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EAN : 9782072887994
368 pages
Gallimard (05/03/2020)
3.86/5   2030 notes
Résumé :
En 1944, Mathilde, une jeune Alsacienne, s’éprend d’Amine Belhaj, un Marocain combattant dans l’armée française.
Après la Libération, le couple s’installe au Maroc à Meknès, ville de garnison et de colons. Tandis qu’Amine tente de mettre en valeur un domaine constitué de terres rocailleuses et ingrates, Mathilde se sent vite étouffée par le climat rigoriste du Maroc. Seule et isolée à la ferme avec ses deux enfants, elle souffre de la méfiance qu’elle inspir... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (357) Voir plus Ajouter une critique
3,86

sur 2030 notes

Kirzy
  13 mars 2020
Avec ce troisième roman, Leïla Slimani sort de sa zone de confort. Elle ouvre ses horizons bien au-delà de la bourgeoisie parisienne, bien au-delà du drame contemporain en lieu clos pour proposer une saga familiale sous forme de trilogie. Ce premier tome s'inspire de l'histoire de ses grands-parents et couvre les années 1946-1956.
Dès les premières pages, son talent de narratrice m'a embarquée, glissant d'un personnage à un autre avec une fluidité remarquable, alternant les points de vue dans une intensité croissante. Et tous les personnages sont absolument superbes car d'une richesse psychologique rare. Ils sont tous terriblement vivants dans leurs contradictions, leurs aspirations, leurs emballements, leurs errements, toujours observés avec bienveillance par Leïla Slimani.
Et tous vivent dans le pays des autres. A commencer par Mathilde, jeune alsacienne qui débarque à Rabat après avoir épousé un spahi marocain venu libérer la France durant la Deuxième guerre mondiale, emplie d'un appétit de vivre assoiffé, rêvant d'aventures à la Karen Blixen. Mais c'est l'opprobre des colons qu'elle rencontre, c'est la solitude, c'est une ferme miséreuse dans laquelle elle vit et c'est un mari qui s'assombrit et s'épuise qu'elle découvre dans une vie plate et morne. Mathilde est la petite soeur d'Emma Bovary. Durant tout le roman, son enjeu sera de trouver la voix de l'émancipation dans ce pays des autres sans heurter la culture de son mari, et pour cela, elle doit perdre son identité facle de Française pour s'en construire une autre, plus personnelle.
Un si beau personnage, c'est déjà un cadeau mais là, tous les autres sont tout aussi passionnants. Amine, son mari, le Charbovary du bled : lui le soldat qui a a touché en France le sentiment fugace d'être quelqu'un et qui une fois au Maroc, redevient un indigène ; il assume mal d'avoir une femme blanche qui ne le comprend pas, il en devient amer et autoritaire, et en même temps il a des valeurs chevillées au corps, le travail, l'honneur, la famille. Selma, sa petite soeur de seize ans, débordant de sensualité et obligée de l'étouffer pour vivre dans le pays des hommes. Et la merveilleuse Aïcha, la fille de Mathilde et Amine, enfant brillante, sauvage, secrète, scolarisée dans une école de bonnes soeurs où elle est la seule non blanche. Métisse dans un pays où il faut choisir son camp
Ce qui est formidable dans ce roman, c'est l'indulgence et la douceur du regard que l'auteure porte sur eux, ils ne sont jamais jugés. Et c'est ainsi qu'elle traite tout l'arrière-plan historique de ce Maroc qui se révolte pour ouvrir la voie à la décolonisation : sans sectarisme, sans manichéisme, mais avec tous les camaïeus de gris, en respectant les aspérités complexes de l'histoire. Il faut assurément beaucoup de maturité et de tolérance pour parler ainsi du monde.
