AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2869599714
Éditeur : Arléa (05/01/2012)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 57 notes)
Résumé :
Et voilà que les choses, curieusement, lui apparaissent sous un autre jour, décalées : comme s'il avait suffi d'un rien, d'un léger déplacement, pour qu'elle ressente une tendresse nouvelle, étrangement poignante. Une tendresse pleine de questions. C'est elle qui n'avait rien compris.

Marie Sizun décrit, avec sa sensibilité douce et ardente, quelques jours essentiels dans la vie d'une femme qui, après trente-cinq ans d'absence, revient à Paris sur un ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
domisylzen
04 octobre 2016
Un léger déplacement ?
Pourtant le livre démarre par un bond de géant. Ellen revient des Etats-Unis suite au décès de sa belle-mère. En héritage, un appartement à Paris, dans lequel elle a vécu, avec son père et sa mère. Mais quand sa mère est décédée, une belle-Mère est venue prendre sa place avec son fils.
Revenue pour une semaine, Ellen ne sait pas trop quoi faire de cet appartement : le vendre, le louer ? Ici tout lui rappelle sa belle-mère mais peu à peu les souvenirs de son enfance lui reviennent … grâce aussi à la voisine de palier. Progressivement des pans oubliés de son histoire remontent à la surface.
Un livre, une histoire tout en rondeur, avec une écriture tout en douceur, en poésie, avec une description très progressive, presque chaste des événements. Un livre d'ambiance dans lequel j'ai plongé et que j'ai adoré, avec une grande tendresse pour tous les personnages de ce roman.
Commenter  J’apprécie          751
nadejda
03 novembre 2016
Ellen, en se mariant avec Norman, va s'enfuir de Paris vers New-York où elle tient avec son mari une petite librairie française. Hélène devient Ellen. Elle décide de revenir seule à Paris, alors que rien ne l'y obligeait, pour régler une succession, vendre l'appartement jusqu'alors occupé par sa belle-mère qui vient de décéder.
Elle était bien revenue à Paris lors du décès de son père mais très rapidement en compagnie de Norman.
Elle avait refermé les portes de sa mémoire qu'un léger déplacement va progressivement, en douceur et subtilité , rouvrir.
Le passé revient en force, se glisse dans ce léger déplacement vécu dans l'avion comme "un basculement soudain, un vertige qui l'entraîne dans un espace intérieur inconnu". En se renouvelant et se prolongeant au cours de son séjour à Paris, il va laisser place aux souvenirs et filtrer la lumière éclairant le passé.
p11 Ce qui avait précédé, ce moment inconnu, cette jolie absence, quelle légèreté ! Tout était devenu simple. Il n'y avait qu'à se laisser aller. Plus rien n'avait d'importance : on était dans une sorte de grâce.
Cette sorte de grâce va nimber d'une douceur lumineuse tout ce séjour à Paris. Elle va se sentir comme absente et pourtant de plus en plus présente, progressivement de plus en plus proche de ce et ceux qu'elle avait tenté d'occulter.
"Et voilà que les choses, curieusement, lui apparaissent sous un autre jour, décalées : comme s'il avait suffi d'un rien, d'un léger déplacement, pour qu'elle ressente une tendresse nouvelle, étrangement poignante pour son père. Une tendresse pleine de questions." p 106
"Dans le silence de l'appartement, c'est le silence de son père qu'elle retrouve : dans l'absence, une indéfinissable présence." p 109

