AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2234058791
Éditeur : Stock (24/10/2012)

Note moyenne : 4.43/5 (sur 29 notes)
Résumé :
Publié pour la première fois aux Etats-Unis en 1950, La famille Moskat fut accueilli comme un authentique chef-d'oeuvre, opinion qui n'a fait que se renforcer au fil des années.
Située en Pologne de 1914 à 1939, cette grande "saga" retrace l'histoire d'une riche famille de Varsovie, d'abord unie sous l'autorité de son patriarche qui maintient chacun dans l'ordre établi. Mais au fil des années, sous l'influence des idées nouvelles, à travers des mariages mixte... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
sandrine57
07 février 2013
Varsovie, début du XXè siècle. Deux fois veuf et septuagénaire, Reb Meshulam surprend toute sa nombreuse famille quand il revient des eaux au bras de sa troisième épouse, Rosa Frumetl et de sa nouvelle belle-fille Adèle. Cette union affole fils, filles, gendres, brus et petits enfants qui tous vivent des rentes que leur cède le riche patriarche. Juifs orthodoxes, les Moskat vivent selon les lois du Talmud, respectent les rites et coutumes hébraïques et croient au prochain retour du Messie. Mais les temps changent et les nouvelles générations ne veulent plus suivre des préceptes jugés moyenâgeux. A force de fréquenter les écoles mixtes, les garçons ne veulent plus porter le cafetan, la barbe et les papillotes, les filles aspirent à étudier, à choisir elle-même leur mari et refusent la perruque de matrone, certaines allant même jusqu'à sortir tête nue! Les jeunes rêvent d'Amérique ou d'un état juif en Palestine. Et ce n'est pas Abram Shapiro, le mari d'Hama Moskat qui va les mettre sur le droit chemin! Noceur invétéré, mari infidèle, il s'habille à l'occidentale et entretient une maîtresse. Ses défauts ne doivent pourtant pas faire oublier qu'il a le coeur sur la main. Et quand il fait la connaissance du jeune Asa Heshel Bannet, petit fils du rabbin de Tereshpol Minor, fraîchement arrivé dans la capitale pour y faire des études, il n'hésite pas à l'inviter dans sa famille afin de l'introduire dans la bonne société juive de Varsovie. Des liens vont se tisser entre les Moskat et Asa Heshel, ensemble ils vont vivre des drames, des évènements heureux, la première guerre mondiale et la menace nazie.