Cette plongée dans l'histoire en parallèle de l'intimité personnelle de ceux qui la vivent est passionnante. Les logiques de domination colon – indigène, homme-femme sont décrits avec une acuité percutante. L'adjectif « romanesque » prend du sens lorsqu'on lit le Pays des autres. Je l'ai dévoré. le talent de conteuse de Leïla Slimani, son écriture fine et précise dénué de lyrisme lourdaud, l'épaisseur de ces personnages, j'ai tout aimé. J'aurais juste voulu m'enflammer, aller au-delà de l'émotion et de la vibration pour palpiter de partout.
J'attends avec impatience le deuxième tome qui sera centré sur les années 1970-80, les années de plomb au Maroc. J'espère y retrouver Aïcha. Et décidément, après Dans le jardin de l'ogre, après Une Chanson douce, après Sexe et mensonges ( la vie sexuelle au Maroc ), Leïla Slimani est vraiment une auteure importante.
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michfred
  06 mars 2020
Le pays des autres est un grand livre, plein de souffle, d'une belle et forte simplicité, qui possède tout ce qu'on attend d'une lecture: une vision très personnelle et un souffle épique , historique, une parole décapante et des points de vue contrastés , une richesse d'émotions jointe à  une parfaite rigueur d'analyse. 
Leila Slimani s'inspire de la vie de ses grands parents, Amine et Mathilde, lui colonel des spahis, elle jeune fille gâtée d'une famille bourgeoise alsacienne, unis par une passion sensuelle et forte, et par un rêve héroïque de réussite , à la Karen Blixen, sur les terres arides des environs de Meknès.
Deux très jeunes époux, deux cultures, deux religions, deux éducations radicalement différentes-et l'amour. Mais celui-ci  mis à rude épreuve par celles-là. Sans compter que Mathilde comme Amine sont ce qu'on peut appeler des caractères..
 
Comme Mathilde, sensible et généreuse, comme la farouche et secrète Aïcha née de ces noces "de la carpe et du lapin", comme Selma la jeune et jolie belle-soeur, comme toutes ces femmes "modernes" qui luttent pour leur émancipation qu'elle soit financiere et quasi professionnelle, pour Mathilde, scolaire pour la petite Aïcha  ou sexuelle pour Selma, le Maroc d'après guerre rue, lui aussi, dans les brancards. 
Mais ce sont ceux de la colonisation, ce Protectorat français qui  met sous tutelle ce fier pays qui a cru mériter le respect de la France en combattant à  ses côtés et découvre, après la guerre, l' ignorance et le mépris de cette seconde "mère-Patrie" qui le  traite en enfant mineur ou en femme subalterne, jusqu'à l'éclatement des émeutes nationalistes et indépendantistes de 1956.
On devine que le pays acquerra plus vite son autonomie-sans parler des libertés démocratiques- que les femmes qui y vivent.
Voilà pour la saga familiale et la fresque historique. Mais c'est oublier ce qui fait tout le sel de cette première partie de ce qui est annoncé comme une trilogie.
D'abord, les personnages, jamais figés, jamais d'un bloc, toujours pris sous plusieurs angles pour éviter leur caricature ou leur simplification, et pour rendre, surtout , leur adaptation au réel, si différent de leurs rêves , retracer leur évolution dans un pays lui-même en mutation profonde. J'en veux pour exemple ce Noël alsaco- marocain bouleversant où Amine, le droit et honnête Amine,  va voler nuitamment un cônifère sur les terres du colon voisin pour que Mathilde ait son sapin, où il subit avec stoïcisme et fureur rentrée la condescendance méprisante des commerçants, en venant acheter un costume de père Noël.. .sans réussir à satisfaire les attentes de sa femme qui ne retrouve pas dans cette pauvre mascarade ses souvenirs  de Noël alsacien et pleure de déception devant un cadeau mal choisi tandis que les enfants sont épouvantés par ce père Noël incongru.
Les personnages sont modelés par leur expérience, par les grands événements de leur vie.
