AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Claude Demanuelli (Traducteur)
ISBN : 2070758060
Éditeur : Gallimard (30/11/-1)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 207 notes)
Résumé :
Feu d'artifice. Feu littéraire, feu de joie ou de tristesse, feu de plume bien trempée. Feu le "faux roman" et vive Zadie Smith ! Cette jeune auteur anglaise qui fait paraître en France Sourires de Loup, son premier roman, a tout d'un auteur de génie et son livre d'un roman épatant. À l'image d'un plat épicé et coloré renfermant dans un même bouillon des légumes et des condiments de toutes origines, Zadie Smith déploie au fil des 533 pages de son livre une histoire ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
jcfvc
  26 octobre 2009
Cette jeune auteure d'origine jamaicaine et anglaise obtint un succès immédiat pour ce premier roman, écrit à 25 ans seulement. Les droits du livres furent même achetés avant même qu'il soit terminé, à un éditeur ayant lu les cent premières pages seulement lors de la foire du livre à Francfort.t
C'est un roman foisonnant, à l'écriture baroque et flamboyante, s'inscrivant dans la tradition du grand roman anglais, de Fielding aux "Enfants de minuit" de Salman Rushdie, en passant par Dickens, rendant compte de la cociété anglaise en mutation, de ses crises, de la diversité des ses communautés et de son caraxtère multi-ethnique et multi culturel. Un livre cependant très profondément "british" par son humour décapant. et dévastateur, se moquant tout à la fois de la classe moyenne cultivée, des petits blancs racistes de la classe ouvrière, des "racailles" de banlieue totalement ignorantes de leur culture d'origine mais revendiquant cependant des racines qui leur sont totalement étrangères et inconnues. La langue est celle de la rue, totalement baroque et flamboyante elle aussi, un anglais en pleine mutation, sabir de cockney de la classe ouvrière, d'anglais standard de la télé et de la pub et de "pidgin" post-moderne. (petit nègre des banlieues, des minorités jamaicaines et indo pakistanaises) Je serais d'ailleurs curieux de lire ce roman également dans la traduction française pour voir comment cette énergie linguistique, ce mélange des genres et de styles a été adapté par le traducteur.
Les héros en sont un cockney de base inculte et un indien originaire du Bengale, possédant un vernis de culture, attaché à ses racines, voulant pour ses deux fils une éducation de bons musulmans, qui ne pouvant payer deux billets d'avions, envoie, contre l'avis de sa femme, et de son entourage, l'un de ses deux rejetons au Bengale afin de le protéger contre la corruption et les vices occidentaux,. Les deux compères ont fait la 2ème guerre mondiale ensemble, gonflent tout le monde et leur famille en particulier en rabâchant leurs souvenirs militaires pas très glorieux, et pour ce qui concerne le bengali, les exploits (très improbables et contestés) d'un ancêtre qui aurait le premier mené une rebellion contre l'envahisseur anglais. Il sont tous les deux épousé sur le tard des femmes beaucoup plus jeunes et leur ont fait des enfants qui sont à l'image des adolescents actuels issus des minorités : le fils resté en angleterre du Pakistanais est un petit délinquant, leader charismatique d'une petite bande qui sera sensible aux fatwas prononcées par les barbus fondamentalistes de Bradford et ira brûler le livre d'un écrivain ayant "blasphémé" contre l'islam, et qui en profitera pour piller quelques magasins et agresser quelques passants "infidèles". le frère de cette petite frappe néanmoins sympathique, celui qui fut exilé d'autorité par le père vers l'Inde, fait des études de droit. C'est l'intello, la fierté de son père, qui en fait ne sait pas très bien ce qu'il devient là-bas et dont on peut douter, eu égard à sa rationalité et à son désir de modernisation de la société indienne, qu'il devienne ce que son père a imaginé pour lui en l'exilant dans le sous-continent. Je ne puis vous dire ce qu'il devient, étant en train de teminer le bouquin et désireux de toutes façons de ne pas dévoiler la suite afin de vous donner l'envie de découvrir lle destin des personnages par vous-mêmes. Autres personnages savoureux de cette fable sociale, inscrite totalement dans l'histoire et la société actuelle du Royaume Uni, contrairement à une certaine littérature française trop souvent déconnectée du réel, digne du Tom Jones de Fielding ou de Dickens :
- La mère des deux enfants de l'Indien, mariée à cet homme plus vieux qu'elle et ramenée par lui en angleterre, est tout à fait intégrée, apprécie la modernité et le confort de l'occident, est hostile aux véléités fondamentalistes de son époux et cependant attachée à ce que ses enfants ne perdent pas leurs racines.
