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EAN : 9782940422401
Éditeur : Faim de siècle (01/01/2015)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 47 notes)
Résumé :
La couleur orange est aveuglante. Personne ne distingue l’homme dans sa tenue de travail, dont l’éclat fait aussitôt barrière : circulez, rien à voir, juste un balayeur. Celui-ci fait exception, la rose fraîche attachée à son chariot d’ordures le rend visible et le fait remarquer. Le truc est bien connu, les chefs d’Etat aussi ont un fanion à leur voiture, il demeure efficace. On cherche à voir qui se cache derrière les vitres teintées ou sous la tenue orange. Avec ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Josephine2
  31 mars 2018
Imaginez que votre emploi au sein d'un bureau et d'une équipe vous pèse. Imaginez que vous décidiez de tout quitter. Oui, mais pour quoi faire ?
Et bien c'est ce qu'a fait Michel SIMONET. Il a tout quitté pour devenir…. Balayeur de rue ou comme il dit « cantonnier, opérateur écologique, homme de ménage en plein air, concierge de quartier, hygiéniste du trottoir, péripatéticien du char, pommeau d'un boulot de prolo, nettoyeur à l'aise-Blaise du balai balèze, propreur, déchétarien, ordurier, mégoïste philantrope, et, pour finir, le valorisant « technicien de surface »… ».
Ne croyez pas qu'il ait perdu la tête. Non, c'est un choix fait en toute lucidité. Il décrypte son métier, ses avantages et ses défauts, les odeurs, et le reste, mais également le plaisir de rencontrer des gens.
Levé à 4 h du matin environ, il part, par tous les temps, cherchez son « char » qu'il décore d'une rose et parcours les rues de sa ville pour la rendre propre. Un travail dur, fatigant, d'autant plus, que le temps n'est pas très souvent au beau fixe. le pire c'est le froid.
Un beau témoignage d'un homme qui, malgré son bagage, (il a fait ses humanités) a tout largué pour être « libre » et ne plus dépendre d'une vie de bureau. On peut le déplorer ou, au contraire, saluer son courage. En tout cas, Michel SIMONET est en accord complet avec lui-même. N'est-ce pas le plus important ?
Je remercie Jérôme Garcin, qui a recommandé ce livre lors d'une de ses émissions du « Masque et la plume » sur France Inter. Il m'a permis de passer un très beau moment de lecture.
J'ai celui des éditons de la revue Conférence de 2017. Très jolie couverture et pages fines, avec de grandes marges.
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blandine5674
  25 août 2020
🎼Si l'on ne jetait plus nos papiers dans les rues
Le petit balayeur ne travaillerait plus🎼
Les Têtes Raides
Un petit récit à contre-courant bien agréable. Michel Simonet balaie les rues d'une commune suisse avec une rose posée sur sa carriole. Et ce depuis des décennies. Un regard sur ses contemporains et ses ordures de façon poétique et avec jeux de mots, incluant ses collègues, les commerçants, les gens de la rue. Je cite : Balayeur et fier de lettres.
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vincentf
  04 août 2015
Quand on est cantonnier, on se cantonne à ramasser, et ce cantonnement se transforme en liberté. le balayeur à la rose raconte, dans le désordre, le petchi et le foutoir mais sans le moindre déchet, sa vie d'escargot à char-coquille parfumé de rose et de puanteur. Il s'invente des collègues poètes (Joachim du Balay et François Gravillon), fait renaître de son balai magique des lieux mythiques comme le Triangle des Bermudes, réfléchit à sa condition de travailleur de l'ombre en orange aveuglant, dresse l'inventaire à la Prévert de ses trouvailles, dont il parsème ce livre léger, sérieux et rigolo. Eloge du travail bien fait, avec la lenteur qui lui est nécessaire, et toujours à recommencer, ce petit livre lumineux ne passe pas inaperçu, un peu comme la rose mystérieuse que le passant fribourgeois regarde avec joie quand il la croise, trop pressé (comme une orange) pour s'arrêter.
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lucia-lilas
  05 avril 2018
Comment le nommer ? Balayeur, technicien de surface, cantonnier ?
Dans les rues de Fribourg, en Suisse, Michel Simonet nettoie. Oh, il ne fait pas que ça, non ! Il trie, photographie les touristes, aide à porter les bagages, indique les directions, témoigne, éduque, discute, regarde le ciel quand il a le temps.
