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Christine Laferrière (Traducteur)
ISBN : 2845451458
Éditeur : Editions des Syrtes (30/11/-1)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Le livre retrace la vie d'un jeune Tzigane, Andrejko Dunka, voleur hors pair, depuis sa naissance jusqu'au moment où, après des années d'errance à travers la Tchécoslovaquie et la perte de sa compagne (sa cousine), il est contraint, faute de moyens, d'abandonner son enfant, et décide de repartir. L'histoire individuelle et familiale se double en filigrane de celle des nations, la famille étant obligée de fuir sans cesse au gré des grands événements du XXème siècle (... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Nanne
  19 février 2009
Andrejko Dunka aurait eu de qui tenir. Né tzigane dans une famille dont le père et le grand-père étaient tout à la fois voleur et dresseur de chevaux et un oncle - Ferko - qui avait dû fuir le village à la suite de quelques soucis avec les habitants du coin, son avenir était tout tracé. Andrejko ne pouvait que devenir pickpocket. Ce qu'il a commencé à faire inconsciemment dès l'âge de quatre ans avec la chaîne en or et la montre de l'oncle Ferko. Admiratifs devant autant d'audace, la famille décide d'envoyer l'enfant à Prague parmi les voleurs des rues de la capitale tchèque.
A peine arrivé à Prague, le petit - arraché à l'amour des siens et plus particulièrement à celui de sa douce maman, la belle Maria - est laissé aux bons soins de la tante Ida et de l'oncle Stefan, respecté du clan Dunka à cause de son passé de mineur et de sa pension d'invalidité. Sachant que les gadjé allaient s'apitoyer sur un enfant maigre, grelottant, décharné, morveux et pleurnichard, Andrejko commencera sa vie dans les rues de Prague pour gagner sa pitance. Dans cette nouvelle habitation, les parents Dunka vont et viennent au gré des vols et autres chapardages. Et comme l'appartement est bien trop petit pour contenir tout ce monde en transit, les plus jeunes font de la rue leur seule et unique demeure. En voyant cette farandole d'adultes égarés et d'enfants perdus, Andrejko comprend très vite que le nerf de la guerre, c'est l'argent. Pour lui, pour ses jolies cousines Anetka et Jolanka, pour ses futurs enfants, il veut et exige le même avenir que les gadjé.
Petit de taille, son terrain de prédilection pour le vol à la tire sera le tramway et l'autobus bondés, le magasin surpeuplé où Andrejko passe inaperçu. Mais le petit est doué et il apprend vite et bien. Il invente sans cesse de nouvelles combines pour gagner toujours plus d'argent. Et c'est l'oncle Stefan qui récolte et boit le fruit de ses larcins parce que, selon lui, un vrai tzigane qui se respecte ne travaille pas. Mais l'habileté et la dextérité d'Andrejko ne lui attireront pas que des sympathies, même parmi ses cousins, qui voient en lui un sérieux concurrent. Comme souvent chez les Dunka, les problèmes se règlent à coups de pieds, de poings et de couteaux bien sentis. Les jeunes, oubliant la tradition séculaire de respect, veulent jouer les caïds et les gros bras. Seulement, la justice des gadjé est la même pour tous, tzigane compris. Andrejko et ses cousins connaîtront l'enfermement et la maison de correction où la loi du plus fort prédomine.
Une fois de plus, Andrejko réussira à fuir et à trouver refuge dans le village où il a vu le jour, celui de la patrie des Dunka, Poljana. Il y sera accueilli et hébergé par des gadjé. On lui apprendra à revivre après les épreuves subies, à renaître de ses cendres. Il tentera de se socialiser, de s'intégrer dans un monde créé par et pour les gadjé et où les tziganes n'ont pas droit de citer. Mais la vie est dure. de prison en asile psychiatrique, Andrejko errera comme une âme en peine, cherchant sa voie et sa place dans une société trop rigide pour un jeune tzigane avide de liberté. le nouveau régime politique, ce vent de liberté et de paix, venu de très loin, lui offrira cette délivrance. Il retrouvera les siens pour mieux les fuir, choisissant une autre voie que celle toute tracée. Quitter cette fange, cette jungle des grandes villes et ses tentations maléfiques. Andrejko partira pour la campagne, pour un retour aux sources, aux origines de son clan. Lui qui rêve d'une vie plus saine, plus pure, plus propre, amènera Anetka sa cousine pour se construire un avenir plus beau, plaçant les valeurs morales au-dessus de tout.
