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ISBN : 2707319503
Éditeur : Editions de Minuit (02/02/2006)

Note moyenne : 4.36/5 (sur 44 notes)
Résumé :
Sous l'Ancien Régime, il est officier au régiment de Toul-Artillerie. En 1792, il est élu membre de la Convention. En 1940, il bat en retraite avec son régiment à travers la Belgique. En 1793, il vote la mort du roi. Représentant en mission, il défend la Corse contre Paoli et les Anglais. Il fait planter dans son parc des peupliers d'Italie, des châtaigniers, des hêtres et des acacias. En 1937, il combat sur le front d'Aragon dans les rangs des milices populaires. P... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
stcyr04
  15 février 2019
Les Georgiques est un roman protéiforme, des plus exigeant, un monument de la prose.
On y suit les destinés de trois personnages principaux, l'auteur lui-même à différentes époques de sa vie, de sa jeunesse à son âge d'homme, battant en retraite, blessé, avec son régiment de cavalerie à travers la Belgique, devant l'avancée irrésistible des forces allemandes. Mais c'est surtout la figure du Général Jean-Pierre Lacombe-Saint-Michel qui fait sailli, ancêtre de l'auteur, ayant voté la mort du roi, ayant servi dans les armées révolutionnaires puis Napoléon, dont la vie fut fort romanesque et dont le frère cadet, émigré pris les armes à la main fut fusillé comme traître. Enfin c'est George Orwell, l'écrivain d'hommage à la Catalogne qui apparaît, durant son engagement lors de la guerre d'Espagne. Guerres révolutionnaires, guerres de l'Empire, guerre d'Espagne, Seconde Guerre mondiale donc. le titre fait référence à la nature omniprésente dans le roman et au travaux agraires incessant que le général fait faire dans sa propriété.
Ceci étant posé, dès la scène liminaire ont est submergé par un style riche et ample, déconcertant. Ensuite les phrases s'entremêlent on ne sait pas à quel personnage on a à faire, c'est extrêmement déroutant, on a presque l'impression de lire du Joyce. Puis ce sont de grandes phrases, de longues périodes, encore plus longues semble-t-il que celles de l'auteur de la Recherche du temps perdu, l'humour et l'analyse psychologique en moins, interrompues au beau milieu pour donner cours à une autre narration. C'est un combat que doit livrer le lecteur, se battre pied à pied pour retirer sens et signification de ces phrases alambiquées. L'auteur n'est pas de ceux à condescendre à se mettre au niveau du lecteur, c'est à celui-ci par contention d'esprit et patience, qualité qui se fait rare en cette époque d'immédiateté et d'actualité - mon exemplaire d'occasion issue d'une bibliothèque de banlieue portant la mention infamante de "retiré des collections" faisant foi, de se frayer passage à travers la prose riche et méandreuse.
Les Georgiques est un roman complexe, élitiste, demandant la participation active du lecteur. A celui qui saura s'en montrer digne, la lecture sera une absorption totale de l'être, une aventure, un moment privilégié. Vous voila prévenu.
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jmb33320
  19 mai 2018
J'étais curieux de lire du Claude Simon pour la première fois : je m'attendais à de la littérature exigeante et je n'ai pas été déçu. Les cinquante premières pages m'ont parues incompréhensibles, entrelacements de scènes de guerre à travers les époques (révolution, premier empire, guerre civile espagnole, seconde guerre mondiale) avec pour fil conducteur un simple "il". En progressant ,la figure centrale apparaît être un général d'empire, LSM, (qui écrit au fil des années et à travers l'Europe à son intendante, Batti, des lettres à propos des cultures et travaux à faire dans ses propriétés (d'où la référence du titre à Virgile)). Ce général d'empire est un ancêtre du narrateur (de Claude Simon). le style est ample, tout en circonvolutions, mais pas ampoulé pour autant. Longues phrases à travers lesquelles passe indéniablement un souffle. La langue est belle. le bémol est sérieux : même en étant bien disposé on ne peut pas ne pas éprouver un certain ennui dans certains passages particulièrement répétitifs, notamment à la fin, un peu artificielle, où l'auteur entrecroise des extraits des véritables lettres du général LSM au sujet de la politique et des cultures de son domaine, où il avait fini par revenir pour y mourir un an plus tard...
