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EAN : 9782246819080
Éditeur : Grasset (04/09/2019)

Note moyenne : 3.06/5 (sur 43 notes)
Résumé :
Daniel Gluck, centenaire, ne reçoit pas d’autres visites dans sa maison de retraite que celles d’une jeune femme qui vient lui faire la lecture. Aucun lien familial entre les deux pourtant, mais une amitié profonde qui remonte à l’enfance d’Elisabeth, quand Daniel était son voisin. Elisabeth n’oubliera jamais la générosité de cet homme si gentil et distingué qui l’a éveillée à la littérature, au cinéma et à la peinture.

Les rêves – ceux des gens ordin... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
Cannetille
  05 novembre 2019
Elisabeth, jeune professeur d'art, n'a jamais oublié le vieux voisin, un peu excentrique mais si gentil et si cultivé, qui, lorsqu'elle était enfant, lui a fait découvrir un monde de rêves, celui de l'art et de la littérature. Elle est la seule à lui rendre régulièrement visite, dans la maison de retraite où, centenaire, il ne fait plus grand-chose d'autre que dormir. Autour d'eux et de leur tendresse, la vie de tous les jours continue, avec ses tracasseries et ses absurdités, au lendemain du Brexit qui divise l'Angleterre.

Très décousu, ce roman ressemble aux collages de l'artiste de Pop Art anglaise, Pauline Boty, qu'il met à l'honneur et m'a fait découvrir. C'est un véritable patchwork d'images et de symboles, tous représentatifs des dérives d'une société confrontée à ses contradictions jusqu'à l'aberration : une oeuvre contestataire, destinée à faire sentir le malaise de l'auteur face à l'Angleterre d'aujourd'hui, au travers d'un texte surréaliste, poussé jusqu'aux limites de l'absurde.

Sans doute ce livre parle-t-il davantage aux Britanniques, qui se souviennent sans doute, eux, du scandale de l'affaire Profumo en 1963, provoquée par la liaison entre un membre du gouvernement et la danseuse de cabaret Christine Keeler, elle-même compromise par sa relation en pleine guerre froide avec un ami soviétique ? Aujourd'hui, Ali Smith dénonce les mensonges politiques qui ont conduit au Brexit et au déchirement du pays, la xénophobie et la peur des migrants, les inepties quotidiennes que vivent les citoyens confrontés à une administration tracassière et dysfonctionnelle.

