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EAN : 9782072920318
128 pages
Éditeur : Gallimard (02/09/2021)
3.63/5   108 notes
Résumé :
La Rafle des notables revient sur un épisode de l’Occupation, peu connu du grand public, où le grand-père paternel d’Anne Sinclair s’est trouvé entraîné.
En décembre 1941, les Allemands arrêtent 743 Juifs français, chefs d’entreprise, avocats, écrivains, magistrats : une population privilégiée (d’où le surnom de « notables »). Ils y adjoignent 300 juifs étrangers déjà prisonniers à Drancy. Ils les enferment tous au camp de Compiègne, sous administration al... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (44) Voir plus Ajouter une critique
3,63

sur 108 notes

Eve-Yeshe
  02 juin 2020
La légende familiale disait que le grand-père d'Anne Sinclair avait été sauvé de manière presque rocambolesque par son épouse. En cherchant à en savoir plus, elle s'est rendue compte que c'était beaucoup plus complexe et a tenté de reconstituer les évènements malgré le peu de documents à sa disposition au départ. Ce qui nous donne ce récit captivant.
Le 12 décembre 1941 commence ce qu'on va appeler la rafle des notables. On a longtemps (Vichy) affirmé que les Juifs français avaient été pris pour cible à partir de la fin 1942, ce qui est faux : cette rafle est la première. Elle est composée de 743 notables et comme les SS exigeaient un compte rond : mille personnes, d'autres Juifs ont été arrêtés dans les rues. Il s'agissait de personnes ayant subi des pogroms depuis des générations, habitués à fuir, aux antipodes des notables qui étaient en France depuis très longtemps et n'avaient jamais subi de persécution.
Les notables sont arrêtés au petit matin, ils ont à peine le temps de s'habiller de prendre une petite valise et sont embarqués, interrogés, emmener d'un endroit à un autre dans Paris et pour finir le train pour les emmener à Compiègne qu'ils traverseront à pieds sur 5 km, sous les coups bien sûr : près de 24 heures se sont déroulées, sans manger ni boire et entasser dans un camp, dans un bloc spécial qu'on appellera le « camp des Juifs ». Dans d'autres blocs sont incarcérés des communistes ou des Russes arrêtés (offensive sur Moscou, car le pacte germano-soviétique a été rompu par Hitler en mai 1941).
Ils sont soumis à un régime spécial, visant à les faire mourir de faim (la soupe où trois navets se courent après, mais donnant parfois lieu à des conflits, tant ils sont affamés) une hygiène déplorable, avec les poux dans les paillasses… Tout est fait pour les humilier et les détruire, mais ils résistent autant qu'ils peuvent, les plus valides organisant des conférences dans leurs domaines respectifs : René Blum (le frère de Léon) sur Alphonse Allais par exemple, ou encore Louis Engelmann, le voisin de Léonce sur l'électricité…
En fait, ils auraient dû être envoyés dans les camps de l'Est (Auschwitz) mais, les trains étaient réquisitionnés pour les permissions de Noël des soldats allemands. On apprend aussi, au passage que René Blum sera jeté vivant dans les fours crématoires à son arrivée.
Je précise que Léonce Schwartz était commerçant dans la dentelle, d'origine alsacienne, et tentant de remonter dans l'historique de la famille, Anne Sinclair a pu retrouver un ancêtre aux alentours de 1600 en Alsace ! Donc Français depuis très longtemps. Pour lui, comme pour ses codétenus, il se considérait avant tout Français.
« Léonce Schwartz, en effet, n'est pas un intellectuel. Il vend de la dentelle en gros, qu'il fait tisser à Bruges…«
Serge Klarsfeld a fourni à Anne Sinclair, la liste exacte de ces notables et de leurs professions, certains étaient des officiers de l'armée, décorés pour leur bravoure pendant la première guerre mondiale. C'est impressionnant!
Anne Sinclair étaye son récit, citant les travaux de Klarsfeld, mais aussi les témoignages de compagnons d'internement de son grand-père, elle ne laisse rien dans l'ombre car elle savait peu de choses sur lui, qui a réussi à être sauvé de la déportation car il était trop mal en point, il est mort quelques jours après l'armistice, en ayant pu revoir son fils Résistant engagé auprès du Général de Gaulle.
J'ai beaucoup apprécié ce livre, récit détaillé sans concession de l'enfer qu'ont vécu ces hommes, dans un camp tenu par des Allemands. Je connaissais très peu choses au sujet de ce camp de Royallieu (vestige de la Royauté comme son nom l'indique) situé près de Compiègne, et pas loin du fameux wagon de Rotondes… et Anne Sinclair m'a profondément touchée et donné l'envie d'en savoir plus et d'aller fouiller pour trouver les témoignages qu'elle cite dans son livre.
