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EAN : 9782330117092
Éditeur : Actes Sud (02/01/2019)
3.73/5   84 notes
Résumé :
Dans un sous-bois à la lisière de Barcelone, caché sous des feuilles mortes, gît le corps d’une jeune femme à l’aspect en tout point ordinaire, si ce n’est ses ongles, impeccablement manucurés : une étudiante de famille modeste qui finance ses études au service de recouvrement de créances dans un cabinet d’avocats, et arrondit ses fins de mois en faisant l’escort-girl.
Quelques jours plus tard, un des associés du cabinet qui l’employait est retrouvé mort dans... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
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sur 84 notes
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Roggy
  29 mars 2020
Aro Sainz de la Maza jette une lumière crue sur la situation de l'Espagne pendant la crise économique des années 2010 à 2012.
Les muselés ce sont les espagnols.
L'auteur barcelonais redonne voix à ceux qui en sont d'ordinaire privés et propose le portrait saisissant d'une société au bord du gouffre, frappée dans sa chair par la crise et le chômage, blessés dans leur dignité, dévastés par la situation, prêts à tout pour échapper à une situation insupportable.
L'inspecteur Milo Malart, cabossé, torturé, toujours sur ses gardes, mène une guerre sourde contre ses propres démons et traîne avec lui une énorme lassitude.
Ses méthodes d'enquêtes, très peu orthodoxes sont basées sur la déduction et sur une intuition aiguisée qui rôdent en lisières sur son esprit. Tel un profiler Il parvient à reconstituer le déroulement des crimes en s'infiltrant dans la psychologie de l'assassin.
Le rythme de la narration est un peu lent et le récit est gangrené par une caractérisation de personnages secondaires un peu lourdaude, et par l'abandon de certaines pistes narratives.
La relation de je t'aime moi non plus entre l'inspecteur Marlat et sa sous-inspectrice est lassant et inutile.
Le ton est souvent révolté et enflammé, traduisant la détresse d'une population aux prises avec une situation socio-économico-politique désastreuse.
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anlixelle
  09 avril 2021

J'ai mis du temps à lire la suite des aventures policières de Milo Malart, le flic barcelonnais désabusé et borderline dont l'enquête dans « le bourreau de Gaudi », comme pour des milliers de lecteurs, m'avait enthousiasmée (http://justelire.fr/le-bourreau-de-gaudi-de-aro-sainz-de-la-maza/).
Cette deuxième enquête se déroule encore dans une Barcelone contemporaine « pauvre » et inquiétante car « qui sème la misère récolte la révolte ».
« le Bourreau de Gaudí », récit lugubre et baroque, nous avait révélé l'ignominie architecturale de la métropole catalane qui condamnait sa progéniture à l'économie du tourisme et au profit. Ce texte cruel découvrait une dure réalité sociale et révélait surtout de la façon dont les ogres du pouvoir détruisaient la ville et ses habitants les plus « faibles ».
Cette fois, dans « Les muselés », c'est le froid, l'hiver qui s'ajoutent à la misère sociale pour envahir l'atmosphère et grignoter les esprits des plus vulnérables économiquement parlant. Roman politique, ce deuxième opus est la traduction française du titre « el angulo muerto » ce fameux angle mort en voiture, zone inaccessible au champ de vision d'un conducteur de véhicule, masque qui peut cacher un autre véhicule, un usager vulnérable …
La capitale catalane décrite là se révèle cette fois encore bien loin des cartes postales généralement connues des touristes. Avec son titre initial, Aro SAINZ DE LA MAZA dénonce les misères économiques et sociales, mais aussi la misère politique que bon nombre de gens préfèrent nier ou ignorer et il pointe du doigt les responsables : « Les politiques sont le cancer de la société. Ils se sont vendus au pouvoir financier. »
Noire, froide, déprimée, cynique cette Barcelone-là est le lieu d'une série de meurtres sur lesquels la chappe de plomb qu'est la crise financière ne peut que compliquer les choses.
Au coeur de ce malheureux contexte, la police découvre le corps d'une jeune étudiante à la vie pourtant sans problème, sous les feuilles mortes d'un parc.
