AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2841114376
Éditeur : Editions Nil (15/03/2012)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 471 notes)
Résumé :
À Edgecombe Saint Mary, une tasse de thé délicatement infusé est un rituel auquel, à l'heure dite, le major Ernest Pettigrew ne saurait déroger. Désormais veuf, ce parfait gentleman retraité du Royal Sussex a pour seule compagnie ses livres, ses chers Kipling et quelques amis du club de golf — tous occupés à fuir leurs dames patronnesses. Et ce n'est guère son fils, dévoré par l'ambition et les jeux du pouvoir de la City, qui saurait être le complice de ses vieux jo... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (116) Voir plus Ajouter une critique
latina
  05 mars 2015
Je viens de passer toutes mes soirées pendant quinze jours avec le délicieux major Pettigrew, et je viens de le quitter, mais rassurez-vous, nous sommes restés en bons termes. C'est qu'il est en de bonnes mains, ce cher homme so british.
Cet homme si raffiné, si old England, si respectueux des bonnes manières, et – ce qui compte le plus – tellement bon malgré son ironie mordante, m'a séduite, comme il a séduit madame Ali, la vendeuse pakistanaise de son petit village du Sussex, au sud de l'Angleterre aux vertes campagnes et aux coquettes stations balnéaires dominant d'abruptes falaises.
Ce veuf se sent d'humeur tendre car madame Ali cache, sous de discrets dehors, une grande intelligence et un humour subtil. Mais madame Ali, veuve elle aussi, a une famille envahissante...
Ces 2 personnages qui s'accordent si bien vont donc devoir faire face aux ragots, aux discriminations (eh oui, le racisme a atteint aussi la campagne anglaise !).
Et le major Pettigrew a des ennuis familiaux, également : un fils âpre au gain et d'une dureté de coeur peu commune, un frère qui décède, lui laissant une belle-soeur également cupide...Et ses chers fusils de chasse, qu'il aurait bien voulu garder et dorloter dans leur luxueux écrin, tout le monde les veut !
Du coup, ses parties de golf suivies de verres pris au club, ses parties de chasse, et même le bal de l'année dirigé par ces dames patronnesses sont empoisonnés par une ambiance de plus en plus amère.
J'ai donc pris le thé avec Ernest Pettigrew de nombreuses fois, et je me suis vraiment imprégnée de cette atmosphère toujours si feutrée. Eviter au possible tout ce qui est shocking, c'est le but ultime du major, mais en arrivant à ses fins. Vaste programme !
Helen Simonson s'est manifestement bien amusée à dépeindre tous ces gens, les ruraux comme les snobs, les étrangers voraces comme les autochtones à l'esprit souvent restreint, les immigrés pakistanais comme les purs produits de l'Angleterre adeptes du thé pris le petit doigt en l'air.
Delicious !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          7411
LiliGalipette
  28 mars 2012
Le major Ernest Pettigrew, retraité du régiment du Royal Sussex, apprend la mort de son frère Bertie. Au-delà de la douleur, il reste la solitude. Veuf depuis plusieurs années, le major constate que les chers liens de l'existence se rompent les uns après les autres. Et ce n'est pas auprès de son fils, l'ambitieux Roger, qu'il sait pouvoir trouver du réconfort et de l'affection. L'avenir du major semble devoir se résumer à des parcours de golf, des invitations à prendre le thé et des parties de chasse avec la fine fleur des fusils d'Edgecombe Saint Mary.
Le petit village de la campagne anglaise vit doucement à des kilomètres d'une Londres chatoyante, bruyante, moderne et un brin vulgaire. Seule la boutique de Mme Ali, d'origine pakistanaise, rompt la monotonie traditionnelle du village. Veuve depuis peu, Mme Ali a recueilli un grand neveu, Abdul Wahid, et essaie de lui faire oublier ses idées trop religieuses. Indépendante et radieuse, cette femme touche le coeur engourdi du major. Dernière toquade ou véritable amour ? C'est ce que dira ce roman où les senteurs poussiéreuses sont électrisées par des épices et des couleurs orientales.
Le major Ernest Pettigrew est un homme selon mon coeur, un parfait gentleman anglais. Attaché aux traditions, fidèle à certains principes et valeurs, il n'est cependant pas engoncé dans une attitude austère. « Je crois fermement qu'il existe encore quelques rares individus qui continuent de croire en l'Angleterre que Kipling aimait. Malheureusement, nous sommes une poignée de reliques poussiéreuses. » (p. 154) le coeur et l'esprit ouverts, il ne tolère pas que Mme Ali soit considérée comme une simple marchande. Les sarcasmes de son fils et le qu'en-dira-t-on des membres du club d'Edgecombe Saint Mary n'étouffent pas la flamme qu'il nourrit pour la belle veuve. « le major fut une fois de plus sidéré de constater le nombre de gens animés de cette envie de perdre leur temps et leur énergie à juger défavorablement les autres. » (p. 220)
Avec Rudyard Kipling et ses livres pour chaperons bienveillants, cette histoire d'amour se décline en pudeurs et en délicatesses vraiment charmantes. « Il eut le sentiment de ne pas avoir de mission plus importante et plus épanouissante que de faire rire Mme Ali. » (p. 94) La séduction est douce, mais parfois traversée de folles initiatives. le major a passé l'âge des emportements irréfléchis et pas question de se conduire à la hussarde, mais il se laisse aller à la tendre folie de cette dernière passion, tout en respectant, peut-être à outrance, l'honneur de Mme Ali. « Il se rendit compte qu'il lui inspirait à la fois confiance et le sentiment d'être son obligé – ce qui interdisait à un homme honorable de tenter avant longtemps de l'embrasser. Il se maudit de sa sottise. » (p. 238) Lentement, le major se libère de certaines craintes et ose alors revendiquer le doux sentiment qu'il porte à Mme Ali. C'est une fameuse paire de fusils Churchill qui représente tout ce dont le major aura à se libérer pour être enfin prêt à aimer une dernière fois.
Le major Pettigrew et Mme Ali ne sont pas les seuls à connaître les errements du coeur. Abdul Wahid et Roger, incarnation de la génération future, se débrouillent aussi mal que leurs aïeux. « L'espèce humaine est partout la même, dès lors qu'il s'agit des relations de coeur. [...] Une absence saisissante de maîtrise des pulsions associée à une totale myopie. » (p. 256) Toutefois, le roman d'Helen Simonson déborde d'un bel optimisme : au diable la raison quand il s'agit d'amour, au diable la tentaculaire famille pakistanaise et ses codes, au diable l'étroitesse pincée des dames patronnesses ! le choc des cultures est particulièrement bien rendu. Edgecombe Saint Mary est un village typique de la campagne anglaise. Mme Ali est une représentante discrète de la culture pakistanaise et musulmane. C'est en organisant un bal foutraque sur le thème des derniers jours de l'Empire moghol que le si digne club du village met le feu aux poudres. Tous les regards se tournent alors avec le digne major et la belle épicière. La dernière conquête du major Pettigrew n'est pas qu'amoureuse, elle est sociale et personnelle.