En refermant ce livre qui est un uppercut, je me suis rendue compte qu'il y avait encore beaucoup de choses que je connaissais mal, alors que j'ai lu énormément d'ouvrages sur la seconde guerre mondiale, le nazisme, la barbarie du troisième Reich mais devant la montée des intégrismes, des populismes, ce que l'on pensait à jamais dans les oubliettes peut refaire surface…
J'ai très envie de lire l'ouvrage que l'auteure a consacré à sa famille maternelle : « 21, rue de la Boétie »
Un grand merci à NetGalley et aux éditions Grasset qui m'ont permis de découvrir ce livre.
#Larafledesnotables #NetGalleyFrance
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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Annette55
  10 janvier 2021
«  Se résigner c'est abandonner sa dignité » .
«  Cette histoire me hante depuis l'enfance » .
«  Pourquoi ces êtres français ont- ils été livrés par l'état français sans aucune apparence de résistance?
Et encore « Primo-Levi déporté à Auschwitz emploie ces mots tels que «  Loques , Larves , Damnés » cités par l'auteure .
Trois extraits significatifs de ce témoignage poignant pour , comme l'écrit la célèbre journaliste : Redonner un peu de chair aux disparus, mettre une peu de lumière sur l'histoire du camp de Compiègne administré par les Allemands , fait historique peu connu et peu abordé par les historiens .
Son grand - Père paternel , Léonce Schwarz, faisait partie de ces 743 juifs français, magistrats , chefs d'entreprise , écrivains .....
L'écrivaine et journaliste a réalisé un travail d'enquêtrice , d'Historienne , a effectué des recherches..
J'ajoute que son métier de journaliste lui a évidemment permis de se rė- approprier la vie de Léonce et celle de ses compagnons d'infortune confrontés au froid , à la saleté , à la longueur des appels , les stations innommables , pieds nus, mais surtout à la famine qui devint , au fil des jours la troisième arme aux mains du sadisme des allemands .
La nourriture devint très vite une obsession cruelle. ..
Son enquête familiale nous fait connaître dans le détail, aidée bien sûr par Serge-Klarsfeld, , Laurent Joly Karine Taïeb, et d'autres ,les détails historiques, qui servent de fil rouge à un récit très personnel , à la fois intime et universel , aidant à la mise en oeuvre de la mémoire collective .
Elle relate les faits, les retrace clairement avec beaucoup d'objectivité, faisant référence aussi à la vie et à la descente aux enfers de prisonniers , qui passaient leur temps à redouter des départs vers l'Est sans trop savoir ce que cela signifiait .
Ces questions torturaient ces hommes , pour la plupart «  Protégés par la vie jusqu'ici » projetés brutalement dans un ailleurs sordide , qui végétaient dans des baraques glacées où ils crevaient de faim.
Ce camp des juifs va devenir , à partir du 12 décembre 1941 «  le camp de Douleur des Juifs » ...
On referme ce petit livre documentaire , trop court ......
Une lecture témoignage en hommage à ceux , très , très nombreux qui ne sont pas revenus ——à propos du destin énigmatique de Léonce ——avec douleur et respect :
Un ajout de plus écrit avec retenue, pudeur, émotion contenue, exactitude ..
La mise à jour de cette inhumanité , ces persécutions et exactions commises de sinistre mémoire .
Pourquoi La Croix Rouge ne put jamais entrer «  Dans le camp des Juifs » ?
«  Pour les Juifs ,pas de pitié ! Nous étions bien les plus mal partagés des animaux , n'ayant même pas pour veiller sur notre sort , la Société Protectrice des Animaux » écrit Roger-Gompel.
«  C'était un acheminement implacable vers la mort , pour humilier, avilir ,abrutir , épuiser, sorte de pogrom à froid » .
Merci à l'auteure de nous avoir fait connaître le destin de son grand - Père paternel .
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oran
  29 mai 2020
Anne Sinclair a déjà fait revivre le souvenir de son grand-père maternel Paul Rosenberg, célèbre marchand d'art, dont la galerie se trouvait 21 rue La Boétie. Dans « La rafle des notables » elle poursuit son devoir de mémoire en évoquant son grand-père paternel, Léonce Schwartz, qui fut arrêté à l'aube du 12 décembre 1941, comme ces 743 autres juifs français arrêtés ce jour-là, - des médecins, des avocats, des militaires - conduits au camp de Compiègne « le camp de la mort lente ». Pour raconter cette douloureuse histoire, la journaliste disposait de peu d'éléments recueillis au niveau familial, « une légende familiale, une évasion rocambolesque » plus de témoins directs… Alors Anne Sinclair va se rendre sur les lieux du drame, enquêter, consulter les archives, les monographies, les témoignages poignants d'autres internés en bénéficiant de l'appui de Serge Klarsfeld.