Milo qui ne s'est pas remis de l'affaire Gaudi est responsable de l'enquête, et la mène à sa manière, avec les manques de moyen inerrants à la situation espagnole. Il doit en parallèle résoudre une série de meurtres de chiots que ses supérieurs jugent primordiale (car plus médiatique).
Cet enquêteur fuit les liens affectifs et entretient un paradoxe constant entre extra lucidité, quête du bonheur et colère permanente, le tout pétri de solitude voire d'introspection.
Milo Malart, homme à la fois furieux et profondément humaniste, entretient toujours des relations compliquées avec son entourage professionnel comme privé. Il tente de rester détaché, mais « la douleur (qui) pouvait être source de haine » lui est souvent fatale dans ses liens avec l'Autre.
Cette fois encore, j'ai trouvé Milo Malart attachant, touchant même. L'écriture ne le lâche jamais. Il est LE roman et, sans pathos malsain ce texte à la lecture très fluide raconte comment un homme empli de hargne et de dégoût tente de se dresser contre le système.
Mais est-il encore temps de changer les choses ? quand « l'incompétence des gouvernants va sacrifier une génération ».
Même sans avoir lu le précédent ouvrage, cette nouvelle enquête peut être lue. Cette fois-ci encore, elle sera résolue grâce à la différence d'esprit dont Milo fait preuve. Véritable cerise sur le gâteau.
Assurément, « Les muselés » vous donnera envie de découvrir « le bourreau de Gaudi », que je place au-dessus par son suspens et le caractère historico-architectural de cette ville.
Certes, cette deuxième enquête est menée intelligemment et bien rédigée, mais le tempérament de Milo Malart peut déboussoler le lecteur par moments.
« Noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir ! ». Tempéraments pessimistes s'abstenir !
L'auteur a privilégié le livre politique au policier - suspens, j'ai trouvé en plus qu'il lui manquait le rythme et l'étincelle qui avaient fait du Bourreau de Gaudi un livre exceptionnel qu'on ne pouvait plus lâcher.
On est ici dans un bon policier à caractère social dont j'aurais plaisir à suivre le héros dans un troisième opus, qui, je le souhaite de tout coeur, m'amènera un Milo Malart un peu plus punchy !
Lien : http://justelire.fr/?s=les+m..
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Cormorobin
  18 novembre 2016
Deuxième épisode de Milo Malart, inspecteur de police barcelonais. Une jeune fille, apparemment bien sous tous rapports, est retrouvée étranglée dans un parc de la ville. D'autres événements assez sombres se déroulent ensuite dans la capitale catalane.
Milo, Rebeca son adjointe, Mon Vieux le chien, et d'autres inspecteurs, juge, médecins, parcourent ce roman avec en toile de fond la crise espagnole. Podemos ou no podemos ?
J'ai retrouvé avec plaisir l'ambiance du Bourreau de Gaudi, donc je note très bien ce livre.
Au salon polar du sud à Toulouse, Aro Sainz de la Maza côtoie Victor del Arbol. Aro parle mieux français que Victor, qui fait des efforts. Voilà deux grands écrivains espagnols avec qui j'ai toujours plaisir à échanger quelques mots.
A noter que Aro Sainz de la Maza a, comme on dit, un "physique", tandis que Victor del Arbol est plutôt dans le genre classique - barbu - ténébreux.
Il y a peu de critiques sur ce livre, peu de lecteurs déclarés sur notre site. C'est un tort, c'est très bien !
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Eliraf
  11 mai 2017
C'est par ce second roman que je découvre Aro Sáinz de la Maza: aucune déception.
"Les muselés" met en scène Barcelone comme un personnage transi, souffrant de l'humidité glacée de l'hiver. Excellent cadre, pour situer une intrigue lourde, et ancrer des personnages
" asphyxiés, muselés" .
En effet, la grisaille ambiante, le froid pétrifiant reflètent clairement la crise économique susceptible de constituer un mobile parfait au crime... que, l'inspecteur Milo Malart, dans ses aspects les plus paradoxaux, sensibles, humanistes peut absolument expliquer. Cette fibre si humaine, l'auteur la lui octroie en inscrivant son héros dans un contexte social propice à la révolte, "l'indignation", et, dans un contexte familial chargé d'une histoire tragique.
