AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782869599710
280 pages
Éditeur : Arléa (05/01/2012)
3.81/5   86 notes
Résumé :
Et voilà que les choses, curieusement, lui apparaissent sous un autre jour, décalées : comme s'il avait suffi d'un rien, d'un léger déplacement, pour qu'elle ressente une tendresse nouvelle, étrangement poignante. Une tendresse pleine de questions. C'est elle qui n'avait rien compris.

Marie Sizun décrit, avec sa sensibilité douce et ardente, quelques jours essentiels dans la vie d'une femme qui, après trente-cinq ans d'absence, revient à Paris sur un ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
3,81

sur 86 notes
5
9 avis
4
11 avis
3
6 avis
2
2 avis
1
0 avis

domisylzen
  04 octobre 2016
Un léger déplacement ?
Pourtant le livre démarre par un bond de géant. Ellen revient des Etats-Unis suite au décès de sa belle-mère. En héritage, un appartement à Paris, dans lequel elle a vécu, avec son père et sa mère. Mais quand sa mère est décédée, une belle-Mère est venue prendre sa place avec son fils.
Revenue pour une semaine, Ellen ne sait pas trop quoi faire de cet appartement : le vendre, le louer ? Ici tout lui rappelle sa belle-mère mais peu à peu les souvenirs de son enfance lui reviennent … grâce aussi à la voisine de palier. Progressivement des pans oubliés de son histoire remontent à la surface.
Un livre, une histoire tout en rondeur, avec une écriture tout en douceur, en poésie, avec une description très progressive, presque chaste des événements. Un livre d'ambiance dans lequel j'ai plongé et que j'ai adoré, avec une grande tendresse pour tous les personnages de ce roman.
Commenter  J’apprécie          851
nadejda
  03 novembre 2016
Ellen, en se mariant avec Norman, va s'enfuir de Paris vers New-York où elle tient avec son mari une petite librairie française. Hélène devient Ellen. Elle décide de revenir seule à Paris, alors que rien ne l'y obligeait, pour régler une succession, vendre l'appartement jusqu'alors occupé par sa belle-mère qui vient de décéder.
Elle était bien revenue à Paris lors du décès de son père mais très rapidement en compagnie de Norman.
Elle avait refermé les portes de sa mémoire qu'un léger déplacement va progressivement, en douceur et subtilité , rouvrir.
Le passé revient en force, se glisse dans ce léger déplacement vécu dans l'avion comme "un basculement soudain, un vertige qui l'entraîne dans un espace intérieur inconnu". En se renouvelant et se prolongeant au cours de son séjour à Paris, il va laisser place aux souvenirs et filtrer la lumière éclairant le passé.
p11 Ce qui avait précédé, ce moment inconnu, cette jolie absence, quelle légèreté ! Tout était devenu simple. Il n'y avait qu'à se laisser aller. Plus rien n'avait d'importance : on était dans une sorte de grâce.
Cette sorte de grâce va nimber d'une douceur lumineuse tout ce séjour à Paris. Elle va se sentir comme absente et pourtant de plus en plus présente, progressivement de plus en plus proche de ce et ceux qu'elle avait tenté d'occulter.
"Et voilà que les choses, curieusement, lui apparaissent sous un autre jour, décalées : comme s'il avait suffi d'un rien, d'un léger déplacement, pour qu'elle ressente une tendresse nouvelle, étrangement poignante pour son père. Une tendresse pleine de questions." p 106
"Dans le silence de l'appartement, c'est le silence de son père qu'elle retrouve : dans l'absence, une indéfinissable présence." p 109