- Sa nièce, lesbienne totalement impie, menant une vie "honteuse" pour sa tante, qui ne l'excommunie toutefois pas et lui demande souvent son avis pour l'éducation de ses propres enfants et dans la façon de gérer son couple.
- La fille du cokney, de mère jamaicaine, amoureuse du fils délinquant du Bengali et désireuse de s'intégrer, fréquentant assidument la maison d'un couple d'intellectuels d'origine juive mais identifiés comme étant anglais pur sang
Les deux géniteurs de cette descendance bigarrée sont les meilleurs amis du monde, fréquentent le même pub tenu par un pakistanais à l'idéologie plus british-de-base-que-lui-tu-meurs, se bourrent la gueule régulièrement dans ce boui boui en ressassant leurs souvenirs de guerre et en débitant des brèves de comptoir savoureuses avec les autres clients, le pakistanais, faisant rigoler tout le monde avec son ancètre soi-disant anticolonialiste et sa prétention à se purifier et à se comporter dans un avenir incertain comme un bon musulman.
Le roman est vraiment excellent. Il s'inscrit, par son humour dévastateur et son ancrage dans les réalités économiques, culturelles et social de la Grande Bretagne qu'il décrit, dans la tradition du grand roman anglais, aux antipodes d'une littérature française trop souvent déconnectée du monde réel.
Sans dévoiler la fin de l'intrigue, disons, pour faire court et simpliste et si j'ai bien compris le message de cette fable baroque flamboyante :
- que la classe ouvrière britannique est confrontée à une situation inédite, celle d'une immigration de masse qui a transformé en profondeur le Royaume uni, dont les populations bigarrées apprennent malgré tout à répondre avec humour aux défis de l'Histoire (avec un grand H). Archibald Jones, personnage représentatif et plus-typiquement-anglais-que-lui-tu--meurs, n'est pas un raciste de base. Il a épousé une jamaicaine, est resté le meilleur ami de son compagnon d'infortune et de guerre (un Bengali bien intégré mais islamiste sur les bords). Cette classe ouvrière donc, malgré le racisme ordinaire d'une partie de la société, également dénoncé par la romancière, est profondément tolérante.
- Que cette classe ouvrière britannique, bien que n'adhérant pas au fondamentalisme de certains membres des communautés musulmanes dont elle partage l'existence quotidienne, pressent confusément une communauté d'intérets et de destin envers ces "étrangers" qu'elle côtoie dans les quartiers et à l'école, ceci malgré un fond d'intolérance ethnocentriste indélébile.
.- que cette classe ouvrière adhère cependant obscurément, par simple bon sens, aux valeurs rationelles de l'occident, auxquelles elle ne comprend pas grand chose et qu'elle ne pratique pas dans sa vie de tous les jours, lesquelles valeurs ont permis à l'Europe de conquérir le monde mais sont en train de déboucher sur une fuite en avant technologique d'apprentis sorciers risquant de détruire le monde.
- Sur ce dernier point, la dénonciation de la rationalité occidentale qui présenteraitt un danger pour la survie de l'espèce et la suprématie occidentale, je ne suis d'ailleurs pas certain que la romancière adhère aux pulsions anti-scientifiques post-modernes et qu'elle ne se rallie pas, en fin de compte, derrière la bannière de la recherche scientifique, tant est féroce sa charge contre les sectes fondamentalistes islamistes, chrétiennes et anti vivisection - toutes farouches adversaires de la société occidentale et convergeant, malgré le gouffre idélologique qui les séparent et pour des raisons diamétralment opposées, dans une haine aveugle contre : le père, le colonisateur, la chair et la révolution sexuelle.
