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Critiques sur Chanson douce (878)
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nameless
  18 août 2016
La lecture de Chanson douce m'a occasionné un choc, que ma mémoire de lectrice n'est pas près d'oublier, je remercie donc en préalable Gallimard et Babelio, sans qui cette secousse littéraire n'aurait pas eu lieu.

La scène inaugurale décrit un tableau aussi horrible qu'irréparable digne des meilleurs scénarios de films d'horreur, en totale contradiction avec le titre du roman qui laisse présager une paisible histoire. Dans les chapitres suivants, Leïla Slimani dévoile l'implacable chronologie des événements qui ont abouti à cet épilogue.

Tout a commencé lorsque Myriam, avocate, habituée à défendre des assassins et donc censée bien les connaître, décide de travailler à nouveau après avoir consacré quelques années à l'éducation de Mila et Adam, ses enfants. Paul, son mari, et elle-même, recrutent une nounou pour s'occuper des bambins. C'est ainsi que Louise entre dans leur appartement et dans leur vie. Jeune femme effacée, veuve, en difficulté financière, Louise révèle rapidement des talents de fée du logis dignes d'une nounou irréelle, telle une Mary Poppins jaillie d'un livre pour enfants. Ménage, cuisine, bouquets, rangement, entretien du linge, jeux et sorties avec Mila et Adam, histoires et berceuses, rien n'échappe à sa perfection. Chaque jour elle devient davantage nécessaire au bien-être familial, tandis que Myriam et Paul veillent scrupuleusement, en “bons” patrons qu'ils veulent être, à garder la bonne distance avec elle, à ne pas l'humilier.

Il serait dommage de déflorer davantage l'intrigue et gâcher ainsi le plaisir de la découverte des futurs lecteurs de Chanson douce qui est à sa manière, un roman à suspense. C'est la raison pour laquelle, je préfère parler du style de Leïla Slimani, singulier et brillant, sous son apparente simplicité parfaitement travaillée. Avec beaucoup de talent, elle instille dans son récit l'inéluctabilité du drame, à doses homéopathiques, ajoute habilement quelques granules dans chaque page sous la forme de menus faits quotidiens, alourdit lentement la menace qui plane, blanche, indicible, sulfureuse. Sans jamais porter de jugement sur ses personnages, elle utilise une écriture sobre, aussi neutre que l'est un rapport d'autopsie, totalement adaptée à cette autopsie d'une catastrophe annoncée. Elégants et sensibles, les mots sont agréablement assemblés pour former des images émouvantes, teintées d'une poésie mélancolique qui accentue le rythme lancinant du roman. Avec économie, sans verbiage, sans effet spectaculaire, elle restitue des émotions fortes et nuancées, d'une petite voix douce qui murmure à l'oreille du lecteur une berceuse, ou un conte enfantin.

Chanson douce contient aussi une subtile analyse des modes de vie actuels. Tout au long du roman, Leïla Slimani, évoque avec pudeur et tendresse à travers les difficultés de leur vie journalière, le sort de ces petites gens, souvent immigrées, souvent sans papiers, toujours démunies, ces fantômes urbains qui vivent dans un monde parallèle et vendent leurs compétences domestiques et maternelles, et offrent quelques mots d'amour et d'affection, en baoulé, dioula, arabe, hindi, filipino, russe, aux marmots que leur confient des couples économiquement dominants, pris dans le tourbillon de carrières qui les prive de temps.

Je souhaite beaucoup de succès à Leïla Slimani, parce qu'elle le vaut bien. Et pourquoi pas le Goncourt ?
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michfred
  09 novembre 2016
Tout a été dit déjà sur le livre de Leïla Slimani, et j'arrive après la bagarre- après le carnage plutôt.

Je viens de le lire d'une traite, ce matin, pour ne pas penser à ces lendemains- gueule-de- bois des élections américaines ni à ces autres lendemains gueule-de-bois bien français qui nous attendent dans quelques mois…

Je dois dire que le remède est souverain : j'ai été emportée par ce thriller terrible dont les premières pages, atroces, nous disent d'emblée à quoi il faut nous attendre. Sans rien enlever, pour autant, à la terrible fascination d'un récit dépouillé, factuel, ni à la pertinence de l' analyse impitoyable du lent processus de désagrégation et d'entropie qui fait de Louise, nounou trop parfaite, une folle infanticide .