Détail anecdotique, mais qui a amorcé ma lecture sous de bons auspices : j'ai trouvé la première de couverture particulièrement belle. Il y a tant de promesses dans ces deux pardessus enlacés ! En dépit de quelques phrases maladroites et de coquilles, j'ai été happée par ce roman d'amour. le major Pettigrew a fait une autre conquête en ma personne et je gage que de nombreuses lectrices succomberont au charme tout britannique de ce gentleman.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          540
Marple
  05 février 2013
Découvrez vite ce beau petit roman d'amour, d'humour et de tolérance !
Je suis tombée sous le charme du Major Pettigrew, ce gentleman british à l'ancienne qui ne comprend pas bien, en vrac, la vulgarité, son fils, le monde moderne, malgré son intelligence, sa culture et sa finesse...
J'ai bien aimé aussi Mme Ali, l'épicière pakistanaise, avec sa révolte tranquille face aux conventions et aux préjugés, sa passion des livres et sa grande générosité...
Alors, même si on comprend tout de suite que ces deux-là vont s'aimer (beaucoup) et se déchirer (un peu), même si la fin est tirée par les cheveux, même s'il n'y a rien de révolutionnaire dans cet hymne à la tolérance, ça vaut le coup de plonger dans cette lecture !
Parce que ça sonne juste. Parce que certaines phrases sont de petites pépites. Parce que c'est joyeux et délicat. Parce que ça donne envie de croire à l'amour et à la vie. Parce que la satire sociale est délicieuse et n'épargne personne, des dames patronnesses bien-pensantes à la famille pakistanaise bornée, en passant par le ridicule absolu du grand bal indien... Et surtout parce que c'est un livre qui vous donnera le sourire et vous fera du bien au moral.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          480
juliette2a
  27 juin 2014
Je viens d'achever La Dernière conquête du Major Pettigrew, roman qui me tentait depuis un certain temps, et je ne suis absolument pas déçue !
J'avoue que je ne m'attendais pas à une telle histoire ! Certes, le titre était assez révélateur, mais les personnages ainsi que la progression de l'intrigue m'ont surprise, dans le bon sens. En effet, au fil des pages, je me suis retrouvée de plus en plus happée par l'histoire, impatiente de connaître la suite !
Je conseille ce magnifique roman à tous, et tout d'abord, à travers une intrigue prenante (et assez originale !) : ce roman, dont l'action se situe dans un petit village anglais, Edgecombe St-Mary, se concentre sur le major Ernest Pettigrew, âgé de soixante-huit ans, qui, au début du roman, apprend la mort de son frère. Cet évènement -si terrible qu'il soit- permet néanmoins à notre héros de se lier d'amitié avec la propriétaire de la boutique du village, Mme Ali, une modeste pakistanaise. C'est ainsi que le Major et Mme Ali vont peu à peu apprendre à mieux se connaître, partageant la même passion pour la littérature, et en particulier l'oeuvre de Kipling, et commenceront donc à créer des liens bien plus forts que ceux d'une simple amitié. Malheureusement, dans un petit village, les rumeurs se propagent très vite : bientôt, la « relation » qui unit nos deux personnages ne tardera pas à être critiquée de part et d'autre…
Je tiens à préciser que l'intrigue « sentimentale » ne tient qu'une place parmi tant d'autres dans ce roman. En effet, nous suivons en parallèle la vie quotidienne d'Ernest, les habitudes de son fils, Roger, ambitieux londonien accompagné de sa fiancée américaine, l'engagement de sa voisine Alice Pierce, ses parties de chasse avec Lord Dagenham et un Américain aux projets ambitieux, son inquiétude au sujet de la paire de fusils héritée de son père qui attise la jalousie de la femme de son frère, ses parties de golf avec son ami Alec ou encore la préparation des bals annuels aux thèmes assez atypiques, voilà ce que le lecteur découvre avec joie au fil du récit ! de même, des évènements, cette fois-ci rattachés à Mme Ali permettent également de pimenter le récit jusqu'à la dernière page, ce qui ne peut que ravir le lecteur !! Malgré quelques longueurs (qui sont rares), je ne me suis jamais ennuyée !
J'ai beaucoup apprécié les deux personnages principaux, Ernest Pettigrew et Mme Ali, touchants et sincères. Leur couple m'a beaucoup plu, ainsi que tous les personnages qui participaient aux scènes que j'ai préférées, comme Grace, Abdul Wahid ou Amina.
Ainsi, j'ai beaucoup aimé ce roman qui a été à la hauteur de mes espérances, et je ne peux donc que vous encourager à dévorer cette histoire, en profitant bien évidemment du personnage si agréable d'Ernest Pettigrew…
A lire !!
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          396
Syl
  26 juin 2012
« – Mon frère est mort. »
Quatre mots lâchés dans un abandon. La brusque franchise du major Ernest Pettigrew face à Madame Ali, garde une certaine retenue… toute désespérée.
Sur le perron de sa maison, il retient le regard de celle qui vient chercher le paiement pour l’abonnement du quotidien. Habillé du peignoir dessiné de clématites de sa femme, il est, silhouette fragile, ridicule et empruntée, dans un état absent.
En deux pas, Madame Ali s’invite et prépare le thé…
Le major, soixante-huit ans, est veuf depuis six ans. Son fils, l’ambitieux Roger, vit à Londres et travaille dans les finances. A Edgecombe St Mary, l’ancien officier du Royal Sussex mène une retraite paisible et confortable dans sa gentilhommière du XVIIème siècle, entre ses livres, son club de golf, les mondanités de bon voisinage, les parties de chasse chez lord Dagenham et ses souvenirs en photos.
Madame Ali, cinquante-huit ans, est veuve depuis deux ans. Pakistanaise de religion musulmane, elle continue à assumer la tenue de son épicerie à Edgecombre St Mary, seule touche exotique dans une campagne très anglaise. Sans enfant, son neveu Abdul Wahid est venu l’aider (façon très diplomatique de dire qu’il est venu chercher son héritage).
Tous deux ne se côtoient qu’entre les murs de la petite boutique aux senteurs épicées. Politesses discrètes, petits sourires bienséants, échanges brefs sur les thés exposés en vrac et les bougies aux couleurs d’un autre monde, l’invisible barrière des différences les distance.
Bertie, l’unique frère, est décédé.
Alors, lorsque le major se perd dans les yeux noirs de Madame Ali, qu’il se laisse mener les jambes flageolantes dans son petit salon, lorsqu’il la voit accomplir le rituel du thé, qu’il admire ses gestes délicats, la courbe de son bras, l’élégance racée de son port de tête, son sourire serein et plein de compassion, quand il la voit occuper son espace intime… Ernest Pettigrew succombe à la grâce et à ses subtiles attentions. De façons naturelles, presque familières, il accueille cet apaisement spontané comme un réconfort légitime.
