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ISBN : 2259243282
Éditeur : Plon (25/08/2016)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 21 notes)
Résumé :
Détruire Internet, est-ce possible ?
Magnat de la Silicon Valley, Paul s’est retourné contre son invention : il a réuni une armée de dix mille hommes pour détruire le réseau. Menacé de mort, il confie alors l’opération à son ami d’enfance, Robin, un programmeur lunatique et incroyablement doué.
Mais Robin n’est pas Paul.
Viscéralement attaché à la technologie qu’il a contribué à créer, il décide de venger son ami mais renâcle à l’idée d’abandonn... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
tynn
14 août 2016
L'idée de départ m'a passionnée. Utilisatrice quotidienne d'Internet, imaginer vivre sans nos claviers peut paraître une vue de l'esprit, un virage à 180 degrés vers un passé si proche et si différent.
Mais comment faisait-on, avant?
Ecoeurés par l'utilisation perverse de l'hydre dont ils sont les créateurs, des développeurs de la Silicon Valley veulent faire exploser le système informatique qui dirige le monde. Organisés en contre-pouvoir, une armée virtuelle est prête à passer à l'attaque pour ce qui s'apparente à un acte de terrorisme. Et cela ne plait pas du tout à toutes les sociétés qui brassent un argent phénoménal depuis la création de la bulle Internet.
Tels Prométhée et Epiméthée, deux programmeurs de génie revisitent le mythe de la création, celui d'un monde virtuel où la connaissance est manipulée par de puissants algorithmes, bloquant l'individu entre liberté et aliénation.
Roman contemporain, thriller virtuel, nerveux et paranoïaque à l'écriture sèche et abrupte. J'ai craint d'être dépassée par l'aspect technique du propos, mais l'ensemble reste aisé à suivre, porté par un ton incisif et sarcastique.
Une bonne trouvaille de lecture, qui donne vraiment à réfléchir sur les implications de cette technologie déshumanisée que l'homme a créée.
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Extraits :

Je déteste les gens qui n'utilisent pas Internet car je n'ai pas d'emprise sur eux: ils sont secrets comme des individus.
Au commencement était le Verbe; à la fin: le Smiley
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motspourmots
07 octobre 2016
Décidément j'aime cette faculté qu'ont les éditions Plon de choisir des écrivains ancrés dans le réel et qui nous offrent un regard affûté et très contemporain sur le monde dans lequel nous vivons. L'an dernier, Nos âmes seules de Luc Blanvillain avait su me toucher pour cette même raison. Plus récemment c'est Anaïs Llobet et son premier roman, Les mains lâchées qui m'a convaincue. Où la lumière s'effondre ne déroge pas à la règle même s'il est plus cartésien et joue moins sur l'émotion. Mais c'est aussi le propos qui veut ça.
Le sujet c'est Internet. Omniprésent, omniscient, omnipotent. Au point de se demander régulièrement s'il apporte la liberté ou l'aliénation, s'il ouvre nos horizons ou au contraire les réduit, les contraint sans que nous nous en rendions compte. Guillaume Sire met en scène un duo de petits génies du web, de ceux qui jouent dans la cour des grands aux côtés des Larry Page, feu Steve Jobs, Mark Zuckerberg, Bill Gates, Jerry Yang ou Marissa Meyer. Paul Mercier et Robin Valery sont des figures de la Silicon Valley, créateurs de génie, opportunistes qui ont vu parmi les premiers le potentiel offert par la création d'Internet et ont su en tirer profit grâce au caractère visionnaire de Paul et aux talents de programmation de Robin. Mais Paul a fini par se retourner contre sa créature, convaincu qu'elle lui échappe et ne correspond plus aux idéaux qui ont guidé son développement. Paul a décidé de détruire Internet et a mis au point un savant dispositif mêlant une armée de 10 000 hommes à des ressources technologiques de pointe pour parvenir à ses fins, contre l'avis de Robin. Quelques jours avant de passer à l'action, Paul est abattu en pleine rue et hospitalisé dans un état critique, sous l'étroite surveillance d'un policier, Malone qui soupçonne les intentions criminelles de Paul sans pouvoir les prouver. Paul demande à Robin de mener le projet à son terme à sa place.
"Internet est devenu grâce à nous un miroir qui renvoie ce que vous montrez et vous dit ce que vous pensez en confirmant ce que vous croyez".
Robin, tout en étant parfaitement conscient de la perversion du système possède assez de détachement et de cynisme pour s'en satisfaire et apprécier sa vie telle qu'elle est, sans s'embarrasser d'idéaux. A cheval entre deux mondes, le réel de chair et de sang figuré par sa femme et son fils, le virtuel sur lequel il base sa réussite et dans lequel il pense toujours être capable de garder la maîtrise de la situation. Pourtant, la proposition de Paul le tente. Va-t-il déclencher le plan de son ami et lancer la destruction d'Internet ?
Grâce à cette intrigue déroulée comme un polar, l'auteur nous propose de nous interroger sur notre rapport à Internet, sur l'image du monde que le réseau nous renvoie, sur les vérités qu'il nous impose sans que nous cherchions à les remettre en cause. Avec une question centrale : qui dirige vraiment internet ? Et ceux qui le dirigent ont-ils désormais tous les pouvoirs ?