Plus tard, Mathilde, encore fantasque et rebelle, toute pleine de désirs inassouvis et d'amères déconvenues, part pour un séjour d'un mois en Alsace où son père vient de mourir. Après le bluff, les mensonges sur sa vie prétendument héroïque et romanesque, au Maroc, elle finit par confesser à une soeur qu'elle n'aime pas la triste vérité, faite de misère, de renoncement, de contraintes et de malentendus. Et par lui dire sa tentation de rester, en abandonnant au pays ses deux enfants.
Elle revient pourtant.
Et c'est, pour moi, un des plus beaux passages du livre : "Tandis qu’elle pénétrait dans la maison, qu’elle traversait le salon baigné par le soleil d’hiver, qu’elle faisait porter sa valise dans sa chambre, elle pensa que c’était le doute qui était néfaste, que c’était le choix qui créait de la douleur et qui rongeait les âmes. Maintenant qu’elle était décidée, à présent qu’aucun retour en arrière n’était possible, elle se sentait forte. Forte de ne pas être libre."
Tout un petit monde, bien campé et extrêmement vivant, fourmille autour de ce couple mixte déchiré, déchirant et pourtant solidaire aux heures graves.
Le récit procède par petites touches, jamais partial, toujours partiel, plein de facettes et d'antennes sensibles, attentif aux petits frémissements, aux grandes colères, aux terribles résignations, aux rêves entrevus et brisés des existences individuelles   comme aux secousses plus vastes et inquiétantes de l'Histoire en marche.
Leïla Slimani excelle à rendre les contrastes de paysages: Meknès avec ses ruelles et sa médina grouillante de vie, ses patios frais, ses odeurs prégnantes,  la campagne avec ses collines arides où toute exploitation agricole tient de l' exploit, la mer magique, dorée et bleue,  comme une récompense rare, un événement..
   Plus qu'une chose en particulier, j'ai aimé ...tout! 
La cohérence entre le particulier et le général, les contrastes subtils, jamais forcés, la vérité renversante des personnages, la simplicité,  le naturel et la force de conviction de la langue dont le lyrisme est toujours discret, les choix,  classiques et justes, sans esbrouffe, sans afféterie, sans tic...
Du grand Slimani. 
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migdal
  29 avril 2021
« Ici, c'est comme çà » affirme Amine, spahi glorieux qui a contribué à la libération de l'Alsace où il a épousé Mathilde, quand le couple arrive au Maroc au lendemain de la Guerre.
La jeune épouse va découvrir la condition des femmes dans ce protectorat aspirant à retrouver sa souveraineté. Exploitée, outragée, défigurée par les coups de son époux, Mathilde vit asservie dans la ferme familiale. Tantôt soumise, tantôt révoltée, elle essaye d'éduquer et d'instruire Aïcha leur fille en la scolarisant dans un établissement tenu par des religieuses accueillant essentiellement des filles de colons.
Omar, le frère d'Amine, incarne le nationaliste pur et dur en lutte pour l'indépendance de son pays mais également farouche partisan de la dépendance des femmes, et notamment de leur soeur Selma … Celle ci est livrée par ses frères à Mourad, ancien ordonnance d'Amine devenu régisseur de leur ferme, qui l'épouse contre son gré. Et Mathilde, privée de son prénom, est rebaptisée Mariam lors de ce « mariage ».
Leïla Slimani expose le contraste croissant au fil des années entre le discours de libération politique et l'asservissement des femmes. Totalitarisme qui rappelle celui pratiqué au delà du rideau de fer comme le constate le docteur Dragan Palosi, un réfugié hongrois.
Cette bouleversante tragédie laisse peu de place à l'espoir dans ce premier tome d'une saga dont la suite est annoncée … puisse Aïcha et ses compagnes y découvrir les voies d'une liberté dont leurs mères ont été progressivement privées !
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Jeanfrancoislemoine
  14 mai 2021
Pluie , vent , éclaircies, fraîcheur, un temps à rester à la maison et à ...lire . Et quelle lecture ! Commencé et ... terminé dans la foulée ce magnifique " Pays des autres " de Leila Slimani .Oui , le mauvais temps n'explique pas tout , et sûrement pas mon intérêt pour ce " voyage " au Maroc avec Mathilde et Amine.