Le récit de Leïla Slimani, en effet, démonte brillamment le mécanisme d'une impitoyable aliénation sociale, morale, sentimentale et psychique qui transforme une pauvre créature sans amour en machine à tuer.

Ce qui, à chaud, me frappe plus que tout, est l'importance que prend, dans cette folie dévastatrice, le manque douloureux, béant, d'un « quelque part où aller ». Une citation en exergue de Dostoïevski indique déjà cette piste : « Car il faut que tout homme puisse aller quelque part ».

Toute femme aussi.

Sans lieu à elle- c'est-à-dire sans lieu conforme à ce qu'elle est, Louise, vraie maniaque d'ordre, de propreté, de confort- qu'elle dispense si bien et si miraculeusement dans son lieu de travail- est vouée à l'inexistence ou à la vie machinale des bêtes et des fous.

C'est pourquoi la vue de l'homme qui défèque sans vergogne dans la rue, devant la porte de son misérable appartement où la douche pourrie s'est effondrée, la renvoie à une vision terrible de son propre avenir.

Si elle perd son travail, si la famille qu'elle a investie, charmée, circonvenue, ne refait pas un autre bébé pour l'occuper, s'ils ne l'emmènent pas en vacances dans cette île- mirage de Sifnios où elle rêve de trouver asile, si la voisine de ses patrons ne lui permet pas de gagner quelques sous supplémentaires pour payer les dettes qui l'accablent, Louise sait qu'elle ira grossir la cohorte des sans domicile fixe, des clochards et des fous qu'elle voit errer dans les rues de Paris.

Et quand cette menace se précise, elle bascule dans la folie meurtrière.

Le crime est atroce.

Les « patrons » , Myriam et Paul, sont pitoyables mais pas vraiment coupables : dévorés par leur travail, ils ont tout délégué à Louise, lui ont tout abandonné : enfants, maison, repas, loisirs, intimité…Elle semble avoir tous les pouvoirs, cependant il leur reste un terrible privilège: la congédier. Ils se sentent gênés d'avoir cette toute-puissance sur l' existence fragile et dévouée de celle qui est devenue une sorte d'esclave domestique consentante. Pire encore : ces jeunes bobos se sentent culpabilisés de trouver leur parfaite nounou, cette « pauvre Louise » taillable et corvéable à merci, petit à petit , envahissante, malsaine et secrétant un malaise diffus sur lequel ils ne mettent un nom que quand tout est trop tard.

Un livre sans parti pris, sans pathos, sans jugement qui donne à voir et à toucher du doigt non pas le processus d'une maladie mentale- même si Louise, comme on l'apprend a souffert autrefois de dépression grave, de « mélancolie délirante » et s'est fait interner- mais le processus d'une aliénation sociale, qui condamne la femme surtout si elle est fragile, pauvre, seule et mère célibataire et si elle se frotte à un monde qui n'est pas le sien : « Paul et Myriam ferment sur elle des portes qu'elle voudrait défoncer. Elle n'a qu'une envie : faire monde avec eux, trouver sa place, s'y loger, creuser une niche, un terrier, un coin chaud. »

Rectifions l'aphorisme de Blaise Pascal : tout le malheur des hommes est de ne pouvoir avoir une chambre où demeurer tranquille.

Tout le malheur des femmes comme Louise est de ne pas avoir quelque part où aller.Et tout le malheur qu'elle déchaîne vient de ce que personne ne l'ait compris ou vu à temps.

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Kittiwake
  19 octobre 2016
C'est clair, d'entrée de jeu, Leila Slimani ne ménage pas son lecteur. La scène inaugurale est sordide et fait froid dans le dos ( on comprend l'angoisse suscitée chez les mères qui confient leurs enfants, même à des « perles » pour pouvoir se consacrer à leur travail).

Et la suite n'est pas faite pour rassurer : la relation qui s'installe entre Paul, Myriam et Louise n'a au départ rien d'inquiétant. Bien au contraire, les parents comblés par la qualité des services de cette femme si dévouée , si prévenante, voient d'un oeil bienveillant les bénéfices mesurables sur leur vie quotidienne : ils ont embauché la baby-sitter parfaite, une fée qui met de l'ordre dans leur vie , une Mary Poppins, une nounou de rêve .

