AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782707300645
182 pages
Éditeur : Editions de Minuit (01/09/1975)

Note moyenne : 4.16/5 (sur 16 notes)
Résumé :
« Accentuant la rupture marquée dans son œuvre par Triptyque, Claude Simon nous donne une Leçon de choses. Titre emblématique d'une esthétique d'entrée de jeu postulée par l'auteur : “ la description (la composition) peut se continuer (ou être complétée) à peu prés indéfiniment selon la minutie apportée à son exécution, l'entraînement des métaphores proposées, l'addition d'autres objets visibles dans leur entier ou fragmentés par l'usure, le temps, un choc (soit enc... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Achillevi
  02 avril 2017
Une très belle écriture, dont la trame, initialement un peu déroutante, fini par fasciner et interroger. A partir d'une même pièce, dans une maison, se développent quatre histoires parallèles, formant quatre plans différents dans le temps comme dans l'espace. Et l'on glisse de l'un à l'autre par des sutures parfois imperceptibles. La juxtaposition d'images qui, par petites touches, se répondent en écho, fait naitre des émotions d'une grande sensualité, d'un bel érotisme par moments, tout autant que d'une violence contenue, voire parfois d'une douce mélancolie. Une lente tension nait au fil des pages, nous poussant à vouloir savoir où cet exercice littéraire pourra bien nous mener. Et c'est sur un court-circuit final fidèle à tout ce que fut l'ouvrage qu'on referme le livre.
Commenter  J’apprécie          100
brigetoun
  01 avril 2012
On est dans la description, précise, sensuelle, ouverte sur récit, mais si les lieux se peuplent, si les personnages bougent, réels ou issus de tableaux ou de livres, c'est de l'extérieur, et l'on passe d'un temps, d'un récit à l'autre, de l'attente de l'ennemi dans la maison, aux ouvriers la démolissant, aux visiteurs, aux personnages du tableau, du calendrier et même aux objets du livre presque insensiblement, et sans arrêt.
Avec les deux césures que sont les divertissements où ce sont des voix, et des voix hachées (surtout dans le premier) qui se projettent sur la page.
Un côté démonstration bien sûr – mais pas que, puisque je suis restée accrochée (en plusieurs blocs de lecture) à ces lignes, pour la sensualité, sensibilité de la phrase, pour les histoires qui émergent, les articulations à peine visible qui font passer d'un plan à l'autre, et il faut bien le dire un peu ou beaucoup pour le plaisir de l'attention que le livre exige de nous.
Quand la réalité est niée, négligée à force d'être obstinément retracée, et s'impose par ces fragments.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30

Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
AchilleviAchillevi   02 avril 2017
Portée par ses ailes déployées, immense, la mouette (le goéland ?) se tient parfaitement immobile dans l'air, suspendue au-dessus du vide vertigineux, un peu plus haut que le sommet de la falaise, si près d'eux que la jeune femme pourrait presque la toucher de son ombrelle. C'est à peine si parfois, d'un frémissement d'aile ou corrigeant l'orientation des ses rémiges, l'oiseau conforte son équilibre, se laisse emporter dans une courte glissade sur le côté, remonte puis s'installe à nouveau dans son impondérable immobilité, la tête seule à l'oeil vigilant pivotant par légers à-coups, de quelques degrés, dans une direction ou l'autre. Son bec crochu et jaune, son plumage immaculé, éblouissant, se détachent sur le bleu plus bleu du ciel dans le silencieux froissement de l'air qui glisse avec une foudroyante rapidité sur son corps aux contours doucement renflés. Sans bruit, sans effort, il reste là, existant et superbe, porté par rien, comme une sorte de défi non seulement au lois de la pesanteur mais encore à l'impossible accouplement de l'immobilité et du mouvement, de même que la mer figée, le cargo à l'horizon et l'amoncellement rosé des nuages qui s'entassent dans le lointain. Brusquement, il bascule à la verticale et, emporté par le vent comme une feuille, plonge, disparaissant rapidement sur la droite.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
AchilleviAchillevi   31 mars 2017
Un concert de caquetage affolés s'élève de la cour voisine de la maison et peu après un soldat pénètre dans la pièce, tenant deux poules mortes par les pattes. Ses cheveux, son visage, sa tunique et sa culotte sont parsemées de plumes cuivrées aux reflets mauves ou roses. Il souffle à plusieurs reprises entre ses lèvres serrées pour décoller les fins duvets. Au bout des cous flasques les têtes des poules se balancent mollement. Leurs paupières membraneuses, grises et ridées, sont closes. Les commissures tombantes de leurs becs confèrent aux têtes mortes une expression revêche, outragée.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
AchilleviAchillevi   02 avril 2017
Fixée maintenant à un seul des côtés du col, le camée entraine le tissu sus son poids, dégageant la naissance de la gorge. Elle cache son visage dans le creux de l'épaule de l'homme. La main de l'homme s'insinue par l'ouverture. Elle remue un moment sous l'étoffe puis fait sortir un sein.
Commenter  J’apprécie          40
brigetounbrigetoun   01 avril 2012
Son bec crochu et jaune, son plumage immaculé, éblouissant, se détachent sur le bleu plus bleu du ciel dans le silencieux froissement de l'air qui glisse avec un foudroyante rapidité sur son corps aux contours doucement renflés. Sans bruit, sans effort, il reste là, existant et superbe, porté par rien, comme une sorte de défi non pas seulement aux lois de la pesanteur mais encore à l'impossible accouplement de l'immobilité et du mouvement, de même que la mer figée, le cargo à l'horizon et l'amoncellement rosé des nuages qui s'entassent dans le lointain.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
brigetounbrigetoun   01 avril 2012
Au milieu des gravats, l'aérienne jardinière à la robe de suie, sa serpette, son bouquet, la balustrade, le géométrique bassin d'eau noire, l'oiseau noir, le baldaquin de nuages noirs, semblent constituer quelque optimiste et paradoxale allégorie apparaissant au coeur de l'hiver à la tremblante lueur des flammes comme une promesse d'espoir.
Commenter  J’apprécie          20

Videos de Claude Simon (40) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Claude Simon
Poursuivant cette (brève) incursion dans la littérature du XXe siècle pour honorer le pouvoir des mots et l'art du langage, il s'agira ici de reparcourir La Route des Flandres, de Claude Simon, en nous intéressant notamment à la liste des lieux dits, située au milieu de la IIIe partie du roman.
Suivre la bibliothèque : SITE http://www.bpi.fr/bpi BALISES http://balises.bpi.fr FACEBOOK https://www.facebook.com/bpi.pompidou TWITTER https://twitter.com/bpi_pompidou
autres livres classés : jeux littérairesVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Claude Simon

Quel prix littéraire Claude Simon a-t-il reçu en 1985 ?

Prix Nobel de littérature
Prix Goncourt
Prix Femina
Prix Victor-Rossel

10 questions
10 lecteurs ont répondu
Thème : Claude SimonCréer un quiz sur ce livre