Contrairement à beaucoup, il a choisi son métier par vocation : avant d'être cantonnier, il travaillait dans des bureaux mais vivre enfermé, non, ce n'était pas pour lui : « j'occupais en tout premier lieu un poste bureaucratique climatisé-aseptisé que j'ai volontairement quitté pour oeuvrer manuellement sous un ciel variable. »
Alors, il a suivi une logique « d'ambitieux à l'envers » et il a pris un « descenseur » direction la rue, l'extérieur, l'air libre... (J'allais écrire la liberté mais à mon avis, je n'avais pas tout à fait tort!) Queneau ne rêvait-il pas, lui aussi, d'être balayeur de rue ?
Le balayeur, écrit-il « ne fait pas partie des puissants, des influents, des décideurs. Avec lui, pas de danger d'ambitions concurrentes, et les Comment ça va , grand chef ? qui lui sont adressés ne font que confirmer qu'il n'en est pas un. L'innocuité se lit sur son apparence sans apparat. Il ne cadre pas avec la vision classique de la réussite où le statut social est tellement nécessaire à l'équilibre existentiel. A proprement parler, il n'emmerde personne. Au contraire, il la ramasse. »
Et pourtant, il faut en convenir, pas facile de se faire admettre dans un monde qui n'est pas le sien. Trop qualifié pour faire ce boulot ! Dépressif ? Même pas ! Idéaliste ? Un peu, comme tout le monde ! Alors quoi, de toute façon, il ne tiendra pas le coup. L'hiver, c'est dur.
Depuis 29 ans, Michel Simonet nettoie, frotte, racle, ramasse, trie, bien heureux de cette évidence : « On ne naît heureusement pas tous avec les mêmes envies. »
Dans son métier, pas trop de concurrence, c'est l'avantage !
Maintenant, il connaît tout du trottoir (il en arpente 15 kilomètres par jour) : il repère très facilement les braillards et les débraillés de la première heure, le verre cassé et le vomi, les sacs-poubelles, les papiers, les cageots, les canettes, les tags et les graffiti (deux exemples, pour le plaisir : L'argent ne fait pas le bonheur… des pauvres ; Jésus a dit : Péchez, sinon je suis mort pour rien.) Il croise aussi les gens, ceux qui rient ou qui pleurent, ceux qui ont besoin de parler, de se confier… Il y a les livreurs et les clochards, les prostituées et les vendeuses. Il écoute, observe, est attentif au monde, aux autres… L'école de la rue… « apprenti sans certificat et aux vastes matières, éternel étudiant sans pupitre et sans toit mais à tête reposée, disciple aux nombreux maîtres passants, tels sont les titres au cursus incertain mais formateur que le trottoir confère. »
Il faut dire qu'il est aussi poète… Un inventaire à la Prévert ? Pas besoin de chercher bien loin, vous n'imaginez même pas tout ce que l'on peut trouver dans une poubelle : chat, rat, corbeau, pigeon, coq morts, fruits (donc guêpes vivantes l'été), canettes à gogo, parapluies, vêtements et même, belle mise en abyme, une poubelle… et dans la rue : chaussettes, porte-monnaie, cuillers, slips, lunettes, gants, sacs, cigarettes... mais à la différence de certains chiffonniers de Paris dont nous parle Antoine Compagnon dans son dernier livre, le trésor qu'il recherche, ce n'est pas le bijou en or ou le couvert en argent qui lui permettrait de faire fortune, ce sont :
« de fortes amitiés,
le cadeau de la simplicité, la paix du coeur,
la vie au jour le jour,
la grâce de l'instant présent. »
Il finirait par nous faire rêver, cet homme qui aime la poésie de la rue, écoute les paroles qui volent en l'air, rapporte les consignes de bouteilles pour s'acheter un Pléiade par mois (oui, oui, les livres!) Il est « balayeur et fier de lettres » et pose une rose chaque jour au coin de son chariot parce que c'est beau, lui dont le maître-mot est le travail bien fait : « Ce que tu fais, fais-le suprêmement » écrit Pessoa qu'il aime citer. Même en vacances, il ne peut s'empêcher de ramasser ce qui traîne. C'est comme ça, on ne le refera pas…
Magnifique petit bijou-livre d'un poète-cantonnier-chansonnier ou d'un philosophe-cantonnier-sociologue, véritable jongleur de mots, amoureux des vers, homme simple, paisible et de bon sens, qui nous dit dans une langue pétillante et si belle tout le bonheur de son quotidien.
Ce n'est pas qu'on l'envie, non, mais…quand on y réfléchit bien, on se demande qui a raison...
Allez, je ne peux m'empêcher de vous livrer cette petite réécriture de son cru, vous m'en direz des nouvelles…
Itinéraire
Heureux qui, balayeur, fait d'utiles voyages
De trottoir en trottoir et rose pour Toison,
Et qui a peu besoin de monter en avion
Pour saisir au global le monde et son usage.
