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EAN : 9782743614805
277 pages
Payot et Rivages (04/01/2006)
3.6/5   26 notes
Résumé :
Elle s'appelait Barbara Rousset. Une Lorraine. On se souvient de son arrivée en Normandie, en juin 1940, au milieu d'autres réfugiés : une jeune femme de petite taille, vêtue plus que simplement. Placée chez le comte d'Auvarqueville dans le Cotentin, elle devient bientôt la marraine des huit orphelins recueillis par son maître. Mais en juillet 1944, les vivres viennent à manquer. Se retrouvant seule avec sa bande de gosses affamés, Barbara décide d'aller chercher el... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique

En Juillet 1944, Barbara travaille chez le généreux comte d'Auvarqueville qui accueille dans son château normand une vingtaine d' enfants réfugies.

La guerre fait rage, les pauvres gosses crient famine...

N'écoutant que son courage, Barbara à bord d'une  Delage part chercher des provisions mais se perd dans  St Lô , un champs de ruine en plein chaos.

Comme la chanson elle passe et repassera par là au volant de son auto, tournera en rond et large et au travers au milieu des boches paumés , des ricains cyniques et hilares, des épiciers pingres, de truands en cavales et d'un chien jaune poissard.

Pour sa dernière sortie, Pierre Siniac s'inspirant d'un fait divers réel,

à partir de témoignages de prisonniers allemands, de soldats américains et d'habitants de la région,

nous sert un artifice de sa composition des plus allumés avec au volant une Pénélope au grand coeur qui en déroute plus d'un....

La course du hanneton, haletante !

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Un Siniac par temps de guerre comme L'Orchestre d'acier, Les Morfalous, Sous l'aile noire des rapaces, Les sauveurs suprêmes, certes. Mais avec La Course du hanneton dans la ville détruite, Siniac signe un roman différent. L'un des personnages centraux est une femme, une réfugiée lorraine du nom de Barbara Rousset. Et ses motivations contrairement à la majorité des personnages siniacais (?), ne sont dictées ni par l'appât du gain, ni par le goût du risque.

Barbara est arrivée en Normandie lors de la débâcle. Employée chez le comte d'Auvarqueville, elle a pris en charge huit orphelins cachés dans le château. La guerre se rappelle à leur bon souvenir car la bataille de Saint-Lô se déroule juste à côté. Les Américains bombardent la ville, GI, Allemands, résistants français se tirent dessus. Au château, les vivres manquent. Pour ne pas laisser les enfants le ventre vide, Barbara décide de partir au volant de la superbe Delage 1937 du comte pour sillonner Saint-Lô en ruine à la recherche de ravitaillement, quite à franchir les lignes ennemies dans la ville martyre.

« Puisque cette bonne femme, avec sa « corvée de soupe », est prête à tout pour passer…même sur la brioche d'Hitler… ma foi , on aurait tort de se gêner. »

La Course du hanneton dans une ville détruite est un Siniac différent, moins mordant, plus touchant. le romancier est toujours aussi incisif surtout lorsqu'il décrit magistralement la ville détruite, et lorsqu'il croque les travers de ses personnages, comme les Lobtenjois, épiciers que Jean Dutourd aurait pu dépeindre dans Au bon beurre. Barbara, elle est une modeste héroïne, (qui serait inspirée d'un personnage réel), touchante dans son obstination et son abnégation, et sous la plume du cynique, on sent poindre une certaine tendresse pour elle. Siniac surprend son lecteur. Il laisse paraître son humanité sans cynisme « Quand je dis Fritz je dis Wermacht. Les SS, eux, ne mangeaient pas de ce pain-là, vous pensez bien, à croire que ces couillons blonds au profil nordique que l'on a vus tant de fois défiler au pas de l'oie aux actualités sous l'oeil du malade à la mèche n'avaient jamais eu d'enfants, puisque, généralement, les enfants, ils les tuaient. » Et il parle du lui à la troisième personne dans le dernier chapitre, surprenant pour un homme si discret qu'il mourut seul dans son appartement.

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Pour mes premiers Siniac j'avais demande conseil a une specialiste et j'avais apprecie les conseils et les livres. Cette fois j'ai choisi tout seul, au hasard, pour la beaute du titre. Et je m'en felicite car j'ai retrouve un debut ou les descriptions de paysages et la lenteur a presenter, a camper les differents personnages m'ont un peu rappele Ferdinaud Celine, alors que dans toute la deuxieme partie se dechaine le nerf, l'hysterie de Sous l'aile noire des rapaces (vous l'aurez compris, c'est les deux seuls Siniac que j'ai lu, jusqu'ici). Et cerise sur le gateau, surprise pour moi, je n'ai pas retrouve son cynisme, mais au contraire une ironie moderee, pudique dirais-je, qui laisse affleurer un certain respect pour son heroine principale, en fait pour la vraie heroine historique dont il s'est inspire.

L'histoire en bref: alors que les allies ont debarque en France et qu'on se bat avec acharnement pour chaque ville, chaque village, chaque metre du territoire, une jeune femme se retrouve seule dans un chateau isole avec une douzaine de gamins qui y etaient caches, a sa charge. Ils n'ont rien a manger alors elle part (au volant d'une Delage D8 20cv six cylindres, excusez du peu!) essayer de trouver des vivres aux alentours. Aux alentours? A Saint-Lo en ruines ou on combat encore pour chaque rue! “Pour Saint-Lo la guerre eut la main bien leste!” Siniac dixit. Ce sera donc une randonnee epique, que le titre reflete discretement. Et la fin? Douce-amere. Je n'en dirai pas plus, point n'est besoin.

