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ISBN : 2246819083
Éditeur : Grasset (04/09/2019)

Note moyenne : 3.1/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Daniel Gluck, centenaire, ne reçoit pas d’autres visites dans sa maison de retraite que celles d’une jeune femme qui vient lui faire la lecture. Aucun lien familial entre les deux pourtant, mais une amitié profonde qui remonte à l’enfance d’Elisabeth, quand Daniel était son voisin. Elisabeth n’oubliera jamais la générosité de cet homme si gentil et distingué qui l’a éveillée à la littérature, au cinéma et à la peinture.

Les rêves – ceux des gens ordin... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Eve-Yeshe
  17 août 2019
Ce roman nous entraîne, dans un voyage étrange, au Royaume Uni, dans une période qui s'étend des années soixante au référendum sur le Brexit. Elisabeth s'est liée d'amitié avec Daniel Gluck, un voisin, au grand dam de sa mère (un vieux monsieur, qui s'intéresse à une petite fille c'est forcément louche, il est peut-être gay, voire pire…)
Cet homme étrange va lui faire découvrir la littérature, le pouvoir et la magie des mots, des images ; il a traversé les époques, rencontré tant de gens. Elisabeth construit péniblement sa vie, fait des études d'art, une thèse sur les peintres du pop'art qui prend une direction particulière lorsqu'elle déniche, dans une boutique d'art, un vieux catalogue d'exposition de Pauline Boty, peintre qui est tombée dans l'oubli. Elle décide de changer de sujet de thèse pour se consacrer à son oeuvre, estimant que son directeur de thèse ne lui accorde pas la considération qu'elle mérite : c'est une femme, morte jeune, passée à la trappe.
On rencontre une autre femme, au cours de ce roman, en la personne de Christine Keeler, mannequin, danseuse aux seins-nus et qui défrayera la chronique car elle a été présentée comme call-girl à John Profumo, secrétaire d'État à la guerre en 1961…
Le récit alterne les périodes de l'enfance et de l'âge adulte d'Elisabeth, ses relations difficiles avec sa mère, et les visites qu'elle rend alors à Daniel, qui est dans une maison de retraite, où il est le plus souvent plongé dans un profond sommeil.
Ali Smith nous livre une réflexion sur la vie, la mort, le temps qui passe, l'inconstance des actions, avec un coup de patte bien senti au référendum, qui a conduit au Brexit…
Un passage intéressant : Daniel Gluck qui se retrouve dans un arbre, un pin, qui lui sert da moyen de déplacement, peut-être une allusion à la mort, au cercueil…
Ce roman est un OVNI, inclassable… On ne sait jamais si on est dans la réalité ou dans le rêve, tant les frontières sont fragiles. Il est plein de poésie, et c'est très difficile d'en parler, de faire une synthèse, tant on se laisse emporter par l'écriture.
Je ne connaissais pas du tout Ali Smith, mais son style un peu étrange m'a plu son écriture est belle.
Un grand merci à NetGalley et aux éditions Grasset qui m'ont permis de découvrir ce roman et son auteure.
#Automne #NetGalleyFrance
sortie prévue le 04/09/2019
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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jmb33320
  17 juillet 2019
Ce roman rêveur oscille entre le Londres des années 1960 et le Royaume-Uni de 2016, avec sa politique migratoire et son référendum sur le Brexit.
Deux personnages principaux l'incarnent. Daniel Gluck, un vieil homme dont on apprend au fil des pages qu'il est centenaire. Et Elisabeth Demand, une jeune femme d'une trentaine d'années qui lui rend fréquemment visite dans l'établissement de soins où il vit désormais. Autrefois il l'accueillait en lui demandant toujours ce qu'elle était en train de lire. Maintenant elle vient lui faire la lecture alors pourtant qu'il est le plus souvent profondément endormi. Elisabeth a connu Daniel alors qu'elle était une fillette orpheline de père. Il était un voisin attentif. Mais bien vite il deviendra un grand-père de substitution absolument irremplaçable.
Le style d'Ali Smith est plutôt évanescent dans ce court roman. Parfois on ne sait si on est dans le réel ou bien dans un rêve, que ce soit celui de Daniel ou celui d'Elisabeth. le réel a des allures de cauchemar et le rêve est bien souvent doux et accueillant…
Il est aussi beaucoup question de la vie et de l'oeuvre d'une artiste pop des années 1960, Pauline Boty, sur laquelle Elisabeth, qui est diplômée en histoire de l'art, travaille dans le but de la réhabiliter. Daniel l'a connue. Et a joué un rôle de passeur vers Elisabeth.
J'ai apprécié ce roman qui, mine de rien, mais parfois avec colère, expose tous les travers de notre époque. Il réclame toutefois une attention soutenue car son côté fuyant ne plaira pas à tous ceux qui attendent d'abord d'un roman une narration absolument claire.
#Automne #NetGalleyFrance
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Electra
  19 février 2018
J'avais hâte de retrouver Ali Smith à nouveau (j'ai encore un recueil de nouvelles signé de sa prose à vous présenter) et je voulais absolument lire Autumn, encensé par la critique. La romancière écossaise se lance dans une aventure, en écrivant quatre romans, j'attends depuis avec impatience la sortie du prochain opus, Winter (hiver) attendu pour le 2 novembre prochain.
