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Monique Charbonnel (Traducteur)
ISBN : 2207258726
Éditeur : Denoël (23/10/2008)

Note moyenne : 4.43/5 (sur 43 notes)
Résumé :
Dans la grande tradition du roman familial, La Famille Karnovski retrace le destin de trois générations d'une même famille juive après qu'au début du siècle dernier l'aïeul, David Karnovski, las des traditions, décide de s'émanciper en quittant son shtetl de Grande Pologne pour rejoindre la société juive assimilée de Berlin.
Adepte de Mendelssohn et de ses idéaux, il cherche à inculquer à son fils Georg Moïse les valeurs de la haskala : " juif parmi les Juifs... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
Jeanfrancoislemoine
  31 août 2018
C'est avec beaucoup d'émotion que je tourne la dernière page de cette grande saga d'une famille juive. Et si j'ai mis un "certain temps" pour venir à bout des 750 pages, ce n'est absolument pas par ennui ou désintérêt mais tout simplement parce que nous avons été très sollicités par la délicieuse présence de nos enfants et petits enfants...Cette remarque personnelle pour faire un parallèle avec cette famille Karnovski, rejetée , humiliée, chassée au simple prétexte qu'elle était juive, d'abord allemande mais, au final , surtout juive. Pourquoi tout le monde n'a-t-il pas droit au même bonheur? Pourquoi nous ? Pourquoi pas eux?
On connaît bien sûr le sort réservé à des millions de juifs durant la seconde guerre mondiale, j'avoue que je connaissais moins cette montée haineuse si générale dans les années précédentes et vivre les événements relatés du point de vue des Karnovski est particulièrement émouvant et atroce. Certes, ce roman mériterait une analyse approfondie et serait sans doute très intéressant à faire étudier en parallèle avec les événements politiques de l'époque et la vie quotidienne des "goys".
Pour ma part, je ne m'y hasarderai pas, mais, après cette lecture, on s'étonne moins de l'extermination incroyable de gens qui aimaient leur pays, "l'Allemagne" et avaient bien des difficultés à croire à ce qui allait se passer.
C'est un livre dur et, encore, l'auteur ne pouvait pas savoir ce qui allait se passer "en face", c'est dire.
Oui, ce livre comporte quelques longueurs, quelques maladresses, quelques redondances, c'est vrai, mais qu'est ce qu'il est émouvant , que les personnages, avec leurs opinions, leurs agissements, leur hypocrisie, leur fierté, leur sagesse ou leur haine sont bien campés, s'emboitent comme des pièces de lego (tiens,ça c'est parce que j'ai joué avec mon petit...)pour former un reflet de la société dans laquelle nous sommes plongés avec eux.
A mon humble avis, cette saga va bien au delà du roman, il me semble y voir un document extrêmement bouleversant.
Choisir un ouvrage après cette lecture va être difficile.....mais je vais y parvenir.
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Cath36
  02 août 2014
Il est des vêtements qui s'ajustent à vous d'emblée et des chaussures qui épousent vos pieds à la perfection. Eh bien il est des livres dans lesquels on rentre comme s'ils étaient fait sur mesure dans une sorte de rencontre coup de foudre, dans un bonheur immédiat et profond. Cette histoire d'une famille juive allemande qui finit par partir aux USA pendant la montée du nazisme est à la fois réaliste, profonde, riche en humanité avec des personnages entre ombres et lumière, dans un style narratif à la fois léger, précis, ni trop lent ni trop rapide, sans défauts. On vit avec les personnages comme avec des proches et on apprend beaucoup de choses sur le plan historique et religieux à travers leurs yeux, à travers leurs qualités et leurs défauts. Ici ce ne sont pas les événements qui comptent, mais bien plutôt la façon dont ils sont ressentis, ce qui les rend encore plus réels et plus proches du lecteur. Bref vous l'aurez compris j'ai adoré ce livre, qui est à la fois une excellente saga familiale et un témoignage humain d'une rare intensité sous sa douceur apparente.
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Nuageuse
  11 novembre 2015
Un roman violent sur la montée du nazisme.
David Karnovski a fui Melnitz, village de Pologne, pour Berlin où il croyait être en sécurité et en accord avec le courant de sa judéité.