"L'informatique est régie par une politique douce mais puissante, qui consiste à conduire les conduites des utilisateurs sans leur révéler qu'il y a derrière leur dos un gouvernant et un gouvernement, leur faire croire qu'ils sont libres en veillant à ce que la clôture soit invisible : la liberté du tournebroche. Nous décidons ce qu'ils ont le droit de faire, comment, quand, où, dans quelle direction et à quel point."
Le personnage de Robin symbolise parfaitement cette ambivalence, conscients que nous sommes d'un certain degré d'aliénation mais peu désireux de perdre la sensation de liberté que nous procure Internet. Et nous suivons sa réflexion, ses hésitations avec un intérêt d'autant plus fort qu'il nous parle de nous.
Un roman prenant qui nous montre à quel point la technologie est entrée dans nos vies et nous invite à réfléchir sur la place que nous voulons qu'elle occupe réellement. Presque une question philosophique cachée sous une intrigue policière du 21ème siècle.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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charlitdeslivres
17 septembre 2016
Pour cette lecture, c'est à chaud que j'ai décidé de vous en parler. J'ai aimé ce livre car il est à la fois excitant et terrifiant. On va devenir à la fois acteur et spectateur de ce roman en nous projetant dans ce récit. En y intégrant notre propre vie et notre propre rapport à internet. C'est un texte fort et terrifiant tant par son actualité préoccupante que par son rythme, son style à vive allure.
Ici c'est le concept qui est fort. L'auteur a décidé de nous présenter internet pour pouvoir parvenir à le détruire. Ce texte prend son ancrage dans notre société pour nous peindre une société que l'on connait que trop bien, puisque c'est le notre. Celui que l'on voit tous les jours sans même y réfléchir. Celui où l‘on vit sans se poser de questions. Cet outil qui est à porté de main, qui permet de nous connecter à tout mais également à personne en particulier.
Dans cette société actuelle c'est à travers les yeux et le discours d'un programmeur de génie que prend vie internet. Dans sa création la plus avantageuse comme dans celle qui semble la plus horrible, on va décortiquer internet. On plonge complètement dans ce roman et c'est à travers la descente aux enfers de l'internet que l'on voit se dresser cette chute vertigineuse, profonde, terrifiante.
Ce livre sous des faux airs de policiers va nous entraîner sur une voie perdue. Une voie où tout va disparaître et ne laisser qu'un vide monumental. Aujourd'hui internet fait partie de nous, on s'en sert le matin en se levant, on s'en sert pour chercher, acheter, draguer, vendre, etc. En résumé, sans internet on serait tous perdu. Dans ce récit haletant c'est cette réflexion qui est mise en avant : que faire sans internet ? Comme gérer sa vie, alors que c'est devenu internet qui nous gère ?!
Cette lecture est un condensé de réflexion et d'action. On apprécie la réflexion sur les dangers comme sur les bonnes actions d'internet. On nous démontre le bien comme le mal, et chaque mot trouve son écho en nous, en tant qu'utilisateur, en tant qu'humain affilé à cette bonne connexion ! Ce texte est rapide, à l'image de la fibre, on file de page en page, on détruit, construit, démonte, recrée et j'en passe, on écoute ce que l'on a à nous dire et on boit ces paroles comme si elles étaient écrites pour nous.
Implacable, terrifiant, c'est une plongée dans le monde de demain, celui d'aujourd'hui, celui dans lequel on vit sans même se poser de questions.
Lien : https://charlitdeslivres.wor..
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shmileblik
15 janvier 2017
Un roman au rythme effréné, qui parvient étonnamment à s'arrêter sur l'aspect psychologique de ses personnages. C'est intelligent, bourré d'informations que l'on a envie d'aller vérifier ou creuser davantage sur "internet" en utilisant "google" ou "wikipedia". Je m'attendais à découvrir des théories complotistes, mais il n'en ai rien, tout est logique, froid, déterminé. Au delà de la fin d'internet, il est surtout question de ce qu'est le système à l'heure actuelle, un espace de liberté qui se révèle être une aliénation. Chaque utilisateur est inconscient (ou s'il l'est, ne peut pas y faire grand chose) que les algorithmes l'entravent et ne lui donnent à voir que ce qu'ils jugent être en mesure de pouvoir voir. Nous savons, mais nous subissons tels les humains de l'allégorie de la caverne condamnés à prendre les ombres pour leur réalité.
Sans vouloir rien dévoiler, j'ai également beaucoup apprécié la référence au mythe de Pandore et aux frères Titans. Parce que le roman nous décrit avant tout une histoire d'amitié, d'amour fraternel et évoque la bile qui peut s'en dégager. Et dans ce monde de code majoritairement masculin, l'auteur parvient à donner un positionnement intéressant aux femmes, tantôt mères, tantôt partenaires et tantôt épouses.
Un très bon moment de lecture!
Après coup, je me demande à quel point j'ai été manipulée par le roman, mais qu'importe , j'ai eu un réel plaisir à m'y laisser entrainer...
