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Critiques sur Avant la longue flamme rouge (21)
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viou1108
  28 janvier 2020
En 1971, le Cambodge est en pleine guerre civile. le roi Norodom Sihanouk vient d'être destitué par le général Lon Nol. Celui-ci, désormais allié aux Etats-Unis, tente de résister à la montée en puissance des Khmers rouges. Dans ce contexte, Phnom Penh, la capitale, est encore relativement préservée, et la famille de Saravouth, onze ans, vit à peu près normalement. le père est un fonctionnaire intègre, la mère est enseignante au lycée français de la ville, Saravouth et sa petite soeur Dara sont des enfants intelligents et un peu solitaires, à qui leur maman lit de belles histoires le soir. Grâce à Peter Pan, à l'Iliade et à l'Odyssée, Saravouth et Dara ne cessent d'enrichir leur "Royaume Intérieur", un monde imaginaire où toutes les inventions et les aventures sont permises. Mais l'étau se resserre peu à peu autour de cette famille-modèle, catholique, tranquille. Un enlèvement, une fusillade, et Saravouth se retrouve seul dans la forêt, gravement blessé. Recueilli par une vieille guérisseuse, il ignore ce qui est arrivé à ses parents et à sa soeur, et veut partir à leur recherche. Convaincu qu'ils l'attendent tranquillement à la maison, son idée fixe est de rallier Phnom Penh. Mais le retour vers la capitale assiégée est semé d'embûches et de violences inouïes, tandis que les conditions de vie en ville deviennent dantesques : l'afflux massif de réfugiés, les combats qui se rapprochent, les tirs de roquette, les vols, les viols, les meurtres, les trahisons, la promiscuité, les rats, la faim et le manque de tout, jusqu'à la chute…

Inspiré d'une histoire vraie, ce récit est très dur. Les mots de René Char, l'auteur préféré de la mère de Saravouth, "Il faut trembler pour grandir", sont ici poussés à l'extrême. C'est le récit d'une enfance meurtrie à jamais, qui tente de se protéger des atrocités de "l'Empire extérieur" en se réfugiant dans l'imaginaire. C'est celui d'une volonté acharnée de retrouver les siens, mais aussi d'un effarant stress post-traumatique à retardement, une défaite intérieure et un pays perdu, et des blessures irréparables. Ce sont aussi des personnages attachants, des scènes à la limite du soutenable, d'autres poignantes, une narration à hauteur d'enfant. Une Odyssée terrible qui s'achève au-delà des pages, si l'on veut bien suivre la suggestion de l'auteur dans l'épilogue...

En partenariat avec les Editions Calmann-Lévy via Netgalley.
#Avantlalongueflammerouge #NetGalleyFrance
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La_Bibliotheque_de_Juju
  13 février 2020
Ce livre est un ciel immense. Je ne sais pas comment le dire autrement.

Un ciel immense. Si bleu, au départ, avant qu'il ne s'embrase irrémediablement.

Guillaume Sire, écrivain cerf-volant, tient au bout de ses doigts des mots bouleversants, des mots magnifiques et les fait tournoyer, au gré du vent, légère brise puis tempête dévastatrice …

Ce livre est indispensable, il me semble.

Il commence comme un conte. Ou la littérature fait grandir un enfant solaire et éblouissant.

Il s'appelle Saravouth. Et je ne l'oublierai jamais.

Il s'appelle Saravouth. Il grandit, auprès de parents aimants et d'une petite soeur adorée. Mais en 1971, au Cambodge, l'innocence s'apprête à être ensevelie sous la barbarie. La guerre, ce mot dégueulasse, va venir larder de sa réalité d'éclairs impossible à oublier le ciel de Saravouth.

Il s'appelle Saravouth et il va se battre, du haut de ses dix ans pour retrouver sa famille.

Il s'appelle Saravouth et il n'aura d'autre choix que de devenir adulte. Seul, au milieu du désastre.