Le passé revient en force, se glisse dans les interstices ouverts lors de légers déplacements successifs qui sont comme des pas de côté qui s'enfoncent dans des pans de mémoire masqués.
Ce retour seule à Paris, avec sa mémoire qui se ravive progressivement, la fait vivre entre deux mondes.
Beaucoup de choses restées "obscures à elle-même" vont s'éclairer, se révéler au cours de ces journées hors du temps, parenthèses où la vie avec Norman, New-York s'estompe. L'entre-deux où elle évolue tout d'abord comme en apesanteur, se concrétise pour laisser place à des retrouvailles avec elle-même où elle fait la paix avec les ruptures douloureuses restées enfouies jusqu'à ce retour.
Un très beau livre qui nous entraîne de l'autre côté du miroir, qui enlève au temps son importance en faisant fondre les concrétions qu'il avait formées et durcies.
"On ne peut vivre de l'autre côté du miroir. Mais si, par hasard, on a aperçu ce qui s'y passait, peut-être perd-on à jamais le goût du réel. Ce n'était qu'un déplacement de quelques degrés, mais il a pour toujours modifié notre vision des choses." p 289
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          575
Annette55
  14 avril 2019
Hélène ?Ellen?Nana? Léna ? revient à Paris suite au décès de sa belle - mère Ida pour liquider la succession .
Vendre ou louer l'appartement de sa belle - mère ?
Elle vit à New-York depuis 35 ans, dirige une petite librairie française aux côtés de son mari Norman. Ils ont une fille médecin.
Revenue pour une semaine tout doucement , comme par « Un un léger déplacement, sa mémoire se libère , ses souvenirs reviennent à la surface...On ressent sa douleur et ses doutes ...
Le lecteur s'attache au travail doux, juste et très fin de l'auteur.
Elle reconstruit « temps perdu et retrouvé », semblable à la sensation d'être un peu à côté des choses et pas vraiment à sa place...décalage dans l'espace et souvenirs douloureux, comme une aquarelle transparente : faire le deuil de sa mère lorsqu'elle avait huit ans , traverser « Ses quartiers »de Paris presque oubliés , dévoiler le mystère de Stéphane , ce « gros petit garçon »et sa belle- mère Ida ... revenir sur un amour de jeunesse douloureux, comprendre les silences de son père , ses manques et ses oublis, ses secrets ....
C'est un livre délicat, un ouvrage d'ambiance , tendre et tout en nuances ....tissé de légers fils subtils où les sentiments qui naissent des souvenirs figurent un « basculement soudain » un « vertige » qui entraîne Ellen dans un espace intérieur ré- apprivoisé...
Quelques jours suffiront à Hélène pour réfléchir , cerner les éléments de ses souffrances , réfléchir à sa vie, y voir un peu plus clair , au delà du miroir ....
Un très beau livre lu d'une traite ...sur le sens de la vie, la mémoire et le temps , le passé ...
Un ouvrage particulier, si subtil et élégant qu'il est délicat de l'analyser....
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          489
jeunejane
  28 avril 2018
Ellen vit à New-York avec Norman, son mari.
Ensemble, ils ont eu une fille, Elisabeth qui vit à Boston, avec qui elle entretient des rapports plus lointains sans trop bien savoir pourquoi.
Ellen et son mari ont une librairie française à Chelsea depuis une quarantaine d'années.
A la mort de la femme de son père, elle doit revenir à Paris pour régler la propriété de l'appartement qui lui appartient. elle va rentrer dans son ancien logement, rencontrer une ancienne voisine.
Et c'est là que Marie Sizun va effectuer un travail remarquable d'écrire un roman dans le passé.
Ellen qui se nommait Hélène avant son départ va revenir sur les traces de son passé, va effectuer "Un léger déplacement" et élucider petit à petit les éléments qui lui ont fait mal comme ne pas oser faire le deuil de sa mère morte quand elle était petite, revenir sur un amour de jeunesse qui s'est mal terminé, élucider le mystère du petit garçon de sa belle-mère.
Les pensées d'Hélène vont voyager pendant ces quelques jours avec comme toile de fond un malaise physique mais surtout des éclaircissement nécessaires pour sa sérénité.
Nous la quittons au moment de son embarquement pour New-York.
C'est un roman au style magnifique qui ne demande aucun effort pour rentrer dans l'ambiance quand on apprécie l'auteure.
A plusieurs reprises, je me suis fondue dans le personnage et me suis fait la réflexion : "Et si c'était moi qui devais me replonger soudain dans le lit de mon enfance, dans la maison de mon enfance...
Très beau...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          477
sabine59
  01 août 2021
J'aime de plus en plus l'univers subtil, dense psychologiquement, de Marie Sizun, son écriture tout en délicatesse. Ses personnages fragilisés, en quête d'eux-mêmes, me bouleversent. Coup de coeur pour ce roman, comme l'avait déjà été " Un jour par la forêt."
Ellen, qui approche la soixantaine, vit depuis trente-cinq ans à New-York, où elle tient une petite librairie avec son mari, Norman. Une existence douce, peut-être un peu monotone. Sa fille , à son grand regret, s'éloigne d'elle, la jugeant toujours ailleurs. Elle n'est revenue rapidement en France que pour l'enterrement de son père, trois ans après son départ pour les Etats-Unis.
Mais voilà que sa belle-mère détestée ( la deuxième femme de son père, Ellen a perdu sa maman à huit ans) meurt, elle avait l'usufruit de l'appartement où Ellen a grandi. Elle doit donc entreprendre le voyage jusqu'à Paris pour décider ce qu'elle fera de ce bien qui lui appartient.
Et doucement, Ellen redevient Hélène... Et même la petite Nana. Et aussi Lena, le prénom que lui avait donné son premier amour...
Doucement, comme un léger deplacement, une rupture tendre, le passé va l'envelopper et esquiver le présent . Doucement, les souvenirs vont affluer, pendant qu'elle loge dans l'immeuble de l'enfance. L'image maternelle perdue va se recréer.Les moments occultés, parce que trop douloureux, à nouveau émerger, la compréhension de certains secrets se faire peu à peu. L'apaisement venir...
" Regarder du côté du passé, c'est chercher à entrer dans l'image que le miroir vous renvoie d'une chambre magique: bien plus étrange, plus belle, plus forte que peut l'être la chambre réelle."
Je n'arrive pas, je pense, à restituer la beauté mélancolique, poignante, de ce roman, c'est souvent ainsi pour les livres qui nous touchent fortement, nous emportent dans leurs sillage, nous imprègnent de leurs mots . J'espère au moins vous avoir donné envie de le découvrir, il le mérite.