De là , il aura un fils Georg qui épousera une goy. David ne veut plus entendre parler de son fils et de sa famille jusqu'à ces temps troublés.
Jegor, fils de Georg et Teresa, est un personnage complexe car il est issu d'un mariage de "races mélangées". Il ne supporte pas son corps qui lui rappelle inlassablement qu'il est juif : il a le nez des Karnovski, est brun mais a des yeux bleus.
La description de son humiliation publique à l'école face à tous ses camarades et personnes étrangères invitées par le directeur m'a remuée au plus profond de moi.
Un livre que je ne suis pas prête d'oublier comme L'Homme de Kiev.
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Archie
  30 juillet 2018
Israel Joshua Singer était le frère aîné d'Isaac Bashevis Singer. Journaliste puis romancier, il a, comme son prix Nobel de frère, écrit en yiddish des fictions inspirées par la vie des Juifs originaires de l'Europe de l'Est. Tous deux ont quitté la Pologne pour les États-Unis en 1935.
Dans La famille Karnovski, roman publié en 1943, l'auteur brosse, sur une quarantaine d'années, les pérégrinations d'une famille juive de Pologne, installée à Berlin à la fin du dix-neuvième siècle, puis émigrée aux Etats-Unis dans les années trente. La narration prend fin avant le début de la seconde guerre mondiale.
Jeune négociant prospère, érudit et adepte d'un judaïsme philosophique, David Karnovski quitte sa Pologne natale avec son épouse, pour s'établir à Berlin, ville qui incarne pour lui la modernité. Non sans mal, il parvient à s'intégrer au sein d'une bourgeoisie juive assimilée dans la vie berlinoise depuis plusieurs décennies tout en observant fidèlement sa religion. Un microcosme dans lequel on est juif à la maison, allemand en ville.
Après une enfance rebelle, son fils Georg est mobilisé comme médecin-militaire pendant la Grande Guerre. Il devient par la suite un chirurgien obstétricien renommé. Non pratiquant, il épouse une Allemande non juive, au grand dam de son père.
Après l'arrivée au pouvoir des Nazis et la mise en oeuvre de leur arsenal de persécution des Juifs, la famille émigre aux Etats-Unis. Elle n'y retrouve pas l'aisance financière à laquelle elle était habituée, car Georg peine à obtenir l'autorisation d'exercer la médecine. Déraciné en plein âge ingrat, son fils Jegor vit douloureusement sa double identité juive et aryenne. Il part à la dérive…
Deux thèmes émergent dans cette saga familiale plutôt attachante, animée par de nombreux personnages hauts en couleurs : la réticence non avouée des Juifs assimilés à accueillir des Juifs immigrants, et la difficulté pour un homme de conviction à élever un fils en lui transmettant ses propres valeurs. Quel comportement privilégier : l'intransigeance rigide de David ou la bienveillance tolérante de Georg ?
Intéressante est l'évocation, par petites touches en arrière-plan, des événements qui ont impacté la vie quotidienne à Berlin, après la défaite allemande de 1918 et la chute de l'Empire : avènement de la République de Weimar, manifestations spartakistes, crise économique et hyperinflation, avant-gardisme culturel, montée en puissance des idées national-socialistes et des brutalités de leurs affidés.
J'ai en revanche été contrarié par la rigidité des profils psychologiques que l'auteur assigne à ses personnages, d'autant plus qu'il prend le soin d'en détailler et redétailler tous les traits jusqu'à plus soif. Une construction littéraire sans doute inspirée des tragédies antiques et de leurs protagonistes archétypaux ! Un procédé quelque peu démodé dans la littérature moderne, les lecteurs n'ayant plus besoin qu'on leur mette des points sur les « i », comme s'ils étaient incapables d'appréhender un profil caractériel complexe à partir de quelques signes.
Même profusion de détails et excès de sentimentalisme dans l'analyse des sentiments et des réactions : enthousiasmes, déceptions, colères, joies et peines manquent de nuance et de sobriété dans leur narration.
Dommage ! Hormis ces analyses interminables et quelques dérapages mélodramatiques, la traduction française de l'ouvrage reflète une écriture ronde, claire, précise, empreinte d'une sorte d'ironie distancée et badine, qui le rend agréable à lire.
