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EAN : 9782869597679
242 pages
Éditeur : Arléa (01/03/2007)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 186 notes)
Résumé :
Elles sont deux. Fanny et Marion. L’une est la mère, l’autre la fille. Elles vivent ensemble dans ce Paris de l’après-guerre, plein de promesses et de blessures encore ouvertes.

Fanny est une mère célibataire, Marion une petite fille aimante. Tout pourrait être normal mais une ombre rôde, une dissonance s’installe qui fausse leur relation. La petite fille est alertée, par instinct : la voix de sa mère un ton trop haut, ses emportements inexplicables, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (58) Voir plus Ajouter une critique
latina
  16 mars 2019
Vous savez que j'ai une PAL énorme ? Comme la vôtre, d'ailleurs ! Eh bien... je viens d'y RAJOUTER 5 romans de Marie Sizun !
Vous l'aurez compris : j'ai adoré lire la narration de cette auteure.
Enfin, adorer, c'est un mot bien bizarre pour dire ce bouleversement, cette compréhension intime du coeur de Marion, la fille de Fanny et de l'Allemand.

La narration à la 2e personne (comme si Marion s'adressait à elle-même, des années après) pénètre directement au plus profond des sensations, des sentiments, des hésitations, de la compréhension, de la révolte, de l'empathie de cette petite fille puis jeune fille envers sa maman. Sa maman qui est malade, qui est « maniaco-dépressive » disait-on à l'époque d'après-guerre. Sa maman qui l'a conçue avec un soldat allemand, en 1944. Sa maman qui lui dit que son papa est mort en Russie.
Sa maman qui a été rejetée par sa famille, sauf par la chère tante Elisa qui s'enquiert encore de sa nièce bien-aimée.
Et Marion doit « faire avec » tout ça : être la fille d'un Allemand dans ces années-là, et être la fille d'une folle, comme elle l'entendait souvent autour d'elle : « Toi, tu es la fille de Fanny ; tu n'as pour toi que le rire insolent de Fanny ; le rire d'une folle ». C'est d'ailleurs le point de vue de l'enfant par rapport à un parent bipolaire qui est développé ici, bien plus que le fait d'être le fruit d'une faute.
Un enfant a tellement besoin d'être protégé, rassuré. Et ici, c'est tout le contraire. Les phases dépressives succèdent aux phases maniaques : « La chose terrible en elle, la chose mystérieuse, abominable, peut à tout moment se réveiller. Mais c'est peut-être aussi cette présence de l'ombre qui fait d'elle un être magique ».

Ambivalence des sentiments. Envie de ne pas trahir mais aussi de vivre une vie plus insouciante et donc de signaler aux adultes que sa maman ne va pas bien. Désir d'aider mais de s'en sortir aussi.
Se raccrocher à la pensée du père lointain, probablement mort.