Il dénonce et énonce une triste réalité. Celle que nous, chanceux d'ici et d'ailleurs, ne connaissons pas.

Au-delà, ce livre est Beau. Ce livre est écrit à l'encre d'une poésie du désastre, au coeur de l'humanité. On s'y broie le coeur. On s'y brûle les ailes.
Il commence comme un rêve d'enfant et s'achève sur la vision d'un homme hanté mais vivant.

Vous l'aurez compris, ce livre fait désormais partie de ces ouvrages qui trôneront dans ma bibliothèque. Pour ne pas oublier. Pour tendre la main vers l'autre. Et pas uniquement pour la beauté du geste.

Ce livre, incarné, où chaque mot paraît effleurer l'intérieur même de son lecteur, ne se lit pas à la légère. Ce livre ne s'oublie pas facilement. Il tape et cogne fort, encore longtemps après.

Elle est là, la folle littérature, celle qui fait « trembler pour grandir ». Elle est là, entre les lignes de ce roman immense comme un ciel déchiré à jamais. Elle est là.

Faites moi confiance, partez vite attraper la main de Saravouth. Et serrez-la, serrez-la jusqu'à ce que votre coeur explose …

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Pancrace
  07 février 2020
Pardon M. Sire d'avoir par instant trouvé bien longue et tellement triste la quête de Saravouth, les souffrances insoutenables, les visions d'apocalypse où parfois je me suis senti seul, au beau milieu d'une des toiles les plus sombres de Jérôme Bosch quand la méchanceté des hommes, des bêtes et même des plantes n'ont plus de limites.
Merci M. Sire de m'avoir fait comprendre avec tant d'acuité pourquoi, lors d'un voyage au Cambodge, mon guide, dans le minibus entre les temples d'Angkor et le lac Tonlé, s'est mis à pleurer en chantant « La vie en rose » d'Edith Piaf. « Quand il me prend dans ses bras »…
Sa mère est morte dans les siens. Il ne lui parlera plus jamais tout bas.

Cambodge 1971.
Dans le royaume imaginaire de Saravouth, dans la baie-du-matin-clair, il y a des canards-à-flûtes, des trompettes-à-groseilles et des arbres-à-brumes.
Dans le monde réel, il y a Lon Nol qui a renversé Sihanouk et le royaume bascule en empire où les khmers tuent les pères et les mères.
Pourquoi faut-il que par des phénomènes extérieurs à l'univers intérieur de Saravouth le malheur vienne envahir et détruire le petit monde de cette famille heureuse ?

Ce roman m'a touché autant qu'il m'a tourmenté, j'ai cherché avec Saravouth, sa mère, son père, sa soeur. Avec espoir, sans illusion. Avec courage, sans sentiment.
La poésie du texte est engloutie par la désolation, la vermine, la mort et les viols.

Le contexte historique n'est que très peu évoqué, seule la guerre civile explose dans ces pages, les troupes de Lon Nol, les Viêt-Cong et les Khmers ruinent, ravagent, saccagent tout sur leur passage.

Bien sûr, Saravouth trouvera quelques îlots de réconfort dans l'écroulement de sa vie.
Iaï, la sorcière des bois le soignera de sa balle dans la tête. Episode épique et écrits crus.
Parvenu après mille embuches aux environs de Phnom-Penh, il sera recueilli quasiment mort par le Père Michel qui gère l'orphelinat dans les cris incessants des orphelins-nourrissons.
Il se fera un ami, presque un frère de Vanak qui lui apprendra à faire briller les chaussures avec les bas de soie des prostituées prostrées devant tant de cruauté.

Son monde parallèle peuplé de chimères, de Peter Pan, de Tiger Lily et de banane-girafe le soutiendra depuis Charybde jusqu'à Scylla mais il vacillera quand, il faudra avec les américains partir pour une autre vie qui ne sera jamais la sienne.

