absence d'un pays qu'on aurait quitté.
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Corboland78
  23 mai 2014
Claude Simon est un écrivain français, né en 1913 à Tananarive (Madagascar) et mort en 2005 à Paris. Prix Nobel de littérature en 1985, il s'est également intéressé à la peinture et à la photographie. le Tramway est paru en 2001.
« Un tramway relie une ville de province, [Perpignan qui n'est jamais citée où l'écrivain passa une partie de sa jeunesse], à la plage voisine, distante d'une quinzaine de kilomètres. Aux heures matinales, il fait accessoirement office de ramassage scolaire. Ses allées et venues d'un terminus à l'autre entre les ondulations des vignes ponctuent le cours des vies, avec leurs menus ou cruels événements. Les lieux où se déroule l'action sont principalement le bord de mer, une maison de campagne, la ville qui peu à peu se modernise, un court de tennis. Dans sa fragilité, la vie s'acharne par ailleurs à poursuivre son cours à travers les dédales des couloirs et des pavillons d'un hôpital, et d'infimes coïncidences amènent parfois les deux trajets à se confondre. »
Je ne vais pas faire l'innocent et m'étonner de cet étrange ouvrage. L'écrivain est assez connu pour que j'en aie une idée depuis bien longtemps, raison pour laquelle d'ailleurs, je n'avais jamais ouvert l'un de ses romans. Néanmoins, seule la confrontation avec son texte pouvait me permettre d'en tirer un avis certain. A lire ces propos liminaires, vous devinez déjà ce que je pense de ce roman, j'ai détesté, ou disons le autrement, je ne suis pas du tout amateur de cette littérature.
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, semble être la devise de l'écrivain dont l'oeuvre est assimilée au Nouveau Roman. Ce qui tue un lecteur lambda, dans mon genre, c'est le style adopté, de longues phrases interminables (exemple : celle qui commence p.64 et se termine P.67), ponctuées de multiples parenthèses y incluant des digressions ou apartés qui rallongent le texte à n'en plus finir. Certains y verront un style proustien, mais dans le sens où l'emploient péjorativement ceux qui n'aiment pas cet écrivain (ce qui n'est pas mon cas), pour dire que ça tire à la ligne et qu'on s'ennuie à mourir.
Il arrive que l'écrivain s'exempte de ponctuation ou de majuscule aux mots commençant une phrase. Je ne goûte pas du tout ce genre de procédés, casser les règles d'écriture ou de syntaxe pourquoi pas, si cela apporte un plus ; mais là, je n'en vois pas l'intérêt. Résultat, on peine à comprendre ce qu'on lit, obligé pour ainsi dire d'ânonner comme un gamin pour déchiffrer le texte. Toutes ces afféteries de style n'ont pour résultat que de gommer toute émotion. Je savais que Claude Simon n'était pas un écrivain pour moi, j'en ai la certitude désormais. Seul point positif, le roman est très court et toutes les bibliothèques municipales ont cet auteur à leur catalogue, chacun peut donc facilement s'en faire sa propre opinion à moindre frais.
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monsieurloic
  09 avril 2015
(copier-coller depuis mon blog)
En matière de lecture, je n'aime pas rester sur une défaite et d'avoir interrompu la lecture du tramway il y a quelques années, en fut une. Je m'étais juré d'y revenir et j'ai profité du propos d'une quincaillière me laissant entendre que je ne lisais jamais de roman de la mouvance nouveau roman (dont aujourd'hui les auteurs publiés aux éditions de minuit poursuivent un peu le projet), pour y revenir. Je viens de le terminer ce soir un oeil sur ma liseuse et l'autre sur la deuxième saison de Broadchurch (série anglaise potable, en tout cas moins pire que d'autres). Admirez la prouesse : lire du Claude Simon, l'un des auteurs les plus difficiles qui soit tout en faisant autre chose ! Autant faire cuire des oeufs et préparer une vinaigrette en même temps. Et mieux encore, je n'ai pas perdu le fil de l'histoire.
Je ne sais pas si mes trois lecteurs connaissent Claude Simon (prix Nobel de littérature en 1985 décédé en 2005) mais dès les premières lignes où l'auteur explique le fonctionnement de la manette de pilotage d'un tramway, on voit déjà qu'on ne lit pas quelque chose de commun.