Personnellement, j'ai surtout ressenti un ennui déconcerté et une croissante irritation à essayer tant bien que mal de comprendre un tant soit peu ce livre étrange et déroutant, ce « collage » littéraire à la limite de l'abscons, que j'ai dû me forcer à terminer.
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Ladybirdy
  05 octobre 2019
On partage dans ce roman le passé d'Elisabeth très attachée à son voisin Daniel ainsi que son présent auprès du même homme devenu centenaire, dépendant de machines pour le maintenir en vie, plus à moitié mort que vivant.
Daniel était un homme d'une culture incroyable, la mère d'Elisabeth fait appel à lui pour garder sa fille quand elle s'absente. Entre eux se tisse une belle complicité où l'homme se montre d'une générosité et créativité sans pareille auprès de la petite Elisabeth.
En toile de fond se tisse les événements liés au Brexit où la mère d'Elisabeth se montre lasse, fatiguée au coeur de cette société anglaise où les politiciens mentent à longueur de journée, où les gens s'y perdent, se renferment, se détestent.
On m'avait promis dans la quatrième de couverture une écriture poétique. Oui, il y a de très beaux passages qui font mouche. Surtout à travers Daniel plus jeune qui par ses réflexions attisent la curiosité et l'émotion.
Le bémol tient ici qu'il n'y a pas vraiment de fil conducteur dans ce roman. Ça part un peu trop dans tous les sens. Il y a des passages tellement abstraits et abscons qu'on s'y perd, des métaphores en veux tu en voila qui à mon sens desservent l'histoire. Puis, il y a aussi une balance déséquilibrée entre les deux personnages principaux. Elisabeth est insipide pour ainsi dire tandis que Daniel est touchant, intéressant, attachant.
Un roman dont je sors très mitigée car il m'aura manqué le sel, la danse automnale des feuilles, l'arbre de vie qui conte, raconte et retient. Dommage.
#Automne #NetGalleyFrance
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Eve-Yeshe
  17 août 2019
Ce roman nous entraîne, dans un voyage étrange, au Royaume Uni, dans une période qui s'étend des années soixante au référendum sur le Brexit. Elisabeth s'est liée d'amitié avec Daniel Gluck, un voisin, au grand dam de sa mère (un vieux monsieur, qui s'intéresse à une petite fille c'est forcément louche, il est peut-être gay, voire pire…)
Cet homme étrange va lui faire découvrir la littérature, le pouvoir et la magie des mots, des images ; il a traversé les époques, rencontré tant de gens. Elisabeth construit péniblement sa vie, fait des études d'art, une thèse sur les peintres du pop'art qui prend une direction particulière lorsqu'elle déniche, dans une boutique d'art, un vieux catalogue d'exposition de Pauline Boty, peintre qui est tombée dans l'oubli. Elle décide de changer de sujet de thèse pour se consacrer à son oeuvre, estimant que son directeur de thèse ne lui accorde pas la considération qu'elle mérite : c'est une femme, morte jeune, passée à la trappe.
On rencontre une autre femme, au cours de ce roman, en la personne de Christine Keeler, mannequin, danseuse aux seins-nus et qui défrayera la chronique car elle a été présentée comme call-girl à John Profumo, secrétaire d'État à la guerre en 1961…
Le récit alterne les périodes de l'enfance et de l'âge adulte d'Elisabeth, ses relations difficiles avec sa mère, et les visites qu'elle rend alors à Daniel, qui est dans une maison de retraite, où il est le plus souvent plongé dans un profond sommeil.
Ali Smith nous livre une réflexion sur la vie, la mort, le temps qui passe, l'inconstance des actions, avec un coup de patte bien senti au référendum, qui a conduit au Brexit…
Un passage intéressant : Daniel Gluck qui se retrouve dans un arbre, un pin, qui lui sert da moyen de déplacement, peut-être une allusion à la mort, au cercueil…
Ce roman est un OVNI, inclassable… On ne sait jamais si on est dans la réalité ou dans le rêve, tant les frontières sont fragiles. Il est plein de poésie, et c'est très difficile d'en parler, de faire une synthèse, tant on se laisse emporter par l'écriture.
Je ne connaissais pas du tout Ali Smith, mais son style un peu étrange m'a plu son écriture est belle.
Un grand merci à NetGalley et aux éditions Grasset qui m'ont permis de découvrir ce roman et son auteure.
#Automne #NetGalleyFrance
sortie prévue le 04/09/2019
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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sylvaine
  05 septembre 2019
Automne Ali Smith Grasset #Automne #NetGalleyFrance.
Surprenant roman que celui-ci! Elisabeth, écrivez son prénom avec un s s'il vous plait, vient régulièrement tenir compagnie à Daniel Gluck un très vieux monsieur qui a été leur voisin et dont elle est restée très proche. Daniel est plongé dans un sommeil très profond, Elisabeth assise à ses côtés lit , se souvient , s'endort et rêve.
A travers ses souvenirs c'est 20 ans de l'histoire de l'Angleterre qui resurgit, c'est le traumatisme et la blessure inguérissable depuis le référendum sur le Brexit. C'est le regard porté sur les années 60 par cette jeune femme enseignante en art. Ce roman c'est un millefeuille de feuilles ... ne riez pas lisez le d'abord et vous me comprendrez. La vie, la mort, l'amour, l'art, le monde , le regard porté sur le monde, la vérité, le mensonge et vous et moi.
Un roman surprenant servi par une plume fine, subtile, acérée et critique. Lire ce roman au moment où les débats font rage au Parliament est pure coïncidence mais le hasard existe t'il vraiment , ne serait-ce pas plutôt du à la clairvoyance de l'auteur. Je vous laisse en juger.
Un très grand merci aux éditions Grasset pour cette lecture atypique et marquante.