C'est compliqué d'être patron, de trouver la bonne distance, de faire preuve de gratitude sans humilier , et d'autorité sans blesser . C'est le coeur de l'intrigue, le problème de la place prise (ou abandonnée par facilité à la jeune femme dont on ne connaît pas l'intimité, le passé, les galères)
Même les enfants y ont trouvé leur compte, jusqu'à ce que la situation échappe à tout le monde.

Les faits divers n'arrivent pas précédés de tambours et trompettes, et c'est tellement habituel que des proches soient abasourdis par les exactions de tel ou tel criminel, qui était un voisin si poli, si discret, jamais d'histoire.....et c'est aussi ce qui intensifie l'angoisse, plus dense et sournoise que dans un polar qui traite d'une enquête autour d'un tueur en série : celui-là , on le voit venir, il est l'incarnation du mal, les rôles sont distribués, il est sans doute plus facile à repérer et il ne viendrait à l'idée de personne de l'embaucher pour lui confier ce que l'on a de plus cher au monde! . Mais ici, les victimes comme le criminel sont tellement banals, tellement ordinaires que la suspicion n'a plus de support déviant pour canaliser les craintes.

Mine de rien, c'est aussi un état des lieux de la parentalité, des contraintes inhérentes aux doubles vies que vivent les jeunes parents tiraillés entre la réussite professionnelle et les exigences d'une vie familiale. Il n'y a pas de choix à faire, mais il n'en reste pas moins que ce n'est pas simple tous les jours.

Je n'ai pas complètement adhéré à cette histoire, peut-être parce que les motivations et le déroulement des faits qui amènent au drame ne me paraissent pas si clairs et qu'il reste une part non élucidée du passé de la meurtrière, qui empêchent de comprendre ce qui s'est réellement passé. C'est sans doute volontaire de la part de l'auteur, mais ça m'a laissé une impression d'inachevé.

Chanson douce, mais bien amère que celle que nous chante l'auteur.

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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Renod
  18 septembre 2016
Le roman s'ouvre sur cette phrase terrible : « le bébé est mort. » Une mère se tient en état de choc devant les petits corps meurtris de ses deux enfants. Elle pousse un long hurlement qui déchire la quiétude de cet après-midi du mois de mai. Quiconque perçoit ce cri animal comprend instinctivement qu'un drame est arrivé. Il y a un troisième corps dans l'appartement, celui de la nourrice qui a tenté de mettre fin à ses jours. Leïla Slimani reconstitue les événements qui ont mené cette tragédie. Elle raconte l'histoire ordinaire d'un couple de jeunes Parisiens nommés Paul et Myriam. A la naissance de son second enfant, Myriam a une opportunité professionnelle. Elle doit trouver en urgence une nourrice ; tâche qui s'annonce compliquée à Paris. Le couple reçoit la candidature de Louise. C'est une femme d'une cinquantaine d'année à l'allure stricte qui attire la sympathie des enfants et la confiance des parents. Tout se passe bien et Louise prend de plus en plus d'initiatives. Elle range, fait le ménage e prépare le dîner. Elle s'impose comme le pilier de la famille. Mais Paul et Myriam vont bientôt s'inquiéter de quelques signes alarmants.

Leïla Slimani nous parle de ces jeunes parents accaparés par leurs carrières qui délèguent facilement l'éducation de leurs enfants à une employée. Toujours débordés et pressés, ils renoncent à leur rôle de pères ou de mères au quotidien. Dans ce récit, Louise, la « super nanny », comble le vide laissé par les parents et renforce peu à peu son emprise sur cette famille. Elle remplit ainsi ses propres carences affectives. L'auteure nous montre aussi comment le couple, devenu employeur, va parfois avoir des mots humiliants pour leur salariée. Elle a pris une place au sein du noyau familial mais elle en reste étrangère. C'est une personne indispensable dont la présence n'est que temporaire. La psychologie des personnages est décrite avec pertinence. La tension est permanente. le lecteur secoué par un incipit poignant est ensuite captivé par un suspense qui ne faiblit jamais. Il suit avec intérêt la folie grandissante de Louise. « Chanson douce » est un drame psychologique dérangeant car parfaitement réaliste.
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Annette55
  25 novembre 2016
Tout à déjà été dit sur ce livre, mais tant pis.....