Son épouse canadienne lui donnera trois beaux enfants mais ne pourra résister à cette vie où Saravouth exhume tellement de châtiments, qu'il commence à sombrer dans la folie.

Dans l'épilogue, M. Sire nous démontre que Saravouth existe vraiment, et que maintenant, dans les rues il joue avec talent aux échecs, lui qui a en a tellement essuyé.

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Eve-Yeshe
  04 février 2020
On fait la connaissance de la famille Inn en 1971, à Phnom Penh, alors que le Cambodge vacille, le prince Sihanouk ayant pris la fuite avec sa maîtresse, laissant le pays dans les mains d'un dictateur, soutenu par les Américains, le général Lon Nol complétement dérangé intellectuellement.

« En 1971, Saravouth a onze ans. Sa petite soeur Dara en a neuf. Leur mère, Phusati, enseigne la littérature au lycée René-Descartes. Leur père, Vichéa, travaille à la chambre d'agriculture. »

La vie, ou plutôt la survie (tout le monde surveille tout le monde) s'organise et très vite Saravouth imagine dans sa tête un lieu pour se réfugier, qu'il appelle le Royaume intérieur, peuplé de toutes les histoires, tous les livres que sa mère lui a lu depuis l'âge de cinq ans.

« Après dix mois de travaux, il décida d'intituler son oeuvre le Royaume Intérieur. Aussitôt, il lui sembla qu'il fallait également donner un nom au monde où vivaient ses parents, Dara et les autres êtres humains. Ce serait L'Empire Extérieur. »

L'arrestation de Bopha et Reth, des proches de la famille arrêtés en pleine messe, (célébrée par le père Michel, qui essaie de s'interposer) par « l'homme au complet bleu », aux ordres de Lon Nol. Personne n'a osé bouger, pas d'héroïsme à la Peter Pan.

Dara cesse alors de se réfugier dans le Royaume intérieur et devient rebelle. Phusati ne récite plus de poésie, Vichéa pense qu'il faut partir, mais il n'a pas assez d'argent, et la mère de Phusati refuse de lui en prêter, sous prétexte qu'il n'y a pas de danger. Pourtant les sbires du dictateur, notamment Chamroun, le tiennent en ligne de mire, guettant le moindre faux-pas.

Dara frappe un de ses camarades, à l'école où enseigne sa mère et refuse de s'excuser, les collègues en la soutiennent pas. Dara se renferme de plus en plus. Un jour la cuisinière disparaît, et lorsqu'on frappe à la porte, Phusati ne se méfie pas et ouvre : c'est l'homme au complet bleu avec « des policiers ». Il intime à la famille Inn de le suivre, prétendant les sauver.

Phusati ne le croit pas mais Vichéa tente de faire confiance, ils sont ainsi embarqués et exécutés en pleine forêt. Saravouth a pris une balle dans la tête, et perd toute notion du temps. Il se « réveille » dans une hutte, où une vieille femme, Iaï, prend soin de lui, dans des conditions hygiène limites, avec des préparations pour aider la blessure au-dessus de son oreille droite à se refermer.

Il compte les jours pour tenter de reprendre pied. Il compte en pensant à Pénélope et sa tapisserie, mais aucun son ne sort de sa bouche. Son Royaume intérieur a été abimé, donc il est difficile de s'y raccrocher. Il veut ses parents, entendre le bruit de la clé dans la serrure quand son père rentre du travail, ou les poèmes de René Char que sa mère lui récitait.

