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ISBN : 2743602031
Éditeur : Payot et Rivages (01/06/1997)

Note moyenne : 4.01/5 (sur 49 notes)
Résumé :

Femmes blafardes. Et qui vous tirent la langue car elles ont été étranglées. Leurs yeux fixes ne sont plus que des étoiles glauques qui cherchent à percer la grande nappe qui les entoure, plus noire que la nuit, et où défilent à la dérive un tueur fou qui se prend pour le sadique du Yorkshire, un flic perdu dans la ville - et qui n'est le flic de personne - et une poignée de quidams serrés dans l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Renod
  19 janvier 2017
Une ville de province qui, comme le déclare un personnage, pourrait disparaitre du jour au lendemain de la carte de France sans que personne ne s'en émeuve. Une bourgeoisie provinciale y prospère langoureusement en veillant à la bonne santé de ses intérêts. Une panne de moteur contraint Séverin Chanfier s'y arrêter. Mais l'intérêt de ce détective au C.V. chargé (érotomane saqué de la Police à la suite d'une bavure) va être titillé par les faits divers qui secouent la tranquillité de cette cité de la France profonde. Une jeune femme est assassinée chaque jeudi soir. le tueur pose un éventail à proximité des cadavres. La liste des crimes s'allonge et ce sont désormais les as de la P.J. parisienne qui sont chargés de démasquer celui que tout le monde surnomme « Jack l'éventeur ». Chanfier mène sa propre enquête. Il choisit de la commencer par un dîner au restaurant gastronomique puis par une visite au bordel. C'est un bon début pour découvrir les dessous d'une ville qui s'est engourdie dans ses habitudes, à tel point qu'une mécanique des comportements s'est instituée.
Présenté ainsi, le polar pourrait donner l'impression d'être d'une facture très classique. Or, c'est tout le contraire, mais il est essentiel de ne pas trop en dire pour ne pas tuer l'intrigue. Pierre Siniac fait preuve d'une inventivité remarquable. Il reprend les codes du polar et parvient à créer une histoire totalement originale. Alors oui, le livre a été écrit il y a trente-six et doit être resitué dans le contexte des années 70-80. Mais cette satire de la bourgeoisie provinciale reste très plaisante à lire. Comme quoi, l'humour et la créativité vieillissent plutôt bien !
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Fortuna
  13 mai 2017
Alors que Séverin Chanfier, ancien flic reconverti détective privé, roule sous une pluie battante vers la Charente, sa vieille guimbarde tombe en rade à quelques kilomètres d'un patelin vendéen, pas des plus animés…Trempé, il débarque au bar du coin, se renseigne, trouve un garagiste débordé qui lui annonce qu'il sera coincé là quelques jours, s'enquière d'une pension de famille puis d'un petit resto. C'est Aux trois couteaux qu'ira son choix, celui qui sert du lapin chasseur tous les jeudis. Détail qui est loin d'être anodin.
Car en effet il ne tarde pas à découvrir dans le journal local l'annonce d'un crime qui fait suite et précède toute une série : des jeunes femmes assassinées le jeudi soir, un éventail retrouvé près des cadavres. La seule à s'en réjouir, l'astrologue, qui a vu ces morts dans les astres…Et qui s'empresse de gratifier le clochard du coin d'un billet de 200 francs, qui part au restaurant de la Gare profiter de l'aubaine, faisant fuir la serveuse qui a peur de lui…Sans compter que le jeudi soir le cinéma est ouvert ainsi que la salle des conférences mais que le bordel est fermé et que le magasin des nouveautés s'offre une nouvelle vitrine…
Quel rapport avec notre détective – qui s'est fait viré de son agence de détectives puis embaucher dans une revue de faits divers pour écrire un reportage sur cette affaire – et avec ces horribles meurtres ? C'est ce que vous découvrirez en vous plongeant dans l'histoire des moeurs pas si paisibles et plutôt grivoises de cette bourgade de province ou chacun poursuit avec logique le déterminisme de sa destinée. Et les astres ont intérêt à suivre !
Humour noir garanti pour ce roman de Pierre Siniac qui a su transformer la routine d'existences d'une banale médiocrité en une ronde infernale animée par le crime…sans que le glissement ne nous étonne voir nous fasse plutôt sourire tant son regard est chargé d'ironie mais aussi de lucidité…
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koalas
  06 mars 2014
Chanfier, ancien flic aux moeurs douteuses, devenu détective échoue par hasard dans une petite ville de province où des crimes effroyables sont commis le jeudi par un mystérieux tueur, surnommé Jack l'éventeur, qui laisse près de ses victimes blafardes, un éventail ouvert.