A travers l'histoire sombre et tragique d'Andrejko, le lecteur de "Petite, allume un feu ..." perçoit celle de tout un peuple, les tziganes d'Europe centrale et orientale. Par les Dunka, c'est toute l'épopée de ces gitans haïs et honnis de tous que l'on découvre. A peine installés dans un quelconque hameau, ils sont repoussés aux marges de celui-ci par ses habitants. Considérés pire que les juifs, ils en partageront souvent le sinistre sort lors de l'invasion de la région par les nazis. Lorsque les russes chasseront les précédents, les Dunka et les autres tziganes devront partir à nouveau, considérés - une fois encore -, comme des parias, des sans-terre, des asociaux, des dangers potentiels pour le communisme. Marginalisés, mis au ban de la société, ils n'auront d'autres choix que celui de la débrouille, de l'art et de la manière de tricher, de feinter, de gruger, de mentir, de se servir du système pour continuer à vivre libre comme leurs ancêtres. La liberté d'être et d'aller où bon leur semble est leur credo, leur chant, leur litanie. Les enfermer, les sédentariser, revient à les faire mourir, à détruire tout ce qui fait la matière originelle de leur culture. Dans une écriture belle, tout à la fois poétique et âpre, réaliste, l'auteur nous raconte l'histoire de ce peuple si peu ou si mal connu, rejeté de partout et de tous, ou presque. "Petite, allume un feu ..." est une ode à cette liberté, pleine, entière et totale. de celle qui ne mérite aucune concession, parce que la plus exigeante. Cette liberté d'aller, au gré des humeurs, du temps, de l'envie, d'être et de vivre comme les Anciens. Dans ce roman construit comme un conte oral, Martin Smaus nous parle d'une histoire unique qui s'inscrit dans notre patrimoine universel.
Lien : http://dunlivrelautredenanne..
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Hardiviller
  31 mai 2015
Martin Smaus n'a pas écrit que ce livre , disons que c'est le seul traduit en Français à ce jour , gageons qu'il y en aura au moins un autre . Les auteurs tchèques connus en France , pas si nombreux que ça sont appelés à voir grossir leurs rangs tant ce pays est doté de personnes talentueuses dans différents domaines : musique , littérature , technique ,restauration d'oeuvres d'art etc.... Or Smaus est non seulement un bon écrivain mais aussi un excellent professionnel en génie électrique . Connait-on Jaroslav Sieffert ? ....Il est temps de se pencher vers d'autres cultures .
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Bunee
  25 février 2009
Livre reçu et lu dans le cadre de Babelio - Masse critique
Découverte totale, tant pour ce qui est de l'éditeur dont le catalogue est alléchant que pour l'auteur dont il s'agit d'un premier roman à mon sens vraiment prometteur. Mais je ne suis pas objective, car j'ai beaucoup aimé ce livre :p
C'est l'Histoire d'Andrejko. Andrejko est tzigane. Il nait et vit dans un petit hameau, parmi les siens, les Dunka. Petit et fragile, il passe une première partie de son enfance à galoper dans les ruelles et à regarder les étoiles.
Un jour son oncle, voleur très adroit, très admiré et qui a une bonne situation dans les trains, vient rendre visite à la famille. Andrejko ... réussit à lui voler sa montre. L'oncle le prend sous son aile.
Mais se fait bientôt arrêter. Andrejko aterrit dans une autre partie de sa famille, qui l'oblige à mendier dans les rues. du royaume des rues en maison de correction, puis de maison de correction à la rue ... Premier travail, injustices à répétition - les tziganes sont des gens maintenus à part, méprisés.
Il tombe amoureux d'une fille qui n'est pas de son monde, part en prison, souffre à en devenir fou.... Repart au hameau, depuis abandonné, avec sa cousine
Perpétuellement en fuite, exilé à la quête de ses racines, avec comme seule douceur le souvenir de sa mère et la petite croix que celle-ci lui a donnée. Et au moment où il pense créer d'autres racines, le monde s'écroule à nouveau, et il faut à nouveau fuir, tout recommencer.
Ce livre est une oeuvre romanesque, remuante et très touchante, les personnages sont à la fois tragiques et flamboyants. On s'attache très vite à ce personnage, son errance, sa détresse.
Une très bonne lecture.
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Seraphita
  03 avril 2010
Depuis Poljana, jusqu'à Prague, nous suivons le fil de l'histoire tragique d'Andrejko, un Tzigane pris entre deux langues.