Dorénavant, il va les rechercher sans cesse, dans le charnier où Iaï l'a trouvé, quand il peut enfin marcher, puis plus tard, quand il sera à l'orphelinat du père Michel et de Frère Bruno. Il explorera ainsi la ville où il est né, l'appartement de ses parents, noircissant des cartes de la ville…

Mais la guerre est là, les communistes se rapprochent, les partisans du dictateur éliminent tous les gens qui ne lui plaisent pas : les Vietnamiens installés au Cambodge depuis longtemps, puis les catholiques, les ex partisans du roi … Il est soutenu par les USA, comme de bien entendu, Nixon les arme pour en finir avec les communistes, forcément sous l'influence de la Chine…

Ce roman est un uppercut : Saravouth a à peine dix ans quand la guerre commence, et on va le suivre pendant environ cinq ans dans son pays en guerre. Pour survivre, il s'est construit un Royaume intérieur, inspiré de tous les livres que sa mère lui a lu, de Peter Pan à Ulysse, il y construit des palais, crée des forêts, des paysages, remplis d'arbres et de plantes aux noms qui font rêver (je suis nulle en botanique, alors je ne vais m'aventurer dans les descriptions…) il peut ainsi tenter de s'échapper de tout ce qui se passe autour, dans ce qu'il appelle l'Empire extérieur.

Guillaume Sire décrit très bien, les étapes qui feront du petit garçon un adulte trop tôt, le déni de la mort de ses parents et de sa soeur qui l'aide à survivre, la difficulté à faire confiance en temps de guerre, où tout le monde dénonce tout le monde, ou l'armée cambodgienne revend aux communistes les armes offertes par Nixon…

Il évoque, sans mettre de nom, ce qu'on appelle aujourd'hui le syndrome de stress post traumatique, et la douleur du survivant.

Une scène touchante : Saravouth, lorsqu'il marche pendant des jours, à la recherche de ses parents, se retrouve dans une barque sur le Mékong, alors que cela tire de tous les côtés, que les autres passagers s'affalent les uns après les autres, et qu'il est lui-même blessé, essaie de prier, de se rappeler les paroles du Notre Père…

On retrouve les génocides qui se répètent comme au bon vieux temps de la seconde guerre mondiale ; certes on connaît celui perpétré par les Khmers rouges, mais les Cambodgiens entre eux, ce n'était pas mieux.

J'ai lu peu de romans sur cette guerre tragique, sur les Khmers rouges, sur toutes les guerres en Asie (la guerre de Corée, non plus) donc la capacité de résilience de ce gamin m'a donné envie de m'y intéresser davantage.

L'écriture de Guillaume Sire est belle, alors qu'elle aurait pu être chirurgicale, vue l'a violence qui règne en permanence, un peu adoucie par le dévouement des deux prêtres, la camaraderie entre « les orphelins ».

L'auteur rend hommage à la littérature, Homère, James Matthew Barrie, René Char, avec de jolies phrases pleines de poésie, sur les mots qui sont reliés entre eux par des « ficelles » qu'il faut attraper…

Un immense merci, encore une fois, à NetGalley et aux éditions Calmann-Levy (que j'apprécie beaucoup) qui m'ont permis de découvrir ce roman et son auteur.

#Avantlalongueflammerouge #NetGalleyFrance
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motspourmots
  10 janvier 2020
Un livre pareil, on le sent très vite, ne peut pas avoir été écrit tout à fait normalement. Il a été porté, nourri. Sans doute évité longtemps, comme un obstacle que l'on ne se sent pas capable de franchir. Ou pas autorisé. Il a été écarté au profit d'autres ouvrages, très différents mais aux thèmes plus proches de leur auteur. de très bons romans, au demeurant en tout cas pour les deux que j'ai lus, Où la lumière s'effondre et Réelle. Rien ne laisse deviner que derrière ces deux textes qui regardent la société du 21ème siècle, celle de l'image et de la communication, se construit peu à peu l'histoire qui hante Guillaume Sire depuis qu'il a croisé un homme, un regard, un destin. Une histoire au coeur de l'Histoire et de son cortège d'horreurs, comme seuls les hommes sont capables d'en inventer.

