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Julia Kerninon (Traducteur)
EAN : 9782812615283
544 pages
Éditeur : Editions du Rouergue (02/10/2019)

Note moyenne : 4.36/5 (sur 125 notes)
Résumé :
Mary a habité là pendant des années. Entre ses murs, elle a vécu les pires moments de sa vie. Ella, elle, ne peut s’empêcher d'observer cet étrange endroit depuis sa chambre. La nuit, elle se demande ce qu’il cache. Certains ne voient en lui qu’un vieil orphelinat. D’autres sont au courant de son secret… Mais tout le monde connaît son nom. Thornhill. Dans la lignée des romans de Brian Selznick, encensé par Philip Pullman, le premier roman graphique de Pam Smy est un... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (67) Voir plus Ajouter une critique
Ileauxtresors
  23 mars 2020
C'est une lecture sombre comme une nuit d'encre. Un imposant livre à la tranche noire, plongé tout entier dans les ténèbres, le lierre et les barbelés. Quoi de plus délicieux qu'une bonne dose de frissons partagée en famille, blottis les uns contre les autres sous une chaude couverture ?
Deux fils narratifs s'imbriquent de façon mystérieuse, avec pour trait d'union l'institut Thornhill, vieil orphelinat désaffecté dont le bâtiment sinistre semble nous écraser. En 1982, Mary y vit un enfer quotidien. Son histoire nous est restituée à travers son journal intime, chronique d'une spirale qui semble sans issue. En 2017, alors que Thornhill ne semble plus peuplé que de mauvaises herbes et de panneaux « interdit d'entrer », Ella emménage dans la maison voisine. C'est plus fort qu'elle, l'adolescente est fascinée par la vieille bâtisse qui n'est peut-être pas si déserte qu'il n'y paraît…
Les mots tourmentés de Mary nous sont livrés en alternance avec le récit sous forme graphique des explorations d'Ella, dans une cadence inquiétante rythmée par des doubles-pages noires. Texte et illustrations en noir et blanc se répondent parfaitement pour composer une atmosphère glaçante (pas trop quand même, juste ce qu'il faut pour savourer de trembler de concert). Dans la première moitié du livre, nous avons été surtout happés par l'histoire terrible de Mary. La tension monte, au fil des pages, alors que le choc de ces deux destins semble de plus en plus inéluctable. Résultat, malgré quelques flottements dans l'intrigue à certains moments, on ne voit pas vraiment passer les 530 pages de ce pavé… et nous avons trouvé la fin très réussie.
La mise en scène comporte ce qu'il faut d'escaliers branlants gravis dans les ténèbres, de bruits nocturnes et de poupées brisées. Mais ce n'est pas tout : Thornhill ne se limite pas à un roman qui "fait peur", mais parle de façon juste et terrible des affres de la solitude et du harcèlement.
Plusieurs clins d'oeil littéraires nous ont donné envie de découvrir ensemble plusieurs grands romans anglais, notamment le Jardin secret, de Frances Hodgson Burnett.
Une pépite gothique qui nous a fait forte impression !
Lien : https://ileauxtresors.blog/2..
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Takalirsa
  22 octobre 2019
Tout commence avec un beau livre-objet qui, vu son épaisseur et ses pages teintées de noir, a l'aspect d'une boîte mystérieuse. Quand on l'ouvre, on est saisi par l'intensité des illustrations pleine page, sans paroles. Et puis l'on se plonge dans le journal, entre peur et mystère.
Mary est une fillette traumatisée. Si traumatisée qu'elle n'ose pas nommer et encore moins regarder celle qu'elle craint tant à l'orphelinat. On ne tarde pas à comprendre pourquoi: "J'étais sûre qu'elle allait recommencer à me harceler". En parallèle, à travers la partie illustrée, on suit la jeune Ella dans ses expéditions jusqu'à la "maison hantée" qu'est devenue Thornhill abandonnée. "Entrée interdite", "danger", barbelés et végétation dense, tout est fait pour dissuader les curieux. Mais Ella est intriguée par la silhouette qu'elle a aperçue depuis la fenêtre de sa chambre...
Et l'on alterne ainsi du (journal) passé au (graphisme) présent, en un va-et-vient de plus en plus sombre au fur et à mesure que les éléments s'imbriquent et que les situations des deux héroïnes se font écho. On réalise en effet que Ella se sent toute aussi seule et malheureuse que Mary: elle aussi évolue sans parents puisque sa mère est décédée (j'ai trouvé émouvante la photo de celle-ci accrochée dans sa chambre et signée d'un "je t'aimerai toujours, maman"), et que son père est constamment absent pour le travail. Ainsi, toutes deux sont en manque d'amour...