Une chose m'a frappé : le mot « nazi » n'apparaît jamais dans les sept cents pages du livre, pas plus d'ailleurs que le nom d'Hitler. Pour désigner les Nazis, l'auteur emploie couramment l'expression « les hommes bottés », comme s'ils étaient juste des fascistes antisémites violents. Il est vrai qu'Israel Joshua Singer est mort subitement à New York début 1944 et qu'il n'a peut-être pas eu conscience de la Shoah et de son ampleur.
Lien : http://cavamieuxenlecrivant...
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Allantvers
  10 juillet 2018
A chaque frère son histoire de famille et sa manière de restituer le témoignage qu'il porte en lui de ce qu'il adviendra des populations juives d'Europe de l'Est et de leurs réactions à la montée du nazisme.
Pour Isaac Bashevis, ce fut la famille Moskat et l'immersion profonde dans la communauté juive polonaise, un monde assez fermé sur de vives traditions qui ne sut voir monter le danger; pour Israel Joshua , son grand frère, ce sera la famille Karnovski, dont on suit sur trois générations l'émancipation, depuis le fondamentalime de la communauté juive hassidique polonaise jusqu'au coeur de la docte Berlin des belles années du début du siècle, puis l'émigration aux Etats-Unis quand le péril nazi se fait irrépressible.
A chacune des générations l'accent est mis sur l'enfant et sur sa construction du monde : Georg d'abord, qui s'inscrira en la modernisant dans la continuité de son père féru des lumières du savoir et convaincu, comme le sera Georg, devenu médecin réputé, que les Juifs ont toute leur place dans la société allemande. Puis Jegor, fils de Georg, grandi avec la montée des haines dans l'entre-deux guerres entre une mère aryenne et un père juif, humilié par les nouveaux maîtres, arraché à sa terre quand la famille doit émigrer, et repoussant violemment une judéité honnie.
Tout au long de ce grand roman publié au coeur de la seconde guerre mondiale sont fouillées avec finesse les questions de l'identité, de l'acculturation, de la place si particulière que tient le peuple juif dans le destin du monde, et cela n'est pas là la moindre de ses qualités. Un léger bémol pour ma part cependant sur la forme, la plume de l'auteur m'ayant paru plutôt clinique là où le style du frère dans « la famille Moskat » était fortement incarné et tremblant de vie. Comparaison malheureuse peut-être, les deux oeuvres étant sans nul doute d'égale importance.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
Blandine54Blandine54   11 février 2018
Par tous les diables, l'homme n'est pas libre, même quand il veut l'être, se dit le docteur Karnovski. Il est est perpétuellement cerné par des obstacles, bridé par les convenances, les superstitions, les habitudes, les coutumes, les traditions. Il traîne l'héritage des générations passées, tels des oripeaux dont il lui est impossible de se débarrasser. Le père n'est pas maître de son enfant. Il n'a pas le pouvoir de le préserver de la famille, du milieu, de l'éducation. Malgré tous ses efforts pour chasser les absurdités de la maison, elles reviennent par les portes et les fenêtres, par la cheminée.
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gabylisgabylis   05 novembre 2018
Une tension chaotique, mélange d'attente, d'espérance et de crainte, s'empara de la capitale quand les hommes bottés furent devenus maîtres de ses rues et de ses places.
Ils étaient partout, et en nombre, les hommes bottés. Ils défilaient et paradaient, passaient à toute allure dans leurs automobiles, sur des motocyclettes, portaient des torches allumés, jouaient dans des fanfares, claquaient des talons et défilaient, défilaient sans fin, défilaient interminablement.
Le bruit de leurs bottes éveillaient des pulsions. On ne savait pas vraiment ce que les nouveaux maîtres bottés allaient apporter, le bonheur ou le malheur, des promesses tenues ou de grandes désillusions, mais on était excité, excité et émoustillé, on se laissait aller sans retenue, comme on joue son va-tout, que l'on brave un interdit formel sans savoir ce qui en sortira, gain ou perte, mais que, quoi qu'il en soit, on s'amuse et on se sent tout permis. Il y avait quelque chose de différent de l'habitude, de nouveau, de festif, d'inquiétant et de frénétique comme dans un jeu d'enfant.