Plutôt l'observation que le kilométrage,
Plutôt s'imprégner de routinières visions
Et transformer ma rue en lointain horizon
Tenant pour familiers toute race et tout âge.
Plus me plaît de servir comme ont fait mes aïeux,
Par temps clair, par temps gris, torride ou rigoureux,
La Terre de Fribourg, germanique-latine.
Plus que longues soirées vivre au petit matin,
Plus que l'ordinateur la vue d'êtres humains
Et plus mon char poussif que moderne machine.
Joachim du Balai
Je vous salue bien bas, monsieur le Cantonnier...
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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JCLDLGR
  03 juin 2019
Très poétique, cette promenade intérieure d'un cantonier bolze (de Fribourg) recèle quelques pépites, en forme de poèmes ou de diversions sur les comportements sociaux des Fribourgeois, sur la rue, le climat...
C'est joliment décousu et pourrait presque nous faire envier ce métier ingrat et mal apprécié où le résultat se juge à ce qui n'est plus ! La saleté !
On pourrait à la rigueur regretter de ne pas visiter Fribourg : la ville reste une toile de fond très ténue.
Ce petit livre en forme de conte philosophique est à déguster lentement !
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Citations et extraits (51) Voir plus Ajouter une citation
CetsakCetsak   24 juillet 2019
Quant aux clochards - la cloche, en argot parisien, signifie le ciel, et, par association, ceux qui ont le ciel pour toit - en général pacifiques ou endormis, barbus pour les plus anciens et amateurs de litrons de rouge ou autres breuvages - (...) ils étaient toujours de bonne compagnie, d’un humour libéré, et très respectueux de mon travail. Il y avait bien quelques bouteilles cassées en fin d’après-midi - maladresse éthylique oblige - mais ils s’excusaient dans la sobriété relative des lendemains matins. Loulou, Flambard, Taureau, Johnny du Séchoir, P’tit René, Max, vous n’êtes plus de ce monde, mais je voulais vous ressusciter sur cette page où manquent votre bon humour et une tache de vin rouge.
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CetsakCetsak   25 juillet 2019
Le corps est le médicament de l’âme et vice et versa. Il a un grand pouvoir de régulateur et assimilateur. Il attire les pensées à sa suite, les imprime, les incarne et les coordonne. Les deux réunis sont une ressource, un cadeau qu’il faut savoir solliciter. Je pense aux rares matins où je suis parti travailler la tête soucieuse, voulant être ailleurs, le moral gris comme descendant à la mine, patraque : mais je sentais s’installer doucement les gestes répétés et les pas habituels dans les rues aux bonjours quotidiens. Le charbon devenait diamant et le corps en mouvement prenait le dessus ; il allait en euphorie vers une journée solaire.
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CetsakCetsak   28 juillet 2019
(...) ce travail est un vrai conte de fées, je vous jure ; pour les saisonniers que nous sommes, il oscille entre Blanche-Neige et Cendrillon, sans compter le Petit Chaperon Orange qui cueille en bouquet les mégots semés par des Petits Poucets citadins ne retrouvant pas le chemin du cendrier. Il me va comme un gant et me botte, ce travail, sept lieues durant ! Surtout en ces mois où le ciel nous tombe dessus. « Vous n’êtes pas en sucre ! » disait un vieux chef. Et vu que je suis marié à Dame Nature une moitié de la journée, et l’autre moitié avec ma moitié, j’apprends de deux forts caractères.
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CetsakCetsak   29 juillet 2019
L’avenir est en marche. Que dire alors de ce nouveau venu, volumineux aspirateur électrique baptisé « Glutton », collègue à trois roues qui colonise toutes les villes de Suisse et de Navarre, voiture-balai qui me transforme en orange mécanique et me suis comme un petit chien, ou plutôt comme un solide et docile pachyderme que je tiens par la trompe. (...)
Ce que je lui reproche alors ? De me métamorphoser en Gloutonnier et de me faire perdre la main en me rétrogradant de balayeur expérimenté à aspirant balayeur.
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CetsakCetsak   21 juillet 2019
Balayeur de rue

Ou cantonnier, opérateur écologique, homme de ménage en plein air, concierge de quartier, hygiéniste du trottoir, péripatéticien du char, pommeau d’un boulot de prolo, nettoyeur à l’aise-Blaise du balai balèze, propreur, déchétarien ordurier, mégoïste philanthrope, et, pour finir, le valorisant « technicien de surface » - telle est la liste non exhaustive des termes centraux ou excentriques utilisés pour qualifier ce métier souvent admiré, peu convoité, qui n’attire pas mais qui retient (j’en suis une preuve), parfois dénigré, mais reconnu par tous d’utilité publique.
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