Pour échapper à sa tortionnaire, Mary s'enferme dans son "jardin secret", qui représente à la fois son livre préféré (célèbre classique anglais de Frances H. Burnett), sa chambre où elle passe des heures à confectionner de petites figurines inspirées par ses lectures, et un coin de verdure du parc entourant Thornhill où elle aime se réfugier. Petit à petit on en apprend plus sur elle, notamment qu'elle a un trouble du langage, un "mutisme sélectif" qui l'empêche de parler à voix haute devant les autres, sans que l'on sache vraiment si c'est la cause ou la conséquence de son rejet. Malgré la tendresse et les petites attentions de Kathleen la cuisinière, "ma vie est un cauchemar", entre railleries et mauvais tours orchestrés par l'autre orpheline et ses complices. Thornhill devient un huis clos oppressant, on sait qu'on avance inéluctablement vers une tragédie, au fur et à mesure que Ella découvre les vestiges de la vie passée de Mary (une tête de poupée abandonnée, une statue recouverte de lierre, des inscriptions sur les murs du couloir)... Celle-ci nous touche par son désespoir ("A l'intérieur, je suis brisée") et en même temps par ce courage qu'elle a d'affronter la situation jusqu'au bout.
A force de se croiser, les deux histoires se rejoindront pour un final poignant... mais pas une fin, car des enfants délaissés, malheureusement, il y en a tant...
Lien : https://www.takalirsa.fr/tho..
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Nikouette
  24 août 2020

Honnêtement je suis ressortie un peu traumatisée de ma lecture…
C'est un roman graphique très intelligemment réalisé, les pages illustrées qui racontent l'histoire d'Ella en 2017 alternent avec le journal intime de Mary en 1982. Les deux parties étant essentielles au récit, prenant le relais l'une de l'autre et se répondant.
Mary a 13 ans, elle vit dans l'orphelinat de Thorhnill depuis des années et elle est victime de harcèlement. Son bourreau est une jeune fille blonde de son âge au visage d'ange, qui envoie toujours sa foule d'admiratrices en première ligne sans se mouiller elle-même. de plus, Mary est terrifiée et souffre d'un « mutisme sélectif » qui l'empêche d'en parler. En effet elle est incapable de prendre la parole en public et ne peut parler en tête à tête qu'à des gens à qui elle fait vraiment confiance et en de très rares occasions. Autant dire qu'avec la fatigue physique (car la persécution se prolonge même la nuit) et psychologique provoquée par le harcèlement elle est encore moins en mesure de s'exprimer que d'habitude. Apeurée et incomprise des adultes censés la protéger elle se réfugie dans sa chambre ou dans un coin du jardin de l'orphelinat, qui un peu à l'écart lui fait comme un cocon. Là elle modèle des figurines inspirées de ses lectures et va même jusqu'à leur coudre des vêtements.
En 2017 on suit Ella, sans autre texte que les petits mots qu'elle trouve dans son quotidien, affiches aux murs ou coupures de journaux. On devine qu'elle a elle aussi autour de 13 ans, que sa maman est certainement décédée et que son père trop pris par son travail et ne sachant sûrement pas y faire avec elle et avec son chagrin, la délaisse complètement. Elle vient d'emménager en face de Thornhill, l'ancien orphelinat abandonné depuis une trentaine d'années, ce qui en fait une immense bâtisse inquiétante au jardin retourné à l'état de jungle. Comme elle se retrouve seule toute la journée elle en profite pour explorer les lieux car elle a cru y apercevoir une jeune fille blonde de son âge. Elle tombe ainsi dans les ruines sur des figurines abandonnées et en mauvais état qu'elle s'attelle à restaurer.