A travers le destin d'une riche famille juive polonaise, Isaac Bashevis Singer nous entraîne dans ce qu'était la société juive en Pologne au début du XXè siècle, une communauté qui vivait en vase clos, respectant les principes du Talmud, évitant les rapports avec le reste de la population polonaise. On en apprend beaucoup sur les rites religieux, les fêtes, la foi, les divers courants. Persuadés que c'est en respectant scrupuleusement les traditions qu'on se préserve de tout, les juifs de Varsovie acceptent les insultes et rebuffades d'un antisémitisme latent qui monte en puissance au fil du temps.
Tous différents, souvent brouillés entre eux mais unis dans la foi, les Moskat sont la quintessence d'un peuple persécuté, résigné, fataliste et résolument confiant en Dieu. Au sein de la famille les relations sont compliquées entre ceux qui ne tolèrent aucune entorse aux lois hassidiques, ceux qui se "modernisent" et ceux qui vont jusqu'à oublier leur foi. Mais ils sont tous attachants à leur façon et quand le roman s'achève, au moment de l'entrée des nazis à Varsovie, on tremble pour ceux qui ont fait le choix de rester en Pologne, inconscients du danger ou simplement prêts à accepter cette nouvelle épreuve que Dieu met sur leur chemin.
Un roman riche, presque un documentaire, sur une communauté dont on ne sait pas grand chose, finalement, quand on n'en fait pas partie. Une très intéressante découverte que je dois au Club des lecteurs dialogues croisés. Un grand merci à Caroline.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          330
Allantvers
18 mai 2016
Terrible sensation que de refermer une saga familiale en sachant que, contrairement à toutes les autres sagas familiales, celle-ci ne peut avoir de suite…
« La famille Moskat » est en effet une peinture incroyablement vivante et émouvante de la communauté juive de Varsovie, qui prend sa source dans la figure du patriarche Meshulam Moskat régnant sur sa tribu à l'aube de la première guerre mondiale et suit les pérégrinations, atermoiements et ramifications de sa nombreuse descendance jusqu'aux premières heures de la seconde en 1939. Si certains membres de la famille s'éloignent au fil des ans de la stricte obédience aux lois hassidiques, la communauté reste fortement cimentée autour de ses liens de sang et d'histoire.
Toute la sensibilité d'Isaac Bashevis Singer s'exprime dans ses pages pour témoigner d'un monde qui n'est plus, raconter un quotidien fait de foi, de doutes, de plantureuses victuailles partagées et d'argent, et donner vie à cette famille à travers des personnages qui haut en couleurs, qui crépusculaire de passion mystique, qui à demi vénal, qui porté vers un judaisme moderniste.
Et Singer de nous faire comprendre par l'appel à tous nos sens l'irrémissible foi en lui-même de ce peuple, son fatalisme, sa sagesse millénaire mâtinée de rouerie, comprendre aussi pourquoi, malgré les nombreux signaux annonciateurs du drame à venir, ils ne sont pas partis.
Lecture profonde et éclairante qui fait pour moi écho aux « Disparus » de Daniel Mendelsohn, « la famille Moskat » exhibe du néant indéterminé de la Shoah des individualités lumineuses afin de maintenir une trace d'une société humaine qui a brutalement arrêté d'exister. Brillant et bouleversant.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          312
mayang
22 septembre 2011
Isaac Bashevis Singer est un très grand écrivain,conteur hors pair et incontournable pour qui veut comprendre la culture et les traditions judéo-polonaises avant la deuxième guerre mondiale . Cette saga illustre justement ce thème et retrace la vie d'une riche famille de Varsovie de 1914 à 1939. Les personnages sont hauts en couleur et les us et coutumes parfaitement décrits. On suit les périples d' Abraham Shapiro le jouisseur et d' Asa Heschel l'ascète avec d'autant plus d'intérêt qu'il est difficile de choisir l'un ou l'autre comme modèle. C'est dense et foisonnant mais cela se lit facilement. Un très grand roman à relire ou à découvrir.
Prix Nobel en 1978, les jurés ont souligné son oeuvre en la déclarant "très humaine et représentative de toute l'humanité".
Commenter  J’apprécie          80
albucia
22 mars 2015
Magnifique !!!! Un de ces livres qui hantent toute la journée et pour lequel on sacrifie des repas entre amis ( chut...) afin de le retrouver. J ai été à Varsovie avec la famille moskat. Ils me sont devenus plus familiers alors que ceux qui m entouraient. Bref, un vrai plaisir de lecture !
Commenter  J’apprécie          90
stcyr04
22 octobre 2012