L'un qui ne connaîtrait pas la prose de Simon et qu'on n'aurait pas averti serait déjà tombé de sa chaise. Toute l'oeuvre de l'auteur se résume dans ses quelques lignes (je me souviens que dans la route des Flandres, il lui avait fallu trois pages pour expliquer le dysfonctionnement de la serrure rouillée d'un poulailler), mais je vous rassure Claude Simon ne s'occupe pas uniquement des objets, au contraire même, il y a bien comme ça dans ses romans - un peu comme des parenthèses - des descriptions précises de 'choses' souvent mécaniques mais l'essentiel chez Simon, ce sont les sensations, ce que le tri accompli par la mémoire nous laisse de souvenirs épars et en l'occurrence ici, le narrateur est un vieillard gisant dans une chambre d'hôpital (à Paris je crois) et qui se souvient de sa jeunesse au lendemain de la première guerre mondiale dans une ville de bord de mer dont un tramway reliait le centre à la côte. Il se souvient qu'il l'empruntait pour aller et rentrer du collège, de la vie autour de ce véhicule, des hommes mutilés par la guerre, et du quotidien autour du trajet, les différences de classe et puis très vite la lente agonie de sa mère (son père était mort au combat) rongée sans doute par le crabe. Devenu orphelin, il est pris en charge par son oncle et sa tante ou que sa tante, je ne sais plus, (avec Simon, on a le droit de ne pas tout suivre). Mais comme je le stipulais, le récit qui n'est pas linéaire s'avère être plutôt une succession aléatoire de tableaux de cette jeunesse jaillissant au gré des poussées de fièvre du narrateur dans sa chambre d'hôpital où sa vie ne tient qu'à des tuyaux et des bonbonnes de gaz.
On a tort de considérer Claude Simon comme élitiste ou pompeux. Quand on sait à quoi s'en tenir et bien, cela se lit assez agréablement. Et puis quelque part, il n'y a pas plus vrai que cette littérature. A l'orée de la mort, fiévreux et branché de toute part, que peut-il traverser notre esprit si ce ne sont des bribes, des sensations voire même quand on sombre dans une demi-conscience des détails incongrus dont l'intérêt peut échapper au bien-portant ? N'est-ce pas ce qui nous arrive à tous lorsque malades et parvenant à trouver le sommeil 5 mns, des rêves étranges naissent de la fièvre ?
Je ne suis pas le meilleur commentateur de Claude Simon. Il a ses adeptes qui se réunissent parfois secrètement en colloques (dans un château de Cerisy-la-Salle) lors desquels j'imagine on ne doit pas beaucoup se marrer (mais peut-être quand même plus qu'à un spectacle de Anne Roumanov ou lors d'un meeting de l'ump) .Vous savez, entre eux, les intellos ne se racontent pas de blagues de Toto mais ils possèdent leur propre sens de l'humour, un peu comme ceux qui s'esclaffaient lors de l'émission Apostrophe sur des sujets ne prêtant pas pourtant à l'hilarité.
éditions de minuit, 2001, 144 pages, lecture sur kindle en avril 2015. note : 4/5
Lien : http://doelan.blogspirit.com..
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FritzLangueur
  02 juillet 2015

Un chant du cygne. Ce furent d'abord, -ainsi j'ai lu ainsi je raconte-, un tramway, quelques mines patibulaires autour d'un watman, personnage mystérieux exécutant le rituel d'un transport de ligne menant bon tram les passagers de la ville à la mer, ou vice versa, mais surtout un enfant au coeur du récit, spectre innocent émanant du bilan d'une vie longue et intense.
Ce furent ensuite, -ainsi j'ai compris ainsi je raconte-, la figure maternelle prédominante et tant aimée, les couloirs froids d'un hôpital comme dernier rails de vie, la maison d'enfance, Thérèse la domestique, le tennis, l'inquiétude, la nonchalance, la tristesse et les petits bonheurs.
Ce furent enfin, -ainsi s'acheva le livre, ainsi je raconte-, un homme qui ne veut renoncer à la vie et qui s'assure qu'elle fut dense, sous son anodine quotidienneté, sorte de flambeau qu'il passe quand il se fait spectateur de la vie des autres, plus encore en rédigeant ce court roman.
D'aucuns s'extasieront de ces phrases à l'infini, entrecoupées d'incursions digressives, faisant perdre le fil du récit puisqu'elles sont le fil de la vie. Ou encore de cette mécanique de mots qui, une fois assemblés, donnent une impression de mouvement, de réel. « le tramway », et c'est une constante chez Claude Simon l'un des chantres du nouveau roman, est palpable, vivant, imagé.
