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EAN : 9782251448893
Éditeur : Les Belles Lettres (12/01/2019)

Note moyenne : 4.66/5 (sur 16 notes)
Résumé :
En 1944, impatient d’aller combattre dans le Pacifique, Eugene B. Sledge s’engage comme simple soldat dans le Corps des Marines après avoir suivi une brève formation à l’école des officiers. Il livre ses premiers combats sur l’île de Peleliu, une épreuve physique et psychologique qui marquera le jeune servant de mortier à vie, et participe ensuite à la campagne d’Okinawa en 1945, l’une des batailles les plus meurtrières de la guerre du Pacifique. Plusieurs années ap... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
zenzibar
  11 avril 2020
Steven Spielberg et Tom Hanks ont réalisé deux séries télé sur la vie et la mort de soldats américains pendant la dernière guerre mondiale.
La première relate à partir du livre de Stephen E. Ambrose les péripéties de la Easy Company du mythique 101ème régiment de parachutistes engagé sur le front de l'Ouest à partir de 1944, la seconde celles d'une section de servants de mortiers de la 1er division de marines dans le Pacifique.
Pour ce second opus, les réalisateurs ont construit leur oeuvre sur la base de ce livre d'Eugène Sledge, « Frères d'armes ».
Il existe une sorte d'asymétrie entre les qualités respectives des images et des mots.Autant à mon humble avis, le livre d'Ambose se révèle décevant par rapport à la qualité des images, autant ce livre d'Eugène Sledge domine la série « The Pacific » pourtant aussi réussie que « Band of brothers ».
Ce livre n'est pas un manuel d'histoire sur la guerre du Pacifique, il ne traite même pas de l'intégralité des deux brasiers dans lesquels l'auteur et ses camarades ont été jetés, irradiés, Peleliu et Okinawa. Si deux ou trois annexes, avec quelques cartes, une chronologie n'auraient pas été inutiles il n'en demeure pas moins que ce livre peut être lu sans pré-requis.
Autre réserve, l'affreuse couverture de l'édition française des « Belles lettres ». La photo avec ce marine « GI Joe » qui ajuste virilement sa cible est complètement décalée, me semble t-il, avec le propos du livre. Ce n'est absolument pas un livre d'aventures guerrières ; la photo d'un visage ravagé, d'un cyclone, voire d' une tombe eussent été beaucoup plus appropriées.
Car s'il s'agit d'un extraordinaire témoignage historique, c'est d'abord un exceptionnel récit d'une terrible descente aux enfers d'un être humain, qui du gendre idéal devient un guerrier expert, une machine à tuer. La banalité du mal...où comment un gentil fils de médecin, famille tranquille, peut congédier des valeurs sur le respect de la vie, du prochain.
Au fil de cette descente aux enfers, Eugène Sledge a trouvé le temps, les mots, ne serrai-ce qu'au plus profond de son être, pour mémoriser, graver ce dégoût de lui, des événements avec une force hallucinante. Il a su capturer ses émotions, au-delà des réactions attachées aux actes de survie les plus primaires imposés par cette guerre.
Le livre proprement dit, n'a été écrit et publié que bien plus tard (1981). On pense inévitablement à Jorge Semprun avec « L'écriture ou la vie », la tragédie du survivant du camp qui doit choisir entre raconter et réapprendre la vie.
Car c'est l'autre dramatique révélation, la fin des combats ne met pas un terme aux épreuves, la réinsertion dans la vie « civile » est douloureuse, voire impossible pour nombre de vétérans ; trouver un travail, réapprendre des relations humaines... . Une fois éteints les feux d'artifice de la victoire, les héros deviennent vite des indésirables, leur regard, leur silence portent l'horreur, la déshumanisation absolue des jours et des nuits de feu et de sang.
Cet ouvrage a aussi le mérite de relater des aspects situés dans un angle mort de l'histoire officielle de ce conflit. Pour beaucoup, les combats ont cessé le 08 mai 1945. Cette date correspond « uniquement » à la capitulation allemande, le cauchemar ne s'est arrêté que le 02 septembre 1945. Entre temps, Okinawa, Hiroshima, Nagasaki…excusez du peu...
Oubli sur la phase finale, mais aussi sur le début. La guerre en Asie a commencé non pas à Pearl Harbour en 1941 mais avec l'invasion par les troupes japonaises de la Chine en 1931. Il y a une forme de racisme académique dans le positionnement du curseur, comme si les souffrances inouïes de la population chinoise, les milliers de morts ne comptaient pas, s'agissant d'une guerre uniquement entre jaunes.