Ce destin, c'est celui de Saravouth, jeune garçon âgé de onze ans lorsqu'en 1971, la guerre civile éclate au Cambodge, après le départ du prince Sihanouk, mettant le pays à feu et à sang avec notamment la montée en puissance des Khmers rouges. La famille de Saravouth fait partie de la classe moyenne de Phnom Penh : Vichéa Inn est cadre à l'institut d'Agriculture, sa femme Phusati enseigne la littérature au lycée français et ses livres nourrissent au quotidien l'imaginaire de Saravouth et de sa petite soeur Dara. le garçon s'est bâti ce qu'il appelle "le Royaume intérieur", par la grâce de ses explorations de l'Odyssée, de Peter Pan et de toutes les histoires dont regorge la bibliothèque familiale. L'étau qui se resserre sur les populations du pays va faire voler en éclat d'abord la quiétude de la famille Inn dont l'image de réussite et de sérénité est propre à susciter les jalousies, puis leur existence même. En un claquement de doigts, Saravouth se retrouve isolé, laissé pour mort dans une forêt après une scène d'une violence indicible. Miraculeusement recueilli et soigné par une vieille femme, il n'aura plus qu'une obsession : regagner Phnom Penh et retrouver sa famille. Pourtant, à ce moment, la folie destructrice des hommes n'a pas encore donné sa pleine mesure et le lecteur, abasourdi, hébété, passant de l'écoeurement à la colère, de la pitié au dégoût est embarqué dans cette épopée d'où émerge la puissance de la foi d'un gamin.

Guillaume Sire accomplit ainsi un miracle : celui de glisser son lecteur dans l'esprit de Saravouth où se mêlent imaginaire de l'enfance et atrocités du réel, où les héros du Royaume intérieur servent de guide, d'échappatoire ou de modèle. Permettent au jeune garçon de ne pas devenir fou face à l'apocalypse en marche, aux destructions aveugles, à l'incompréhension ou au refus de comprendre des grandes nations qui contemplent de loin le chaos. Certaines scènes sont à la limite du soutenable mais il faut relativiser nos haut-le-coeur hein, nous simples lecteurs, tandis que ces scènes ont été réellement vécues par d'autres êtres humains. Guillaume Sire ne néglige pas non plus la mise en relief historique mais préfère la développer à hauteur d'hommes, ce qui lui donne une force incomparable. Et puis ce qui émerge, malgré tout, c'est ce destin exceptionnel, cette figure lumineuse dont on découvre le parcours avec un intérêt et une fascination croissants, jusque dans les toutes dernières pages qui permettent de prendre la mesure du travail et de l'engagement de l'écrivain.

Impossible de ne pas être percuté par ce roman, véritable ode aux pouvoirs de l'esprit et de l'imaginaire comme derniers remparts face à d'autres cerveaux capables du pire. Au point de préférer, pourquoi pas, s'y réfugier définitivement.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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spleen
  30 décembre 2019
En choisissant ce roman dont l'action se déroule au Cambodge et en particulier à Phnom Penh en 1971, je me doutais bien que l'histoire ne serait pas de tout repos ...

Elle commence dans la douceur familiale pour Saravouth , onze ans ,entouré de son père qui travaille à la Chambre d' Agriculture, de sa mère , professeur de littérature et de sa petite soeur Dara . Mais déjà , l' inquiétude est latente pour cette famille catholique devant la situation politique complexe qui règne au Cambodge entre les hommes du Général Lon Nol qui a chassé le Prince Norodom Sihanouk , la chasse aux vietnamiens, les Khmers rouges aux portes de la ville et les américains toujours présents .

Cette situation angoissante retentit sur Saravouth, un enfant solitaire, bon joueur d'échecs et féru de littérature grâce aux lectures que fait la mère à ses enfants , passant de Peter Pan à l'Iliade et l'Odyssée , il se réfugie dans son vaste Royaume Intérieur .