Je me suis sentie terriblement proche de cette jeune Marion (alors que je ne connais personnellement pas de personnes bipolaires) et la phrase finale, que je ne citerai pas, est une phrase choc qui m'a bouleversée.
Marie Sizun devient, après la lecture d'un seul de ses romans, un de mes auteurs préférés.
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Ladybirdy
  11 avril 2019
C'est en fine observatrice que Marie Sizun nous décrit les dérives de Fanny, maniaco-dépressive depuis son jeune âge. Amoureuse d'un allemand durant la guerre, elle sera répudiée des siens et donnera naissance à une petite fille, Marion.
L'auteure écrit en tu, comme si son intention était d'enfermer les deux héroïnes dans une prison oppressante. Fanny est malade. Parfois elle va mieux. Elle a des hauts et des bas. Elle chante fort, n'importe où, le temps des cerises, elle ressemble à une folle, elle ressemble à une ombre gigantesque qui ouvre grand la bouche pour clamer tout et rien à la fois. Elle fait peur à Marion. Parce que la petite voit bien que sa maman ne ressemble pas aux autres. Parfois, elle lui parle de la mort, Marion a déjà trop tôt peur de perdre sa maman. Mais quand la folie s'immisce ainsi dans les veines, n'a t-on déjà pas perdu l'être derrière ce masque fou... Pauvre Marion trop tôt responsable, trop tôt victime, trop tôt adulte.
Un roman que j'ai découvert grâce à latina que je remercie. Une découverte mitigée où je suis restée trop à distance de l'histoire suite à la narration en mode observation. Les mots observent, décrivent, mais n'ont pas distillé l'émotion que je m'attendais recevoir.
Un roman un peu trop triste et oppressant pour moi. Même si je concède une jolie plume à Marie Sizun.
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diablotin0
  24 mars 2018
Comme toujours avec les livres de Marie Sizun, j'en ressors bouleversée. Elle sait toucher au plus profond, elle décrit des sentiments vrais qui vont droit au coeur.
La relation mère fille est une fois de plus le thème de ce roman, mais ici, on entre dans la folie maternelle et on y ressort chamboulé car Marie Sizun sait nous interpeller sans en faire de trop. Sa plume est délicate et percutante tout en étant toujours teintée de pudeur.
C'est un merveilleux livre sur les liens parentaux, sur l'amour maternelle, sur l'importance de connaître ses origines filiales, sur la folie et l'amour.
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Patrijob
  12 octobre 2019
Fanny est-elle une bonne ou une mauvaise mère ?
Elle a conçu Marion pendant la guerre avec un soldat allemand.
A l'époque déjà, la maladie pointait le bout de son nez mais l'amour la portait, la magnifiait.
Et puis, la guerre a pris fin, l'allemand est retourné à sa petite vie tranquille, laissant Fanny aux prises avec le mépris de sa famille.
Que pouvait-elle faire d'autre que se débrouiller seule afin que sa petite fille puisse grandir dans les meilleurs conditions ?
Mais c'était sans compter avec le retour de la "bête noire", cette folie qui la guette depuis toujours et enfonce progressivement ses griffes dans sa tête, lui ôtant toute emprise sur elle-même.
Et Marion se rend compte que sa maman n'est pas comme les autres, qu'elle fait tout trop haut, trop fort..mais c'est sa maman chérie, elle l'admire, elle l'aime tout simplement.
Alors, malgré la peur, elle veut la garder pour elle toute seule, la protéger, empêcher l'internement.
Elle puise sa force dans l'image qu'elle se fait de son père, l'homme dont sa mère parle tant, le faisant passer pour un héros mort au combat.
En grandissant, Marion prend conscience que son avenir ne peut pas se limiter aux crises de sa mère. Qu'elle ne peut et ne veut plus céder à son chantage affectif.
Elle prend ses distances, se réfugie chez ses grands-parents maternels et dans ses études, soutenue par l'amitié d'Anna.
Mais la culpabilité, la honte ne sont jamais loin et la jeune fille se morfond dans son impuissance pendant que Fanny s'abîme dans le remord.
Utiliser la deuxième personne du singulier comme narration donne une dimension toute particulière à cet émouvant récit.
La plume de Marie Sizun est empreinte de délicatesse, de pudeur.
La brièveté des chapitres rythme le propos, lui donnant une intensité incomparable dans l'évolution de la maladie et la souffrance des deux femmes.
Un roman coup de coeur que les billets enthousiastes de Latina et d'Annette m'ont incitée à découvrir avec le plus grand bonheur et qui me donne très envie de lire les autres romans de cette auteure de talent.
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Annette55
  31 mai 2019
Je remercie chaleureusement Cécile de m'avoir fait découvrir cette auteure .
Je ressors de cette lecture bouleversée , très émue .
Le récit construit de façon originale : chapitres courts , narration à la deuxième personne lui donne une force émotionnelle intense .