Le passé revient en force, se glisse dans les interstices ouverts lors de légers déplacements successifs qui sont comme des pas de côté qui s'enfoncent dans des pans de mémoire masqués.
Ce retour seule à Paris, avec sa mémoire qui se ravive progressivement, la fait vivre entre deux mondes.
Beaucoup de choses restées "obscures à elle-même" vont s'éclairer, se révéler au cours de ces journées hors du temps, parenthèses où la vie avec Norman, New-York s'estompe. L'entre-deux où elle évolue tout d'abord comme en apesanteur, se concrétise pour laisser place à des retrouvailles avec elle-même où elle fait la paix avec les ruptures douloureuses restées enfouies jusqu'à ce retour.
Un très beau livre qui nous entraîne de l'autre côté du miroir, qui enlève au temps son importance en faisant fondre les concrétions qu'il avait formées et durcies.
"On ne peut vivre de l'autre côté du miroir. Mais si, par hasard, on a aperçu ce qui s'y passait, peut-être perd-on à jamais le goût du réel. Ce n'était qu'un déplacement de quelques degrés, mais il a pour toujours modifié notre vision des choses." p 289
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          565
joedi
27 février 2015
Ellen est dans l'avion qui l'emmène de New York à Paris, pour une semaine, sans Norman, son mari qui n'a pu la dissuader de faire ce voyage et est resté à Chelsea, quartier de Manhattan, dans leur petite librairie française. Ensemble, ils ont une fille diplômée de médecine et installée à Boston. Une fois à Paris c'est Hélène qui débarque, c'est ici qu'elle est née, Ellen c'est aux USA qu'on la nomme ainsi. Il y a trente-cinq ans qu'elle est partie et n'est revenue qu'une fois, juste pour l'enterrement de son père. Aujourd'hui, elle revient après le décès de sa belle-mère, il lui faut décider quoi faire de l'appartement familial dont elle hérite. Pendant la semaine qu'elle passe dans sa ville natale, les souvenirs affluent, Hélène revit son enfance et son adolescence jusqu'à son départ avec Norman. Marie Surin raconte, de façon magistrale, Hélène et les quartiers parisiens qu'elle traverse. À lire pour la beauté de l'écriture !
Commenter  J’apprécie          382
zabeth55
05 septembre 2016
Un léger déplacement…… c'est ce que ressent Ellen dans l'avion qui la mène de New-York à Paris.
Voilà 35 ans qu'elle est partie. Elle revient s'occuper de la vente de l'appartement familial.
Un léger déplacement…….. c'est sa sensation dans cet appartement retrouvé.
Les souvenirs resurgissent, si profondément enfouis. Elle n'est là que pour huit jours, mais le passé la rattrape Elle ne pensait pas que ça pourrait être aussi violent.
Comment en huit jours, retrouver une vérité perdue. Comment se retrouver.
D'une écriture douce et sensible, Marie Sizun nous fait partager cette avalanche de sentiments inattendus.
Que la mémoire peut être traîtresse ! Quelle part de nous que l'on croyait disparue fait que nous sommes ce que nous sommes ?
Ellen est troublée dans sa vie actuelle par ce passé resurgi.
C'est un personnage attachant dans lequel on se retrouve aisément.
Commenter  J’apprécie          270
Cath36
28 septembre 2012
Je ne connaissais pas encore Marie Sizun et j'ai eu un vrai coup de foudre pour ce livre, fin, délicat, subtil dans l'analyse des sentiments qui naissent du souvenir, et si profond.
Une femme qui vit aux Etats-Unis avec son mari et sa fille revient à Paris après le décès d'une belle-mère qu'elle n'avait pas aimée et découvre un secret de la vie de son père, mort lui aussi, qui va chambouler la perception qu'elle avait de son enfance tout en faisant remonter à sa conscience les évènements douloureux de sa jeunesse, et finalement la réconcilier avec son passé.
Il y a dans cette écriture un vrai toucher de musicienne avec des phrasés debussystes. Proust n'aurait pas renié ce texte et sa petite musique à la fragilité de cristal dont la transparence révèle peu à peu ce que les méandres du coeur gardaient caché et dont les silences soulignent autant ce qui est dit que ce qui n'est qu'évoqué.
Les pépites, ces petites phrases qui atteignent le coeur y sont nombreuses, disséminés par-ci par-là et nous incitent à ce "léger déplacement" qui est celui du regard de la mémoire par-delà la matérialité du temps. Comme si peut-être une autre dimension du temps était possible, avec la présence de ceux qui nous étaient chers, au-delà d'une histoire d'absences successives, à commencer par celle de la mère, trop tôt disparue, qui pèse d'un bout à l'autre du livre par petites touches successives. Absence à soi-même, absence aux autres (morts ou encore vivants) et pourtant une présence à l'instant vécu si intense qu'elle dénoue les fils du passé et réconcilie le coeur avec ce qu'il avait raté.
Certes, ce n'est pas un livre que je recommanderai à ceux qui aiment l'aventure et l'action, mais à ceux qui en sont en quête de sens et de présence au monde. Plus on avance dans la lecture, plus on a l'impression d'avancer en eau profonde et cela vaut la peine de persévérer malgré certaines longueurs -lenteurs ?- pour découvrir la beauté d'ensemble de ce texte.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          220
Citations & extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda24 octobre 2016
Elle rêve. Elle se voit flottant, vieille Ophélie, sur une rivière dont le courant l'emporte au fil de l'eau, très doucement, si doucement. Au-dessus, le ciel, la lente mouvance des nuages. C'est curieux, elle n'éprouve aucune inquiétude, ne se demande pas où elle va, ni pourquoi. Elle ignore depuis quand elle est là, et pour combien de temps. La notion de temps même a disparu.
Elle aime ce voyage immobile et horizontal, ce voyage dont elle ignore tout. Ce léger déplacement qui lui a donné accès à un autre ordre de choses. p 235
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          270
claraetlesmotsclaraetlesmots16 janvier 2012
On ne peut pas vivre de l'autre côté du miroir. Mais si, par hasard, on a aperçu ce qui s'y passait, peut-être perd-on à jamais le goût du réel. Ce n'était qu'un déplacement de quelques degrés, mais il a pour toujours modifié notre vision des choses.
Commenter  J’apprécie          170
domisylzendomisylzen08 septembre 2016
C'est le début de la matinée … Elle vient d'arriver, d'ouvrir sa porte, comme chaque jour, de découvrir l'assemblée de ses livres encore tout endormis de nuit, leur parfum, leur silence.
Commenter  J’apprécie          210
Cath36Cath3628 septembre 2012
Elle ne le lui dit pas, mais maintenant elle le sait : même les choses tristes, il y a une façon de se les rappeler qui rend heureux. Quand bien même elle ne serait revenue ici que pour apprendre ça, elle n'aurait pas fait le voyage en vain.
Commenter  J’apprécie          140
PusziPuszi16 mars 2014
p. 125 « Elle n’avait pas répondu. Elle avait été incapable de lui répondre. De lui parler. Aussi silencieuse devant lui qu’elle l’avait été alors devant son père quand il lui avait annoncé ça, cette chose énorme (son remariage avec Mme Zollmacher). C’était comme la répétition d’un échec, l’impossibilité de dire, de communiquer l’essentiel, cet essentiel qui restait là à vous étrangler. Comme si son amour pour son père et celui qu’elle avait eu pour Ivan étaient voués, inexplicablement, au même échec. L’un reprenant l’autre. Le constat d’une demande impossible. C’est tout ça qu’elle découvre aujourd’hui dans une clarté qui lui semble éblouissante. Cette infirmité de la parole. »