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Celiadelia
  28 février 2016
Ecriture, époques qui se déchirent et dont on voit les couches... L'écriture est une matière... Quelle maîtrise ! J'ai été transportée d'un bout à l'autre !
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
FelixKatiFelixKati   20 juin 2018
La troisième phase (celle de la désagrégation elle-même dont le signal sembla être donné par l'apparition de la neige - ou plutôt, dans le noir, l'attouchement des flocons silencieux, ouatés, fondant doucement sur les visages) ne peut être décrite que de façon fragmentaire à l'image du phénomène de fragmentation lui-même. Pour commencer, et contrairement aux précédentes, il y a une halte à la fin de laquelle on repart sans avoir attendu les nouvelles de l'arrière. A partir de là (car, en somme, cette reprise de la marche avant le regroupement de l'escadron consacre ce que dans des circonstances normales aucun commandant d'unité ne peut permettre : la rupture de sa cohésion) il faut (puisqu'il n'y a plus d'unité constituée) passer du pluriel au particulier. Donc, soudain, sans qu'il comprenne comment, ni puisse dire à quel moment exact cela s'est produit, ni depuis combien de temps, un cavalier (l'un ou l'autre) prend tout à coup conscience qu'il n'a plus devant lui la croupe du cheval qui le précédait, et aucun cheval non plus ni bruits de sabots derrière lui, et le seul crissement de la neige qu'il perçoit c'est sous ses propres pieds et sous les fers de son propre cheval, et tout ce qu'il peut voir, en avant, en arrière, à droite, à gauche, c'est la nuit noire, et seulement la vague lueur grisâtre sur laquelle il marche, continuant machinalement à mettre un pied devant l'autre, de même que quelque instinct animal (le sien ou celui de son cheval?) le maintient sur la piste que forme la neige piétinée et dure, et aucun bruit, sauf cette espèce d'immense et silencieuse rumeur des flocons qui continuent à tomber, qui tombent maintenant depuis un temps qu'il ne parvient pas à se rappeler, et à un moment il croit distinguer en avant de lui comme une forme immobile, noire dans le noir, devinant confusément à mesure qu'elle se rapproche ou plutôt qu'il s'en rapproche, le cheval arrêté, planté sur ses quatre jambes comme sur des piquets, et le cavalier arrêté aussi, le casque appuyé contre le flanc du cheval comme s'il ressanglait, ou comme s'il urinait, mais ce n'est ni l'un ni l'autre, et quand il passe à côté de lui il entend quelque chose comme bon dieu oh bon dieu bon dieu, mais il ne s'arrête pas, il continue, et il entend le type et le cheval qui marchent maintenant derrière lui, le bruit de la neige crissant sous quatre souliers et huit fers, et il marche, et le type suit, et il l'entend qui pleure, et il ne se retourne pas, il continue, et puis il ne l'entend plus, et il ne se retourne pas, il continue, et la neige continue à tomber, et il ne fait plus froid vraiment, mais c'est maintenant sans importance, et un moment plus tard (mais peut-être qu'il dort? : il pense qu'il a souvent dormi à cheval, il pense que peut-être on peut aussi dormir en marchant, et alors qu'est-ce qui est avant ou après?) cela recommence, c'est-à-dire un autre cheval et un autre cavalier arrêtés (mais peut-être est-ce le même type et le même cheval, ou peut-être que le cavalier arrêté c'est maintenant lui, et que c'est lui aussi qui, à son tour, émet des bruits bizarres, méprisables), et un cheval et un cavalier passent sans s'arrêter, et le cavalier arrêté (peut-être lui après tout?) se remet en marche, continue pendant un moment en émettant toujours ces bruits bizarres, puis cesse de faire du bruit, et comme cela plusieurs fois dans la nuit, sauf que la chose se produit à des intervalles de plus en plus espacés, de sorte qu'il marche (ou reste arrêté?) parfois dix minutes ou un quart d'heure (du moins il lui semble) sans voir personne, et parfois il y a (ou il lui semble qu'il y a) pas un mais trois ou quatre chevaux et leurs cavaliers arrêtés ou qui le dépassent, ou qui marchent devant et derrière lui, puis il se trouve de nouveau seul, il marche, il s'arrête, il s'appuie la tête contre le