Elle a pu ainsi mettre en exergue les abominables conditions de détention : le froid, la faim, la promiscuité…mais aussi, la solidarité d'autres détenus
Léonce va tomber gravement malade, il pourra alors être admis au Val-de-Grâce, en février 1942, libéré dans des conditions énigmatiques , bénéficiant peut être de la complicité de l'équipe médicale, échappant ainsi au transfert vers le camp d'Auschwitz le 27 mars 42. Pourtant, il ne survivra que peu de temps à cette libération, il décédera en mai 45.
Ce livre « pour redonner un peu de chair aux disparus » constitue un vibrant hommage à ce grand-père qu'elle n'a pas connu, et apporte un témoignage complémentaire à cette sombre page de notre Histoire.

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lolols28
  10 juin 2020
un petit livre, court, trop court. Malgré ses recherches, elle le sait ...il y a peu de traces de la fuite de son grand-père. un livre presque intimiste, qui laisse sur sa faim. Je déplore un peu le manque de développement des personnages cités, chacun aurait mérité largement plus. Mais ce livre a le mérite de parler de cette rafle et de ce camp si peu connus.
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Bdotaku
  14 juillet 2020
LA RAFLE DES NOTABLES d'Anne SINCLAIR (mars 2020)
Dans son livre « 21 rue de la Boétie » (2012), Anne Sinclair revenait sur l'histoire de son grand -père maternel, Paul Rosenberg, célèbre marchand d'art. Aujourd'hui, elle s'attache au versant paternel de sa famille à travers la figure de Léonce Schwartz, son autre grand-père.
Elle avait connu son grand-père paternel, elle possédait de nombreux documents et archives le concernant : c'était un grand galeriste, un précurseur en art moderne, une figure de son temps dont l'histoire personnelle croisa la route de l'Histoire. de son autre grand-père, mort juste après la fin de la guerre, en revanche, elle ne connaissait qu'une légende familiale -qu'elle évoque d'ailleurs dans « 21 rue de la Boétie »- : une rocambolesque évasion du camp de Drancy.
Elle n'avait jamais cherché à en savoir plus adolescente et, la vieillesse venant, lorsqu'elle a eu envie de se pencher sur le passé de son aïeul, elle a découvert une réalité qu'elle ne connaissait pas. Il n'avait jamais mis les pieds à Drancy mais été déporté au camp de Compiègne -Royallieu, un camp dont elle n'avait jamais entendu parlé avant. C'est ce qui l'a poussée à écrire : pour rendre connu du grand public et non plus d'une simple poignée de spécialistes l'existence de Compiègne Royallieu, à moins de 100 kms de Paris, qui fournit le premier contingent de juifs de France à la déportation en mars 1942.
LES FAITS
Elle évoque comment, le 12 décembre 1941, son grand -père fut interpellé avec 742 autres personnes au petit matin (les victimes furent ciblées grâce aux recensements des Juifs demandés par l'armée d'occupation en octobre 1940 puis en octobre 1941 ). Léonce eut à peine le temps de prendre quelques effets : un costume de rechange, deux couvertures, du linge pour deux jours …parqué d'abord dans le manège de l'école militaire puis amené manu militari jusqu'à une gare il fut conduit, avec ses compagnons d'infortune, au camp de Compiègne-Royallieu tout proche, - mais était-ce vraiment un hasard ? – du wagon de Rethondes, le wagon de la honte où fut signé l'armistice si défavorable aux allemands en 1918.
Cette rafle, effectuée avec l'appui de policiers et de gendarmes français, était voulue par les Nazis comme des représailles après des attentats commis contre les forces d'occupation. Lors de cette opération, les Allemands ont surtout arrêté des chefs d'entreprise, des magistrats, ou des intellectuels. Ils ont d'abord visé ceux qu'ils appelaient des « Juifs influents ». C'est pourquoi on lui a donné le nom de « rafle des notables » Parmi les personnes déportées, on retrouve notamment le mari de Colette, ou le frère de Léon Blum directeur des ballets de Monte-Carlo. le grand-père d'Anne Sinclair, lui, était un « petit chef d'entreprise qui avait un commerce de dentelle ». Ces Juifs français, généralement installés dans des quartiers bourgeois et « intégrés depuis des générations » dans la société française, se sont demandés pourquoi on les arrêtait. C'était souvent d'anciens combattants, et ils se disaient qu'ils avaient toujours servi la France, se pensaient avant tout comme Français et ne comprenaient pas. Mais dans le camp de Compiègne, ces Juifs français ont côtoyé d'autres nationalités. En effet, pour atteindre un quota de 1.000 détenus exigé par les autorités, les Allemands avaient aussi enfermé 300 Juifs étrangers, des réfugiés de Pologne, d'Allemagne, de Hongrie, de Roumanie, qui avaient fui le nazisme et avaient été internés par la France à Drancy. On eut donc affaire à une cohabitation étonnante de Juifs très intégrés en France et de Juifs étrangers qui, eux, avaient déjà connu les pogroms et les discriminations.