Un livre dont la lecture devrait être programmée au lycée comme l'est par exemple le journal d'Anne Franck ; enfin tant que les sciences humaines représentent encore un intérêt pour les managers de l'Educatnat.
Respect, Eugêne
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panurge
  14 mars 2019
RECHERCHE ET DESTRUCTION
• le contexte
« La guerre, brutale et peu glorieuse, n'est qu'un horrible gâchis.
Le combat laisse une marque indélébile sur ceux qui sont contraints de l'endurer. Les seuls facteurs de rédemption étaient le courage incroyable de mes camarades et le dévouement qu'ils avaient les uns envers les autres. L'entraînement du Marine Corps nous enseignait à tuer avec efficacité et à essayer de survivre mais il nous apprenait également la loyauté les uns envers les autres-et l'estime. C'est cet esprit de corps qui nous a permis de tenir » (E.Sledge)
Les batailles de Peleliu (15 septembre-25 novembre 1944) et d'Okinawa (1er avril 1945-4 juillet 1944) s'inscrivent dans la conquête progressive d'iles du Pacifique permettant de mettre le Japon à la portée d'un débarquement américain
Le coût des combats est le suivant :
- -Peleliu : 8769 américains tués, blessés ou portés disparus ; 11 000 japonais tués
- Okinawa : plus de 50 000 tués dont 15 000 marins; perte de 50 pour cent pour les 1ères et 6ème divisions de Marines
"Ces affrontements relevaient de « lutte d'anéantissement existentiel et ce massacre était alimenté par une haine politique, culturelle, et raciale qui ne faisait pas de quartier » (V. Hanson-Introduction) .
• L'écrivain
"Aucun n'en est revenu intact ; nombre d'entre eux ont donné leur vie, certains leur santé, d'autres leur équilibre mental. Tous ceux qui ont survécu se souviendront longtemps de horreur qu'ils préfereraient oublier ; ils ont cependant souffert et accompli leur devoir afin qu'une patrie protégé puisse profiter de la paix si chèrement acquise.
Nous avons une dette de profonde reconnaissance à l'égard de ces Marines » (E.Sledge)
Eugen Bondurant Sledge (surnommé « Sledgehammer »-Marteau de Forgeron ou Massue-par ses camarades de combat) (1923-2001). Il fut enrôlé comme servant de mortier de 60 mm dans la Compagnie K, 3e Bataillon, 5e régiment, 1re division des Marines (K/3/5). Son livre précis, documenté sur les dates et lieux, retrace la guerre nue que se firent américains et japonais.
• le livre
Dédicacé « à la mémoire du capitaine A.A Haldane commandant bien-aimé de la K/3/5 et aux vieux de la vieille », cet ouvrage est devenu une référence historique. Il a servi de base (avec le livre de Robert LeckieHelmet for my pillow ») à la mini-série Pacific.
.
• le récit
« Je les ai vues de près, les morts qui ont été les vôtres, Et les vies que vous avez vécues étaient les miennes » (.R. Kipling).
« Frères d'armes » est le plus terrible récit de combat que j'ai lu jusqu'à présent.
E. Sledge décrit ce qui s'est passé comme cela s'est passé. La Guerre dans son absolue horreur.
Il restera toujours entre le survivant d'une épreuve collective extrême et le lecteur attentif, respectueux, compassionnel ce qui fait le cauchemar de leurs vies : le bruit, les odeurs, la vue, le contact avec l'inhumanité, l'aléa de leur survie qui les coince entre la nécessité absolue de parler de ceux qui tombèrent, l'aspiration à retrouver une vie banale, simple, pacifique, l'impossibilité de cicatriser (toutes celles et ceux qui passèrent par le tamis de la destruction se condamnent, dès qu'ils parlent à des personnes n'ayant pas "expérimenté" ce moment d'épouvante, à revivre directement ce à quoi ils cherchent à échapper, et à « y retourner » la nuit).
« Frères d'Armes » compte légitimement parmi les témoignages les plus importants, les plus essentiels, les plus utiles qu'on puisse lire sur les affrontements guerriers puisant dans la solidarité et dans la haine l'énergie nécessaire à la destruction de l'ennemi.
Conclusion
"Avant que vienne le prochain millénaire et que les pays cessent de vouloir asservir les autres, il sera nécessaire d'accepter des responsabilités et d'être prêts à consentir des sacrifices au nom de son pays-comme l'ont fait mes camarades ainsi que le disaient les soldats « si le pays est assez bon pour qu'on y vive, il l'est assez pour qu'on se batte pour lui. le privilège va de pair avec la responsabilité » (E.Sledge).