Cet enquêteur se nourrit de la solitude, fuit le lien affectif mais se sent poussé vers la tendresse et la quête du bonheur. Ce paradoxe entretient une colère constante, mais n'étouffe point une lucidité à son égard : " si le bonheur existait,[...] il devrait vraiment beaucoup ressembler à ça. Un instant simple, facile, sans parole, juste l'instinct, le jeu. Aucune pensée"
Héros attachant, intrigue assez bien conduite, traduction fidèle et de qualité (ayant lu le roman en langue originale), je juge le bilan positif, très engageant pour la lecture d'autres romans de cet auteur catalan.
Dernier éclairage concernant le titre : en français, "les muselés" évoque tout ceux qui asphyxiés par la crise, exploités par les patrons ne peuvent manifester leur souffrance et tragédie... même si quelques Indignés tentent de le faire :" quel était la véritable tragédie [...] C'était que l'incompétence des gouvernants allait sacrifier toute une génération, en lui volant son avenir, en lâchant de petites phrases fausses pour calmer une population muselée"
le titre français prend le parti de ne pas choisir celui de l'auteur : El Ángulo muerto, l'angle mort, qui symboliquement focalise une autre perspective, moins sociale et plus philosophique, de la tragédie humaine; celle qui évoque ce que l'homme ne peut maîtriser dans sa destinée.
Tel le conducteur à bord de son véhicule, victime de l' angle mort lors d'un accident, ce thriller rend sous-jacente cette fatalité qui bascule l'individu dans l'inconnu, le déraisonnable, l'imprévu Absolu: " on ne sait pas toujours pourquoi nous faisons ce que nous faisons [...] je crois que notre esprit possède aussi un angle mort. "
Critique favorable pour un bon policier noir qui vous saisit et entraîne dans une Barcelone originale, mais au-delà du bon polar, une oeuvre forçant aussi à la réflexion socio-politique, psychologique… Foisonnante à loisir ! Bonne lecture !
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Bigmammy
  28 novembre 2021
J'ai trouvé un point commun aux deux romans hyper-noirs publiés par Aro Sàinz de la Maza : un temps exécrable sur Barcelone. Dans « Docile », un vent tempétueux sévissait, dans « Les Muselés » c'est une pluie omniprésente.
On retrouve avec intérêt dans ce second roman - après "Le bourreau de Gaudi" - l'inspecteur Milo Malart et ses collègues, la sous-inspectrice Rebeca Mercader, le sergent Crespo, l'inspecteur Boada … que Milo n'aime pas du tout et que l'on retrouve dans l'épisode suivant, et les soucis médicaux récurrents de l'inspecteur Malart qui craint devenir, comme son père et son frère, schizophrène.
L'ambiance est lourde à Barcelone, en pleine crise économique et de souveraineté. On ne compte plus les travailleurs au chômage, bientôt chassés de leur logement, acceptant n'importe quel travail pour survivre, ou s'échapper le plus loin possible de cet enfer. C'est l'autre face de la Barcelone que nous avons tant de plaisir à visiter en touristes.
Ce sont eux, les « muselés » qui ne comptent pour rien et sont totalement ignorés de la classe dirigeante, incompétente, haïe, corrompue, qui continue à vivre grassement, sans vergogne.
Milo est requis pour enquêter sur la mort par strangulation d'une jeune étudiante de vingt ans, retrouvée à peine enterrée. Ce qui intrigue l'inspecteur est le caractère particulièrement soigné de ses ongles manucurés. Cela ne cadre pas avec le portrait d'une jeune fille studieuse qui travaille aussi dans un cabinet d'avocat où elle assure le recouvrement de créances, pour faire vivre sa famille.
On retrouve bientôt plusieurs cadavres de jeunes chiens empalés sur les manches à balais, installés dans les parcs près des jeux pour enfants … La municipalité insiste lourdement pour que l'on retrouve le coupable, peut-être plus que pour la résolution de l'assassinat de la jeune Carolina Estrada, dont on découvre que la vie n'est pas du tout ce que l'on croyait savoir.
