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EAN : 9782283036105
Buchet-Chastel (02/06/2022)
3.46/5   13 notes
Résumé :
La Flotte fantôme, paru en juin 2021, nous plongeait au coeur des enjeux technologiques d'une future guerre entre les Etats-Unis et la Chine. Au coeur des défis de la société d'hypersurveillance à venir, Control, le nouveau roman de P. W. Singer et A. Cole, nous fait découvrir comment l'I.A., l'automatisation, le big data et la robotique ont encore une chance de cohabiter intelligemment avec l'homme. L'Amérique est au bord de l'effondrement : chômeurs, victimes de l... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique

Les auteurs de « La flotte fantôme » récidivent avec « Control » tout aussi instructif et peu passionnant.

TAMS, robot stagiaire au FBI, et son officier traitant Lara Keegan enquêtent sur un groupe terroriste qui menace les USA avec des attentats inspirées des douze plaies d'Egypte … scénario traité de façon soporifique et peu crédible. Hélas.

Mais l'immense intérêt de cet ouvrage ce sont ses briques documentaires (notamment les notes et liens hypertextes annexés à la fin) et non son architecture et les rédacteurs sont des experts de l'I.A., l'automatisation, le big data et la robotique dont ils montrent l'envers du décor et la menace d'un CONTROL aboutissant à une société totalitaire et concentrationnaire.

Prenons l'exemple de la voiture électrique dont nos parlementaires ont décidé qu'elle remplacerait la voiture thermique dès 2035 afin de « décarboner notre environnement ». Une voiture électrique pourra se piloter de façon autonome permettant ainsi au conducteur ou à la conductrice de vaquer à d'autres occupations et de consacrer davantage de temps à la lecture, à la consultation du site Babelio, à la commande de livres qui seront livrés par drones dans l'heure … et assureront ainsi à l'éditeur du site Babelio une commission substantielle « d'apport d'affaires ». Un monde paradisiaque me direz-vous.

L'envers du décor est qu'une voiture électrique est un « ordinateur à quatre roues » équipé d'une batterie de capteurs (caméras, micros, infrarouges, ultrasons, thermomètres, etc.) et de moyens de communications (Bluetooth, cellulaire, Wi-Fi) transmettant des myriades de données aux autres véhicules, aux services de guidage, à la police et à l'administration. L'état économisera ses voitures radar mobile car chacun de nos véhicules l'informera en temps réel que tel citoyen est mal stationné, roule vite, a un éclairage défectueux … permettant ainsi l'envoi immédiat des contraventions au propriétaire du véhicule concerné. Reste à décider qui touchera (constructeur automobile ou opérateur télécom) une commission sur cette « transaction » ?

Parallèlement ces voitures électriques repéreront tout passant (piéton, cycliste), l'identifieront (reconnaissance faciale), s'assureront qu'il ne traverse pas hors des clous, scanneront ses relations et vérifieront s'il est à jour de ses impôts et contraventions … et permettront ainsi à un policier ou à un robot TAMS de l'interpeller. Un monde totalitaire et concentrationnaire dont le régime chinois semble le modèle.

Un autre intérêt de ce roman est de nous interpeller sur l'essence même d'un humain et d'un robot et sur les relations qui se nouent entre eux. L'évolution des rapports entre TAMS et Lara, entre TAMS et la fille de Lara, n'est pas anecdotique. Remplacer les prostitué.e.s par des robot.e.s n'est pas anodin et le lecteur ne sort pas indemne de la découverte du bordel robotique que décrit CONTROL.

Mais après tout, à une époque où certain.e.s ne savent plus distinguer un homme d'une femme et se noient dans la « théorie du genre », où les publicités mettent systématiquement en scène des modèles androgynes, où les élections affichent des candidats du « parti animaliste », il n'est pas surprenant qu'un doute naisse sur le sexe et la nature des robots !

En conclusion CONTROL est intéressant, inquiétant, mobilisateur, mais que le lecteur ne s'attende pas à découvrir un thriller addictif, n'espère pas des héros attachants (c'est TAMS le plus sympa) et ait la patience de subir une traduction qui s'apparente, quant au style, à un brouillon commis par un automate. Les deux auteurs sont consultants auprès du Pentagone et ceci explique sans doute cela.

Une lecture instructive qui incite à réflexion et dont les auteurs apparaissent être des « lanceurs d'alerte ».

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Ce roman, écrit par les deux analystes américains, est plus que réaliste. Je dirai même que c'est notre triste future réalité. L'intrigue est plutôt bien menée, les personnages bien dépeints et intéressants.

Le tout reste une réflexion sur l'IA, les avancées de la technologie et l'impacte qu'elle a déjà sur nos vies et qu'elle aura dans un très proche avenir. Jusqu'où nous mènera la technologie ? Probablement qu'elle nous pousse de plus en plus vers la fin...

L'un des plus grands mathématiciens, Alexandre Grothendieck, militait déjà, dans les années 60-70 contre l'avancée de la technologie, considérant qu'elle prenait un tournant dangereux en devenant l'objet convoité de la défense...

Nous en devenons dépendant en même tems qu'elle nous "détruit" à petit feu, nous éloignant de ce qui constitue notre essentiel ! Nous nous réveillons avec, elle nous accompagne dans nos journée et nous allons nous coucher avec elle... Elle fait partie intégrante de notre vie. Et si, par principe, on veut l'éviter et mener une vie "saine", elle nous rattrape, car, tout de nos jours nécessite cette technologie : administration, achats, documentations actualisées...