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Blandine54Blandine54   10 février 2018
"Les enfants disent que je suis un juif, papa.
- C'est ce que tu es à la maison, mais à l'extérieur, tu es un Allemand. Tu comprends maintenant ?"
Georg ne comprenait pas. Comme tous les enfants, il savait que le bien était le bien, le mal était le mal, Blanc c'est blanc et noir c'est noir. David Karnovski n'eut pas d'autre solution que de lui dire qu'il était encore trop jeune et trop ignorant pour comprendre ce genre de choses, mais que quand il serait plus grand, il comprendrait. Georg sortit du bureau de son père insatisfait, mettant en doute la sagesse des grandes personnes et le fait qu'elles sachent tout. Il voyait bien que, non seulement sa mère et Ema, mais aussi son père ignorait un bon nombre de choses. Il essaya de réfléchir tout seul aux différents noms dont les enfants de la cour l'affublaient. Mais comme il n'arrivait pas à repousser ses attaquants par la seule raison, chaque fois qu'on le traitait de juif, il en venait aux mains.
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Blandine54Blandine54   09 février 2018
"Comme on dit : qu'il s'appelle Fritz ou Salomon, on déteste le Juif, on aime son pognon..." C'est sur cette rime que Salomon Bourak conclut, et il se frotte les mais l'une contre l'autre, ce qui signifie que la cause est entendue et qu'il n'y a plus rien à ajouter.
Les distingués Berlinois aux yeux noirs qui envient à l'immigré sa blondeur chrétienne hochent la tête, l'air anxieux. Ils savent bien qu'il dit la vérité, qu'il s'appuie sur des faits vécus, mais ils ne veulent cependant pas entendre cela de la bouche de cet ancien colporteur qui a fait irruption avec tant d'éclat dans l'avenue Landsberger. Ils sont inquiets face à ces gens qui, avec leurs noms, leurs manières, leur parler et leurs méthodes commerciales, les éclaboussent, eux qui sont depuis longtemps installés et germanisés. Leur cœur se serre d'effroi lorsqu'ils voient ces nouveaux venus faire ressurgir sous terre ce judaïsme qu'eux, les anciens, ont depuis de longues années dissimulé et camouflé.
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Xara0523Xara0523   17 mars 2018
Dans le feu de l'amour, Karnovski oublie et sa position de notable et ses recherches sur la religion. Mais il y a une chose qu'il n'oublie jamais, c'est son allemand. Même dans les moments d'extrême extase, c'est dans cette langue qu'il dit des mots tendres à Léa. Elle se sent blessée. Ces mots tendres dans une langue étrangère ne lui font pas chaud au cœur. Ils n'ont pas pour elle le vrai goût de l'amour.
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Erri de Luca La Fabrique de l'ombre
Erri de Luca --La Fabrique de l'ombre -- Où Erri de Luca, après la projection du film de Robert Bober : "A Mi-Mots : Erri de Luca", parle de son histoire avec Naples -"je dois t'apprendre, après je dois te perdre"-, des arbres qui fabriquent de l'ombre, de la surface, de la profondeur et de Hofmannsthal, de la compagnie des livres, de l'écriture et de la lecture, des langues, le Grec et le Latin, le Français, de l'Anglais et de Harry de Luca, de l'Hébreu ancien et du Yiddish, de Israël Joshua Singer et du Russe, à l'occasion de "Paris en Toutes lettres", au Centquatre à Paris - 7 mai 2011 - Erri de Luca -La Fabbrica dell'ombra - Dove Erri de Luca, dopo la proiezione del film di Robert Bober: "A Mi-Mots : Erri de Luca", parla della sua storia con Napoli, degli alberi che fabbricano dell'ombra, della superficie, della profondità e di Hofmannsthal, della compagnia dei libri, della scrittura e della lettura, delle lingue, del Greco e del Latino, del Francese, del Inglese e di Harry de Luca, del Ebraico antico e del Yiddish, di Israele Joshua Singe e del Russo, in occasione di "Paris en Toutes Lettres", al Centquatre a Parigi - 7 maggio 2011
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