Varsovie, en ce début du 20ème siècle, est sous protectorat russe. La famille Moskat, sûre de sa force et de ses valeurs, est conduite par le patriarche Reb Meshulam, homme d'affaires respecté et écouté. Il est le garant de l'unité du clan et du maintien des bonnes moeurs et des lois millénaires que les juifs hassidiques se doivent de respecter. Chez ces orthodoxes de la foi, la vie est rigoureusement rythmée par les rites, les fêtes et les coutumes hébraïques. Néanmoins avec le temps et notamment après la mort du chef de clan, cette belle ordonnance se délitera sous la poussée des idéologies nouvelles, certains émigreront en Palestine et aux Etats-Unis, d'autres perdront de leur orthodoxie ou même abjureront leur foi.
Isaac Bashevis Singer, écrivain américain d'expression yiddish, entraine le lecteur au coeur d'une société rigoriste, repliée sur elle-même, inconsciente des nuages menaçants qui s'amoncèlent et de la tragédie qui s'amorce. le principal intérêt de ce roman est d'ordre ethnologique, il est un témoignage, en des temps révolus, sur une société peu connue des non-initiés.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Citations & extraits (4) Ajouter une citation
AllantversAllantvers17 mai 2016
Par la fenêtre il aperçut le ciel, les étoiles, les planètes, la Voie lactée. La brume blanchâtre qu'il était en train de contempler émanait de ces astres qui dataient de millénaires, du temps du patriarche Jacob, de la construction de la pyramide. Quelle chose étrange que de se trouver ici, au cinquième étage d'un immeuble sis dans la rue Novolipki, et de se sentir en contact avec l'éternité du cosmos! Quelle pensée étrange! les mêmes lois qui commandent au soleil et à la lune, aux comètes et aux nébuleuses, gouvernent également la vie et la mort, Mussolini, Hitler, chaque butor nazi chantant la chanson de Horst Wessel et réclamant à grands cris du sang juif.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
AllantversAllantvers16 mai 2016
Yanek ne se lassait jamais d'écouter parler de ce peuple qui vivait depuis huit siècles sur le sol polonais et qui n'avait jamais appris la langue polonaise. D'où venait-il? Se composait-il de descendants des Hébreux anciens? Ceux-ci étaient-ils les petits-fils des Khazars? Quelle était l'idée générale qui les réunissait? D'où tenaient-ils ces barbes noires comme du charbon ou rouges comme le feu, ces yeux à l'expression sauvage, ces visages pâles d'aristocrates? Pourquoi tous les autres peuples les haïssaient-ils d'une haine aussi acharnée? Pourquoi les chassait-on de pays en pays? A quoi bon ces départs brusqués vers l'Angleterre, l'Amérique, l'Argentine, l'Afrique du Sud, la Sibérie, l'Australie? Pourquoi était-ce précisément ce peuple qui avait donné au monde Moïse, David, les prophètes, Jésus, les apôtres, Spinoza, Karl Marx?
Yanek éprouvait le besoin impérieux de comprendre ce peuple et ses hommes, d'apprendre leur langue, de connaître leurs secrets, d'être un des leurs.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
AllantversAllantvers15 mai 2016
Les fidèles de Bialdrevna étaient habitués au scandale. La propre fille de leur rabbin n'avait-elle pas quitté le sentier de la vertu? (...)
Presque chacun des fidèles avaient un fils ou une fille qui subissait l'influence du modernisme, tantôt par des romans rapportés à la maison, tantôt par toutes sortes de réunions où des orateurs serinaient que les juifs ne devraient pas attendre l'arrivée du Messie mais construire la patrie juive de leurs propres mains. Garçons et filles se rencontraient en grand secret dans des caves et des greniers et conspiraient contre le tsar. A la vérité, les juifs étaient de plus en plus persécutés. de jour en jour il devenait plus difficile pour eux de gagner leur vie. Comment finirait tout cela? Il ne restait qu'un seul espoir : la venue du Messie, sans tarder, tant qu'il demeurait encore quelques juifs pieux dans le monde.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
AllantversAllantvers15 mai 2016
Plus le tyran est cruel, plus la louange du monde est grande, se dit-il. L'humanité aime les assassins.
Commenter  J’apprécie          40
Videos de Isaac Bashevis Singer (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Isaac Bashevis Singer
Vidéo de Isaac Bashevis Singer
Dans la catégorie : Littérature yiddishVoir plus
>Littérature des langues germaniques. Allemand>Autres littératures germaniques>Littérature yiddish (34)
autres livres classés : littérature yiddishVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Famille je vous [h]aime

Complétez le titre du roman de Roy Lewis : Pourquoi j'ai mangé mon _ _ _

chien
père
papy
bébé

10 questions
878 lecteurs ont répondu
Thèmes : enfants , familles , familleCréer un quiz sur ce livre