C'est le sens profond de cette enquête : tous les protagonistes ont une double personnalité. Tout le monde ment … sauf le plus sympathique des protagonistes : le chien Mon Vieux, un berger de Majorque très affectueux mais piètre nageur, confié pour quelques jours à Milo. Lui non plus ne parle pas, sauf quand c'est vraiment nécessaire ... et terriblement efficace. Une muselière virtuelle, en fait ... Mais même Milo, lui aussi, ne dit pas tout de cette affaire à ses collègues et supérieurs.
Lien : http://www.bigmammy.fr/archi..
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critiques presse (1)
LaPresse   03 mars 2017
Un polar noir et envoûtant comme on les aime !
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
RoggyRoggy   30 mars 2020
La tragédie, se dit Milo, c’est qu’une jeune femme aussi compétente que celle qui se trouvait devant lui dût envisager de partir à l’étranger pour trouver un travail digne de ce nom, tandis que le ministre de l’Emploi continuait à nier qu’ils se produisit un phénomène d’émigration dans le pays, en prétendant que c’était une simple mobilité extérieure. Voilà quelle était la véritable tragédie, conclu-t-il pour lui-même, c’était que l’incompétence des gouvernants allait sacrifier toute une génération, en lui volant son avenir, tandis qu’eux-mêmes se contentaient de lâcher de petites phrases fausses pour calmer une population muselée.
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rkhettaouirkhettaoui   19 septembre 2016
Elle faisait partie de la maison, connaissait le métier sur le bout des doigts, les travers que supposait le travail des hommes et des femmes placés sous ses ordres et n’hésitait jamais à les épauler avec fermeté et assurance. Ne se laissant impressionner par personne, y compris par ses supérieurs, les politiques ou le personnel sous ses ordres, elle faisait preuve d’une grande maîtrise le moment venu de destituer qui que ce soit et quel que soit son grade. Elle était forte, intelligente et tranquille. Une histoire circulait dans les couloirs à son propos, prétendant que son profil avait été la source d’inspiration au moment de choisir la devise du Groupe : “La force tranquille de l’intelligence”.
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CormorobinCormorobin   18 novembre 2016
- Je crois que tu commences à ne plus me plaire, dit-elle.
- C'est comme ça que se finit le monde pour moi.
Il fit demi-tour, appela le berger de Majorque et ouvrit la porte.
- Pas avec un baiser. Avec une porte qui claque.
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Lilou08Lilou08   25 octobre 2017
Il avait déjà vécu ce genre d’expérience avec son père et le souvenir de cet épisode était loin de lui être agréable. Il savait comment tout cela allait finir. Mal. Son visage se froissa en pensant à son père. Tout petit déjà, il s’était aperçu que quelque chose ne fonctionnait pas très bien dans sa tête. Ses soudaines sautes d’humeur, ses crises de violence, ses hurlements sans raison. Et sa mère le supportant sans répliquer, résignée, muette. Jusqu’à ce qu’un jour, un peu avant de mourir, elle prenne une décision.
Il pensait avoir une dette envers Hugo et il savait parfaitement laquelle.
Il se dirigea vers lui en tenant le berger de Majorque en laisse. Il s’assit à ses côtés et le chien se coucha sous le banc pour s’abriter de la pluie. Hugo continua à se balancer désespérément et Milo demeura immobile, les deux frères offrant une curieuse image.
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rkhettaouirkhettaoui   19 septembre 2016
Tout le monde sait que le Centre d’accueil des animaux de compagnie, c’est pire que la Sibérie. Les cages sont glaciales, sans chauffage, elles sont couvertes de mousses, humides. Ils les nettoient à grands coups de tuyau d’arrosage et il y a des flaques d’eau en permanence. Rien de plus insalubre que cet endroit ! En plus, avec la crise, le nombre d’animaux abandonnés a augmenté et les chenils sont pleins à ras bord.
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Vidéo de Aro Sáinz de la Maza
"El asesino de la Pedrera", Aro Sáinz de la Maza (RBA - Serie Negra)
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