Un roman très sombre, qui laisse peu de place à l'espoir et au bonheur. Au fur et à mesure du récit, les mésaventures s'accumulent sur le dos du petit garçon qui grandit jusqu'à devenir adulte. L'auteur ne donne que très peu d'indications concernant l'âge d'Andrejko : le lecteur a donc du mal à se faire une représentation de son développement.
Les dialogues ne sont pas présents, qui auraient permis de donner un souffle au récit. Seule est présente, en fil continu, la trame narrative qui expose les malheurs de la vie d'Andrejko : entre pauvreté, vols, séjours en prison, en asile psychiatrique, alcoolisme, misère sexuelle, ostracisme de la part des gadjé, son histoire n'est que douleur et souffrance. Une petite parcelle de bonheur avec sa cousine éclôt à Poljana, la terre qui l'a vu naître, mais elle est vite balayée par la noirceur de la vie. Dans toute cette souffrance à n'en plus finir, j'ai apprécié l'épisode du retour à Poljana, où l'auteur décrit une courte période de bonheur, s'attachant aux paysages avec beaucoup de poésie.
Une oeuvre qui nous fait découvrir l'histoire d'un peuple, celui des Tziganes, avec sa langue, le romani, et d'un pays :
« Mais Andrejko ne les écoutait plus : il regardait devant lui en pensant à Tiborek, son plus jeune cousin, qui était resté là-bas, de l'autre côté, et il avait l'impression qu'on l'avait amputé d'une jambe, voilà l'effet que cela lui faisait : toute sa vie, les jambes écartées entre Poljana, slovaque et ruthène, et Prague et Plzen, tchèques » (p. 282.)
Les indications chronologiques sont très rares et on a du mal à situer le temps de l'action. Nous savons cependant qu'elle se termine en 1993.
Un roman sombre, désespéré.
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boreale
  20 février 2009
Pour ne rien vous cacher je suis une fille pleine de préjugés,
( voui c'est maaaal je sais, mais j'essaie de me soigner :-)
et c'est vrai qu'en ouvrant ce livre je me suis dit:
"bon voilà l'occasion d'en savoir plus et sûrement de voir que les "gitans" ne sont pas comme on dit, patati patata , fini les voleurs de poules etc" ...
Eh bien... euh ...
Concernant le vol,
disons que d'entrée nous ( la suite est à lire ici : http://blabliblo.canalblog.com/archives/2009/02/20/12634332.html )
Lien : http://blabliblo.canalblog.c..
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
NanneNanne   19 février 2009
Les enfants tziganes, débraillés, flânaient rue Matejska en faisant la manche pour s'acheter de la barbe à papa et lorgnaient d'un œil envieux les enfants gadjé qui faisaient des tours de manège ou de balançoire. Les enfants tziganes s'arrêtaient près des vitrines des jouets ou devant la pâtisserie, alléchés par l'odeur de tartes qui sortaient du four et du chocolat chaud, le nez collé contre la vitrine derrière laquelle se bousculaient les petits gadjé avec leurs ours en peluche et leurs poupées, les garçons en blouse de marin et les filles en robe rose, avec des nœuds dans les cheveux ; [...] Face à une telle injustice, Andrejko n'arrivait pas à trouver le sommeil et passait des nuits entières à sangloter ; les doigts crispés sur la croix de sa mère, il écrasait ses larmes sur ses joues sales.
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SeraphitaSeraphita   03 avril 2010
Jusqu’à là-bas, où finissaient les rails et se dressaient les touffes de laine de brebis, avec leurs cerisiers isolés et leurs églantiers rouge sang le long des sentiers poussiéreux, où paissaient les chevaux à la crinière humide de rosée matinale ; où s’alignaient des meules et des granges pleines de foin odorant ; où s’élevaient des forêts millénaires et des bocages anciens ; où, par les chaudes nuits d’été, scintillaient les feux follets, la mousse dorée et le bois des souches en décomposition ; où, à l’automne, les feuilles se couvraient d’or avant de tomber et les versants dénudés se voilaient timidement d’un lacis de brindilles nues, de petits fils d’or et de cuivre tout fins, avant que le gel n’enferme les fontaines à septuple tour, que les habitants ne dégagent d’étroits sentiers dans les congères entre les maisons et que n’apparaissent, derrière le village, des empreintes de loups dans la neige.
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NanneNanne   19 février 2009
Pour donner à Andrejko le bon exemple, l'oncle ne chôma pas, même cette nuit-là. Il disparut à deux ou trois reprises dans le train où régnait le silence et lorsqu'au matin, à Prague, il sortit de ses poches des papiers d'identité et qu'il compta des billets de banque tout froissés, cela sembla au petit Andrejko tout à fait naturel.
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