p. 246 « Ellen ne le lui dit pas, mais maintenant elle le sait : même les choses tristes, il y a une façon de se les rappeler qui rend heureux. Quand bien même elle ne serait revenue ici que pour apprendre ça, elle n'aurait pas fait le voyage en vain. »

p. 291 « Non, elle ne saura jamais exactement ce qui s’était passé autrefois ; si Stéphane est son frère ou non ; si la jeune femme morte a su ou non la vérité ; si c’est cette vérité qui l’a tuée. Tout ça n’a pas beaucoup d’importance. Ce qui en a, c’est l’amour et la pitié qu’elle ressent pour chacun de ceux qui ont vécu ici, dans cet appartement, où ils ont tous liasse un peu de leur âme. »

« On dirait que les images du passé si étrangement restituées par la mémoire sont plus fortes que celles de la vie présente. Comme si, dans le silence de ces années dormantes, il s'est produit une étrange alchimie. »

« Ce n'est pas la réalité d'autrefois qu'on voit dans le souvenir, même douloureux, mais une réalité plus vraie et plus intense, qui, avec le temps, a pris la couleur de notre âme. Comme un tableau ne doit sa beauté qu'au regard du peintre. »

« On ne peut pas vivre de l'autre côté du miroir. Mais si, par hasard, on a aperçu ce qui s'y passait, peut-être perd-on à jamais le goût du réel. Ce n'était qu'un déplacement de quelques degrés, mais il a pour toujours modifié notre vision des choses. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Videos de Marie Sizun (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marie Sizun
Marie Sizun - La Gouvernante suédoise .Marie Sizun vous présente son ouvrage "La Gouvernante suédoise". Parution le 25 août 2016 aux éditions Arléa. Rentrée littéraire 2016. Retrouvez le livre : http://www.mollat.com/livres/sizun-marie-gouvernante-suedoise-9782363081162.html Notes de Musique : North Country by Anitek. Free Music Archive. Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
+ Lire la suite
autres livres classés : Paris (France)Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Famille je vous [h]aime

Complétez le titre du roman de Roy Lewis : Pourquoi j'ai mangé mon _ _ _

chien
père
papy
bébé

10 questions
878 lecteurs ont répondu
Thèmes : enfants , familles , familleCréer un quiz sur ce livre
. .