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EAN : 9782869597433
270 pages
Éditeur : Arléa (11/05/2006)

Note moyenne : 4.13/5 (sur 15 notes)
Résumé :
" A l'instar de tout groupe humain organisé, le Mitan se trouve régi par un code de convenances, de bons usages, de coutumes qu'il importe de connaître et de respecter. La gaffe, l'impair, le mot blessant, la médisance, l'indélicatesse, sanctionnés dans le monde des caves par un refroidissement des relations, le sont souvent, dans le monde des truands, par le refroidissement à zéro du gaffeur, du malotru, de l'injurieux, du médisant, de l'indélicat, et le savoir-viv... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
NOIRdePOLARS
  11 janvier 2012
Maître ès langue verte ou noire, moi je dis chacun sa couleur. Ce qu'est sûr, mais alors certain de chez évident, c'est qu'Albert Simonin a le génie de la langue des faubourgs, de celle qu'on jactait de naissance sans s'emmerder à poser son cul sur un banc crasseux d'école publique.
Après avoir tartiné quelques souvenirs sous forme de roman, Albert a eu une étincelle cervelette, ni idiote ni loufdingue : plutôt que d'aller essayer de traduire des foutus manuels de savoir-trinquer écrits généralement par des pincées des louloutes, pourquoi pas se fendre d'un vrai viatique bienséant au pays du mitan ? Voilà une idée qu'elle était bonne, et si les pégriots y trouveront évidemment leur compte, le cave pourra aussi l'apprendre par coeur, histoire que cézigue le soit un peu moins, caviot.
Ce bouquin ne peut être ni critiqué ni apprécié, le génie ne se prêtant pas à ce genre d'entourlouze. Vaut mieux que je me tire et que je laisse la place à l'Albert…
La toilette : « Vous évoquer au paddock nous amène, raide comme balle, à vous saisir au petit lever, et à vous entretenir en priorité du pyjama, une des pièces maîtresses de votre garde-robe. »
Le blaze : « de même qu'il n'est pas de fumée sans feu, il n'est pas de blaze sans origine, gratuitement attribué, et qui ne reflète le truand qui le porte, sa carrière, ses mérites, ses tares. »
La voiture : « descendre au Bois une ou deux frangines qui vont en votre honneur y prendre leur poste d'affût: effectuer un aller-retour au champ de courses, sur lequel un outsider que vous suivez depuis ses débuts doit disputer l'épreuve de sa carrière ; draguer une dizaine de bornes dans les quartiers propices, à l'heure où les bureaux libèrent la dactylo avide de s'émanciper ; passer relever les compteurs auprès de vos gagneuses, nous ne voyons guère, mis à part les petits parcours de sirop à tapis, en quelle autre circonstance vous allez avoir l'occasion de faire rouler cette tire. Dès lors, qu'avez-vous donc à foutre qu'elle consomme comme un char Sherman ? »
Les nanas : « Vous l'aurez levée à la rencontre, dans un guinche, voire du siège de votre Américaine, à la drague. Une attaque nerveuse de l'asphalte par le paturon cambré, un galbe de jambe émouvant, un roulis de hanche généreux, peut-être simplement un port de tête décidé, vous auront alerté, fait subodorer la qualité à l'état pur. Vite fait, bien fait, voilà la pouliche emballée, à disposition de usted. Une page de son destin vient de se tourner. La joie du bon artisan devant le fin labeur à exécuter vous anime. Déjà la délicate option sollicite votre esprit : dressage en férocité ou dressage en persuasion ?...
C'est tout de la même eau, et pendant 271 pages c'est l'arc en ciel improbable d'une littérature souvent grise ou rouge un peu trop sang. Quand z'aurez terminé c'te book, vous le relirez aussi sec, foi de caviot.
Noté : 5 / 5 et au-delà…
Lien : http://noirdepolars.e-monsit..
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Wendat69
  05 novembre 2017
Plonger dans cet ouvrage du sieur Albert Simonin, c'est faire un salto arrière carpé qui vous plonge tout droit dans le parler des années en noir et blanc, celles qui comptent double. Sans sombrer dans la nostalgie aux senteurs d'oeillet, la jactance du marlou, du julot nous apparaît autrement plus colorée que celle des branques qui anime maintenant les ruelles mal éclairées. Bref, pour faire court, ne pinaillons pas, ça se boit comme du petit lait sur le zinc, et pour autant "c'est du brutal".
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sernine
  26 février 2012
Il faut s'y faire !