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jmb33320
  17 juillet 2019
Ce roman rêveur oscille entre le Londres des années 1960 et le Royaume-Uni de 2016, avec sa politique migratoire et son référendum sur le Brexit.
Deux personnages principaux l'incarnent. Daniel Gluck, un vieil homme dont on apprend au fil des pages qu'il est centenaire. Et Elisabeth Demand, une jeune femme d'une trentaine d'années qui lui rend fréquemment visite dans l'établissement de soins où il vit désormais. Autrefois il l'accueillait en lui demandant toujours ce qu'elle était en train de lire. Maintenant elle vient lui faire la lecture alors pourtant qu'il est le plus souvent profondément endormi. Elisabeth a connu Daniel alors qu'elle était une fillette orpheline de père. Il était un voisin attentif. Mais bien vite il deviendra un grand-père de substitution absolument irremplaçable.
Le style d'Ali Smith est plutôt évanescent dans ce court roman. Parfois on ne sait si on est dans le réel ou bien dans un rêve, que ce soit celui de Daniel ou celui d'Elisabeth. le réel a des allures de cauchemar et le rêve est bien souvent doux et accueillant…
Il est aussi beaucoup question de la vie et de l'oeuvre d'une artiste pop des années 1960, Pauline Boty, sur laquelle Elisabeth, qui est diplômée en histoire de l'art, travaille dans le but de la réhabiliter. Daniel l'a connue. Et a joué un rôle de passeur vers Elisabeth.
J'ai apprécié ce roman qui, mine de rien, mais parfois avec colère, expose tous les travers de notre époque. Il réclame toutefois une attention soutenue car son côté fuyant ne plaira pas à tous ceux qui attendent d'abord d'un roman une narration absolument claire.
#Automne #NetGalleyFrance
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critiques presse (3)
LeMonde   25 novembre 2019
Un roman qui prend le parti de dire une réalité politique à travers le prisme des images, des visions poétiques, des formules incantatoires.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Culturebox   27 septembre 2019
Une émouvante histoire d’amitié entre une jeune femme et un homme au crépuscule de sa vie, dans un pays divisé par le référendum sur le Brexit.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Liberation   10 septembre 2019
Le premier volet de la tétralogie de l'auteure écossaise capte en poète l’air post-Brexit.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
LadybirdyLadybirdy   04 octobre 2019
Bonjour, dit-il. Tu lis quoi ? Elisabeth lui montra ses mains vides. Je donne l’impression d’être en train de lire ? dit-elle. Il faut toujours être en train de lire, dit-il. Même quand on ne lit pas réellement. Sinon, comment lirions-nous le monde ?
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Olivia-AOlivia-A   22 septembre 2019
Partout dans le pays, ce n'était que tristesse et réjouissances.
Partout dans le pays, ce qui venait d'avoir lieu se balançait tel un fil électrique tout à coup doté de vie car arraché à un pylône par une tempête. Il s'agitait au-dessus des arbres, des toits, des voitures.
Partout dans le pays, les gens avaient le sentiment d'avoir fait ce qu'il ne fallait pas faire. Partout dans le pays, les gens avaient le sentiment d'avoir fait ce qu'il fallait faire. Partout dans le pays, les gens avaient le sentiment d'avoir tout perdu. Partout dans le pays, les gens avaient le sentiment d'avoir tout gagné. Partout dans le pays, les gens avaient le sentiment d'avoir fait le nécessaire et d'autres de ne pas l'avoir fait. Partout dans le pays, les gens tapaient sur Google : UE définition. Partout dans le pays, les gens tapaient sur Google : partir Ecosse. Partout dans le pays, les gens tapaient sur Google : passeport irlandais.
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Eve-YesheEve-Yeshe   19 août 2019
Ah, les jeux de mots : la richesse des pauvres ; ce pauvre vieux John Keats. Pauvre, certainement, mais vieux, non, ça jamais. Lui, le poète de l’automne dans une Italie d’hiver s’était surpris, à quelques jours de sa mort, à faire des jeux de mots comme s’il ne devait pas y avoir de lendemain…
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Olivia-AOlivia-A   21 septembre 2019
Je suis fatiguée de ces nouvelles. Je suis fatiguée de la façon dont on rend spectaculaire des choses qui ne le sont pas, dont on traite de façon simpliste des choses terribles. Je suis fatiguée du vitriol, je suis fatiguée de la colère. Je suis fatiguée de la méchanceté. Je suis fatiguée de l'égoïsme. Je suis fatiguée qu'on ne fasse rien pour empêcher ça. Je suis fatiguée de la façon dont on encourage ça. Je suis fatiguée de la violence qui existe, et je suis fatiguée de la violence à venir, qui ne s'est pas encore produite, mais qui arrive. Je suis fatiguée des menteurs. Je suis fatiguée des menteurs assermentés. Je suis fatiguée de la façon dont des menteurs ont laissé ça se produire. Je suis fatiguée d'avoir à me demander s'ils ont fait ça par bêtise ou volontairement. Je suis fatiguée des gouvernements qui mentent. Je suis fatiguée des gens qui s'en foutent qu'on leur ai menti. Je suis fatiguée que tout ça me fasse peur. Je suis fatiguée de l'animosité. Je suis fatiguée de la pusillanimosité.
Je ne crois pas que ce mot existe, dit Elisabeth.
Je suis fatiguée de ne pas connaître les bons mots, dit sa mère.
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Eve-YesheEve-Yeshe   17 août 2019
Il aurait cru que la mort épure une personne, la débarrasse de toute sa pourriture pourrissante jusqu’à lui donne l’inconsistance d’un nuage.
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