Ce camp était un camp nazi en France, administré par les Allemands, théoriquement par la Wehrmacht, mais en réalité par la Gestapo, et tout ça à 70 kilomètres de Paris. Et si le camp ne comportait pas de chambre à gaz, la solution finale était en marche par d'autres moyens : la mort par la faim, le froid la maladie, des conditions d'hygiène atroces. le fils de Tristan Bernard qui faisait partie des détenus baptisa ce camp de Compiègne « le camp de la mort lente » ; il décrit ce lieu « sans travaux forcés, sans tortures, sans extermination, [où] le bourreau demeurait invisible : il ne s'agissait que de laisser ses victimes mourir peu à peu de faim » . Anne Sinclair cite également les propos de Roger Gompel un autre rescapé : « c'était un acheminement implacable vers la mort selon une méthode pour humilier, avilir, abrutir, épuiser, jusqu'à la complète extinction de toute personnalité humaine (…) une sorte de pogrom à froid. »
Pourtant, ils résistent autant qu'ils peuvent : malgré cette souffrance, une vie culturelle s'organise : les prisonniers donnent des conférences pour permettre à l'esprit de survivre :
René Blum disserte sur Alphonse Allais par exemple, ou bien Louis Engelmann, le voisin ingénieur de Léonce, leur fait un exposé sur l'électricité…. Une vraie solidarité se met en place aussi avec les prisonniers des deux autres camps, moins maltraités : les prisonniers Russes ou politiques quis e débrouillent pour leur faire passer quelques lettres et colis.
L'ENQUETE
Pour raconter ce passé douloureux, la journaliste ne disposait que de très peu d'éléments recueillis au niveau familial : quand pour l'autre branche de sa famille elle avait pléthore de documents et de témoignages, ici il n'y avait plus de témoins directs et seulement quelques photos, un dessin, pas de lettres. Elle regrette l'incuriosité de sa jeunesse : elle posait des questions aux autres mais pas aux siens … Elle ne parvient même pas à élucider réellement les conditions de libération de son grand-père qui, peut-être grâce à une complicité de l'équipe médicale du Val de grâce où il fut admis, échappa au transfert vers Auschwitz le 27 mars 1942 mais mourut des suites de son internement en 1945 après s'être caché sous une fausse identité pendant le reste du conflit .
Alors, Anne Sinclair va se rendre sur les lieux qui ne sont guère parlants, où seule demeure une plaque dont même les gardiens ne remarquent pas l'existence. Elle va chercher à faire revivre ces lieux et ce qui s'y est déroulé, avec l'aide de Serge Klarsfeld, en s'appuyant sur les archives et les publications éditées par le mémorial de la Shoah : journaux des internés de Compiègne, ceux qui ont survécu, ceux qui sont revenus des camps et même ceux qui sont morts et qui ont jeté par la fenêtre du train qui les emmenait des petits bouts de papier …. Elle s'éloigne donc peu à peu de la figure de son grand-père pour faire le portrait de tous ces hommes et leur rendre hommage.
UNE ECRITURE DE LA RESISTANCE
Ce livre a avant tout l'ambition de participer à la mémoire collective. Il est écrit en quatre courts chapitres et retrace l'itinéraire de tous ces hommes sacrifiés, sans pathos, sans romanesque dans une écriture sobre, parfois hésitante. Elle ne cherche ni à combler les lacunes ni à tout interpréter. Il y a parfois des blancs et l'autrice se fait surtout l'écho de la parole des internés. Anne Sinclair y rend hommage à des personnalités qui ont fait preuve d'abnégation et de courage.