quartier de la selle, au bout d'un moment il sent la sueur qui refroidit sur lui, il repart, il marche, il s'arrête, il marche, la neige tombe toujours, il s'arrête, il marche, il marche, il aperçoit un point lumineux, il marche, il voit un homme casqué éclairé par un fanal qui pend au bout de son bras, il arrive près de l'homme, l'homme élève sa lanterne pour voir son visage, puis fait un mouvement de côté avec la lanterne et dit Par là, il regarde par là, il voit la porte faiblement éclairée d'une écurie ou d'une étable, il y a une lanterne dans l'étable, il y a déjà là plusieurs chevaux, la lueur de la lanterne se reflète sur les croupes et les selles mouillées, il pousse son cheval à côté des autres, il l'attache à la mangeoire, il ne le desselle pas; à la lueur de la lanterne il distingue au fond une échelle, il monte à l'échelle, en haut de l'échelle il y a quelque chose de mou où il marche en s'enfonçant, il y a des corps couchés dans le foin, il tâtonne jusqu'à ce qu'il trouve une place libre, il se débarrasse de son mousqueton, il s'allonge sans se déséquiper, il s'endort.
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brigetounbrigetoun   01 novembre 2009
les graciles et minces bras nus, les joues délicatement rosies par une fièvre, une excitation elle aussi bienséante, se propageant de proche en proche, le discret bourdonnement des voix mêlé aux timides essais des instruments de l’orchestre en train de s’accorder, à l’anarchique désordre de cordes pincées, de soupirs, de brefs arpèges, annonçant (ou faisant partie d’) un cérémonial…. et qui, confusément , lui parut relever d’une clandestinité d’autant mieux protégée qu’il n’y avait là en apparence rien de défendu, de caché, qu’il se trouvait là non par fraude ou par ruse…. mais qu’il avait cependant l’impression de voir pour la première fois, métamorphosés, les jeunes femmes ou les jeunes filles en partie dénudées, parées, les membres de l’assistance unis, comme les associés d’une société secrète, par une sorte de complicité que trahissaient leurs chuchotements, leur maintien compassé, sévère, assemblés là pour participer à un de ces rituels à la fois sacrés et barbares dont, lorsque après l’exécution de l'ouverture le solennel rideau se fut levé
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brigetounbrigetoun   01 novembre 2009
lorsque l’entêtante odeur d’encens, les clignotements des cierges, la profusion de lumières, de chasubles et de surplis brodés, les choeurs des voix cristallines, le tonnerre des orgues s’interrompaient soudain et que, étirant le cou, et prêtant l’oreille, il parvenait à distinguer sur la gauche de l’autel, le vieil évêque couvert d’or….. en même temps qu’on entendait, à peine perceptible, la voix chevrotante, cassée, si faible, si ténue dans le monumental silence… parvenant pour ainsi dire en trébuchant au bout de la courte phrase modulée plutôt que chantée
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brigetounbrigetoun   01 novembre 2009
voici comment vous pourrez avoir des bouteilles, il faut faire vider dans un barricot les bouteilles de vin de cassis, ce vin qui viellit m'a paru se gâter, vous tirerez un certain nombre de bouteilles le lendemain que vous recevrez ma lettre et vous aurez soin d'écrire le jour que vous l'aurez tiré, vous pouvez aussi en mettre dans des dames-jeannes, vous mettrez deux ou trois grains d'orge dans chaque bouteille et deux ficelles en croix sur le bouchon.......j'aimerais mieux que vous m'ayez fait cent écus de dettes que de m'avoir manqué une année comme vous l'avez fait, parce qu'avec cent écus je ne rachêterai pas la jouissance que j'aurais eu de boire du bon vin venu de chez moi, qualité qui tient à être mise en bouteilles dans le plein de la lune de mars qui ne dure que huit jours, c'est ainsi que par inattention quand j'arrive chez moi, je ne trouve ni jardinage, quoique j'ai payé le jardinier pendant deux ans toute l'année, point de fruits parce que l'on ne se donne pas la peine de les conserver, quoique mon père les conservât fort bien,c'est ainsi que je trouve ni lentilles, ni pois, ni haricots, qioique mes terres soient bonnes pour les porter.