- Que cette classe ouvrière, ou plutôt ces "masses déracinées par le capitalisme", privées de leur solidarités traditionnelles comme le dirait Arendt bien mieux que moi, semblent prendre fait et cause, à un instant crucial de la narration, contre la rationalité arrogante de l'intelligentsia qui leur promet un futur radieux grâce à la science et au progrès. En fin de compte, ces masses déboussoulées ne parviennent pas à prendre une décision, s'en remettent au hasard, à leur maktoub cockney et se font finalement "baiser" par cette bourgeoisie qu'elles soutiennent malgré tout et en dernière instance contre leurs "intérêts objectifs de classe". Je suis désolé d'avoir recours à une vulgate marxiste assez impropre à rendre compte de la tonalité du livre et de son message socilogique et politique, mais faute d'un meilleur instrument d'analyse à ma disposition, je suis obligé de faire avec...
Voilà, il me reste à vous rappeler que cet excellent roman a été traduit en français sous le titre "Sourire de loup", qu'il est publié en poche dans la collection Folio, et que je vous en recommande vivement la lecture si vous voulez mieux comprendre la société britannique actuelle au-delà des clichés sur le communautarisme à l'anglo-saxonne dont on nous rebat les oreilles ici pour lui opposer l'intégration à la française, vous savez, cette panacée républicaine qui a donné ce que l'on a vu l'hiver dernier dans les cités en flamme de l'hexagone. Ils ont dû bien rigoler les anglais et tous ceux qui en ont marre de recevoir des leçons de démocratie et de progrès social de la part des "frogs", des Frenchies arrogants.......

Lien : http://jcfvc.over-blog.com
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          71
Corboland78
  16 août 2015
Zadie Smith, née en 1975 dans une banlieue du nord-ouest de Londres, est une écrivaine britannique, fille d'un père anglais et d'une mère jamaïcaine qui émigre en Angleterre en 1969. Ses parents divorcent alors qu'elle est encore adolescente et à l'âge de 14 ans, change son prénom de Sadie en Zadie. Elle étudie la littérature anglaise à l'université de Cambridge. Son premier roman, Sourires de loup, paru en 2000 a reçu plusieurs prix.
Archie Jones l'Anglais et Samad Iqbal le Bengladais, se sont connus durant la Seconde Guerre Mondiale avant de se retrouver en 1975 au nord de Londres, dans le quartier des exilés et des déracinés. le roman va nous raconter leurs deux vies, leurs mariages, leurs familles – deux clans distincts - et leurs problèmes jusqu'à la fin du siècle, dans cette Angleterre multiculturelle en pleine mutation.
Je n'ai lu que deux romans de cette écrivaine mais je vois qu'ils présentent les mêmes caractéristiques. Une écriture dense et foisonnante - qui freine l'entrée du lecteur dans le bouquin - où la mixité culturelle tient le rôle principal. Ce qui frappe le plus ici, c'est qu'il s'agissait de son premier roman et pour un coup d'essai, c'est époustouflant de virtuosité. Plus de cinq cents pages débordant de personnages divers et exotiques, de situations souvent drôles ou loufoques, de réflexions sur le monde comme il va dans un Londres loin des clichés touristiques habituels ou de cette Albion so british…
Zadie Smith écrit ses romans comme d'autres mitonnent des ragoûts en y incorporant tout ce qui leur tombe sous la main. Il y a un suicide raté, une seconde épouse bien plus jeune, des fils jumeaux Magid et Millat, les Témoins de Jéhovah, Allah et ses préceptes, des odeurs de curry et de shit, des digressions sur à peu près tout, des références au Mur de Berlin et à Salman Rushdie, des engueulades féroces, des sentiments non partagés, des problèmes de couples, des personnages tous très attachants malgré leurs défauts ou à cause de leurs défauts, un fils envoyé en Inde pour lui inculquer la vraie religion tandis que l'autre se vautre dans le sexe. le pauvre Samad a bien du mal à comprendre le monde qui l'entoure, sa femme et ses fils. le choc des cultures le chamboule tellement qu'il sera tenté de fauter avec une enseignante de ses gamins.