Un ouvrage féroce lu d'une traite ou presque, fascinant, glaçant, terrifiant à la fois, qui s'ouvre sur un cri affreux: celui d'une mére...
Le premier chapitre dégoupille une grenade en révèlant d'emblée l'assassinat de deux enfants et la tentative de suicide de leur nounou " qui n'a pas su mourir ".

L'Asphyxiant huit clos familial raconte l'histoire d'un couple --peu exploré à ma connaissance --dans la littérature, un couple ambigu, complexe que forment une baby-sitter et une mère
Quand Louise apparaît , visage comme "une mer paisible", blonde, menue, fine, presque transparente, efficace "fée du logis", la mére Myriam , avocate parisienne passionnée par son métier est d'emblée conquise.

Entre les deux femmes l'alchimie est immédiate " comme un coup de foudre amoureux".
Louise console, soude peu à peu les fantasmes de famille idéale : des enfants calmes et bien peignés, un ménage tenu au cordeau, le dîner préparé avec soin sinon avec amour..une perle rare......
Louise apprivoise impeccablement ce petit monde au fil des mois, tisse sa toile maléfique......
L'auteur décrit puissamment sa solitude et son impassibilité étrange, sourde, inquiétante , sa façon subtile de se rendre indispensable et de s'infiltrer, efficace, hypnotique, au sein du foyer.
Derrière les apparences policées se cachent les différences sociales, les préjugés, la relation asymétrique entre deux femmes qui, d'un bout à l'autre de l'échelle sociale se jalousent,même inconsciemment et s'observent à distance...des notes discordantes discrètes apparaissent ....
Le délire implacable de Louise ferme peu à peu toutes les portes...
Chanson douce est t-il un thriller ? Non , plutôt une fable tragique.
L'écriture est puissante, froide, contenue, nerveuse, comme tirée au cordeau, excluant toute sentimentalité .
L'efficacité romanesque est telle que le lecteur est tenu en haleine d'un bout à l'autre, c'est la force magistrale de cette manipulation, cette nounou à l'âme pourrissante qui vampirise l'espace familial jusqu'au drame ultime .....
L'auteur tire les fils de cette tragédie avec une maîtrise incroyable, sans affect;On en ressort sonné.

Cet ouvrage ressemble à une claque glaçante et terrifiante sur la maternité et l'aliénation domestique à l'ère de l'émancipation des femmes !
Âpre, violent, puissant ,magistral !
Un ouvrage que j'ai hésité à lire ,ma libraire me l'ayant déconseillé ......




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ninosairosse
  19 septembre 2017
La petite biche est aux abois.
Dans le bois, se cache le loup,
Ouh, ouh, ouh ouh
Mais le brave chevalier passa.
Il prit la biche dans ses bras
La, la , la , la.
La petite biche,
ce sera toi, si tu veux.
Le loup, on s'en fiche.
Contre lui nous serons deux.
[...]
Cette chanson douce ,
je veux la chanter aussi,
Pour toi, ô ma douce,
jusqu'à la fin de ma vie....

1950 - Henri Salvador -

Poupée de cire
énigmatique sourire,
quand son regard est ailleurs.
Poupée de son
Rumeurs et soupçons
Manifestes troubles de l'humeur.
Selon docteurs et diagnostics
"Mélancolie délirante"
mélant colique , toc et tic,
fureur mono-tonique persécutante.
Roman qui d'un revers de manche hante
En suçant mon pouce... m'enchante :-)