Les craintes des parents ne sont malheureusement pas infondées car leur vie bascule lorsqu'ils sont emmenés , adultes et enfants en forêt où , séparé de sa famille et sans connaitre leur sort, Saravouth, gravement blessé est recueilli et soigné par une vieille femme d'un village de montagne moitié sorcière , moitié guérisseuse .
Rétabli, Saravouth n'a de cesse que de revenir malgré les nombreux périls , dans la capitale à la recherche de sa famille , faisant revivre son Royaume pour s'y réfugier lorsque l'espoir l'abandonne .

Une épopée éprouvante ,même si on est loin des descriptions des horreurs commises par les Khmers rouges une dizaine d'années plus tard relatées dans le livre The death and the life of Dith Pran qui est à l'origine du film La déchirure .

Certains personnages secondaires sont marquants , la vieille femme au langage si cru et aux motivations bien cachées, le Père Michel à Phnom Penh luttant pour la survie des orphelins et quelques autres qui ont cheminé un temps avec Saravouth sur cette route jalonnée de morts ...

La fin surprend surtout lorsque on ne lit pas le résumé et il faut aller jusqu'au bout de ce que propose l'auteur : moment émouvant garanti !
Un grand moment de lecture donc .

Un grand merci à NetGalley et aux Éditions Calmann-Levy
#Avantlalongueflammerouge #NetGalleyFrance
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SylvieBelgrandReims
  03 décembre 2019
Parution le 3 janvier 2020.

Magnifique roman, poignant et plein d'humanité.
Saravouth, le héros est juste incroyable. Il a créé un royaume imaginaire, rempli de ses lectures, de ses souvenirs, dont les fondations sont de l'amour pur. le courage de ce petit bonhomme vous serre le coeur. La folie des hommes vous fait pleurer, vous fait hurler.
Beaucoup d'émotion dans ces pages, que je vous invite fortement à découvrir en janvier.

#AvantLaGrandeFlammeRouge #GuillaumeSire #CalmannLevy #RentréeLittéraire2020 #lecture #livres #chroniques

Le quatrième de couverture :

1971 : le Cambodge est à feu et à sang. Saravouth a onze ans. Sa petite soeur Dara en a neuf. Leur mère enseigne la littérature au lycée français. Leur père travaille à la chambre d'agriculture. Dans Phnom Penh assiégée, le garçon s'est construit un pays imaginaire : le « Royaume Intérieur ».

Mais un jour, la guerre frappe à sa porte. Les fondations du Royaume vacillent. Séparé de ses parents et de sa soeur, réfugié dans la forêt sur les rives du Tonlé Sap, Saravouth devra survivre dans un pays en plein chaos, animé par une volonté farouche de retrouver sa famille.

Inspiré d'une histoire vraie, ce roman restitue une épopée intérieure d'une rare puissance.
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mesechappeeslivresques
  04 février 2020
C'est l'histoire de Saravouth, un enfant de onze ans à l'imagination prolifique qui grandit avec sa petite soeur au Cambodge, tous les deux choyés par leurs parents.

Mais c'est aussi l'histoire d'un pays qui se déchire, de la barbarie des hommes, du sang qui coule et de milliers de vies anéanties.

Un soir, dans la forêt, les tirs d'une mitraillette font basculer la vie du jeune Saravouth et sonne le glas de son enfance. Il se retrouve seul et blessé. Où est sa famille?

Ce roman, c'est le récit d'une quête, d'une lueur d'espoir que Saravouth portera toujours en lui, de l'acharnement d'un enfant qui au péril de sa vie fera tout pour retrouver les siens.

Mais ce livre, c'est aussi le fruit d'une rencontre dans les rues de Montréal entre Guillaume Sire et Saravouth, un homme exceptionnel à l'aura magnétique.

Une histoire où le lecteur devient le témoin impuissant de la violence, des atrocités de la guerre qui ont touché le Cambodge dans les années 1970 à travers les yeux de Saravouth. Les mots de l'auteur m'ont ébranlée, heurtée de plein fouet. Un récit qui prend aux tripes, que j'ai achevé les larmes aux yeux.

