AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 9791097594008
Éditeur : Serge Safran éditeur (11/01/2018)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Dankala est un petit pays d’Afrique noire écrasé par le soleil, où les ressortissants français, les expatriés, essaient de tuer le temps chacun à leur façon.
Le meurtre isolé d’un soldat français vient soudain perturber cette société blanche et désœuvrée. Et lorsque d’autres meurtres sauvages viennent s’ajouter, ils perturbent la communauté française de la capitale, les discussions s’enflamment, ragots et rumeurs vont bon train, certains cœurs même s’émoustil... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
hcdahlem
  16 janvier 2018
Meurtres mystérieux en Afrique
Pour son premier roman Isabelle Sivan nous entraîne en Afrique où la communauté française est victime de meurtres en série. L'enquête s'annonce délicate.
À 62 ans, Jean Richemont retrouve Dankala où il a commencé sa carrière diplomatique. Après être passé par Madagascar, l'Inde, la Chine, la Côte d'Ivoire et le Sénégal, il a retrouvé Mme Pernaud, sa secrétaire, pour ce qui sera sans doute son dernier poste de Consul.
Le résumé de sa carrière peut se lire sur les murs de son bureau et sur la pile de dossiers qui garnissent son bureau. D'une part des scènes de la vie dankalaise, «des femmes accroupies dans un marché. La silhouette ciselée d'un berger. Un dromadaire sur fond de pierres noires» pour ce qui est de son environnement et de la vie dans cet État que l'on qualifiera d'ex-colonie française, sans davantage de précisions. Et d'autre part, la routine administrative «la prise en charge des nouveaux expatriés. Les présentations, les courbettes et tous les salamalecs qu'il serait obligé de faire pour les accueillir.»
Si le pays peut faire rêver, le quotidien au sein de ce microcosme d'exilés devient vite étouffant. On ne peut quasiment faire un pas sans croiser le colonel Patte, sa femme ou ses quatre fils, le procureur de la République, Mohamed Ibrahim Moussa et sa femme Nadine ou encore la bele Julie Charpentier, directrice du dispensaire, sans oublier le banquier Leguenec qui vient de débarquer avec son épouse. À part les ragots sur les uns et les autres, les écarts alcoolisés de suns, sexuels des autres, voire les deux visant une seule et même personne, on s'ennuie…
Avec autant de cynisme que d'intérêt, on dira que la découverte d'un jeune militaire français assassiné va mettre un peu de piquant dans cette commnauté. Quand, au bout d'un mois deux nouveaux cadavres s'ajoutent à la liste, l'affaire devient «un événement particulier qui remuerait un peu les pierres et les esprits engourdis par l'ennui de ce petit pays».
Et si la métropole continue à faire la sourde oreille, le consul sent que, comme Romain Gary ou Jean-Philippe Rufin, il y a là matière à littérature. Tandis que l'on se perd en conjectures dans les beaux salons de l'ambassade, il s'attelle à son chef d'oeuvre.
Pendant ce temps les autorités locales essaient de trouver une piste, les militaires édictent des consignes de prudence et les morts s'additionnent.
Laurent Radiguet «philosophe et éditorialiste du journal le Monde» se rend à Dankala. Dès lors, l'affaire prend une autre dimension. À l'indifférence polie devant les cadavres qui s'accumulent («personne ne sait rien, personne ne veut savoir») succède un intérêt très particulier, puisque chacun tente de tirer la couverture à lui et d'attirer la «nuée de sauterelles» qui viennent du monde entier pour analyser ce phénomène et donner à Dankala, sinon ses lettres de noblese, au moins une notoriété nouvelle.
Isabelle Sivan réussit à donner à son roman la moiteur de la ville et la vacuité qui caractérise ces néo-colonialistes. On l'imagine se cachée derrière le personnage d'Achille, un mendiant qui est un le spectateur privilégié de ce psychodrame. Avec ses yeux, on prend la dimension très contrastée qui règne dans ce pays. Ici tout est, au vrai sens du terme, noir ou blanc. Européen ou africain, riche ou pauvre, cultivé ou ignorant, dominant ou dominé. Jusqu'à ce que les certitudes commencent à vaciller, et que la vérité commence à déchirer la nuit pour laisser place à un soleil écrasant. «Les anciens disaient qu'à Dankala, la lumière était la mort, cette impossibilité à vivre dont le spierres noires du désert se chargeaient. Et lorsqu'on la sentait s'abattre sur le front, on ne pouvait que les croire».