Outre le fait que l'intrigue nous mène tout le long du roman, je trouve que le lecteur est malgré tout abreuvé de données techniques qui ont tendances à noyer le poisson. Nous n'apprenons pas grand chose que nous ne savons déjà, à savoir, nous devenons esclave de la technologie qui nous dépasse de plus en plus jusqu'à bientôt nous engloutir...


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Citations et extraits (4) Ajouter une citation

Il lança le programme, mais avant même qu'il ait eu le temps de se rasseoir au fond de son fauteuil, l'ordinateur lui indiqua d'un tintement qu'il avait atteint son objectif.

« 12345 », entra-t-il dans le système des Chait.

Le système d'éclairage de la maison intelligente de ses voisins leur avait été livré avec un mot de passe par défaut et, comme la plupart des clients, ils ne l'avaient pas changé. Peu importait que la cause en soit la paresse ou une conception bâclée de la part du fabricant.

Cela permit à Todd de se connecter au boîtier intelligent qui gérait l'éclairage en permettant d'économiser de l'énergie, installé au-dessus de l'évier de la cuisine. De là, il atteignit la plateforme centrale du logiciel, accédant à tous les systèmes. Ce qui lui permettait à présent de contrôler tous les logiciels connectés de cette maison, qu'il s'agisse de déverrouiller les portes ou de modifier la température de l'eau dans la douche. Les 0 et les 1 parcoururent des milliers de kilomètres à travers le globe, remontant de serveur en serveur, mais il ne tarda pas à avoir accès à ce qui l'intéressait vraiment : la cuisinière à gaz située à un mètre à peine du boîtier d'éclairage piraté.

Maintenant, il n'y avait plus qu'à décider quand. Todd éplucha le registre des communications entre machines du réseau. Ligne après ligne, celui-ci révélait les moindres détails de la vie des Chait. Non seulement dans quelles pièces ils se rendaient, mais pendant combien de temps, et même ce qu'ils faisaient dans leur chambre, trahis par la légère augmentation de la température ambiante causée par réchauffement des corps en plein effort.

Voir à quel point le couple avait remis sa vie entre les mains des machines sans le savoir — pour que celles-ci surveillent, décident, gèrent — ne fît que renforcer son sentiment qu'il allait en fait libérer ces gens. La mort, après tout, était une expérience universelle pour tous les êtres vivants, mais il n'y avait que l'esprit humain pour se soucier autant de son avant et de son après. Il allait leur offrir cette vision …

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Il écarta d'un coup de pied le fauteuil de Preston et plaça un rectangle noir à côté de l'ordinateur, sur le bureau. Pendant que le disque dur téléchargeait les fichiers de Preston, l'homme enleva à la hâte sa belle chemise bleue et son pantalon vert, tachés de sang. Puis il décolla son masque en silicone imprimé en 3D . Celui-ci avait été conçu sur la base d'un algorithme capable de générer le visage ultra-réaliste qu'une IA avait inventé en mixant les traits de diverses célébrités.

Les lentilles de contact se rendirent plus difficilement, déclenchant un torrent de larmes. Ce n'était pas la douleur d'avoir pris une vie, non - rien que le modeste prix d'une chose qui devait être faite.

Il perdit en âge l'équivalent d'une génération entière en se glissant dans un jean gris moulant et une doudoune bouffante en nylon noir. Il troqua ses chaussures pour une paire de baskets, mais lestées du côté gauche, ce qui modifierait son pas et tromperait les logiciels de reconnaissance de la démarche. Puis il s'attaqua au problème de la reconnaissance faciale, enfournant dans sa bouche un dentier dont les dents du haut penchaient vers l'avant. D'une petite pochette d'aluminium, il sortit une lingette humide et la passa sur ses joues, ses lèvres et son menton . Le maquillage antisurveillance de la fille du train était simplement une histoire de look. Les gens qui ne faisaient pas juste semblant de se rebeller utilisaient ce genre de lotion pour la peau contenant de microscopiques perles réfractrices. Celles-ci, invisibles à l'œil nu, déformaient l'imagerie des caméras au niveau des pixels.

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Mais à l'heure d'aborder ce qu'on peut qualifier de nouvelle révolution industrielle, il y aura également des débats et des bouleversements politiques, économiques, sociaux et culturels, ainsi que des menaces d'ordre sécuritaire, d'une ampleur inconnue depuis plusieurs générations, si tant est qu'elle ait jamais eu d’équivalent. Le plus préoccupant, c'est le fait que tout cela soit si mal compris, à la fois par le grand public et les responsables politiques. Non seulement une grande partie d'encre eux n'ont pas pris la réelle mesure de ces bouleversements, mais ils sont incapables de les imaginer.

C'est ce qui nous a poussés à écrire Control : il ne s'agissait pas simplement de créer et de partager de nouveaux personnages et de nouvelles histoires, mais aussi d'encourager la réflexion autour des épineux problèmes liés aux rapports entre nouvelles technologies et société, qui ne seront bientôt que trop réels.

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Debout à la tribune, Keegan avait conscience de dégager des relents de fumée, de plastique brûlé et de sueur. Elle repensa à cet ancien chef répétant sans cesse que les réunions en présentiel étaient juste un moyen de sentir les odeurs de vos collègues.

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