La solitude du deuil, plongeon dans un néant tangible, se tempère et il est même prêt à accepter son assistance pour le véhiculer le jour de l’enterrement, même si certaines choses doivent se vivre avec courage et dignité, sans tuteur pour son rôle d’aîné. Dès sa naissance ce sont des forces qu’on lui a inculquées avec l’honneur, la patrie, l’estime, la pudeur, le respect et toute autre considération loyale et sincère.
L’amitié d’un homme droit, empreint d’un héritage fier, ancien, militaire et colonialiste, de valeurs traditionnelles… pour une femme de couleur et de confession étrangères, n’est pas une histoire simple et banale dans ce coin de l’Angleterre.
Très vite, ils se promettent de se revoir. Parmi les liens qui les unissent, la solitude, le veuvage, il y a les livres. L’un et l’autre, de tempérament réservé, s’enthousiasment pour la littérature et les œuvres de Rudyard Kipling. Voler un après-midi au quotidien pour converser du patrimoine livresque devient un échappatoire indispensable. Ils prennent donc la petite voiture de Madame Ali (qui la conduit de façon sportive !) et partent en villégiature quelques heures dans la ville la plus proche. Leurs mémoires racontent leurs vies, leurs aspirations et leurs déconvenues. Qu’ils sont doux ces moments secrets ! Ils inspirent une ivresse et un éclat de jeunesse longtemps annihilés, oubliés.
« Major, lui demanda-t-elle, je voulais savoir s’il me serait possible de vous consulter davantage à propos de M. Kipling, quand j’aurai fini le livre ?
Le ciel se mit à cracher de grosses gouttes de pluie, et une rafale de vent froid fouetta la poussière et les détritus contre ses jambes. La tristesse disparut et il songea combien cette journée était splendide.
« Ma chère dame, j’en serais absolument ravi, lui répondit-il. Je suis à votre entière disposition. » »
Cependant, la vie prend une accélération peu attendue… Après le décès de Bertie, une polémique sur une paire de vieux fusils, léguée en héritage aux deux frères, de facture ancienne et rare, soulève la convoitise de Roger et sa cousine Jemima, la fille du frère défunt. Ils verraient bien la vente des armes combler leurs finances. Aussitôt l’idée émise, les fibres nerveuses du major s’agitent et se révulsent ! Roger présente à son père une jeune américaine… sa fiancée… et lui confie leur désir d’habiter une vieille demeure de caractère près de chez lui… ça fait chic et authentique. Le club de golf, institution huppée, décide d’organiser une soirée aux parfums de l’Asie et demande des conseils à Madame Ali… l’exotisme est follement attractif. Un riche Américain souhaiterait acheter les terres de lord Dagenham et construire, dénaturant ainsi le paisible village. Le neveu de Madame Ali se retrouve dans une position déshonorante…
Rien est simple et tout semble se liguer pour contrer la naissance d’une estime, une affection… peut-être une amourette.
Entre petits tours au jardin pour admirer les roses écloses, louer les clématites et le chèvrefeuille, boire le thé et en respecter l’art et la manière, s’immerger dans les lectures et en raconter la trame, des minutes et des heures, fuir le temps et fuguer comme des adolescents, retrouver la passion et redécouvrir la vie, délasser les corsets, faire sauter les boutons, désamidonner l’étiquette, se libérer des contraintes, jouer le coquet et l’effrontée, reconnaître les sentiments, être conciliant avec l’autre, sourire, être simplement heureux et vivant… Entre tout cela, et bien avant, il y a… les voisins, la famille, les amis, l’extérieur… le conservatisme ambiant, le conflit des générations, des ambiances guindées, de l’impolitesse et du mépris dans les sphères de la bourgeoisie, le racisme sophistiqué et condescendant, la grossièreté et l’irrévérence des gens incultes et fortunés, l’ambition avide, l’intégrisme religieux, les traditions dévastatrices et castratrices… autant de conceptions, de notions, de combinaisons, de croyances, que de situations impossibles à respirer.
« »Excuse-moi, Ernest, il y a une femme étrange dehors, elle dit qu’elle t’attend. », lui glissa Marjorie qui fit soudain son apparition et lui posa la main sur l’épaule. Il leva les yeux, toussa pour dissimuler ses yeux humides. « Attends-tu une femme de couleur dans une petite Honda ?
– Oh, oui, dit-il, c’est Mme Ali, elle est venue me chercher.
– Une femme chauffeur de taxi ? s’étonna son fils… »
Le major Ernest Pettigrew et Madame Jasmina Ali devront résister et faire acte de persévérance.
Si l’une veut s’enraciner et se concilier les bonnes âmes locales, l’autre songe de plus en plus à la fuite du temps et aux obstacles qui se dressent.
Une balade en voiture, un charmant sourire, un livre offert, une danse, une étreinte esquissée en rêve, des paroles… tout est artifice et l’amour ne se gagne pas aussi facilement.
« – Puis-je vous préparer un peu de thé ? »
Mes premiers mots seront pour remercier Christelle, des Editions Laffont. J’ai aimé ce livre et je l’ai lu avec un plaisir gourmand.
Il m’est difficile de vous résumer cette histoire qui est dense en émotion, en scènes, en rôles. L’auteur, par son écriture légère, pleine d’humour, de poésie, nous mène dans un petit village typique de la vieille Angleterre. C’est la campagne que l’on arpente à travers les écrits de Jane Austen ou Elizabeth Gaskell ou E.M. Forster. Le charme des cottages, des vieilles pierres, des civilités, de l’exubérance distinguée, du thé-party, des cotillons, des chasses privées… Elle allie à cette peinture du 19ème, une touche lointaine aux couleurs bollywood. Le plus cocasse dans ce livre, c’est que les personnages indiens sont (sinon plus) aussi compassés et stylés que les personnages britanniques qui donnent d’eux, sous un vernis de bonne éducation, l’image de la grivoiserie et de la muflerie. Je ne vais pas reprendre tous les thèmes abordés, mais sachez qu’ils s’articulent autour de la discrimination raciale et religieuse, des désaccords générationnels, du Made in England si prisé par les Américains, de l’héritage des valeurs morales et philosophiques, la littérature… et bien d’autres sujets encore. Le noyau de l’histoire, bien représenté sur la couverture du livre, est Ernest et Jasmina. Les premières scènes suscitent une ambiance raffinée et intelligente, silencieuse aussi, et rigide. Puis une petite folie, comme soufflée par une brise, anime l’imagination et les rêves.
Je vous conseille donc ce livre, une belle histoire d’amour, qui ne génère aucun ennui, qui a la verve fantaisiste et malicieuse, qui garde l’intérêt du lecteur dans toutes ses pages, qui nous fait admirer la bucolique campagne, nous fait aimer le thé, nous fait imaginer des soieries lumineuses et diaprées, nous incite à ouvrir un Kipling, à moins appréhender le temps et à ne pas le gaspiller, à nous montrer honnête, disponible et bienveillant…
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          200

