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EAN : 9782246824138
100 pages
Éditeur : Grasset (18/03/2020)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 14 notes)
Résumé :
La Rafle des notables revient sur un épisode de l’Occupation, peu connu du grand public, où le grand-père paternel d’Anne Sinclair s’est trouvé entraîné.
En décembre 1941, les Allemands arrêtent 743 Juifs français, chefs d’entreprise, avocats, écrivains, magistrats : une population privilégiée (d’où le surnom de « notables »). Ils y adjoignent 300 juifs étrangers déjà prisonniers à Drancy. Ils les enferment tous au camp de Compiègne, sous administration al... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Valmyvoyou_lit
  23 mai 2020
La nuit du 12 décembre 1941, 743 Juifs français sont arrêtés et emprisonnés au camp de Compiègne. Ils sont commerçants, avocats, écrivains, médecins… Cette rafle qui a lieu plusieurs mois avant celle du Vel d'Hiv, en juillet 1942, est appelée la rafle des notables. Les Allemands, aidés de la police française, arrêtent aussi des Juifs, dans la rue. Quand ils s'aperçoivent qu'ils n'obtiendront pas de cette manière le quota de mille détenus exigé par Berlin, ils font venir 300 prisonniers de Drancy.

Anne Sinclair écrit que cette histoire la hante depuis l'enfance, mais qu'elle n'a pas posé de questions, entretenant le silence familial. Lorsqu'elle a commencé ses recherches sur son grand-père, Léonce Schwartz, elle a découvert qu'il avait été emprisonné à Compiègne, et non pas à Drancy, comme elle le croyait.

L'auteure a fondé son essai sur des témoignages « peu nombreux mais décisifs » qu'elle a tenu à citer au fur et à mesure. Elle n'a découvert que peu de documents au sujet de son grand-père, mais il est toujours en toile de fond, à travers tous ces hommes à qui elle donne la parole. Ils ont été prisonniers trois mois, dans ce camp. Quelques-uns furent libérés, par exemple, les « très grands malades » que « les Allemands préféreraient voir mourir à l'hôpital », d'autres furent déportés à Auschwitz. Comme l'auteure le fait, au nom de leur mémoire, je vous cite les éléments du transfert : c'était dans « le convoi n°767, composé à la gare de Bourget-Drancy entre 12 heures et 17 heures le 27, arrivé en gare de Compiègne à 18 h 40, et reparti à 19 h 40. Il arriva à Auschwitz le 30 mars 1942 à 5 h 33 du matin. »

Dans ce camp que, dans un témoignage, Jean-Jacques Bernard a appelé le camp de la mort lente, les détenus semblent destinés à mourir de faim et de maladie. Et malgré cette souffrance, une vie culturelle s'organise : les prisonniers donnent des conférences pour permettre à l'esprit de survivre.

Pour écrire La rafle des notables, Anne Sinclair s'est beaucoup documentée et a enquêté. Les fruits de ses recherches sont retranscrits avec énormément de respect et de dignité. Dans la préface, l'auteure écrit que d'« essayer de redonner un peu de chair aux disparus est devenu pour moi une obsession ». Merci à elle pour ce travail de mémoire. Grâce à elle, cette rafle n'est plus connue seulement des spécialistes.

Je remercie sincèrement NetgalleyFrance et les Éditions Grasset pour ce service presse.