L'ecriture en encore plus bref: c'est du Siniac. C'est explosif (bien sur, c'est la guerre!). C'est haletant (bien sur, c'est une course!). Dans la deuxieme partie on a droit a un retournement d'action toutes les deux pages (y'a pas comme la Delage pour prendre les virages!). C'est un drame conte avec humour (c'est pour mieux te manger, lecteur!), mais pas acerbe. le fantome d'une larme a l'oeil de l'auteur ecrivant le mot fin? Non, je dois me faire des illusions.

Conclusion brevissime: Veni vidi amavi? Non. Autrement. J'ai pris le livre. Je l'ai lu. J'ai aime. A vous maintenant!

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Mon coup de coeur de 2019 sans conteste.

Merci tout d'abord à Freditore75 pour ce conseil de lecture…

Je ne suis ni une spécialiste, ni une passionnée de la seconde guerre mondiale, mais confiante dans les choix du Club du Roman Historique, je me suis précipitée sur ce livre, et je ne suis pas déçue, sauf de l'avoir terminé !

Ce livre décrit autrement, le débarquement de Normandie en juin 1944, au plus près des hommes et des femmes, loin des plages connues.

Ce livre narre les quelques jours en juillet 1944 dans le Cotentin, après le débarquement, les aventures d'une jeune servante, Barbara, à travers les villes et les campagnes dévastées, afin de recueillir et de ramener de la nourriture aux enfants recueillis par son maître.

Son odyssée se transforme bientôt en cauchemar, dans les décombres de Saint-Lô, ville martyre où les combats continuent de faire rage…

Pierre Siniac décrit avec précision le pays détruit, les bâtiments démolis, les campagnes touchées par les bombardements.

On frémit à chaque page, on s'inquiète du sort de Barbara, nous sommes avec elle, on respecte son courage et sa détermination…

Les personnages rencontrés, qu'ils soient français, américains ou anglais, soldats, épiciers ou repris depuis justice, sont décrits à la manière De Maupassant, pervers, généreux ou sordides….

Que de rebondissements jusqu'à la dernière page….

Reconstituée à partir des témoignages de prisonniers allemands, de soldats américains et d'habitants de la région, cette histoire est splendide et atroce à la fois.

Conseillé à tous les passionnés de cette période, à ceux qui voudraient la découvrir et à tous les amoureux d'histoire et à ceux qui aiment les épopées...

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Seconde guerre mondiale, département de la Manche. Barbara, une réfugiée originaire de Lorraine, est engagée comme bonne par le comte d'Auvarqueville. le comte a décidé d'accueillir une vingtaine d'enfants dans son château (« refugees welcome »). La propriété se situe à quelques kilomètres de Saint-Lô et va se trouver au coeur des terribles combats du Débarquement. Barbara se retrouve seule avec un groupe d'enfants coupée de tout approvisionnement par les combats et les bombardements. La question du ravitaillement devient impérieuse et la jeune femme décide de partir au volant de la voiture du comte au milieu de tous les dangers pour trouver des vivres. Et la voilà traversant la « capitale des Ruines » - désemparée mais déterminée – tel un hanneton pris dans les griffes de l'Histoire.

Je craignais au départ que Siniac verse trop dans le manichéisme : une vision de la guerre proche de celle d'un téléfilm de France Télévisions, une héroïne touchante et des salauds tendance « Au bon beurre » bien dégueulasses. Oui mais voilà, l'humanité n'est pas toujours là où on la croit, et la guerre est un révélateur formidable pour révéler le fond des êtres. Il y a dans ce roman de l'humour, des surprises brillamment préparées (chapeau l'artiste, tu m'as eu) et surtout le sens de la fatalité cher à l'auteur. « La course du hanneton dans une ville détruite » n'est pas le roman le plus bluffant de Siniac ; il n'en reste pas moins très agréable à lire.

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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation

Si, dans les guerres, il fallait demander à chaque balle : « D’où viens-tu ? Comment s’appelle celui qui t’a tirée ? Qui est-il ? Que fait-il dans la vie quand il est sans fusil ? » on n’en finirait pas ! Imaginez de tels interrogatoires sur la Marne, aux Éparges, à Verdun entre août 1914 et novembre 1918 ! et toutes ces questions finiraient par fatiguer les morts :

« Qu’est-ce que ça peut bien faire de savoir qui est au juste celui qui nous a tués, puisque nous sommes morts ? C’est un soldat, comme nous, et son tour viendra ! »

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Et n'oubliez pas ceci : l'homme est un produit jetable. Ce n'est qu'un jouet. Quand il ne fait plus rire, on le fiche en l'air et on passe à du nouveau.

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Dans les guerres... les salauds... ça crève jamais ! C'est vrai, ça, on n'a pas encore trouvé le truc ! On les retrouve cinquante ans après... comme des coqs en pâte !

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Elle conduisait penchée en avant pour mieux distinguer la route car elle roulait sans lumières.

- Mais par où veux-tu que je passe ? Que j’aille à gauche… à droite… au milieu… c’est pareil.

- C’est comme avec les élections. On est toujours baisé.

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Je m’en fous, moi, de leurs canons, de leurs combats !... Ce ne sont pas mes gosses à moi qui l’ont mis au pouvoir leur Hitler !... Il fallait l’abattre ! Dès 1930 ! C’est si facile de tuer un homme… Ils n’y ont donc pas pensé tous ces beaux malins des ministères ? Est-ce que ça n’aurait pas économisé du sang ? Il avait quand même annoncé la musique, il me semble !

p70

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Vidéo de Pierre Siniac
Pièce radiophonique policière proposée par Germaine BEAUMONT et Pierre BILLARD, "Crime sur la nationale 7", d'après le roman de Pierre SIGNAC (alias Pierre SINIAC, "Illégitime défense") adapté par Pierre ROLLAND, réalisée par Pierre BILLARD assisté de Marie Denise WANDA. -
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