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EAN : 9782757860670
192 pages
Éditeur : Points (26/01/2017)
3.61/5   23 notes
Résumé :
« Les livres d'Iceberg Slim présentaient les Noirs comme des êtres humains et nous rendaient notre dignité. Avant même d'avoir entendu parler des Panthers, Iceberg Slim m'a fait comprendre qu'il était important d'écrire sur les ghettos. »
Sapphire, auteur de Push et du Kid

La redécouverte de textes inédits de l'auteur culte de la « trilogie du ghetto », Pimp, Trick Baby et Mama Black Widow : Robert Beck, alias Iceberg Slim, célèbre proxénète no... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Rebus
  07 octobre 2015
Iceberg Slim nous raconte quelques bribes de souvenirs, en une quinzaine de billets. du temps où il était maquereau à Chicago. Mais pas que ça. Loin de là.
C'est d'ailleurs le seul reproche que je peux faire : pourquoi ne pas avoir gardé le titre original : The naked soul of Iceberg Slim ? Car finalement, sa vie de mac est accessoire ici, et cela donne une vision réductrice de l'ouvrage.
Iceberg Slim livre d'abord et avant tout ses réflexions sur la vie humaine et quotidienne d'un homme noir dans une Amérique qu'il qualifie de raciste . Il nous parle de ses séjours en prison, notamment le dernier, où il est enfermé pendant 10 mois dans une boîte en acier, à en devenir dingue, sans oublier l'inhumanité et la corruption des matons. Après ce séjour, il arrêtera d'ailleurs d'arpenter les rues et changera de vie. Il nous relate aussi certains souvenirs du temps de l'enfance, et du temps de son « maquereautage ».
Iceberg Slim s'est beaucoup investi dans la lutte contre les discriminations envers la population noire. Il exprime sa colère et son énorme ressentiment contre les Blancs d'Amérique aux commandes du pays.
Il ne cherche pas non plus d'excuses à son passé : il a voulu devenir mac, atteint par le poison de la rue. Il assume et ne regrette rien. Il met par contre en garde les novices qui auraient envie de s'y mettre. Parfois sans succès.
Le langage est imagé et fleuri, parfois cru, parfois poétique.
Ce n'est pas un livre facile à lire, il fait appel à beaucoup d'émotions. Mais c'est un livre atypique et très intéressant. J'avais déjà lu un ouvrage d'Iceberg Slim il y a des années, Trick baby, qui m'avait laissé un souvenir très fort. C'est la même chose avec celui-ci : une lecture qui donne à réfléchir.
Merci à la masse critique de Babelio et aux éditions Belfond.
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nathalia1307
  12 octobre 2015
Robert Maupin Beck, devient Iceberg Slim quand il devient maquereau dans le Chicago des années 30-
Durant 25 ans, il va exercer ce "métier" car comme il le dit si bien le poison s'était déjà infiltré en lui, Ce poison auquel il fait référence est celui de la haine, qui cloue la population noire dans les ghettos des grandes villes, sans droits et à la botte des blancs, sa révolte est empreinte de déceptions, d'exclusions lorsqu'il est enfant, et également des colères de ses pairs, qu'il observe et interprete-
Si le récit est plutôt poignant au départ, Iceberg Slim inspire une impression plutôt négative, au fil des pages il déballe avec une certaine dureté ce qui fait son quotidien, les ficelles du maquereautage, puis le récit évolue (il s'agit plutôt d'une lecture thématique dans ce recueil qu'un récit autobiographique) et très vite les propos évoquent le racisme, qui gangraine la société américaine, depuis toujours. Un racisme assez violent, quand il est raconté de l'intérieur, et intéressant à lire car il nécessite à la lecture un effort.
On sent au fil des page que le discours d'Iceberg Slim évolue, assez hargneux et revendicateur dans sa jeunesse, Iceberg Slim se veut plus réfléchit et sage dans ses propose pour encourager et défendre la lutte pour les droits civiques-
Au fil des pages, j'ai découvert les pensées et les réflexions d'un libre penseur, qui va préférer les mots pour défendre ses idées à la violence physique et morale- D'ailleurs la manière dont Iceberg Slim devient écrivain est assez drôle.