A 30 ans d'écart va s'opérer un drôle de rapprochement…Mary modèle donc des poupées et Ella qui les trouve disséminées les restaure, donnant l'impression de réparer Mary –voire un peu elle-même- par cette activité. On ressent la très forte solitude des deux jeunes filles, mais aussi la peur et la tristesse de Mary qui se transforme par moments en colère voire en haine pure. C'est un roman que j'ai trouvé horriblement triste, très dur, avec si peu de moments de joie et d'espoir. Malgré la virtuosité du procédé et du récit il m'a complètement plombée. Je l'ai trouvé assez glauque et je pense que je mettrais un petit encart pour prévenir les futurs jeunes lecteurs, car je craindrais que les plus impressionnables n'en ressortent un peu traumatisés. Après le propos est malheureusement très juste et d'actualité de façon un peu intemporelle. Ça a vraiment été une lecture très émouvante, qui je pense me marquera tant elle m'a chamboulée.
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Brize
  12 janvier 2020
En mars 2017, la jeune Ella emménage avec son père dans une maison qui a vue sur le parc et la demeure abandonnés de l'Institut Thornhill, dont l'entrée est condamnée. Pourtant, elle y aperçoit à plusieurs reprises la silhouette d'une fille de son âge. Dès lors, elle n'a de cesse de franchir la clôture qui la sépare de Thornhill et d'explorer les lieux.
En 1982, Mary raconte dans son journal comment elle se réfugie, dès qu'elle rentre des cours, dans sa chambre haut-perchée pour échapper à celle qui n'est pas restée dans sa famille d'accueil mais est revenue à Thornhill, si bien que le cauchemar a recommencé. Mais de ce cauchemar, Mary ne peut parler à personne car, sans être muette, elle est privée de parole. Alors elle s'exprime au travers des figurines qu'elle crée et qui habitent sa chambre.
Deux fils narratifs, en alternance, composent ce roman jeunesse (mais pas que, la preuve 😉 ) hors normes. le premier, celui d'Ella, se déroule uniquement sous forme graphique, avec des images en noir et blanc occupant à chaque fois une double page. le second nous présente le journal tenu par Mary et cette composition, mise en valeur par des séparations sous forme de pages intercalées entièrement noires (aussi noires que la tranche du livre, dont la maquette est impressionnante), se révèle très efficace.
Sombre et prenant, le récit nous plonge dans le quotidien angoissant d'une adolescente victime d'une de ses camarades, que la lecture de son journal nous rend extrêmement proche. le scénario, aux marges du réel, joue la carte du mystère et d'une tension qui va croissant jusqu'au dénouement.
Une réussite, tant sur le plan graphique que littéraire.
challenge multi-auteures SFFF
Lien : https://surmesbrizees.wordpr..
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cristalya
  07 mai 2020
Je trouvais cet ouvrage très intriguant, sans chercher pour autant à me le procurer. Mais dès que je l'ai vu à le bibliothèque, je n'ai pas hésité une seconde !
Cette histoire porte sur un ancien manoir, que la jeune Ella peut voir depuis sa chambre, qui est en réalité un orphelinat à l'abandon.
On est sur un livre un peu particulier puisqu'il allie moments écrits correspondant à des passages du journal intime de Mary dans le passé, et moments illustrés qui s'inscrivent dans le présent, sans aucune bulle ou texte, chaque illustration prenant place sur une double page.
J'ai beaucoup aimé ce format singulier qui permet de s'imprégner de l'histoire et de son ambiance. Chaque fois, le dessin portait tout son sens, sans avoir besoin d'aucun dialogue avec une certaine dynamique qui s'installe dans les illustrations, ce qui est très agréable à découvrir. C'est vraiment des passages qui sont inscrits dans l'histoire, qui ont leur importance, et j'ai vraiment aimé voir comment de simples (en apparence) images peuvent véhiculer l'intrigue et son sens.
L'histoire elle-même est dans une ambiance un peu sombre, un peu dans le genre des films d'horreur à l'ambiance pesante mais loin d'être gore pour autant. On est sur du gothique, cela est mené avec le genre d'ambiance que j'aime, et ça a clairement fonctionné sur moi. On retrouve l'influence qu'un lieu peut avoir, la folie qui peut surgir, un peu comme dans la série "The Haunting of Hill House". On est pris par l'histoire et par la tension qui règne, par les passages écrits qui nous permettent de nous immerger dans le quotidien de l'orpheline, de comprendre ce qu'elle vit et les sentiments qui s'en dégage, tout en ayant le côté pesant et insidieux qui s'installe.