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brigetounbrigetoun   06 novembre 2011
et sur les minces accoudoirs... se serraient en tremblant les mains ridées et déformées d'une fragile petite vieille (ou plutôt une chose : comme un menu paquet, un impondérable fagot d'os, de brindilles prêts à se briser, maintenus ensemble par un réseau de ligaments, de tendons menaçant à tout instant de se rompre, un problématique assemblage de calcaire et de tissus parcheminés qui semblait être comme une parodique version, un parodique avatar à l'échelle humaine, jaunâtre, desséché et plumé, des maigres poules errant sous le hangar – et une femme pourtant : un être humain, une enveloppe à l'intérieur de quoi circulait la sang bleu vert qui gonflait les veines ou plutôt les épaisses tubulures ramifiées que l'on pouvait voir bifurquer, serpenter et se tordre sous la transparente membrane de peau, mais qu'irriguait ou, mieux, qu'animait encore ce flux secret, indécelable à l'oeil, cette permanente série d'actions et de réactions d'acides, de bases, de sels, ces relais, ces signaux, d'une fantastique complexité et d'une foudroyante rapidité qui font a raison, la tristesse, la joie, la mémoire, la parole)
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Vidéo de Claude Simon
Conférence exceptionnelle à l?ESCP Europe avec Branko Milanovic, économiste serbo-américain à l?occasion de la sortie de son livre « Les inégalités mondiales. le destin des classes moyennes, les ultra-riches et l?égalité des chances ». Avec également Emmanuel LEVY, journaliste économie à Marianne et la participation de Claude SIMON, professeur émérite à l'ESCP Europe, co-auteur de "Stop au mirage de la croissance" (L?Atelier) et "L'idéologie néolibérale" (Temps présent).
Branko Milanovic est un des chercheurs les plus reconnus sur les inégalités, ex-économiste en chef à la Banque mondiale (1993-2001), senior scholar au Luxembourg Income Study Center (LIS) et visiting presidential professor à la City University of New York (CUNY). Il viendra présenter en français son livre devenu un classique d?économie « Global Inequality : A new approach for the age of Globalization » qui sera disponible en français dès le 7 février (La Découverte).
Branko Milanovic intervient dans cette conférence sur les grandes tendances économiques qui guident notre monde à partir d?un constat majeur : les gagnants de la mondialisation sont les 1 % des pays riches et les classes moyennes en formation des pays émergents, tout particulièrement la Chine ; et les perdants sont les classes populaires et moyennes des pays avancés. Son analyse empirique sur une longue période et à grande échelle donne les perspectives nécessaires pour révéler les évolutions déterminantes de nos sociétés ces prochaines décennies.
Pour aller plus loin : Lire "Les inégalités mondiales" https://bit.ly/2RJAAFJ
Conférence organisée par les éditions La Découverte et l'ESCP Euope le 7 février 2019.
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