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ISBN : 2815927799
Éditeur : L'Aube (01/03/2018)

Note moyenne : 3.36/5 (sur 7 notes)
Résumé :
Leïla Slimani est la douzième femme à avoir reçu le prix Goncourt. Quelle écrivain est-elle ? Comment écrit-elle ? Quelles sont ses inspirations ? Quel est son rapport à la langue ? Dans cette conversation avec le journaliste Éric Fottorino, l'auteure se dévoile et raconte son processus créatif."Au moment où je me mets à ma table de travail, je ne suis plus vraiment moi. Je ne suis plus une femme, je ne suis plus marocaine ou française, je ne suis même plus à Paris ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Horizon_du_plomb
  06 septembre 2018
« J'aime beaucoup, par exemple, ce que dit Toni Morisson sur le lecteur: « J'ai toujours voulu un lecteur qui soit engagé, j'ai toujours recherché à le bousculer, à le déranger. » »
60 pages sur la manière d'écrire de Leïla Slimani. Quand j'ai vu ce petit livre en présentoir à ma bibliothèque, j'ai craqué sachant qu'il remplirait une simple soirée. Je n'ai jamais lu aucun livre d'elle, ni ses nouvelles éditées aussi par l'Aube dans « Le diable est dans les détails», ni son hommage à « Simone Veil, mon héroïne » .
« Je suis persuadée aussi, en tant que Marocaine et parce que je l'ai vu dans mon pays comme dans tout le monde arabe, des pays où en moyenne on lit six minutes par jour, où il y a deux cent quatre-vingts millions d'illettrés, des pays où on a empêché pendant des années la lecture - en raison des politiques construites par des dictateurs ayant décidé que les gens ne devaient pas lire, parce que lire c'est dangereux, ça fait que les gens finissent par se soulever contre vous-, je suis persuadée, donc, que le lecteur est un citoyen plus fort, que la lectrice est une femme plus forte. »
Voilà une jeune femme ambitieuse avec du goût mais aux fractures un trop structurées selon moi. J'aurais aimé avoir son avis sur le printemps arabe et ces jeunes surdiplômés qui doivent travailler comme taximan parce qu'ils n'ont pas le choix (elle parle après, dans la partie sur Simone Veil, de toutes ces femmes qui n'ont pas pu être des « génies » parce qu'elles n'ont tout simplement jamais eu le choix d'écrire).
« La rue fait de vous une femme, prendre le métro la nuit fait de vous une femme, se confronter à un recruteur qui vous demande si vous avez l'intention de bientôt faire un enfant fait de vous une femme. »
« J'ai des copains qui ont bossé pendant trois, quatre ans sur des livres énormes, magnifiques, et au bout de deux à trois semaines ils se sont fait expliquer par leur attaché de presse que leurs livres ne marchaient pas, qu'ils ne marcheraient pas, ils n'ont pas été sur des listes de prix. Vraiment, je n'accepterai pas et je ne jouerai pas de ce jeu de dire: » Je ressens énormément de pression, quelle souffrance, etc. »
Au delà de son succès et de l'effet de mode, j'ai aimé comme Leila analyse avec justesse tout en restant les pieds sur terre.
Pour ce qui est des conseils d'écriture, on a Jean-Marie Laclavetine qui nous refait du King et du Tcheckhov qui ressemble furieusement à du Kundera (tout doit servir et tout élément ouvert est à boucler). Bref, on le savait déjà, les manuels d'écriture sont inutiles face à la pratique et la lecture.
« On vous fait écrire quelques textes, et celui qui dirige l'atelier voit tout de suite ceux qui ont compris, ceux qui sont dedans, et il voit également que d'autres sont très loin. »
Son expérience des ateliers d'écriture m'a surpris, on parle tout de même d'une journaliste avec plusieurs années d'expérience.
Au delà de tout apprentissage de l'écriture, ce livre rappelle cet exercice en atelier d'écriture : chaque participant décrit la même photo et en fait une historiette. Au final, même si la qualité d'écriture variera de l'un à l'autre, on se retrouve avec autant de visions, de richesses que de participants. Et c'est bien cela qu'on retient, par delà les trucs, les publications ou l'itinéraire personnel, la façon singulière pour une écrivaine de voir et penser le monde.
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Pachy
  04 février 2019
S'il y a bien quelqu'un qui me fascine par son talent et ses idées, ses analyses, son écriture, c'est bien Leïla Slimani. « Comment j'écris » est pris au sens large. Fotorino et Mme Slimani ne nous propose pas un simple cors d'écriture, (je pense d'ailleurs qu'elle n'aurait pas cette prétention), mais une réflexion sur ce qu'apporte l'écriture avec une idée très forte qu'il faut toujours montrer beaucoup de respect envers le « droit d'écrire » qui a longtemps été interdit aux femmes », comme celui de lire tout simplement.
C'est une interview où l'auteure de « Chanson douce » parle son vécu littéraire. Les difficultés de devenir une intellectuelle, une femme instruite et reconnue qu'elle n'a pas eues grâce en premier lieu à ses parents.
Encore une fois, on apprend beaucoup et on acquiert encore un peu plus d'admiration et d'attachement pour Mme Slimani qui n'est pas une Femme écrivain mais une écrivaine.
Ne comptez pas sur moi pour cacher mon admiration pour cette femme que j'admire.