On ne suis pas à proprement parler son itinéraire, cependant c'est à l'issue d'une longue période d'emprisonnement à l'isolement, qu'il décide de passer à une autre chose, pas sans mal d'ailleurs-
Plusieurs lettres sont également retranscrites, notamment celle ou il conseille un de ses lecteurs, sur métier d'écrivain, est très touchante-
J'ai aussi apprécié "Racisme et Révolution Noire", il évoque la dévalorisation des femmes à peau très noires, les hommes leur préférant des femmes à peau blanche ou plus claire, un constat pas si évident à formuler-
Si la lutte des droits civiques couvre l'ensemble de cet ouvrage, Iceberg Slim l'évoque surtout à travers Malcom X, Melvin X, les Blacks panthers- Il n'hésite pas à caricaturer et dénoncer ouvertement les "frères" noirs qui jouent le jeu des blancs.
Auteur à l'authenticité certaine, Iceberg Slim convainc.
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kanterror
  14 octobre 2015
Lu dans le cadre de Masse Critique
Sympathique collection que ces Belfond Vintage, aux couvertures multicolores attrayantes, mais qui cachent derrière cet aspect clinquant de la vraie littérature qui envoie, à l'instar de l'excellent livre d'Erskine Caldwell publié dans la même série. D'Iceberg Slim, je connaissais la fameuse trilogie, dans laquelle figure "Pimp" qui traine dans ma pile de livre à lire depuis un moment. Mettons les choses au point tout de suite : "Du temps où j'étais mac", recueil biographique de courtes nouvelles et autres témoignages m'a conforté dans mon désir de m'y mettre rapidement. Voila un ouvrage ne payant pas de mine mais qui recèle pourtant de sacrées belles pépites. On peut couper grossièrement le livre en deux parties : dans une première partie, on retrouve les mémoires de maquereau, avec son lot d'histoires graveleuses, de poésie du bitume, de fleurs de macadam et autres personnages charismatiques, et dans une seconde partie le propos se fait plus engagé : cause des Noirs, contexte politique et relents ségrégationnistes de l'époque, guerre du Vietnam, Black Panthers, écartèlement entre une revendication d'intégration dans une société dont on estime faire partie et un rejet brutal d'un système WASP à mille lieux de son identité profonde. C'est le reproche que l'on peut faire au choix du titre de cet ouvrage, qui dépasse largement le simple croquis d'une époque que l'on fantasme sans doute, en temps que jeune blanc européen, comme "hollywoodienne". On retrouve bien un dandysme caricatural, un langage fleuri proprement époustouflant dont on entend presque rugir les cuivres de Melvin Van Peebles, Curtis Mayfield et Isaac Hayes. Mais au delà de ca, on est surtout ébahi par la verve et le talent de Robert Beck, aka Iceberg Slim, quand il sort un texte comme "Lettre à papa", où s'adressant à son père en quelques pages, l'auteur devient saisissant de justesse, de sobriété et de beauté.
Portrait d'une époque, d'un personnage et de sa rédemption, d'un combat humain et identitaire, ces textes font toujours mouche 50 ans après leur écriture. Une réussite.
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Contributeur
  27 septembre 2016
« du temps où j'étais mac » a pour titre original : « The naked soul of Iceberg Slim ». Et ça n'a strictement aucun sens dans la mesure où précisément l'auteur ne parle pas de son expérience de mac. Cette dernière est amplement développée dans sa « trilogie du ghetto » avec les trois volumes : Pimp, Trick Baby et Mama Black. On s'attend donc à rencontrer quelques putes aux yeux au beurre noir et à la vulve défrisée par des clients pathétiques et des maladies honteuses. Faux. Ce livre est en réalité une succession de textes courts, de lettres, de réflexions, de souvenirs qui content la vie d'Iceberg durant sa jeunesse et à l'ère qui suivit son abandon de la profession de mac. C'est rondement bien mené, le style est là, vif, chatoyant, percutant et sans langue de bois. On retrouve la liberté de parole des années 70 dans cette Amérique ségrégationniste encore, raciste surtout. J'ai toujours mal au coeur de voir que les maisons d'éditions s'attachent à faire les fonds de tiroirs des auteurs morts et qu'elles refusent les manuscrits d'auteurs parce que la nouvelle, la chronique ou l'échange épistolaire ne seraient pas commercialement viables. Ce livre se lit vite, bien, on n'en sort pas, on se laisse prendre à ses réflexions. Je me dis que si Iceberg était vivant, tout juste sorti de prison, avec les éditeurs actuels focalisés sur la protection de leur chiffre d'affaire, tout au plus aurait-il droit d'être diffusé sur les plateformes d'autoédition qui pullulent sur Internet. Il rentre dedans, il dénonce le racisme viscéral des blancs, et particulièrement des progressistes qui donnaient des miettes du gâteau « liberté » aux noirs pour les rendre plus dociles encore à leur cause. Il réaffirme également la virilité de l'homme noir à faire trembler toutes bonnes féministes contemporaines, et bien sûr, il donne là une leçon prodigieuse en matière de soutien à la lutte violente de ses frères des Blacks Panthers. Cette époque est si loin et pourtant à nos pieds, sous nos yeux, sous la semelle de nos godillots de révoltés de canapé. L'Amérique défenseure de la Liberté… Regardez-la aujourd'hui, relisez-la dans cet hier pas si lointain retranscrit de façon fulgurante par Iceberg Slim.