Mais moi, la stylisation ne m'impressionne pas, et si je suis heureux d'avoir terminé ce roman, je n'en garderai qu'un souvenir contrarié. Contrarié car il aura fallu trois tentatives pour l'achever, contrarié car je ne prise guère le côté mécanique et presque glacial de l'ensemble. Bien plus qu'un roman de vie, « le Tramway » est un roman de mort. Et moi je poursuivrais avec d'autres lectures d'auteurs qui sont plus dans l'éveil. (*)
(*) pardon à Aloysius Bertrand pour avoir emprunté la forme littéraire de son poème « Un rêve »
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xgalaup
  01 février 2009
Comme toujours chez C. Simon, ce n'est pas l'histoire qui compte mais le chemin des personnages rendus à leur densité grâce à l'écriture, le quotidien, les souvenirs ou le mouvement de la pensée suivent le passage du tramway. Il s'agit bien d'une succession de micro-évènements ou de micro-rêveries suscités par le passage du tramway. La précision délicate de l'écriture étire langoureusement chaque description ou chaque pensée jusqu'à en faire un tableau parfois abstrait ou surréaliste. La somme des tableaux peint par C. Simon donne une vague impression des personnages et de ce qu'ils sont. le lecteur a aussi l'impression de passer dans leur vie comme le fait le tramway au milieu de cette cité balnéaire.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
sarasvatisarasvati   21 mars 2011
p.98/Entouré de tous côtés par l'anarchique tissu urbain au sourd grondement, l'hôpital, avec ses pavillons identiques, sauf deux ou trois plus récents d'un modernisme cru, ses cours monacales et silencieuses, constituait une espèce d'îlot noyé au milieu du tumultueux et fragile désordre comme une sorte d'entité en soi, d'univers en réduction, fermé sur lui-même, ripoliné et fini, du service d'obstétrique à la morgue, offrant comme en raccourci (ou en condensé) les successifs états de la machine humaine de la naissance à l'agonie en passant par toutes les déviations et anomalies possibles jusqu'à sa définitive corruption.
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PigranellePigranelle   25 février 2020
Epoque où après la deuxième guerre mondiale une certaine évolution culturelle des conseillers municipaux (ou des conseillers des conseillers) et des patrons de café les poussa à renier leur premier reniement au profit d'une réhabilitation de ce qu'ils savaient maintenant (ou pensaient savoir) être les vraies valeurs artistiques de la ville (c'est-à-dire les monuments ou simplement les maisons, que leurs prédécesseurs n'avaient pas encore eu le temps de détruire: remparts, palais, vieilles façades), respectant (sans doute en raison de la dépense) le tribunal corinthien et l'homme de bronze (entouré maintenant, à la mode des stations balnéaires, de banquettes de fleurs et de palmiers) mais, par contre, impitoyables à l'égard de l'arachnéenne rotonde de fer et de verre aux gracieuses marquises de libellules [...]
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soif_plssoif_pls   18 février 2019
Au bout de l'allée bordée de mûriers, le tramway s'arrêtait au pied du grand pin parasol dont le tronc penché par le vent, presque couché à sa base, était recouvert non pas exactement d'écorce mais d'épaisses écailles encastrées l'une dans l'autre en losanges, d'un gris soyeux, légèrement teinté de rose en leur centre et bordées d'un rugueux bourrelet brun. Entre deux d'entre elles sourdait en permanence une coulée de résine qui formait d'abord une grosse bulle, à peu près de la taille d'une groseille, d'un jaune d'or étincelant au soleil et dont la base se couvrait d'une sorte de taie avant de finir par s'écouler en une longue traînée de larmes grises, peu à peu blanchâtre, comme une fiente d'oiseau.
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Corboland78Corboland78   23 mai 2014
J’ai prié l’infirmière qui m’apportait mon déjeuner d’être assez gentille pour bien vouloir m’ouvrir le sachet de cacahuètes qui s’y trouvait, pareil à ceux offerts sur ces plateaux-repas que l’on sert dans les avions et dont je n’ai jamais pu réussir à ouvrir l’enveloppe de plastique, sur quoi, s’en saisissant et la déchirant avec habileté (c’était la même – appartenant au service ancillaire, qui m’avait lancé avec un mépris vengeur que lorsqu’on avait tenté d’installer des bidets dans les toilettes, les malades t avaient aussitôt fait « caca »), elle m’a demandé avec condescendance si je n’avais jamais voyagé ? – à quoi et ne voulant pas la vexer j’ai répondu : Si, tout de même : un peu…
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PigranellePigranelle   25 février 2020
[...] ce vocable enfantin et cru grâce auquel sans doute, dans son esprit, elle me signifiait en clair (comme d'ailleurs un éminent chirurgien me l'expliqua plus tard avec le plus grand sérieux) que pour le personnel soignant, de la simple infirmière jusqu'au plus grand patron, un malade est tenu pour un mineur, sinon même un enfant, aux capacités mentales diminuées au point qu'il n'est plus capable de prendre des décisions ni même de saisir le sens des mots employés par les adultes [...]
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Arno Bertina était heureux de venir parler de L'Âge de la première passe (Verticales), paru juste avant le confinement, sans doute son livre le plus personnel, ni fiction, ni essai, ni récit de voyage : « un livre sur les filles des rues que j'ai rencontrées à Pointe-Noire et Brazzaville, dont j'ai voulu décrire la force et les blessures.»
À Lire : Arno Bertina, L'Âge de la première passe, Verticales, 2020. Claude Simon, L'Herbe, Les éditions de Minuit, 1958.
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