1944 , le bel Amine , soldat marocain de l'armée française passe par l'Alsace avec son régiment et tombe dans les bras de la belle Mathilde . ( non , non , pas celle du " Grand Jacques ) . Un des rares effets bénéfiques d'un conflit aussi meurtrier sur les hommes et..les femmes . Grand amour et , pour Mathilde , un départ vers une vie idyllique dans un pays méconnu mais qui , sous le Protectorat , passe pour un véritable Eldorado ...Il y a bien quelques réticences familiales mais rien ne pourra détourner Mathilde de son destin ...
Au Maroc où ils s'installent , le monde idéal entrevu s'écroule rapidement . Déjà , Amine retrouve un statut que Mathilde n'avait pas " vu " , l'argent manque , Amine ne vivant que pour son travail alors que Mathilde préférerait les " strass et paillettes " et subit les remarques désobligeantes des femmes françaises tout autant que marocaines . le choc culturel est rude pour Mathilde et son couple subit les assauts violents assénés par des us et coutumes ancestraux .....En dire plus serait priver les lecteurs de tout le sel de cette première partie d'une saga prévue en trois volumes .
Ce qui est extraordinaire , c'est l'implication subtile de madame Slimani qui , franchement , sait " rester à distance " , ne prend pas partie mais se montre d'une remarquable bienveillance vis à vis de tous ses personnages dont aucun , vraiment aucun , ne méritera un qualificatif de " gentil ou de méchant " , mais évoluera avec ses convictions et sa sincérité , ses qualités et ...ses défauts . On se plaira à accompagner les personnages dans leurs quêtes, dans leurs interrogations , dans leurs troubles , dans leurs émois. Certaines scènes, comme - celle de la livraison du lit chez le régisseur, nous feront mourir de rire , d'autres nous émouvront ou nous révolteront . Nous nous intéresserons au sort de tous sans que l'auteure ne prenne position , mais nous " donne à voir , à penser " .Il est vrai que cette période d'avant l'indépendance du Maroc montrait une situation de tension croissante entre les uns et les autres , entre français et populations autochtones. On ressent du reste cette tension bien présente mais vécue dans la vie quotidienne bien plus que dans les hautes sphères politiques , absentes du roman . On se trouve plongés au milieu de ces populations qui ne savent plus trés bien où elles sont , où elles vont , qui ne comprennent pas forcément pourquoi il faudrait bouleverser un monde établi et se préparer à tirer , demain , sur les amis d'hier .
Toutes proportions gardées , j'ai retrouvé dans ce roman , la même saveur , la même émotion que dans le brillant " Art de perdre " de la non moins brillante Alice Zeniter et c'est avec impatience que j'attendrai la suite de ce " Pays des autres " . J'aimerais bien savoir si la " greffe va prendre entre le citronnier et l'oranger " offerts par Amine à sa fille Aicha , Aicha qui , du haut du toit , dans les toutes dernières pages , lance un beau et mystérieux regard de défi sur ... Dans ce premier tome , je vous laisse " découvrir " le " fruit obtenu ".
Quant à la forme du récit, que dire ? Que Leila Slimani sait écrire , adapter son style à la situation , jouer avec les mots et faire " vivre " les émotions et nous " transporter " dans son monde ?...Bien sûr mais je ne serais pas très original ....Même si les prix sont parfois décriés, c'est tout de même un " prix Goncourt " , un prix Goncourt qui sait où il va ...et d'où il vient . Un très beau livre , enfin , selon moi . Nul doute que je ne serai pas le seul à le penser .
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Pancrace
  16 mars 2020
Le pays des autres est un roman « de regard ».
De celui qu'on perçoit dans les yeux de ceux qui ne sont plus de nulle part.
Le pays des autres est un roman « d'égards ».
De ceux que l'on accorde avec respect aux êtres qui ont bâti leur destin dans d'autres chemins, sur d'autres territoires avec une faculté rare.