critiques presse (2)
Lexpress   06 juin 2013
Le premier roman d'Helen Simonson édité en poche. Délicieusement anglais...
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lexpress   11 avril 2012
Pétri de bons sentiments, arrosé de tea parties, ponctué de promenades dans l'East Sussex pittoresque et verdoyant, mené d'une plume alerte, ce chouette roman dégage un parfum éminemment british, délicieusement désuet. Un vrai bonheur de lecture.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (114) Voir plus Ajouter une citation
CarosandCarosand   09 juillet 2012
"Aimez-vous marcher ? lui demanda-t-il .
- Oui, j'essaie de sortir tôt trois ou quatre fois par semaine. La dame folle qui rôde par les ruelles au milieu du choeur de l'aube, c'est moi.
- Nous devrions tous nous joindre à vous, remarqua-t-il. Ces oiseaux accomplissent un miracle, tous les matins, et le monde devrait se lever et les écouter."
Il était souvent réveillé vers les petites heures du jour, cloué à son matelas par une insomnie qui lui semblait à la fois un état de veille et de mort, à parts égales. Il sentait son sang courir dans ses veines, et pourtant, il se sentait incapable de remuer un doigt ou un orteil. Il restait allongé, éveillé, les yeux irrités, à observer le contour obscur de la fenêtre, guettant la moindre apparition de lumière. Avant les premiers signes de pâleur, les oiseaux commençaient. D'abord quelques pépiements communs (de moineaux et autres) ; ensuite, les gazouillis et les babils se muaient en cascade musicale, un choeur qui montait des buissons et des arbres. Ces sonorités lui détendaient les membres, il réussissait à se tourner, à s'étirer, à chasser toute sensation de panique. Il regardait vers la fenêtre, à présent blanchie par ces chants, et se retournait pour s'endormir.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
MissbouquinMissbouquin   15 avril 2012
"Je ne crois pas que les vues les plus superbes du monde soient superbes parce qu'elles sont vastes ou exotiques, lui répondit-elle. Je crois que leur force vient de ce que l'on sache qu'elles ne changent pas. Vous contemplez, et vous savez qu'elles sont restées inchangées depuis mille ans.