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LesLecturesDeMelanie
  05 mars 2019
*Je tenais tout d'abord à remercier Babelio pour la masse critique et la maison d'édition "Les Belles Lettres" pour m'avoir donné l'opportunité de lire ce roman.*
Ce livre est considéré par beaucoup comme le meilleur récit de guerre et de champs de bataille jamais écrit car l'auteur offre un aperçu de ce à quoi ressemble vraiment l'engagement avec les Marines et la guerre, chose rare dans la plupart des livres de nos jours.
Eugène Sledge nous fait part de ses mémoires et ce qu'il à vécu durant la Seconde Guerre Mondiale. On va le suivre pendant son engagement, sa formation et au combat sur les îles de Peleliu et d'Okinawa.
Il nous retranscrit l'histoire accompagnée également de photos et montre à quel point la guerre dans le Pacifique fut horrible.
J'aime tout ce qui touche à l'Histoire, le devoir de mémoire est pour moi quelque chose d'important que l'on ne doit pas oublier.
J'ai trouvé le livre très intéressant et bien écrit la lecture se fait avec fluidité les termes ne sont pas complexes et pourtant les détails sur l'expérience vécue par Sledge et ses collègues des Marines dans la lutte pour son pays sont stupéfiants.
Ce livre devrait être dans la pile à lire de tout le monde même si vous n'êtes pas fan de récits de guerre celui-ci est écrit avec justesse et sincérité.
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Villebard
  08 août 2020
Jamais un lieu géographique n'a si mal porté son nom que “Océan Pacifique” au cours des années 1941-1945. L'auteur nous fait revivre la guerre dans toute son horreur. L'entrainement dans le corps des marines n'est qu'un aimable avant-goût de ce qui l'attend (il reconnaitra que cela lui a sauvé la vie). Ensuite, la pourriture des îles, pas paradisiaques pour un dollar, putréfaction des noix de cocos, invasion de crabes par milliers, moustiques par millions. Et puis ce sera les deux grandes batailles de Peleliu et d'Okinawa que Dante n'aurait jamais imaginées. La barbarie de la soldatesque nippone se déchaine, décérébrée par la propagande et le culte impérial où se rendre est une infamie et où l'ennemi méprisé n'a qu'un avenir : être tué, même au prix de sa propre vie pour la gloire de l'Empire. Les japonais vandalisent les corps des marines, se suicident au combat… Les soldats qui avaient aux alentours de vingt ans sont morts par milliers, dans la boue, dans les rochers où la dureté du corail interdisant de creuser des abris, dans la jungle, sous la mitraille, le feu des snipers… La haine à l'état pur qui conduit à la déshumanisation et aux chocs post-traumatiques. Un grand témoignage. Spielberg ne s'y est pas trompé.
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eric_olivier
  10 juillet 2020
"Ceux qui ont le plus de compassion pour les autres sont ceux sont ceux, qui à la guerre, souffrent le plus.
Un livre essentiel. Un jeune américain s'engage dans l'armée est il est envoyé dans les iles du Pacifique pour les reprendre aux Japonais.
Les ravages physiques et psychologiques de la guerre y sont décrits de manière très sèches, comme un journaliste. Il n'y a presque pas de place pour l'empathie (sauf pour certains de ces amis qu'ils voient chuter mais ce n'est que pour être renvoyé à sa propre crainte de mourir).
On peut lire ce livre comme un historien le lira mais aussi y voir la guerre qui transforme un jeune homme en machine à tuer sans sentiment et détruit en lui toute humanité.
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critiques presse (2)
LeMonde   25 mars 2019
Eugene B. Sledge a publié, en 1981 aux Etats-Unis, Frères d’armes, témoignage saisissant des combats qui eurent lieu en 1944 sur l’île de Peleliu. Le voici enfin traduit.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LeFigaro   28 février 2019
Témoignage de référence sur la guerre du Pacifique, Frères d'armes n'était pas traduit en français. C'est chose heureusement faite. Sledge nous raconte son expérience de marine, engagé à vingt ans dans les combats dantesques contre les troupes japonaises sur l'île de Peleliu puis à Okinawa.

Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
zenzibarzenzibar   06 avril 2020
Pendant cette accalmie les hommes ont dépouillé les morts.ennemis pour prendre des souvenirs.

Une tache atroce qu’ils effectuaient de façon extrêmement méthodique. (…)
Les homme fanfaronnaient, comparaient leurs prises et souvent les troquaient.

C’était un rituel banal et horrible comme il en a existé depuis la nuit des temps sur les champs de bataille où les ennemis se vouent une haine réciproque.

Et comme dans toute guerre cela rien de civilisé, c’était fait avec cette sauvagerie particulière qui caractérisait le combat entre les marines et les Japonais. Il ne s’agissait pas seulement d’une chasse aux souvenirs ou de piller des cadavres ennemis, on aurait dit des guerriers prenant des scalps.

(p. 269)
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zenzibarzenzibar   30 mars 2020
Bien que je sois au beau milieu de ces événements précipités, j’ai baissé les yeux sur ma carabine en réfléchissant sobrement.

Je venais de tuer un homme à bout portant.

Avoir vu la douleur sur son visage quand mes balles l’avaient atteint m’avait ébranlé.

D’un seul coup la guerre est devenue une affaire très personnelle. L’expression de cet homme m’a rempli de honte et de dégoût pour la guerre et tout le malheur qu’elle provoquait.

L’expérience que j’avais eue jusque là du combat m’a fait comprendre que de tels sentiments à l’égard d’un soldat ennemi n’étaient pas des méditations larmoyantes d’imbécile. Moi qui faisait partie du 5ème régiment de Marines-un des régiments les plus anciens, les meilleurs et les plus durs du Marine Corps- je me sentais honteux d’avoir abattu un adversaire avant qu’il ait eu le temps de me lancer sa grenade !

Je me suis senti idiot et me suis félicité que mes camarades ne puissent pas lire dans mes pensées.

(P. 226)
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zenzibarzenzibar   30 mars 2020
L’accepter était difficile.

Nous venons d’un pays et d’une culture qui valorisent la vie et l’individu.

Se retrouver dans une situation où votre vie semble n’avoir que peu de valeur vous plonge dans une suprême solitude. C’est une expérience qui rend humble.

La plupart des vétérans avaient déjà fait face à cette réalité à Guadalcanal ou à Gloucerter, mais c’est ici, dans ce marécage qu’elle m’est tombée dessus.
(p. 199)
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LesLecturesDeMelanieLesLecturesDeMelanie   01 mars 2019
Le sergent recruteur portait un pantalon de treillis bleu, une chemise kaki, une cravate et un calot blanc. Ses chaussures brillaient comme un sous neuf. Il m'a posé tout un tas de questions et a rempli d'innombrables formulaires officiels. Quand il m'a demandé si j'avais "des cicatrices, des marques de naissance ou d'autres signes particuliers", je lui ai parlé d'une cicatrice de deux centimètres et demi sur mon genou gauche. Et lorsque j'ai voulu savoir pourquoi il me posait cette question, sa réponse a été la suivante: "Pour qu'on puisse vous identifier sur une plage du Pacifique après que les Japs auront fait sauter vos plaques militaires." Telle a été mon introduction à l’extrême réalisme qui caractérisait le Marine Corps et que je découvrirais par la suite.
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LesLecturesDeMelanieLesLecturesDeMelanie   03 mars 2019
Attendre constitue une partie essentielle de la guerre, mais je n'ai jamais vécu un suspense aussi insoutenable que la torture atroce de ces instants qui ont précédé le signal de l'assaut sur Peleliu. La tension montait à mesure que les bombardements s'intensifiaient. Couvert de sueur froide, le ventre noué, j'avais une boule dans la gorge et n'arrivais à avaler ma salive qu'avec une extrême difficulté. Mes genoux manquant se dérober, je me suis vaguement accroché au montant du tracteur. J'avais la nausée et redoutais que ma vessie se vide en révélant le lâche que j'étais.
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