Qui est ce frappeur fou? Est-ce le patron du restaurant "aux trois couteaux" qui régale ses convives de son plat fétiche, le lapin chasseur, l'ouvreuse du cinéma Hollywood qui a des sueurs froides, la panthère qui raffole des cadeaux du magasin des nouveautés de la capitale, l'astrologue extralucide Emilienne de Chamboise, Mésange, l'accordéoniste clochard qui louche sur la serveuse du restaurant de la gare, un corbeau qui n'aime pas le lapin du jeudi, le barman du Dahlia-club ou un notable ou notaire de la ville?
Dans "Femmes Blafardes", Pierre Siniac brosse un portait chabrolien au vitriol de la petite bourgeoisie de province. J'ai adoré ce roman noir, son humour malicieux, sa logique implacable et délirante. Il y a du Céline dans le style et du surréalisme dans les personnages.
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la_fleur_des_mots
  31 janvier 2013
Avec Femmes blafardes, Pierre Siniac dresse, avec beaucoup d'ironie, le portrait au vitriol d'une petite ville de province et de ses notables. La mécanique bien huilée du quotidien des habitants, rythmé par les menus du restaurant, les changements hebdomadaires de vitrine du magasin ou encore les séances de cinéma, se grippe lorsqu'une série de meurtres est commise dans la ville.
Dans un style simple, précis et vif, Pierre Siniac plonge le lecteur dans une atmosphère pesante digne d'un Chabrol et tire parfois le trait jusqu'au burlesque. L'intrigue policière est assez secondaire dans ce roman d'ambiance qui est l'occasion de faire gesticuler une galerie de personnages à la limite de la caricature. Avec beaucoup de talent et de ruse, l'auteur construit une histoire dans laquelle une suite d'actes anodins conduit incidemment au crime.
Si ce livre est brillant, il ne correspond probablement pas à mon humeur du moment, et je ne me suis pas laissé entraîner dans ces tribulations provinciales. Ce ne sera pas un coup de coeur même si c'est un roman remarquable...
Lien : http://bloglavieestbelle.ove..
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oblo
  04 septembre 2018
On commence Femmes blafardes et on se dit que ce livre est sombre. On finit Femmes blafardes et on se dit que ce livre est cynique. Dans une ville anonyme de Vendée, durant les mois d'automne et d'hiver, l'ancien flic, l'ancien détective et apprenti journaliste Séverin Chanfier est le témoin extérieur d'une série de meurtres qui, ritualisés, finissent par mettre en ordre la ville, selon la formule consacrée sur un coin de table : crime = ordres ; pas de crimes = désordre. Ces femmes blafardes, qui donnent son titre au livre, ce sont les victimes d'un meurtrier mystérieux qui dépose, à côté de ces corps auxquels il a ôté la vie, un éventail. Jack l'Eventeur, macabre plaisanterie, est le surnom que l'on donne bientôt à ce criminel. D'une régularité terrifiante, Jack l'Eventeur tue chaque jeudi soir une femme : ouvrière, étudiante, veuve ... Ces femmes blafardes, étranglées, éventrées, tuées de toute façon, ne sont que le prétexte d'une vaste comédie que Pierre Siniac met en scène.
En choisissant l'une de ces obscures villes de province, dont on peut parfois vaguement connaître le nom sans la visualiser réellement, Pierre Siniac enferme déjà le lecteur dans un huis-clos au décor naturel et aux lieux de sociabilité bien établis : le centre culturel, le cinéma, un bar, deux restaurants (l'un, le Restaurant de la Gare, populaire, l'autre, Aux trois couteaux, où se réunissent les élites de la ville), l'usine d'armements (qui emploie la grande majorité des habitants), deux grands magasins qui sont les locomotives commerciales de la cité, le bordel, enfin, où les confidences sur l'oreiller permettent de mettre à jour le mécanisme invariablement réglé qui régit la ville.
Cette mécanique bien huilée, Pierre Siniac la répète jusqu'à saturation et la pousse jusqu'à l'absurde puisque ces événements finiront par avoir une influence sur la politique nationale. Suivant le principe de l'effet papillon, les événements s'enchaînent naturellement et provoquent, mécaniquement, le crime du jeudi soir. Voilà donc une ville où rien, ordinairement, ne se passe, et où l'extraordinaire surgit sous la forme d'un meurtre ritualisé. La quête du meurtrier, elle, n'occupe que peu le lecteur. Séverin Chanfier mène son enquête sans avancer, au milieu de types de personnages bien établis et à peine caricaturaux. Chacun, depuis le commerçant Hurlejaume, vitrine de la réussite sociale jusqu'au journaliste ivrogne Forgesclain, en passant par le clochard Mésange, par l'astrologue Melle de Chamboise et le VRP Saint-Valbert, semble avoir une raison, même farfelue, de tuer.