- Et pourtant, à quelle vitesse elles peuvent se renouveler, quand on les voit à travers les yeux de quelqu'un d'autre [...] Les yeux d'une nouvelle amie par exemple."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          200
CrumpetCrumpet   24 février 2013
… Ma chère Madame Ali, j’aurais peine à prétendre que vous soyez vieille. Vous êtes dans ce que j’appellerais la toute première fleur de l’âge de la maturité féminine. »
C’était un peu grandiloquent, mais il espérait surprendre un rougissement. Au lieu de quoi, elle rit de lui, aux éclats.
« Je n’ai jamais entendu personne se donner tant de mal pour appliquer, à la truelle, une telle couche de flatterie sur les rides et l’empâtement d’un âge mûr déjà très avancé, major, fit-elle. J’ai cinquante-huit ans et je pense avoir basculé bien au-delà de la fleur de l’âge. Tout ce que je puis espérer désormais, c’est de sécher dans un de ces bouquets de fleurs éternelles.
- Eh bien, j’ai dix ans de plus que vous, répliqua-t-il, j’en déduis que cela fait de moi un vrai fossile. » Page 94
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
LiliGalipetteLiliGalipette   28 mars 2012
- De nos jours, les hommes attendent de leur femme qu'elle soit aussi époustouflante que leur maîtresse.
-C'est atroce. Comment donc les distingueront-ils l'une de l'autre ?