J'adore la liberté que l'auteure prend avec la syntaxe, la prose. Ici, encore une fois, elle s'amuse avec les mots et le résultat est tout simplement MAGIQUE. Il n'y a pas d'autres termes qui résument le mieux pour moi que cette aventure fut de lire ce livre, un roman qui m'a une nouvelle fois transportée et émue ! Rare de voir autant de bonté dans un seul livre. Ali Smith a souhaité s'exprimer à sa manière sur le Brexit, et en particulier sur l'évolution de la société britannique ses dernières années, mais au lieu de résumer son roman à cela, elle a souhaité transmettre un formidable message d'espoir à ses lecteurs.
Et ce sont ses personnages qui illuminent tout le roman, et en particulier la relation entre Elizabeth Demand, jeune thésarde trentenaire et Daniel Gluck, tout juste centenaire, à l'automne 2016. Ces deux êtres ont perdu tout contact depuis des années, or lorsque Elizabeth était enfant (née en 1984), Daniel était devenu son « baby-sitter » et par là-même son meilleur ami, et remplaçait aussi la figure parentale absente.
Mais en vieillissant, la mère d'Elizabeth désapprouva cette amitié, pensant à tort (ou à raison) que Daniel était homosexuel. Celui-ci était un ancien parolier et vivait seul à l'époque où ils devinrent proches.
Elizabeth est une jeune femme aimable, qui doit refaire ses papiers, son passeport en particulier. Mais l'administration britannique a changé les règles depuis quelques temps, et son dossier pose toujours souci; Ali Smith excelle au jeu de l'absurde – ainsi on refuse la photo biométrique d'Elizabeth sous prétexte que « ses yeux sont trop rapprochés » – ce simple renouvellement prend une tournure inimaginable. Rappelez-vous : en Grande-Bretagne, la carte d'identité n'existe pas. Or en ces temps difficiles, où la question de l'immigration a joué un rôle majeur dans le choix du Brexit, la preuve de son identité est devenue une question brûlante.
Sa mère lui apprend alors que Daniel est en fin de vie dans une maison de retraite. Elizabeth avait presque oublié le vieil homme qui fut pourtant son meilleur ami lorsqu'elle était enfant. Il était la figure parentale qui lui manquait (le père d'Elizabeth avait pris la poudre d'escampette) mais surtout il aimait la poésie, les mots, les jeux de mots et faire travailler l'imagination de la petite fille. Elizabeth se souvient alors de leurs dialogues animés, leurs parades, leurs conversations qui partaient dans tous les sens. La petite fille ayant les pieds sur terre, Daniel la forçait à lâcher prise , et si elle pouvait voler, où irait-elle ?
Elizabeth se rend la maison de retraite et retrouve Daniel, allongé dans son lit, il est plongé dans une sorte de sommeil prolongé – les aides-soignants décrivent un homme charmant, cultivé et humble. Daniel aurait cent ans. L'automne qui apporte son long de feuilles mortes et de brouillard, serait-il le dernier pour Daniel ? La présence d'Elizabeth va-t-elle réveiller le vieil homme ? Elle décide de lui faire la lecture, lui l'amoureux des lettres.
Ali Smith décrit ce pays divisé entre les pro et les anti Brexit – l'atmosphère est devenue lourde, les propos xénophobes se libèrent, on construit à nouveau des clôtures avec des fils barbelés, les étrangers ne sont plus les bienvenus. Pourtant la terre continue de tourner, et les saisons suivent.
Dans ce premier volet de ce quartet saisonnier, l'auteure écossaise nous offre une forme de méditation sur l'évolution de la société, et en particulier sur ce processus de renfermement, sur ce que signifient réellement ce repli, mais le contrebalance avec tout ce qui fait la richesse de pays. Ses habitants. Qui sommes-nous ? de quoi sommes-nous fait ?
(suite sur mon blog)
Lien : http://www.tombeeduciel.com/..
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celine17
  07 août 2019
Le roman d'Ali Smith est particulièrement déroutant !
Si elle oscille entre un humour noir très british et une forme de poésie très personnelle - on ne sait jamais vraiment où on se situe - elle vise surtout à pointer du doigt les travers de nos sociétés et à réfléchir sur notre condition.
Au coeur des propos : le Brexit, le racisme, l'aliénation administrative, l'art et les rapports hommes-femmes ou multi-générationnels…
Pauline Boty, seule peintre féminine du mouvement pop art, est également au centre de l'attention de nos deux protagonistes : ses tableaux ultra-féministes, son art rebelle et visionnaire, en font forcément une personnalité forte et conflictuelle pour la société des années 60…
Daniel a connu l'artiste, Elisabeth prolonge l'histoire en l'étudiant (Boty est décédée jeune) : peut-être vise-t-elle à mieux comprendre qui est Daniel ?
L'arrière-saison nous dévoilera-t-elle ses derniers secrets ?
Lien : https://www.instagram.com/p/..
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
Eve-YesheEve-Yeshe   17 août 2019
Il aurait cru que la mort épure une personne, la débarrasse de toute sa pourriture pourrissante jusqu’à lui donne l’inconsistance d’un nuage.
Commenter  J’apprécie          110
WilkinsonWilkinson   11 septembre 2018
« Somehow this wasn't the same as melancholy. It was something else, about how melancholy and nostalgia weren't relevant in the slightest. Things just happened. Then they were over. Time just passed. Partly it felt unpleasant, to think like that, rude even. Partly it felt good. It was kind of a relief. »
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ElectraElectra   19 février 2018
I mean, with how eyes that aren’t yours let you see where you are and who you are.
Elizabeth nodded as if she understood.
We have to hope, Daniel was saying, that the people who love us and who know us a little bit will in the end have seen us truly. In the end, not much else matters.
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