Ce livre est rempli d'argot, ce qui ne facilite pas la lecture de ce livre pour quelqu'un qui n'est pas habitué.
Sinon, ce livre ne possède pas d'histoire et les différentes "parties" peuvent donc ce lire dans le désordre.
Ce livre n'est pas un roman. Je le qualifierai de "traité des bonnes manières".
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lehibook
  27 août 2019
Sectateurs des Tontons qui jubilez aux dialogues d'Audiard , ce livre est fait pour vous.Attention! C'est de l'historique ,pas de la jacte moderne mâtinée de verlan et d'amerloque yaourtisé..Non du bon savoir-vivre d'antan ,dans une langue aussi verte qu'une écolo végane. Pas bien politiquement correct mais quelle rigolade !
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
Wendat69Wendat69   03 novembre 2017
Le gonze désigné pour cloquer au passage un coup de gourdin derrière les oreilles du gardien de nuit n'a plus le droit, à l'instant d'exécuter ce geste, de peser le pour et le contre. Le temps de gamberger qu'il va meurtrir le cassis d'un prolétaire, que ce prolétaire, innocent des méfaits du capital, est tenu par ce dernier en état de sujétion dégradante; le temps encore de supputer que sous-alimenté depuis l'enfance, ce pante a indubitablement les os du cigare friables, et le vigile est hors d'atteinte, peut-être déjà en train d'alerter au bigophone les condés qui vont rabattre à pleins cars. On juge de l'impair.
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Wendat69Wendat69   04 novembre 2017
La bonne recette pour éviter de vous retrouver en aussi délicate posture lors d'une visite à un truand enchristé, pourrait bien être, maître joli, de vous déféminiser au maximum pour la circonstance. À cet effet, escamotez la teinte mode de vos tifs et leur coupe coup-de-vent sous un strict bonnet de laine tricoté main, abandonnez pour l'occasion dans votre penderie le petit ensemble printanier façon Courrège ou Saint-Laurent, et préférez-lui la jupe longuette et le blouson de style cheftaine; sur des bas 30 deniers, chaussez la robuste pompe de marche à talon plat qui, abaissant les muscles soléaires, file à zéro le galbe du molletogomme et donne la cheville ouvrière. Pour mieux encore dissimuler votre apparence de pin-up ravageuse, cloquez-vous sur le pif une paire de bernicles à verres fumés qui masqueront votre regard. Et allez en paix.
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Wendat69Wendat69   04 novembre 2017
Un titre gras sur trois colonnes vous saute aux châsses, annonçant le trépas de Pedro le Toc, alias le Mexicain, dit encore Jambe de laine, à l'issue d'une courette policière, consécutive à un braquage bâclé. En cette circonstance bien précise, la visite de convenance au domicile du regretté Pedro est à exclure. Un filtrage des visiteurs y sera assuré, non par le personnel de la maison Roblot, mais par celui de la maison Bourremane, et vos chances de pouvoir présenter vos condoléances à la veuve apparaissent minimes, sinon nulles.
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Wendat69Wendat69   04 novembre 2017
"Mon président" n'est plus guère employé de nos jours que par des dialoguistes de bas vaudevilles. N'ayez recours à cet artifice éculé que dans le cas extrême où votre défenseur, redoutant le pire, entend vous présenter comme un pithécanthrope à la limite de la responsabilité.
Gardez-vous, dans un dessein de justification, de proférer l'instinctif "Monsieur le président, mettez-vous à ma place!". Le président préfère la sienne.
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Wendat69Wendat69   03 novembre 2017
Vous devez convenir qu'il devient malaisé, en un temps où l'heure de la décolonisation s'est inscrite au cadran de l'histoire, où les minorités opprimées miaulent au charron, où les droits du mouflet à secouer le cocotier de grand-papa sont en passe d'être inscrits dans la Constitution, il est bien malaisé disons-nous, si ce n'est impossible, de maintenir la gagneuse dans l'antique sujétion d'une discipline quasi médiévale.
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Videos de Albert Simonin (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Albert Simonin
21 novembre 2009 :
Mot de l'éditeur :
« Je regrette de ne pas lavoir butée pendant quil en était encore temps. Nul besoin de réfléchir ni délaborer le crime parfait. Plus cest gros mieux ça passe.