Lien : https://valmyvoyoulit.com/
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Stemilou
  28 avril 2020
La rafle des notables est un événement de l'année 1941 dont je n'vais aucune connaissance. Cet épisode de l'occupation a emporté dans ses griffes le grand-père paternel de l'auteure.
Le 12 décembre 1941, l'occupant allemand accompagné par la police française arrête à leur domicile des centaines de notables français parce qu'ils sont juifs. Ce sera en tout 743 personnes arrêtées à leur domicile plus 300 autres, pour la plupart étrangers, détenus à Drancy qui seront emmenées dans le camp de Compiègne-Royallieu où durant 3 mois ils survivront dans la faim, le froid et la maladie avant de prendre le premier convoi pour Auschwitz.
Ces notables sont chefs d'entreprises ou médecins, avocats ou magistrats, retenus dans ce camp de concentration nazi dans lequel malgré la dureté se crée une entraide et une vie culturelle pour oublier au moins pendant une heure les conditions terribles qui y règnent et l'issue plus que fatale qui les attend.
Certains décèdent dans le camps, d'autres seront libérés car trop jeune ou trop malade, étrange ces libérations alors que le régime nazie mettra oeuvre quelques mois plus tard sa funeste machine d'extermination. Anne Sinclair raconte cet épisode sur la base de témoignages et de documents gardés précieusement au Mémorial de Compiègne, et raconte l'histoire de se grand-père qu'elle n'aura pas la chance de connaître puisqu'il mourra à 63 ans peu de temps après sa libération et sa sortie d'hôpital.
Ce sont aussi de nombreux noms de prisonniers qui sont cités, un hommages aussi à certains qui furent décorés par le gouvernement français pour leur participation à la guerre de 14. Ces français qui ne comprennent pas pourquoi du jour au lendemain on ne les assimilent plus au pays dans lequel ils vivent dont pour certains depuis des générations, mais qu'ils sont désormais identifiés de part leur religion.
Premier épisode d'une extermination programmée peu connu et qui mérite pourtant de l'être car les persécutions commençaient à peine à être connue et cette rafle du 12 décembre 1941 fut le début de l'enfer.
Cet essai permet d'honorer les hommes pris dans cet enfer et  à ouvrir les yeux de ceux qui ignorent tout de cet événement. Très bien écrit, clair et sans patho, cet ouvrage est facile à lire et me réjouit qu'il y ait encore des témoignage sur cette période de l'Histoire de France.
Lien : http://stemilou.over-blog.co..
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Yuko
  04 mai 2020
En racontant l'histoire de son grand-père, Léonce, Anne Sinclair souhaite apporter une lumière nouvelle sur un évènement peu connu de l'histoire de France. C'est donc un travail de journaliste, d'enquêtrice et d'historienne qu'elle dévoile ici à travers un écrit parfaitement documenté. Elle retrace, explique et fait revivre le quotidien terrible de ces nombreux notables arrachés à la sérénité de leur foyer pour vivre l'effroyable déportation. Peu de personnes sont revenues de ces camps et toutes y ont vécu l'enfer. Un enfer qu'Anne Sinclair retrace ici à travers une écriture journalistique et claire qui, bien que touchant un sujet personnel, dévoile toujours avec beaucoup d'objectivité les vies de nombreux déportés. Comme toujours avec ce genre de récits, on ne peut qu'être horrifiés par le vécu de Léonce et de ses camarades d'infortune et profondément touchés par l'humanité et la solidarité de certains déportés.
Lien : https://leblogdeyuko.wordpre..
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MuseaUranie
  14 avril 2020
Un essai offrant une mise en lumière poignante sur un fait de l'Histoire de France méconnu et sur notre participation au génocide juif. Anne Sinclair s'ouvre, par des mots simples et forts sans chercher à créer la compassion mais juste à faire ouvrir les yeux.
On découvre les camps de transits comme le fut Drancy. Des hommes importants devenus simplement des juifs qui ont cherchaient par tous les moyens à subsister et l'amitié, la grande. Celle qui sauve.
120 pages justes. Nécessaire.
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jack56
  05 mai 2020
En écrivant ce livre poignant, émouvant, Anne Sinclair a voulu mettre de la lumière, rendre un hommage aux hommes qui ont souffert et atténuer la culpabilité de ce fardeau intime, devenu mémoire collective. C'est aussi pour sensibiliser à ce retour de l'antisémitisme, à la montée des extrémismes et du populisme.
On peut dire que c'est un livre de plus sur la déportation des juifs mais y en aura-t-il suffisamment pour ne pas oublier ?
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
ClioInoClioIno   19 mai 2020
Léonce restera donc comme une ombre qui passe dans ce récit. Mais l'effort pour retrouver sa trace durant ces mois de 1941-1942 m'aura permis d'entrer par effraction dans une tragédie déchirante et mal connue, et me donner la volonté d'en transmettre le récit à mes enfants et petis-enfants.
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SZRAMOWOSZRAMOWO   08 mai 2020
[L’avocat Pierre Masse et son frère, le colonel Roger Masse,] ont laissé aux autres détenus le souvenir de grandes figures. Ils étaient issus d’une famille où « tous partageaient au plus haut degré le culte de la France et l’amour de la République », écrivit Robert Badinter dans un émouvant hommage. Pierre Masse s’était déjà signalé lors de la promulgation du statut des juifs en octobre 1940, qui leur interdisait notamment d’être officiers. Dans une lettre fameuse au maréchal Pétain, il avait alors écrit : “Je vous serais obligé de me faire dire si je dois aller retirer leurs galons (…) à mon gendre, sous-lieutenant au 14e régiment de dragons, tué en Belgique en mai 1940, à mon neveu J.-P. Masse, lieutenant au 23e colonial, tué à Rethel en mai 1940 ? Puis-je laisser à mon frère la médaille militaire, gagnée à Neuville St Vaast, avec laquelle je l’ai ­enseveli ?”
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YukoYuko   04 mai 2020
La rafle des notables, donc, commença dans la nuit du 12 décembre 1941. Sans doute de la même façon que des milliers d’autres en France occupée, des millions d’autres en Europe nazifiée, par un coup de sonnette qui fracassa le silence de la nuit au n°46 de la cossue rue de Tocqueville, à Paris, dans le XVIIe arrondissement.
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DianeRocchDianeRocch   19 avril 2020
Comme si vivre le présent, laisser le passé derrière soi était devenu le mot d’ordre de tous ceux qui avaient eu à approcher la sauvagerie nazie.
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DianeRocchDianeRocch   19 avril 2020
Essayer de redonner un peu de chair aux disparus est devenu pour moi une obsession.
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Videos de Anne Sinclair (4) Voir plusAjouter une vidéo
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Rencontre avec Anne Sinclair - Chronique d'une France blessée : juillet 2015-janvier 2017
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