Problèmes d'intégration et d'éducation des enfants, poids de la religion, comment concilier les enseignements du Coran et la redoutable facilité avec laquelle on peut s'empiffrer des fruits du péché dans nos sociétés occidentales ? L'auteure s'interroge aussi sur nos racines, imaginant qu'un jour peut-être, elles « n'auront plus d'importance parce qu'elles ne peuvent ni ne doivent en avoir… »
Zadie Smith a un bagout exubérant, tout part dans tous les sens mais rien n'est gratuit et tout fait sens, un incident de l'époque de la Guerre cité en début de roman reviendra en fin d'ouvrage pour boucler en beauté cette fresque colorée et bruyante, menée de main de maître par un écrivain affirmé dès son premier opus. Seul bémol, ou revers de la médaille, cette avalanche explosive ne manque pas de saouler le lecteur qui se sent pris entre deux sentiments opposés, abandonner le livre qu'il sait de qualité, ou s'accrocher vaillamment. Je vous conseille de tenir bon, la récompense est au bout.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          122
Ephey
  31 janvier 2015
White Teeth est un coup de coeur. Même si le style est abordable en anglais, il reste néanmoins élégant et minutieux. L'écriture de Zadie Smith est dense sans pour autant utiliser des mots compliqués. Je pourrais lui reprocher d'écrire des phrases trop longues qui sont difficiles à lire dans le métro (j'ai testé) mais elle reste un écrivain qui me fascine et sans doute un des meilleurs contemporains que j'ai lu depuis belle lurette. du haut de ses 24 ans à la sortie de White Teeth, on observe déjà une maturité qui se dégage dans les portraits psychologiques de chaque personnage (et qui semble se confirmer avec les romans qui vont suivre).
Il m'est cependant difficile d'exprimer mon ressenti tant ce roman est complexe et grandiose. Comme tous les romans traitant du thème de la famille, je suis passée par tous les sentiments possibles et imaginables : de la compassion à l'énervement, de l'admiration pour la famille Chalfen à la déception concernant toute la partie consacrée à Irie. Elle y aborde également des thématiques qui sont moins attendues comme les témoins de Jéhovah, la PETA ou encore les filières islamiques radicales. Ma lecture a eu un écho avec les événements qui se sont déroulés au mois de Janvier puisqu'une fois de plus les débats concernant l'intégration des minorités ethniques ont été mis en avant sur la scène politique. J'ai beaucoup aimé la façon dont Zadie Smith traite le thème de l'immigration car elle y apporte un éclairage singulier. de part son expérience, elle parle avec justesse des conséquences pour la seconde vague d'enfants immigrés. C'est avec intérêt que j'ai suivi les tribulations d'Irie et Millat, qui en plus de leur nationalité anglaise, sont d'origine caribéenne et indienne. Avec leurs égarements, on observe les répercussions du clash entre la culture de leur pays d'accueil et la culture inculquée par la famille (testé aussi). J'ai trouvé le roman très juste sur ce point là et je me suis vue revivre certains épisodes de mon adolescence avec le personnage d'Irie qui se retrouve coincée entre deux cultures contradictoires qu'on lui a imposées. Chaque mot est bien placé et juste. Zadie Smith ne tombe pas dans la caricature ou n'en fait pas trop lorsqu'elle parle de la communauté musulmane. Au contraire, on ne peut qu'éprouver de la compassion et de l'empathie pour la famille de Samad Iqbal.
Zadie Smith propose également une critique de l'ascenseur social, tombé panne, à travers la rencontre avec les Chalfen, famille bourgeoise juive dont les membres sont passés par Oxbridge. le malaise entre les deux familles s'accentuent lorsqu'elles se rencontrent provoquant des situations comiques. En revanche la fin m'a parue improbable et bâclée. La romancière met trop d'éléments dans une intrigue qui finit par piétiner, traîner en longueur et tourner parfois en rond ce qui est dommage.
Pour conclure, je dirais qu'il ne se passe pas grand chose dans White Teeth. C'est un roman qui se focalise surtout sur les relations familiales. Pour les amateurs d'action, passez votre chemin. Il faut être patient. le livre est long, dense, demande une certaine dose de concentration mais l'auteure nous délivre un portrait joviale, pertinent et réaliste de la vie en banlieue bien loin de tous ces reportages alarmants qu'on trouve dans les médias.