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rabanne
  28 décembre 2016
Lu d'une traite, en trois heures. Tout le monde ou presque connaît le "speech", pour vulgariser, alors inutile d'en rajouter sur le sujet du roman.
Juste dire qu'il m'a bousculée, dérangée, pétrie d'effroi... Pour tout ce qu'il tait en surface et ce qu'il raconte en profondeur, pour ce climat obscur et malsain qui peu à peu, entre les lignes, devient criant, évident, glaçant. Une plume saisissante et ciselée, que j'ai vraiment appréciée. Une narration agréable et judicieusement construite.
L'auteure nous parle de violence sociale, d'attente affective, de tyrannie familiale / conjugale, de quête de perfection et de reconnaissance, d'illusions, de frustration, d'humiliation, de colère enfouie, de fuite, de solitude, de désespérance, de dichotomie des sentiments, de névrose, de psychose... Une escalade sourde, muette et insidieuse de dangerosité, palpable mais détectée trop tard, quand le ver est déjà dans la pomme. Une bombe prête à exploser (!)
Juste au sortir de ma lecture, l'auteure m'a laissée un peu démunie face à mes émotions, mon effroi, mes questionnements, ma conscience, mon jugement, le flou, mes peurs. L'on s'identifie facilement à l'enquêtrice de la fin du roman, dans une impasse, impuissante.
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NathalC
  10 novembre 2016
Lorsque j'emprunte "une chanson douce" à la bibliothèque, je ne sais pas encore qu'il vient d'obtenir le prix Goncourt 2016.
Ce qui m'a attiré, les critiques des lecteurs sur Babélio.
Ce que j'ai pensé de ce livre ? C'est difficile de faire une critique à peine le livre fermé. Il faudrait que je prenne un peu de recul peut être, mais j'ai peur de ne plus retranscrire mon véritable ressenti. Alors, je me lance.
Très bien écrit, l'auteur utilise des chapitres courts, des phrases courtes et du coup, elle nous emmène dans cette histoire sur un rythme soutenu, addictif.
La fin de l'histoire est connue dès le départ, dramatique, horrible.
Donc, pas de suspense, on sait qu'on n'évitera pas le drame.
On rentre ensuite dans l'intimité de cette maison. Un couple, 2 enfants, une nounou... presque un huis-clos.
Pour chacun d'eux, j'ai ressenti des sentiments partagés : on les aime, on les envies, on les déteste, on s'interroge, on se retrouve en chacun d'eux mais pourtant on ne les comprend pas toujours et on ne parvient pas à les aimer à 100 %, que ce soit les enfants, les parents ou la nounou.
Un malaise oppressant m'a pris au cours de cette lecture.
Dès le départ, on connait donc la fin, puis vient le déroulement de leur vie qui peu à peu les a chacun emmené jusqu'à cette fin terrible. Et pourtant, pas d'explications nettes et franches. Juste des faits où chacun peut trouver des explications, ou pas...
Un livre qui mérite le prix décerné.
Une lecture qui restera en vous, comme une chanson douce...
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palamede
  06 décembre 2016
Dodo, les enfants do, les enfants dormiront bien vite, Louise y veillera.
La chanson est douce,
et le réveil brutal,
Atroce.
Car Louise n'est pas une fée, Louise est un monstre,
Froid.
Une folle, une déséquilibrée, une malheureuse, une mal aimée.
Une pas aimée
qui a tué la prunelle de leurs yeux, pauvres parents.
Leïla Slimani raconte votre calvaire et celui de Louise, la nounou qui charme petits et grands,
pour mieux les détruire,
pour ne plus exister.
Glaçant, terrifiant, inoubliable, ce roman formidable est leur histoire.
Dodo, les enfants do, les enfants dormiront bien vite, ils dormiront sans fin, Louise y veillera.
Dommage, Louise avait une belle voix et les enfants tout l'avenir devant eux.
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Harioutz
  07 août 2018
Écouté, dans ma voiture, parfois bloquée par les vacanciers venus jouer les touristes dans mon sud-ouest, ce furent 5h45 de questionnement, de trouble, d'incompréhension et parfois aussi d'horreur.
J'avais entendu une interview de Leïla Slimani et je connaissais le thème de son roman, Prix Goncourt 2016, et j'avais choisi délibérément de ne pas le lire car je refusais de trouver la moindre circonstance atténuante à Louise, la nounou infanticide.
Et puis le livre audio s'est présenté sous mes yeux, à la médiathèque, et, même si je n'étais pas persuadée de l'écouter jusqu'à son terme, c'est envoûtée par la voix de Clotilde Courau, que j'ai remonté le temps avec Myriam et Paul, les parents, et Mila et Adam, leurs enfants, dont Louise, la nounou, avait la charge ...
Un seul mot pour résumer : glaçant !
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