« Léonce restera donc comme une ombre qui passe dans ce récit. Mais l'effort pour retrouver sa trace durant ces mois de 1941-1942 m'aura permis d'entrer par effraction dans une tragédie déchirante et mal connue et me donner la volonté d'en transmettre le récit à mes enfants et mes petits-enfants » déclare-telle ( p.122).En faisant cela, elle fait donc oeuvre de résistance à double titre. Résistance pour ses proches d'abord : son grand-père n'étant pas mort à Compiègne ou en déportation, il n'avait pas son nom gravé sur la stèle de verre à l'entrée du camp. Il l'a désormais dans cet opuscule.
Ensuite et surtout parce, redonnant sa signification première au nom de guerre arboré par son père qui lui sert de pseudonyme, elle entre en résistance contre l'oubli ! « La rafle des notables » a en effet été écrit dans un contexte où l'antisémitisme, l'extrémisme et le populisme connaissent des regains inquiétants en Europe. Ce témoignage est donc utile et salutaire et incite à la vigilance … la barbarie est parfois aux portes de Paris !
C'est un témoignage rude, inconfortable, tant par le propos que par l'écriture qui n'omet rien et ne cherche pas à embellir et à créer du suspense ou du happy end. On entre dans une vérité brute où des intellectuels se retrouvent jetés vivants dans les fours . Je remercie Anne Sinclair, Les éditions Grasset et Netgalley France de m'avoir permis de lire ce texte dont on ne sort pas indemne…
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
DETHYREPatriciaDETHYREPatricia   18 octobre 2021
Le plus étrange est que je suivis avec passion la découverte par mes parents du rôle du préfet Jean Leguay, qui fut le délégué, en zone occupée, du secrétaire général de la police nationale de Vichy, René Bousquet, de sinistre mémoire. Leguay, impliqué dans la déportation des Juifs de France, réussit à dissimuler son passé pendant trente ans avant d'être mis en cause pour sa participation active à la rafle du Vél' d'Hiv, et inculpé en 1979 grâce à l'acharnement de Serge Klarsfeld, de crimes contre l'humanité. Il mourut, dix ans plus tard, en 1989, sans avoir eu à subir de procès.
Or, mon père et lui furent collègues dans le métier de l'industrie cosmétique, Leguay, Directeur général de Gemey, mon père, d'Elizabeth Arden. Et le hasard voulut qu'ils aient eu, tous deux, une petite maison de campagne dans le village de Fleury-en-Bière, en Seine-et-Marne. Les deux collègues, qui se voyaient professionnellement à Paris, se fréquentèrent de temps à autre le week-end. J'ai moi-même le souvenir de Jean Leguay venant prendre le thé chez nous, et, petite fille, je les ai parfois accompagnés, mon père et lui dans des promenades dans la région de Fontainebleau. Nous ignorions tout, bien sûr, du passé de Leguay, habilement blanchi dans les années 50 jusqu'à être réintégré dans le corps préfectoral dont il avait été exclu à la Libération.
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mandrake17mandrake17   17 octobre 2021
Vivre le présent, laisser le passé derrière soi était devenu le mot d'ordre de tous ceux qui avaient eu à approcher la sauvagerie nazie.
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mandrake17mandrake17   15 octobre 2021
Quand les témoins disparaissent, quand plus personne n'est là pour affirmer et raconter, l'urgence s'impose car les bribes de mémoire qui nous sont parvenues s'évanouiront après nous.
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SZRAMOWOSZRAMOWO   08 mai 2020
[L’avocat Pierre Masse et son frère, le colonel Roger Masse,] ont laissé aux autres détenus le souvenir de grandes figures. Ils étaient issus d’une famille où « tous partageaient au plus haut degré le culte de la France et l’amour de la République », écrivit Robert Badinter dans un émouvant hommage. Pierre Masse s’était déjà signalé lors de la promulgation du statut des juifs en octobre 1940, qui leur interdisait notamment d’être officiers. Dans une lettre fameuse au maréchal Pétain, il avait alors écrit : “Je vous serais obligé de me faire dire si je dois aller retirer leurs galons (…) à mon gendre, sous-lieutenant au 14e régiment de dragons, tué en Belgique en mai 1940, à mon neveu J.-P. Masse, lieutenant au 23e colonial, tué à Rethel en mai 1940 ? Puis-je laisser à mon frère la médaille militaire, gagnée à Neuville St Vaast, avec laquelle je l’ai ­enseveli ?”
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Eve-YesheEve-Yeshe   03 juin 2020
J’ajoute que ce chapitre si lourd du XXe siècle me ronge, et plus l’âge avance, plus il me semble obscur. Face à l’antisémitisme renaissant, l’extrémisme et le populisme se développant en Europe et en France comme on ne l’aurait jamais imaginé dans ma jeunesse, j’ai été de plus en plus habitée par les années d’Occupation et le trou noir de la Shoah qui semble toujours inatteignable à la raison.
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