J'ai, avec avidité embrassé le dessein de Mathilde l'alsacienne, tombée amoureuse d'Amine le combattant marocain de l'armée coloniale venu défendre une patrie qui n'était pas la sienne, de tout quitter pour rejoindre cet homme dans son Maroc vivre son amour baroque.
Admirable pour l'époque !
A la faveur de son intrigue, Leïla Slimani distribue les cartes d'une sorte de jeu des sept familles où sur chaque lame la vie de chacun est développée, capturée, comme saisie sur le Rif.
A vous de jouer…
Dans la famille Alsace, je veux Georges, le père de Mathilde. Pour lui, l'Afrique évoque les femmes aux seins nus, les hommes en pagnes. Un lieu où l'on pouvait être les maitres du monde.
Dans la famille Maroc, je veux la mère d'Amine, Mouilala qui, sa vie durant n'a fait que la cuisine et des enfants et qui n'est jamais sortie de la médina. Qui en fait n'est jamais sortie de la vie qui lui a été assignée, sans résistance.
Dans la famille Maroc encore, je veux Amine, le revenu de la guerre imposée comme une figure, avec l'idée de reprendre les terres de son père mort qui sont juste en face de celles florissantes des colons français. Pour faire les mêmes avec sa sueur et ses gènes.
Dans la famille Alsace j'aime Mathilde, sa force, sa fougue. Qui ne veux pas qu'on dise
qu'elle a « atterri là ». C'est son choix, elle va l'assumer.
Dans la famille Rebelle, j'ai entendu Omar, le frère d'Amine, dire sa haine des envahisseurs français, sa hargne à les chasser. Pour lui, même Amine aurait du mourir, il a pactisé.
Dans la famille Malaise, je plains Aïcha, la fille de Mathilde et Amine, blanche mais crépue,
ça fait jaser dans l'école des Soeurs où sont regroupées les enfants de colons.
Dans la famille Indomptable, j'ai mal pour Selma, la soeur d'Omar, qui se fait battre et se fait traiter de pute par son frère parce qu'elle est trop belle et qu'elle pourrait plaire. Lui, qui avec ses valeurs ancestrales immuables se prend pour le père. Quel avenir pour elle.
Dans la famille Délaissé, j'ai écouté grogner Mourad le contremaitre de l'exploitation, revenu d'Indochine et qui pour plaire à Amine veut imposer la rigueur aux fellahs, leur faire plier l'échine, incapables de discipline. En sera-t-il récompensé ?
Et enfin, dans la Famille Alsace restée sur place, je veux Irène qui envie sa soeur Mathilde d'avoir quitté une vie sans relief et sans adrénaline. Les lettres qu'elle reçoit la font rêver,
mais est-ce la réalité ?
Dans ce roman Leïla Slimani explore tous les mécanismes de la société coloniale dans le Maroc de l'après guerre de 40 où, tous les rouages sensibles des comportements humains sont exploités avec les engrenages de la fierté et de l'arrogance et les ressorts de l'orgueil et du mépris. La machine va-t-elle se gripper ?