Lien : https://collectiondelivres.w..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180
SophieLesBasBleus
  14 janvier 2018
Ce n'est pas seulement le climat qui est étouffant à Dankala, ce petit pays d'Afrique noire où la France continue d'envoyer ses militaires malgré la décolonisation. L'atmosphère entretenue par le petit groupe d'expatriés français y est également irrespirable. Ces notables s'y ennuient sans grâce, s'épient et glosent sans fin sur les attitudes des uns et des autres, confits dans l'égoïsme et la condescendance des ressortissants de pays riches. le meurtre horrible d'un jeune militaire français y est traité sur le même plan que l'alcoolisme de l'épouse du consul, comme un moyen de lutter contre l'ennui en faisant circuler les plus folles rumeurs, quitte à en inventer certaines. Cette insensibilité au sort des autres demeure, même lorsque les morts se multiplient. Si Jean Richemont, le consul, s'y intéresse quelque peu, c'est uniquement parce qu'il est certain d'y trouver matière à l'écriture d'un roman qui le placera dans la lignée de Claudel ou Chateaubriand. Seul Achille, le mendiant qui contemple imperturbablement ce mesquin théâtre des apparences et des vanités, semble distinguer les forces qui agissent souterrainement et qui font peser des menaces latentes sur ce microcosme dérisoire.
L'écriture d'Isabelle Sivan exprime magistralement ce climat poisseux et l'ennui désabusé de ces personnages qui errent au bord d'un volcan. La vacuité de leur existence, leur apparente absence de conscience ne suscitent guère d'empathie, ni de sympathie. La manière dont ils sont figurés les apparente à des types, à des rôles désincarnés, dont la véritable intériorité échappe au lecteur. Tout se passe comme si le seul vrai personnage du roman était Dankala, que la description toute en sensorialité, mêlant poésie et réalisme, rend charnel, comme si l'on pouvait en percevoir et en comprendre les mystères et les vibrations.
C'est, pour moi, un roman tout en contrastes. Noirceur de la mort qui plane et lumière obsédante du soleil. Aveuglement des expatriés et conscience aiguë d'Achille. Richesse et pauvreté. Europe et Afrique. le rythme de la narration et l'écriture épousent ces oppositions sans en donner toutes les clés. Si je n'ai pas toujours été emportée par l'intrigue, j'ai été subjuguée par la force évocatrice de cette écriture souple et précise qui donne à la fiction les couleurs du réel. Indubitablement, une auteure à suivre !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
fflo
  04 janvier 2018
Dans ce premier roman Isabelle Sivan nous décrit avec beaucoup de justesse le petit monde des expatriés dans un minuscule pays africain écrasé de soleil où la France continue de vouloir tenir son rôle.
Des meurtres de jeunes soldats français secouent la léthargie de ce microcosme. Les réactions ne sont pas toujours celles auxquelles on s'attendrait. le consul, en fin de carrière, désabusé, croit avoir tout compris et en profite pour s'inventer le roman qu'il a toujours rêvé d'écrire. le colonel qui lui aussi s'ennuie, y voit matière à redorer la grandeur de la France. Ces dames qui n'ont pas grand chose à faire de leurs journées, ne semblent pas presser de voir s'arrêter cette série de meurtres qui dynamise leur quotidien.
Même si j'ai eu un peu de mal à adhérer à l'élucidation des meurtres (j'y avais pensé mais j'estimais que les preuves auraient dû confondre plus vite le ou les assassins!) je trouve ce premier roman bien mené. L'écriture m' a plu, l'atmosphère est très crédible. Il ne se passe pas grand chose dans la vie de ces Français, mais sous ce soleil étouffant qu' a-t-on le courage de faire? Peut-être aurais-je aimé des personnages un peu plus fouillés mais c'est un premier roman. Voilà un écrivain à suivre.