Lien : http://filleperduecheveuxgra..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
stcyr04
  02 décembre 2015
Sourire de loup s'ouvre en fanfare sur la calamiteuse tentative de suicide d'Archie Jones par inhalation des gaz d'échappement de son automobile parquée dans une rue sans charme d'un quartier éloigné de Londres. Le ton est donné quant au caractère loufoque du roman. Jones étant affligé d'une femme complètement frappadingue, et menant une activité d'obscur plieur de prospectus pour une société de mailing publicitaire, il semble être arrivé au bout de son rouleau; mais la rencontre de Clara Bowden, sculpturale Jamaïcaine élevée dans un foyer de Témoins de Jéhovah, à qui manque tout le râtelier du haut suite à la rencontre frontale avec un arbre alors qu'elle chevauchait en compagnie de son ex petit ami la Vespa de ce dernier, et qui sera sa seconde épouse et la mère de son enfant Irie, va donner, s'il est possible, un semblant de sens à son existence. Archie peut aussi s'appuyer – un peu, sur la longue amitié avec son ancien frère d'arme bengali, le dénommé Samad Iqbal, ayant des prétentions au plus notable des lignages malgré son emploi de serveur de curry dans un restaurant indien pour touriste ignare, qui quant à lui, se fait beaucoup de soucis pour les destinés de ses fils en cette terre de mécréance.
Zadie Smith dans ce premier opus particulièrement sympathique et attachant fait montre d'un précoce talent d'écrivain satirique, magnant un humour particulièrement aigu et efficace sans toutefois éviter parfois la caricature. Reste que les thèmes abordés sont des plus actuels et des plus brûlants dans notre société occidentale, comme le conflit des générations et les problématiques que posent la perte d'identité et le déclin des valeurs prônées par la première vague d'immigration chez la deuxième génération prise dans un entre-deux schizophrénique : déchirement culturel, perte de repère, recherche d'un sentiment d'appartenance, tentation du communautarisme et de l'extrémisme. C'est tout le Londres métissé et communautaire qui vibre sous la plume espiègle de Zadie Smith. Un vrai bon moment de lecture réjouissante.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
fanfan50
  28 avril 2019
Un curieux roman qui débute par une tentative de suicide avortée d'une curieuse façon . Alfred Archibald Jones le 1er janvier 1975 vit seul dans un studio triste, il a eu une enfance terne, un mariage raté et il a un travail sans avenir. Il se met juste devant une boucherie halal réputée dans son quartier avec sa voiture dont il enfume l'habitacle pour en finir quand il en est extrait par Mo Hussein-Ishmael manu militari. Il voit cela comme un clin d'oeil céleste et reprend goût à la vie.
Donc vient une longue histoire où le passé et le présent s'entremêlent pour notre plus grand plaisir car c'est vraiment drôle. Archie rencontre Clara Bowden, grande, superbement, noire comme de l'ébène, les cheveux tressés en fer à cheval. Elle a 19 ans et lui 47 mais six semaines plus tard, ils se sont mariés. Elle est issue d'un milieu de Témoins de Jéhovah qui croient à la fin du monde proche et cela donne des situations burlesques.
Archie a aussi un très vieil ami Samad Miah Iqbal, un musulman du Bengale, aux côtés duquel il a combattu – en Italie notamment. Sam a épousé Alsana Begum, qui a 20 ans.
Et inévitablement, apparaissent dans le récit les rejetons de ces deux couples : Irie, la fille d'Archie et Clara et Magid et Millat, les deux jumeaux de Sam et Alsana. Et cela part ensuite dans tous les sens. Beaucoup de dialogues assez touffus, certains sont difficiles à lire car la famille de Clara, que ce soit sa mère, Hortense, ou sa grand-mère, Ambrosia sont issues de la Jamaïque et cela donne des pages de haute littérature : (je cite) « - Laisse-moi t'di' une bonne chose. J'suis pas ‘ien comme les Témoins qu'on juste peu' d'mouri', moi. Eux, y veulent qu'tout l'monde y meu' sauf eux. Mais ça, c'est pas une bonne waison pou' donner sa vie à Dieu. Moi, j'ai des idées, qu'elles sont bien difféwentes. J'espè' toujou' fai' pa'tie des élus, même si j'suis qu'une femme.J'l'ai voulu toute ma vie. J'veux êt' là-haut aux côtés du Seigneu' à fai' les lois et à décider les choses. Mais quand même l'église, elle me cou' sur le hawicot, à m'di' toujou' que j'suis qu'une femme et qu'j'ai pas d'instwuction. Tout l'monde,il essaie toujou' d'vous instwui', et que j't'instwuis pa'-ci et que j't'instwuis pa'-là… » J'ai failli abandonner car souvent les dialogues, je les lis en diagonale, très rapidement et là, c'était mission impossible - mais comme les critiques étaient bonnes, j'ai persisté.