Lien : http://leonel-houssam.blogsp..
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LadyOsoleil
  02 janvier 2021
Je m'attendais à tomber sur un ensemble d'anecdotes sur la vie d'un pimp. Mais il n'en est rien.
Du temps où j'étais mac est une sorte de mémoire de l'auteur, un retour sur sa vie et presque un avertissement pour tout individu attiré par le glamour de cette profession.
Iceberg Slim s'engage dans un discussion sur la race et la traitement de la population noire du ghetto dans les années 60/70.
Ce fut intéressant autant que surprenant.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
nathalia1307nathalia1307   12 octobre 2015
Car nous sommes noirs, et nous sommes obligés de nous battre avec une arme, un stylo ou de n'importe quelle manière efficace pour notre survie, notre honneur, notre virilité et notre évasion du douloureux ghetto mental auquel cette société criminelle, le nègre non engagé est pris au piège. Mais par les temps qui courent, se jeter dans le mouvement révolutionnaire violent reviendrait à se prendre pour un guerrier en colère qui défie l'armée ennemie avec une brique. Implique toi dans les luttes du ghetto. Aide ta communauté à se battre. Et écris mon frère. Résiste toujours à l'envie de ne vivre que pour toi même-La vie de mac m'a piégé dans ce bourbier pendant un quart de siècle-
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nathalia1307nathalia1307   12 octobre 2015
L'homme noir est tourmenté, torturé, angoissé, et aimanté par le fantôme sexuel de la femme blanche qui hante son esprit. De nombreux Noirs doivent hair la femme avec la même férocité qu'ils la désirent; et même quand ils l'étreignent, au cours de brefs instants de conscience ils doivent mépriser sa blancheur et leur propre faiblesse. Car elle est après tout ce symbole pale et meurtrier susceptible de provoquer une épouvantable juxtaposition d'images d'organes sexuels noirs arrachés, de cadavres écrabouillés, carbonisés, qui se balancent à leur cou tordu, leur langue violette, dardée par des têtes de mort sans lèvres, au regard fou
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StockardStockard   06 juin 2017
L'Amérique est conduite à sa mort par des drogués du pouvoir racistes et embarqués dans un voyage insensé – le fantasme fatal que soldats et policiers puissent broyer et anéantir, avec leurs matraques et leurs armes, une force indestructible : le désir ardent de dignité, de justice et de liberté de l'âme humaine. Et le public américain gobe les salades selon lesquelles l'holocauste naissant sera étouffé avec de l'essence.
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StockardStockard   31 mai 2017
Mon horrible douleur, papa, réside désormais dans cette conscience amère que la compréhension et la compassion sont les seules réactions adaptées vis-à-vis des hommes noirs, et en particulier des pères obligés de renoncer à leur virilité dans ce creuset raciste et brutal qu'est l'Amérique.
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nathalia1307nathalia1307   12 octobre 2015
Mon expérience du ghetto et l'image que j'en ai sont celles d'un lieu sauvagement familier ou règne la chaleur spirituelle et roche de ce qui, pour l'écrivain, représente des trésors de pathos, de conflits et de lutte. Je suis convaincu que pour moi, c'est l'unique endroit qui me permettrait de découvrir et conserver ma conscience, de qui je suis réellement et ou je pourrais trouver mon hâvre, mon rôle dans cette société criminelle. Mon frère j'ai peur de m'enfuir vers un autre ghetto, étranger et luxueux, ou je serais sans doute perdu parmi des arrivistes bidon, des fanatiques obnubilés par leur position sociale à la con, que je devrais singer pour me faire accepter
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