Bonne pioche…
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critiques presse (6)
LaLibreBelgique   04 mai 2022
Leïla Slimani publie le 2e tome de son enthousiasmante trilogie "Le pays des autres". "Regardez-nous danser" prend place dans le Maroc de l'après Mai 68. Une période trouble, entre hédonisme et répression.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LaLibreBelgique   24 mars 2022
Leïla Slimani publie le 2e tome de son enthousiasmante trilogie "Le pays des autres". "Regardez-nous danser" prend place dans le Maroc de l'après Mai 68. Une période trouble, entre hédonisme et répression.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeDevoir   06 avril 2020
Au moyen d’une riche galerie de personnages féminins marquants, Leïla Slimani aborde de front la condition des femmes — ici doublement colonisées, à travers le joug français et celui des hommes. Une trajectoire à fleur de peau, passionnante et cruelle, servie par un souffle narratif indéniable.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
Bibliobs   05 mars 2020
La lauréate du prix Goncourt 2016 porte dans son nouveau livre un regard à la fois original, complexe et très juste sur ce que fut la colonisation française au Maroc.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Culturebox   04 mars 2020
Dans cette grande fresque, la romancière nous offre de très beaux personnages, à commencer par Mathilde, qui évolue au fil du récit. Jeune fille "frivole et écervelée" , "fantasque", sensuelle et déjà audacieuse au début de l'histoire, elle change et prend de l'épaisseur au contact de ce nouveau monde qui lui est étranger.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Bibliobs   27 février 2020
Quatre ans après son prix Goncourt, la romancière revient avec « le Pays des autres », grande saga familiale qui démarre dans le Maroc colonial de l’après-guerre. Féminisme, identité, Macron, migrants... elle aborde ici tous ces sujets sans langue de bois.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (285) Voir plus Ajouter une citation
CelinemlireCelinemlire   23 mai 2022
Les yeux baissés, son voile remonté jusqu'au-dessus du nez, elle se sentait disparaître et elle ne savait pas vraiment quoi en penser. Si cet anonymat la protégeait, la grisait même, il était comme un gouffre dans lequel elle s'enfonçait malgré elle et il lui semblait qu'à chaque pas elle perdait un peu plus son nom, son identité, qu'en masquant son visage elle masquait une part essentielle d'elle même. Elle devenait une ombre, u personnage familier mais sans nom, sans sexe et sans âge.
(p. 121 122)
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CelinemlireCelinemlire   23 mai 2022
Elle était passée de la maison de son père à la maison de son mari mais elle avait le sentiment de ne pas avoir gagné en indépendance ni en autorité.
(p. 45)
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CelinemlireCelinemlire   22 mai 2022
Elle en mourait, de l'indifférence des gens à la beauté des choses.
(p.42)
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ljdcnadalljdcnadal   17 mai 2022
Adolescente, Mathilde n'avait jamais pensé qu'il était possible d'être libre toute seule, il lui paraissait impensable, parce qu'elle était une femme, parce qu'elle était sans éducation, que son destin ne soit pas lié à celui d'un autre. Elle s'était rendu compte de son erreur beaucoup trop tard et maintenant qu'elle avait du discernement et un peu de courage il était devenu impossible de partir. Les enfants lui tenaient lieu de racines et elle était attachée à cette terre, bien malgré elle. Sans argent, il n'y avait nulle part où aller et elle crevait de cette dépendance, de cette soumission. Les années avaient beau passer, elle ne s'en remettait pas et elle était toujours prise de nausée, c'était comme une pliure de soi, un écrasement qui la dégoûtait d'elle-même.
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ljdcnadalljdcnadal   17 mai 2022
Mathilde aimait le cinéma, si passionnément que cela la faisait souffrir. Elle regardait les films sans presque respirer, le corps tout entier tendu vers les visages en Technicolor. Quand, au bout de deux heures, elle quittait le noir de la salle, l'agitation des rues la heurtait. C'était la ville qui était fausse, incongrue, c'était le réel qui lui apparaissait comme une fiction triviale, comme un mensonge. Elle jouissait du bonheur d'avoir vécu ailleurs, d'avoir effleuré de sublimes passions et en même temps bouillonnait en elle une forme de rage, une amertume. Elle aurait voulu entrer dans l'écran, vivre des sentiments qui aient la même matière, la même densité. Elle aurait voulu qu'on lui reconnaisse sa dignité de personnage.
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Videos de Leïla Slimani (101) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Leïla Slimani
Leïla Slimani nous parle dans cette vidéo de son dernier roman paru chez Gallimard : 'Le Pays des autres, tome 2 : Regardez-nous danser'. Un livre sur les Belhaj, une famille marocaine dans les années 1960. Au-delà de l'histoire de ce pays et des tourments dans lequel il est pris, Leïla Slimani nous invite à suivre le destin de personnages que l'on a pu découvrir dans 'La guerre, la guerre, la guerre', premier tome de cette trilogie.
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