L'on dirait à vrai dire que Marion se dédouble , adulte et parle l'enfant qu'elle fut , à son instinct de petite fille au commencement de tout ...le premier souvenir qu'elle garde de sa mère...
Déjà à deux ans , confusément , elle sent au plus profond d'elle même que quelque chose ne va pas chez sa maman Fanny, un rien imperceptible mais bien réel .
Fanny a connu un soldat allemand, c'est devenu une femme étrangère à elle - même, absente parfois, chantonnant, parfois joyeuse , parfois éteinte, calme ou agitée , violente, hors d'elle, s'emportant , incohérente , alternant les périodes de tempête : elle est maniaco - dépressive ..
L'auteur rend à merveille le parcours de Marion, de deux ans à seize ans, son enfance brisée , volée, , transcrit ses pensées, ses angoisses, ses cauchemars , ses interrogations, ses doutes, ses douleurs , sa gêne, parfois la terreur qui l'envahit lors des crises de Fanny.
Le plus terrible c'est qu'elle se sent « coupable », devient la protectrice de sa maman, pétrie et confondue d'amour pour elle.
Comment se construire et grandir si les rôles s'inversent ?
L'amour ne suffit pas pour terrasser la maladie .
J'ai refermé ce beau livre avec beaucoup de compassion mais aussi une émotion incommensurable, avec l'impression de revivre cette histoire si douloureuse tellement l'écriture de cet ouvrage , pudique , vrai, est belle , douce, nous parle dans l'oreille .
Merci Cécile de me faire acheter de telles pépites .
Magique !
Je viens d'acheter «  Les soeurs aux yeux bleus » de Marie Sizun ...
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
LadybirdyLadybirdy   10 avril 2019
Ta mère fait tout trop haut, fait tout trop fort. Elle n’est pas comme les autres. Elle détonne parmi les fidèles, ces gens tranquilles, sans éclat, ces gens qu’on ne remarque pas, qu’on ne voit pas ; tu entends bien comme leur voix est faible et la sienne sonore, comme elle ouvre la bouche largement alors qu’eux sont là, nez baissé sur leur chant maigrelet. Dans un monde décoloré elle est en rouge. Elle crie au milieu des muets. Elle danse parmi des gisants.
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latinalatina   16 mars 2019
C'est la chose la plus épouvantable qui soit, les chocs électriques ; qu'on attache les gens comme des bêtes ; qu'on les relie à des électrodes ; que la secousse est si terrible qu'ils croient mourir ; et qu'après, quand on les relâche, quand on les délivre, c'est comme s'ils étaient vidés d'eux-mêmes, qu'on leur avait volé leur âme, leur esprit , leur mémoire ; qu'ils n'existaient plus que comme des corps perdus ; que leur personnalité mettait longtemps à revenir, et qu'il en manquait toujours des morceaux : c'était ça que les médecins appelaient guérir.
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lauredanselauredanse   20 mai 2013
Oui vous êtes heureuses toutes les deux, ta mère et toi ; heureuse d’un bonheur lumineux, singulier, bien à vous. Un bonheur si naturel qu’on ne penserait pas qu’il puisse s’arrêter. Pourtant, tu sens déjà, quelque part, comme une ombre. Tu as le vague sentiment que quelque chose peut arriver : une idée comme ça, une inquiétude indéfinie. Un peu comme la crainte qu’on a pour des bulles de savon, ces bulles merveilleuses, toutes dorées, que Fanny t’a appris à faire devant la fenêtre : tu sais qu’elles peuvent éclater l’instant d’après et ne rien laisser, que le souvenir d’un rêve.
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LadybirdyLadybirdy   11 avril 2019
Elle détache les paroles de façon si triste et si violente, elle leur donne un tel sens que tu en es bouleversée. Il n’y a pas une de ses intentions secrètes qui t’échappe, et c’est insupportable. Tu as mal de sa folie, de ce trop de beauté et de chagrin.

Quand refleurira le temps des cerises…
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au cœur…
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PatrijobPatrijob   13 octobre 2019
Tu les regardes, ces gens sages, ennuyés et dociles, penchés sur leur missel, ou fixant sur les évolutions du prêtre à travers l'autel, sur sa gesticulation en chaire, leurs yeux vides. Elle, ta mère, toute droite, la tête haute, récite les paroles de la liturgie sans le secours du livre, flamboyante, le regard brillant d'une joie insolente. Ta mère magnifique, insupportable.
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Vidéo de Marie Sizun
Samedi 25 Mai nous avons eu la chance d'accueillir dans notre librairie Marie Sizun, venu nous parler de son dernier titre "Les s?urs aux yeux bleus" publié aux éditions Arléa ! Voici un extrait de cette rencontre !
Site : https://www.librairieravy.fr/ page Facebook : https://www.facebook.com/Librairie-RAVY-175491889157470/ instagram : https://www.instagram.com/librairieravy/?hl=fr
A bientôt dans votre librairie !
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