Une incroyable histoire de survie, de courage face à l'indicible. Une lecture d'une grande force.
Lien : https://mesechappeeslivresqu..
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Guillaume17
  18 janvier 2020
Le meilleur Roman lu en cette rentrée littéraire de janvier .
Guillaume Sire nous entraîne au Cambodge en pleine guerre .
Inspiré d une histoire l histoire de cet enfant nous prend aux tripes .
GRANDIOSE...
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Alioushka
  17 février 2020
« Oppose à la fatalité la résistance à la fatalité », René Char
Je vais vous parler d'un personnage fabuleux, de littérature, du Cambodge, de royaume, d'empire, d'onirisme, de tragédie, de guerre civile, d'enfer.
Guillaume Sire avec un talent considérable, qui dompte avec virtuosité l'art de la narration, compose le récit d'un éblouissant destin épique, fait preuve d'une rare créativité pour narrer l'art de la création.
Et là on peut parler de littérature !!!!
Il est rare de voir autant d'intertextualité somptueuse, de qualité et appropriée : l'Iliade, L'Odyssée, Peter Pan, René Char sont autant de textes fondateurs qui vont choyer les pages et cultiver le cheminement de cet être hors du commun, libre, déterminé, magnétique, féérique, Saravouth, que l'auteur va rencontrer par hasard (où parce que la destinée l'a voulu ainsi), dans une rue de Montréal en 2004.
Et oui, c'est une histoire vraie.
On se laisse ainsi porter par la fantaisie, par le pouvoir des mots « hameçons », par les recherches de l'auteur et on découvre ce pays qu'est le Cambodge.
La plume est remarquable !
Ce roman est une merveille, abonde de poésie.
Mais que d'éloges me direz-vous ! Il ne peut être autrement.
Cette Odyssée, ce récit, ce conte poétique et philosophique fait une place aux chimères, aux mythes et à la sensibilité : Saravouth appréhende un Royaume (monde intérieur) qui s'opposera à l'Empire qui n'est autre qua la réalité : fiction et réalité se mêlent. Des récits contre l'oubli ont nourri son imaginaire et ont permis d'appréhender le monde réel. Il se créé ce monde où les mères sont des châteaux, les nourrissons des paillètes d'or, car dans la réalité les enfants sans aiguille ne sont pas adoptables.
Il sera alors, un génie de la forêt, et la lumière de la fée va opérer.
Le prince Norodom Sihanouk est détrôné, la général Lon Nol, soutenu par les américains, en profite pour faire son coup d'état et proclame la République. L'armée maîtrise Phnom Penh. L'entourage de notre général, conseille de procéder à un génocide : exécuter les cambodgiens d'origine vietnamienne. Dans tout le pays c'est la confusion : de multiples guerres civiles affleurent. Les armées de Lon Nol affrontent les Khmers rouges et au nord, les Viêt-Cong, sans compter les miliciens, les pirates philippins, les pilleurs thaïlandais et tout cela au nom de quelque chose : république, communisme, prince, peuple, dieu, idée...
Il y a cet « homme au complet bleu », le capitaine crochet, « le roi des aulnes »…
Une famille est anéantie. Une enfance est détruite.
L'harmonie du royaume intérieur est mise en danger.
Savarouth, âgé de 11 ans, se retrouve comme ces enfants perdus (cf. Peter Pan) et tel Ulysse : il va vouloir rejoindre Ithaque et retrouver les siens.
Folie, barbarie, amour, épreuves se succèdent.
« - Est-ce que quelque chose peut nous faire du mal du moment que les veilleuses sont allumées ?
- Rien mon chéri, répond madame Darling. Elles sont les yeux qu'une mère laisse derrière elle pour veiller sur ses enfants.»
C'est juste beau !!!!
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