Le tableau s'alourdit encore de la présence d'un corbeau et par celle, incompréhensible parfois, du lapin chasseur au menu du restaurant Aux trois couteaux, meilleure table de la région. Siniac livre ainsi, dans Femmes blafardes, un polar qui se joue des codes de son propre genre. S'il y a bien un crime et une raison à celui-ci, l'implacabilité de celle-ci (sans qu'aucune solution ne puisse être trouvée ; la tentative de l'employé communal Pierre Martin le prouve) lui donne un caractère absurde. Usant d'une langue qui manie aussi bien le classicisme du français que'un argotisme aux relents céliniens (relents seulement, n'exagérons rien), Pierre Siniac accumule les poncifs sans alourdir son oeuvre ; au contraire, il y a une légèreté dans ce roman, une distance qu'on dirait établie par cet exercice de style. Il n'y a que les détails glauques qui n'attirent pas le cynisme de Pierre Siniac et pour cause : à la lecture de Femmes blafardes, on comprend que ces femmes, justement, à la langue tirée et au visage congestionné, ne conviennent pas à l'auteur. Ce qui lui va, à lui, ce sont les vivants : il n'y a qu'eux pour offrir une pareille comédie humaine.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
la_fleur_des_motsla_fleur_des_mots   31 janvier 2013
Chanfier roulait depuis six heures quand il traversa par l'inévitable rue principale ce bled froid et triste. L'artère étroite n'en finissait pas et les maisons basses qui la bordaient se suivaient, toutes pareilles, sous un ciel aux nuages gris que le vent de l'océan tout proche jetait dans une course rapide. C'était une petite ville, ni plus ni moins sinistre que celles qu'il avait rencontrées tout au long de sa route, sur des nationales, à travers les provinces.
Il était un peu plus de quinze heures, on était en semaine, il n'y avait pas un trainard sur les trottoirs. Le genre de patelin où l'on peut compter les oisifs sur les dents d'un râteau.
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koalaskoalas   06 mars 2014
- Dites-moi, madame, est-ce qu'il y a un garage dans le coin? Je suis tombé en panne un peu plus loin et...
Elle bâillocha et il put voir sa bouche délabrée, des chicots qui semblaient avoir fait la guerre de Cent Ans sur un fromage de chèvre dur comme de la pierre :
- Bah, y a Cafarelli... Mais à c't'heure..
Elle lui indiqua le chemin à prendre. Comme toujours, il ne comprit absolument rien, et, selon son habitude, ne fit pas répéter. ça durait depuis son plus jeune âge, et à quarante ans, il se demandait encore pourquoi il s'entêtait à quémander de tels renseignements aux gens.
Il remercia, paya et sortit. En passant, deux mots de la manchette de la feuille locale avaient, tout à fait par hasard, accroché son œil las : "...Crime odieux..."
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FortunaFortuna   13 mai 2017
Il trouva sans baguette de sourcier le château, vieille demeure vendéenne flanquée d’une ferme à la mode ancienne de par là – tu y fais toi-même ton pain, t’as tes légumes, ta viande, ton lait, ton fromegis et le reste sur place, tu fabriques tout ce qui t’aidera à vivre, tu te passes de voisins, tu ne dois rien à personne – à l’entrée d’un bois malingre inondé par le marais où bruissaient les appels de quelques petites bêtes aquatiques. La façade couleur branche morte de la bâtisse se confondait avec les troncs rabougris et dépouillés à la sublime odeur de pourri qui annonce les lendemains qui chantent, on est en train de vous fabriquer le printemps, mais pas de hâte intempestive, tout vient à point à qui sait attendre. Les hauts volets bruns de l’habitation étaient clos.
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RenodRenod   14 janvier 2017
Que d'obsédés sexuels dans cette petite ville ! On a prétendu que le sol y renfermerait une matière calcaire contenant certaines moisissures rares aux propriétés aphrodisiaques, et dégagerait des émanations. L'homme y connaîtrait plus qu'ailleurs certaines envies, y accomplirait des performances phalliques à peu près inconnues en dehors du secteur. Billevesées !
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AmbagesAmbages   29 octobre 2018
Elle le précéda vers la maison. Sur les marches du perron il ne décolla pas ses yeux des reins de la créature, fessier né sous le signe de la Balance.
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