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LiliLee
  06 juin 2018
Un tout petit livre, qui se lit d'un trait, sous forme d'interview et dans lequel Leïla Slimani évoque comment elle est devenue écrivain, ce qui l'inspire et la façon dont elle procède pour écrire ses livres. J'aime beaucoup cet auteur ainsi que son positionnement en tant que femme et mère de famille; elle montre ici que le cloisonnement dans une seule de ces catégories n'est pas souhaitable. Je trouve toujours passionnant d'écouter un auteur parler de son travail mais aussi de la façon dont la littérature s'inscrit dans sa vie. C'est court et efficace. Je le conseille notamment aux personnes qui écrivent mais aussi à ceux qui s'intéressent au procesus de création.
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PascalOlivier
  25 juillet 2018
Oui, ce livre est petit...Mais aussi indispensable pour les amateurs de Leïla Slimani et les écrivains en herbe !
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   24 novembre 2018
Je ne faisais pas vraiment la différence entre la réalité et la fiction, et ça a été une très grande douleur pour moi d’être contrainte de le faire – et plus j’avançais en âge, plus j’étais contrainte de le faire. Sinon, je le nourris d’abord par la lecture, qui est pour moi le premier atelier d’écriture. Je le nourris beaucoup par le cinéma, je vais énormément au cinéma. Par l’observation, c’est aussi ce que m’a donné mon métier de journaliste et de reporter. C’est-à-dire apprendre à observer, à s’asseoir quelque part, à ne rien dire et à juste regarder comment les gens se comportent, comment ils marchent, comment ils parlent, comment ils tiennent un objet. C’est ça, la magie du reportage. Parfois, vous avez une introduction où on vous raconte un homme dans une rue devant chez lui, la façon dont il vend des légumes, et vous comprenez que c’est la guerre, vous comprenez que c’est la crise, vous comprenez que c’est la misère par des choses très banales. Donc, l’observation, la lecture et le cinéma.
Et la rue, qui est déjà un livre.
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rkhettaouirkhettaoui   24 novembre 2018
Pour ce qui est de la peur en littérature ou quand je crée, j’en distingue deux sortes. Il y a la peur d’écrire, c’est-à-dire d’écrire mal, de ne pas trouver mon sujet, de ne pas trouver mes personnages. Je ressens donc une forme de peur au moment de m’asseoir à mon bureau, mais je n’ai pas du tout peur de ce que j’écris. Je n’ai pas du tout peur en matière de fond ; c’est au contraire un espace de liberté, un espace d’affranchissement qui est absolument immense. Et lorsque je me mets à ma table de travail, je ne suis plus vraiment moi. Je ne suis plus une femme, je ne suis plus marocaine ou française, je ne suis même plus à Paris ni quelque part ; je suis affranchie de tout, et, finalement, même mon rôle de mère ne me pèse pas, je ne me regarde pas écrire en tant que mère. Au contraire, je dirais que j’ai puisé dans mes cauchemars, dans mes peurs les plus ancestrales. Je pense que lorsqu’on s’engage en littérature, on est obligé de s’engager totalement.
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rkhettaouirkhettaoui   24 novembre 2018
Les femmes, c’était l’immanence, la nature. Les femmes, elles sont là, les pieds bien ancrés sur terre, elles s’occupent du foyer, et l’homme est dans la transcendance. Lui est capable d’une création qui lui permet de se dépasser. C’est presque un démiurge, il peut devenir comme Dieu et créer une œuvre en soi. Les femmes, cela leur était absolument impossible. En plus, écrire, c’était se détourner du foyer, se détourner des enfants et se détourner aussi de l’espèce de pudeur, de discrétion qui était considérée comme intrinsèque aux femmes, car dès que vous écrivez, dès que vous prenez la plume, dès que vous décidez d’être publiée, en tant que femme, par rapport au rôle social des femmes, c’est extrêmement subversif puisque vous acceptez de vous mettre à nu.
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rkhettaouirkhettaoui   24 novembre 2018
Je crois que lire, pour les femmes du monde entier, c’est très important parce qu’une femme qui lit, c’est une femme qui s’émancipe, c’est une femme qui s’affranchit, c’est une femme qui a droit à un moment de solitude – comme le dit Virginia Woolf. La chambre à soi, ce n’est pas seulement pour écrire des livres, c’est aussi pour en lire. Aujourd’hui encore, dans de nombreuses parties du monde, beaucoup de femmes n’ont simplement pas la possibilité d’être seules, de s’isoler et d’avoir un moment pour lire. Ces moments-là, je pense, nous construisent en tant que citoyens libres et nous permettent d’avoir une vision du monde affranchie du discours de l’autre, de la doxa, de l’opinion.
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rkhettaouirkhettaoui   24 novembre 2018
Pour moi, les grands boulevards, c’était d’abord les cafés-théâtres, les grands boulevards du xixe siècle. Le parc Monceau, c’était La Curée de Zola4, où Renée a cet hôtel particulier extraordinaire. Chaque quartier était lié à la littérature. Donc, moi-même, quand j’écris sur Paris, j’ai envie de m’inscrire dans cette ligne parce que je trouve extraordinaire le fait que Paris soit une ville totalement habitée par le roman. Elle est habitée par Modiano, elle est habitée par tous ces gens qui ont déambulé dans Paris. Je ne peux jamais être dans une rue de Paris sans penser à un auteur, à une histoire, à une situation, et donc j’ai envie de m’inscrire là-dedans.
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Vidéo de Leïla Slimani
Tendances C1/C2 - Unité 6 - Interview de Leïla Slimani "La francophonie vie partout et notamment aux marges de la France"
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