Page 322
Commenter  J’apprécie          300
LiliGalipetteLiliGalipette   25 mars 2012
Incipit :

Encore bouleversé par le coup de téléphone qu'il venait de recevoir de l'épouse de son frère, le makor Pettigrew ouvrit sa prote sans réfléchir. Mme Ali, de la boutique du village, se tenait là, dans l'allée de brique humide. Elle eut un tressaillement presque imperceptible, haussa le sourcil - mais à peine. Une bouffée d'embarras monta tout à coup aux joues du major et il ne put s'empêcher de lisser du plat de la main sa robe de chambre écarlate aux motifs de clématites - des mains qui lui firent soudain l'effet de deux battoirs.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
Videos de Helen Simonson (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Helen Simonson

La dernière conquête du major Pettigrew - Helen SIMONSON
À Edgecombe St. Mary, en plein coeur de la campagne anglaise, une tasse de thé délicatement infusé est un rituel auquel, à l'heure dite, le major Ernest Pett...
autres livres classés : angleterreVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr

Autres livres de Helen Simonson (1) Voir plus




Quiz Voir plus

Le dernière conquête du Major Pettigrew

Quel est le prénom du Major?

Alfons
Bertie
Jules
Ernest

8 questions
36 lecteurs ont répondu
Thème : La dernière conquête du major Pettigrew de Helen SimonsonCréer un quiz sur ce livre
.. ..