+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          438

Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda   24 octobre 2016
Elle rêve. Elle se voit flottant, vieille Ophélie, sur une rivière dont le courant l'emporte au fil de l'eau, très doucement, si doucement. Au-dessus, le ciel, la lente mouvance des nuages. C'est curieux, elle n'éprouve aucune inquiétude, ne se demande pas où elle va, ni pourquoi. Elle ignore depuis quand elle est là, et pour combien de temps. La notion de temps même a disparu.
Elle aime ce voyage immobile et horizontal, ce voyage dont elle ignore tout. Ce léger déplacement qui lui a donné accès à un autre ordre de choses. p 235
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          270
jeunejanejeunejane   28 avril 2018
Elisabeth : image insistante de la petite fille tendrement aimée mais devenue étrangère à l'adolescence. Qui est-elle à présent? L'image devient floue. Imprécise. Factice. Elle s'aperçoit qu'elle est incapable de se rappeler exactement les yeux de sa fille. ...
Est-ce parce qu'elle ne la voit plus très souvent que le souvenir s'est à ce point fragilisé?
Commenter  J’apprécie          202
PusziPuszi   16 mars 2014
p. 125 « Elle n’avait pas répondu. Elle avait été incapable de lui répondre. De lui parler. Aussi silencieuse devant lui qu’elle l’avait été alors devant son père quand il lui avait annoncé ça, cette chose énorme (son remariage avec Mme Zollmacher). C’était comme la répétition d’un échec, l’impossibilité de dire, de communiquer l’essentiel, cet essentiel qui restait là à vous étrangler. Comme si son amour pour son père et celui qu’elle avait eu pour Ivan étaient voués, inexplicablement, au même échec. L’un reprenant l’autre. Le constat d’une demande impossible. C’est tout ça qu’elle découvre aujourd’hui dans une clarté qui lui semble éblouissante. Cette infirmité de la parole. »