Bien sûr, j'ai aimé la fin – c'est toujours dans la fin que se trouve la résolution de l'énigme. Un peu tiré par les cheveux, mais bon, c'est un roman de jeunesse.
500 pages, c'est long et cela aurait gagné à être un peu élagué. Beaucoup de longueurs, d'inutilités mais que ce fut drôle – au moins dans le premier tiers du livre. Je suis contente d'en être venu à bout mais je n'ai pas envie dans l'immédiat de lire un autre roman du même auteur.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
carrecarre   10 novembre 2012
Prostré, les mâchoires relâchées, les bras en croix comme quelque ange déchu, le point refermé d'un côté (gauche) sur ses médailles militaires, de l'autre (droit) sur son certificat de mariage pour la bonne raison qu'il avait décidé d'emporter ses erreurs avec lui. Il s'agissait là d'un suicide mûrement réfléchi.
Commenter  J’apprécie          330
Corboland78Corboland78   16 août 2015
- Faut te tenir un peu au courant, mon vieux, dit Shiva, parlant lentement, patiemment. « Organes de la femme, point G, cancer des testicules, ménopause, andropause… la crise de la cinquantaine fait partie de ces trucs. C’est le genre d’informations que l’homme moderne se doit de posséder. – Mais je n’en veux pas de tes informations », cria Samad, se levant et se mettant à arpenter la cuisine. « C’est précisément là qu’est le problème ! Je n’ai pas envie d’être un homme moderne ! J’ai envie de vivre comme j’étais fait pour vivre. Je voudrais retourner dans mon pays ! – Qui n’en a pas envie ? » murmura Shiva, retournant les oignons et les poivrons dans la poêle.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
WictorianeWictoriane   10 avril 2010
C'est vrai qu'on m'a mariée à Samad Iqbal le soir même du jour où je l'ai rencontré pour la première fois. C'est vrai que je ne le connaissais ni d'Eve ni d'Adam. Mais il ne me déplaisait pas. On s'est rencontrés dans la salle du petit déjeuner d'un hôtel de Delhi, un jour où il faisait une chaleur épouvantable, et il m'a éventée avec le Times. J'ai trouvé qu'il avait un visage sympatique, une voix douce et un joli p'tit derrière pour un homme de son âge. Bon. Maintenant, chaque fois que je découvre quelques chose sur son compte, je l'apprécie un peu moins. Donc, tu vois, tout compte fait, on était nettement mieux avant...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
HenriettaHenrietta   28 mai 2011
C'est drôle, mais quand on passé un bout de temps quelque part, on finit par constater que c'est ce les gens aiment vous entendre que, dans le temps, c'était la vie en rose. C'est un besoin chez eux. Archie se demanda si sa fille, elle aussi, en avait besoin. Elle le regardait d'un drôle d'air. La bouche tombante, les yeux presque suppliants. Mais que pouvait-il bien lui dire ? Que les années passent, et que les meilleurs résolutions du monde ne sauraient rien changer au fait qu'il y a des sales types sur terre. Qu'il y en a toujours eu, qu'il y en aura toujours.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
mlopmlop   17 octobre 2013
"Et pourtant, en dépit de ce mélange, en dépit du fait que nous nous sommes glissés dans la vie les uns des autres sans trop de problèmes (...), il est toujours aussi difficile d'admettre qu'il n'y a pas plus Anglais que l'Indien, et pas plus indien que l'Anglais. Et il existe encore des Blancs, qu'un tel état de choses contrarie, pour débouler, à l'heure de la fermeture, dans les rues mal éclairées, un couteau de cuisine au poing."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
Videos de Zadie Smith (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Zadie Smith
Payot - Marque Page - Zadie Smith - Swing Time
autres livres classés : immigrationVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Londres et la littérature

Dans quelle rue de Londres vit Sherlock Holmes, le célèbre détective ?

Oxford Street
Baker Street
Margaret Street
Glasshouse Street

10 questions
670 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , littérature anglaise , londresCréer un quiz sur ce livre