Lien : https://ffloladilettante.wor..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
BrunoDuhamel
  09 janvier 2018
L'imprévu sert de fil conducteur à une galerie de solitudes, et de socle à une écriture tout en finesse, qui révèle un style aussi littéraire que musical. Les mots soulèvent la poussière comme ils transmettent la chaleur étouffante, les parfums de la nuit et les détresses humaines.
Doucement, l'écriture immersive brosse des portraits sensibles, et finit par s'emparer de l'invraisemblable, pour le rendre inquiétant.
Commenter  J’apprécie          10
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem   16 janvier 2018
Achille ferma les yeux. La chaleur fondit sur sa peau d’ébène. Depuis le matin, il n’avait pas bronché, accroupi, les bras tendus posés sur les genoux. Ses longs doigts noueux et secs comme du bois mort tricotaient l’air blanc. Il avait choisi un endroit, le bord d’un trottoir, où il savait qu’il ne serait pas dérangé par l’ombre. La fin août était le meilleur moment de l’année pour observer les passants. Le moment où de nouveaux expatriés arrivaient de France. Si roses, si pâles qu’on les voyait briller la nuit comme des lucioles. Cette année, ils n’étaient pas nombreux. Comme souvent les années aux chiffres pairs. Achille aimait les années paires. Elles étaient riches en événements à l’inverse des autres. Tout particulièrement, les millésimes multiples de quatre. 1976, l’indépendance du pays ; 1984, le grand tremblement de terre ; 2008, l’attentat au bistrot du Palmier Oublié.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
hcdahlemhcdahlem   16 janvier 2018
Tu ne retrouveras pas ton chemin. Toute la noirceur de l'Afrique lui renvoyait cette phrase, un vent sale sans image. Renaud Girod n'avait pas sa veste, son téléphone sur lui. Ses espadrilles n’étaient pas faites pour marcher. Il avait trop bu, trop fumé. Dam quel sale plan s’était-il fourré? Ses pieds alourdis par l'alcool raclaient le sol. Sa fatigue et autre chose, irrémédiablement, se transformaient en une ritournelle sans espoir. Tu ne retrouveras pas ton chemin. Les baraques en tôle sous l’estompe de la nuit se courbaient pour l’éviter. Il n'osait pas les approcher. ll voyait bien, assis sur le seuil, que des hommes riaient sur son passage, que les femmes secouaient leurs mains autour de leur visage pour le chasser. Tous lui criaient qu'il n'avait pas à être là. Lui, dans ce quartier de Noirs à l’écart du centre-ville, lui Blanc, loin de ceux qui lui ressemblaient. Tu ne retrouveras pas ton chemin. Alors, en retrait dans l’obscurité, de loin, il scrutait les îlots de lumière. Il espérait reconnaître, les yeux plissés, un lieu, la couleur jaune d’un taxi qui le ramènerait à la caserne.
Depuis combien de temps marchait-il? Les doigts serrés, il se frotta le poignet pour sentir le bracelet de sa montre. L’heure était son seul repère: sa trace entre le moment où il avait quitté la boîte de nuit et celui où il atteindrait les premières lueurs du jour.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
hcdahlemhcdahlem   16 janvier 2018
Pour la première fois, elle s’engageait sans voiture sur ce chemin. À l’exception du centre-ville, il n’était pas prudent de se déplacer à pied dans les rues de Dankala. Marie-Claire serra son sac contre sa poitrine. Les derniers meurtres qui avaient eu lieu dans le quartier de Belbali n’étaient pas pour la rassurer. Elle suivait l’affaire de loin. Les histoires de politique ne l’intéressaient pas. Mais tout le monde en parlait hier au cocktail de l’ambassade.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
autres livres classés : métropoleVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle




Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (6 - polars et thrillers )

Roger-Jon Ellory : " **** le silence"

seul
profond
terrible
intense

20 questions
1232 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , thriller , romans policiers et polarsCréer un quiz sur ce livre