SP
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Luxi
03 septembre 2016
Les mots me manquent pour décrire mon ressenti en refermant la dernière page de cet époustouflant roman. J'en ressors sonnée, fascinée par la force du livre. Je l'ai tellement aimé que j'ai déjà envie de le relire... le sujet? Détruire Internet, le plus grand réseau de communication et d'information au monde. C'est le projet dément de Paul Mercier et Robin Valéry, deux génies de l'informatique, imaginé sous le nom de code d'"Opération Pandora". Mon esprit a brièvement tenté d'imaginer ce que deviendrait la planète sans cet outil omniscient : une sorte de blackout total dans lequel ne subsisteraient plus que la barbarie et le chaos. Un paysage apocalyptique où ne survivraient désormais que les plus forts et les plus malins.
« – Répondez-moi franchement : qu'est-ce qui se passerait si on détruisait Internet ? Cela m'excite de décrire à Malone ce qui va arriver demain. – Ce serait brutal, comme l'amputation d'un membre gangrené auquel le corps est habitué. On coupe le membre ; il y a du pus ; la chair dégouline ; le patient hurle ; il veut vous tuer ; il veut mourir ; et puis la vie reprend, et un jour, plus tard, le patient vous remercie. »
Malheureusement il m'est impossible d'en parler davantage sans dévoiler l'intrigue.
Tout au long des pages, j'ai été captivée par Robin, celui qui nous raconte son histoire et que l'on suit, fébrile et hypnotisé, le coeur battant, dans ce plan insensé. Aucune respiration dans ce roman effrayant de puissance, de panache et d'angoisse : on est saisi par la poigne de ce milieu de requins, on s'accroche aux personnages pour lesquels on s'inquiète et on ne peut que tourner les pages, encore et encore, jusqu'au dénouement... égaré, vidé. Et que dire de ce dénouement sinon qu'il conclut ce roman de manière exceptionnelle, aussi imprévue pour moi que stupéfiante.
La plume de Guillaume Sire est une magnifique découverte : aiguisée, cynique, noire mais raffinée, pointue, taillée dans l'obsidienne. Je referme ce livre avec le sentiment d'avoir eu là, entre les mains, une petite pépite méconnue. Non seulement j'ai été époustouflée par l'écriture mais j'ai aussi appris des tas de choses sur l'omnipotent Internet, aussi effrayantes qu'extraordinaires. Il y a une vraie réflexion sur cette génération 2.0 de l'écran tout-puissant et du tout-connecté. Formidable progrès ? Formidable prison ? Je ne comprends pas pourquoi on parle aussi peu de ce roman qui, pour moi, est jusqu'à présent LA révélation de cette rentrée littéraire.
Un immense merci aux éditions Plon pour ce merveilleux moment de lecture.
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Citations & extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
OutremontOutremont14 juillet 2016
Les Indiens d'autrefois voyaient le monde comme un réseau dont l'homme aurait été le nœud à la fois marginal et fondamental — une seule énergie. Puis des Occidentaux venus d'Orient ont enroulé leurs voiles autour des nuages ; ils ont séparé l'homme de la nature, la ville de la campagne, le dit de l'écrit, le mot de la chose, l'être de l'étant, la présence de l'absence, le masculin du féminin, la nature de la culture, le cœur du cerveau, l'archaïque du moderne, la phusis du logos, le primaire du savant, le mythe du symbole, l'intuition de la raison ; séparateurs — bouchers ontologiques.
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OutremontOutremont14 juillet 2016
L'amour est la forme la plus inaboutie de la communication. Le bruit y est nécessaire, pourtant il empêche tout. [...] Les murs se rapprochent, la carrière borde le destin. Les sexes se mangent chacun leur tour. [...] A force de s'aimer, on ne sait plus où est l'interrupteur de la télé.
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shmileblikshmileblik14 janvier 2017
Pour m’amuser, j’appellerai mon ranch « Internet », et mes poneys : Amazon, Google, Facebook, Skype, Youtube, Spotify, Netflix et Oracle ; le coq s’appellera Twitter.
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LibrincantoLibrincanto12 février 2017
Elle me regarde naviguer, cliquer, faire glisser les fenêtres, taper plusieurs mots de passe puis ouvrir un dossier. Je me demande pendant ce temps ce que les gens qui ne savent pas coder voient quand ils regardent un écran d'ordinateur. Que voyez-vous ? Une boîte magique ? Ne vous posez-vous pas la moindre question ? Ça ne vous dérange pas d'utiliser un objet sans savoir comment il fonctionne ? Ne vous sentez-vous pas idiots, dépassés, prisonniers ? Ne sentez-vous pas que vous vous éteignez une fois l'ordinateur allumé ?
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OutremontOutremont14 juillet 2016
Le langage, c'est le pouvoir. Le mot précède la chose depuis que notre civilisation est entrée dans l'Histoire. Il n'y a rien qui ne soit soumis au signifiant. Soit le mot tue la chose soit il la domestique ; c'est en nommant les animaux qu'Adam a pu les chasser et les asservir.
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