p. 246 « Ellen ne le lui dit pas, mais maintenant elle le sait : même les choses tristes, il y a une façon de se les rappeler qui rend heureux. Quand bien même elle ne serait revenue ici que pour apprendre ça, elle n'aurait pas fait le voyage en vain. »

p. 291 « Non, elle ne saura jamais exactement ce qui s’était passé autrefois ; si Stéphane est son frère ou non ; si la jeune femme morte a su ou non la vérité ; si c’est cette vérité qui l’a tuée. Tout ça n’a pas beaucoup d’importance. Ce qui en a, c’est l’amour et la pitié qu’elle ressent pour chacun de ceux qui ont vécu ici, dans cet appartement, où ils ont tous liasse un peu de leur âme. »

« On dirait que les images du passé si étrangement restituées par la mémoire sont plus fortes que celles de la vie présente. Comme si, dans le silence de ces années dormantes, il s'est produit une étrange alchimie. »

« Ce n'est pas la réalité d'autrefois qu'on voit dans le souvenir, même douloureux, mais une réalité plus vraie et plus intense, qui, avec le temps, a pris la couleur de notre âme. Comme un tableau ne doit sa beauté qu'au regard du peintre. »

« On ne peut pas vivre de l'autre côté du miroir. Mais si, par hasard, on a aperçu ce qui s'y passait, peut-être perd-on à jamais le goût du réel. Ce n'était qu'un déplacement de quelques degrés, mais il a pour toujours modifié notre vision des choses. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Annette55Annette55   14 avril 2019
«  Elle rêve . Elle se voit flottant, vieille Ophélie , sur une rivière dont le courant l’emporte au fil de l’eau , très doucement, si doucement. Au- dessus, le ciel , la lente mouvance des nuages. C’est curieux , elle n’éprouve aucune inquiétude , ne se demande pas où elle va, ni pourquoi. Elle ignore depuis quand elle est là, et pour combien de temps. La notion de temps même a disparu. »
Commenter  J’apprécie          120
claraetlesmotsclaraetlesmots   16 janvier 2012
On ne peut pas vivre de l'autre côté du miroir. Mais si, par hasard, on a aperçu ce qui s'y passait, peut-être perd-on à jamais le goût du réel. Ce n'était qu'un déplacement de quelques degrés, mais il a pour toujours modifié notre vision des choses.
Commenter  J’apprécie          170

Videos de Marie Sizun (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marie Sizun
L'Enfant parfaite Vanessa Bamberger Éditions Liana Levi Collection Littérature française
La Maison de Bretagne Marie Sizun Éditions Arléa Collection 1er mille
Tu éclaires ma nuit Grégoire Laurent Huyghues-Beaufond Éditions du Cerf
Vivre avec nos morts : petit traité de consolation Delphine Horvilleur Éditions Grasset Collection Document
Dictionnaire Jésus École biblique et archéologique française (Jérusalem) Renaud Silly, Olivier-Thomas Venard Éditions Bouquins Collection La collection
autres livres classés : Paris (France)Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox

Vous aimez ce livre ? Babelio vous suggère




Quiz Voir plus

Famille je vous [h]aime

Complétez le titre du roman de Roy Lewis : Pourquoi j'ai mangé mon _ _ _

chien
père
papy
bébé

10 questions
1206 lecteurs ont répondu
Thèmes : enfants , familles , familleCréer un quiz sur ce livre