Elle faisait le ménage monsieur le commissaire. Elle a dû glisser sur le carrelage quelle venait dastiquer. On pouvait lui reprocher bien des choses, mais une vraie petite fée du logis, une maîtresse-femme. Quest-ce qui sest passé? on ne le saura jamais. Mauvais contrôle du pied dappui, fort justement monsieur le commissaire, le coup du lapin. La faute à pas de chance, encore une fois.

Jaurai dû lui mettre un grand coup derrière sa gueule alors que tout le monde ignorait encore notre différent. Les Boulard ? Un exemple pour tous les couples modernes. Jamais un mot plus haut que lautre, aimables avec les voisins, bonjour et bonsoir. Jaurai utilisé le cendrier en granit de Bénodet. Jaurai pris mon élan, de toutes mes forces et de toute ma rage, pour la frapper à larrière de son crâne vide. Plus tard, bien plus tard, jaurai appelé le SAMU. Oui, ça a dû se passer il ny a pas bien longtemps docteur. Mais jétais en train de bricoler dans le garage, je nai rien entendu parce je perçais des trous dans de la tôle. Cest que je construis un cabanon pour abriter les outils de jardin. Ce nest pas que jai beaucoup de terrain, mais ça me détend de pratiquer lart potager. Et puis, cest pas les légumes quon trouve dans le commerce. Des saveurs et des parfums incomparables. Ah oui, ma femme. Quand jai constaté, il devait déjà être trop tard. Enfin, je ne suis pas médecin. Je ne peux pas juger, mais elle était très pâle. Quest-ce que vous en pensez docteur?

Lélectrocution à la machine à laver, cest pas mal non plus. Combien de femmes disparaissent chaque année alors quelles accomplissaient leurs tâches domestiques? Elle avait grand soif, mais elle avait la manie de stocker les produits pour déboucher les cabinets dans des bouteilles deau minérale. Elle faisait les vitres au troisième étage un jour de grand vent. Elle préférait le bain à la douche, pourtant elle sétait toujours refusée à apprendre à nager. Elle avait la manie de garder près delle une bougie pour la sieste.

Ca fait trois lignes, dans les journaux, à la page des faits divers. Personne ne sen émeut. Sinon les proches, évidemment, car le plus dur cest toujours pour ceux qui restent.
elle est tombée à la renverse, sa tête a porté contre le rond des chiottes. Une belle mort, elle ne sest pas vue partir. Exactement, comme vous dites »

Lorsquil écrit, lorsquil se laisse porter par le jaillissement des mots, Serge le Vaillant ne manque pas de soumettre ses textes à lépreuve du « gueuloir » de Flaubert, de les lire à haute voix pour mieux les fignoler. Ancien capitaine au long cours, grand homme de radio, grand chef dorchestre des nuits de France Inter, cet orpailleur de la langue française, quelle soit verte ou noire, est un magicien. Il na pas seulement le talent de conteur dun Gérard Sire ou dun Jean-Pierre Chabrol. le culte des mots ciselés, des mots torchés, la faconde dune prose féconde, le sens de lorgie verbale.
Ses textes ont le verbe acide et tendre, le verbe au goût de pomme dApi, celui qui baptise et qui tue, qui bénit et qui excommunie, qui conjure et qui absout, qui enfante et qui explose, qui hurle et qui chuchote, qui pleure et qui pavoise. Serge Levaillant appartient à la lignée des Rabelais, des Villon, des Rostand, et plus près de nous des Céline, Léon Bloy, Auguste le Breton , Albert Simonin, Francis Blanche, Alphonse Boudard, Michel Audiard, et autres Frédéric Dard. Il est un magicien, un orpailleur de la langue, quelle soit verte ou noire, ciselée ou torchée : avec lui les mots croustillent. Ils mordent, ils aboient, ils cajolent. Ils sont tour à tour tendres et cruels, nourris de vinaigre et de miel, de gifles et de caresses. Ils décapent. Ils émeuvent. Ils déchaînent des crises de rires et de jubilation. Ils touchent à la fois nos coeurs et nos zygomatiques.
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