Pour ce qui est des personnages, je ne peux pas réellement parler d'attachement pour eux. Je trouve qu'il y avait une certaine distance entre les protagonistes et moi, tout en ayant envie de savoir ce qui se cachait derrière ces mystères autour d'eux. J'ai eu de l'empathie pour l'orpheline Mary, qui est au départ une jeune fille un peu à l'écart et douce, mais il y avait une certaine barrière entre elle et moi. Pour Ella, le fait de ne pas avoir de dialogue, je pense, a fait qu'on ne sait rien ou presque d'elle, ce qui est insuffisant pour que je m'attache à un personnage. C'est comme si nous étions une personne omnisciente qui fait partie de cet univers mais avec un voile qui nous sépare des événements et des protagonistes.
Pour ce qui est de la fin, j'ai franchement bien aimé, je trouve qu'elle correspond totalement au genre mais aussi à l'histoire que l'on voit se développer dans les pages précédentes.

Pour conclure, un ouvrage différent de ce que j'ai pu lire jusqu'ici et que j'ai franchement bien aimé pour sa singularité. Je vous le conseille carrément si vous aimez les ambiances à la "The Haunting of Hill House", d'orphelinats étranges, et à l'allure plutôt sombre !
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critiques presse (2)
Elbakin.net   06 août 2020
On referme Thornhill avec le sentiment d’avoir levé le voile sur une histoire tragique [...] A lire, indéniablement, quand bien même Thornhill vous obligerait à quitter votre zone de confort. Il le mérite.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Ricochet   07 janvier 2020
Au format de littérature générale, ce gros roman graphique en noir et blanc offre une histoire puissante et violente. [...] Les images en profondeur nous immergent dans le décor, les pages se tournent à toute allure, on a peur et on pleure...
Lire la critique sur le site : Ricochet
Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
NievaNieva   15 novembre 2020
Juste après le verger de pommiers, j'ai trouvé un coin adorable, entouré de buissons. C'est presque comme si c'était une pièce à l'extérieur. Les buissons taillés forment un mur et il y a une arche découpée dans les arbres, avec une porte en bois. Au milieu, il y a la statue d'un enfant sur un piédestal. C'est magnifique. C'est agréable, calme et, entre ces murs verts, je ne peux pas voir Thornhill — ce qui veut dire qu'elles non plus ne peuvent pas me voir.
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LesLecturesDeMelanieLesLecturesDeMelanie   30 octobre 2019
Qu'es-ce qui empêche un adulte de s'asseoir et de te demander sérieusement "comment ça va, toi?" ou "Est-ce que tout va bien ?". Je les soupçonne d'avoir peur de recevoir une réponse sincère et d'être obligés de faire quelque chose, de s'impliquer. Ou peut-être qu'ils sont simplement incapables d'imaginer qu'il peut se passer quelque chose de grave. Peut-être qu'ils refusent d'imaginer que des personnes de leur entourage puisse vivre un truc aussi horrible.
+ Lire la suite
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MesDelicesLitterairesMesDelicesLitteraires   29 juin 2020
|"Plusieurs fois pendant le cours, j'ai vu que Mme Davies me lançait des coups d'oeil, comme si elle sentait que quelque chose n'allait pas, mais qu'elle ne parvenait pas à mettre le doigt dessus. Je sais qu'elle n'ira pas chercher plus loin. Je suis entourée d'adultes à l'école et à Thornhill, mais aucun d'entre eux ne se rend compte de ce qui se passe. Ils ne veulent pas savoir. Je me demande pourquoi. Qu'est-ce qui empêche un adulte de s'asseoir et de te demander sérieusement "Comment ça va, toi ," ou "Est-ce que tout va bien ?". Je le soupçonne d'avoir peur de recevoir une réponse sincère et d'être alors obligés de faire quelque chose, de s'impliquer. Ou peut-être qu'ils sont simplement incapables d'imaginer qu'il peut se passer quelque chose de grave. Peut-être qu'ils refusent d'imaginer que des personnes de leur entourage puissent vivre un truc aussi horrible."| - Page. 172
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TakalirsaTakalirsa   22 octobre 2019
- Non, je ne suis pas pathétique. Je fabrique des figurines et j'aime les livres et je ne fais de mal à personne. J'ai supporté cet endroit et toi sans être désagréable, ni méprisante, ni méchante. Mais toi... non ! Ça fait de toi un monstre. C'est toi qui es pathétique.
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MaplumedepaonMaplumedepaon   04 juin 2020
J'ai éclaté en sanglots.
Je ne pleure jamais. Je me suis fait la promesse de ne jamais laisser l'un d'entre eux le voir pleurer.
Mais ce n'est pas leur méchanceté qui a fait venir les larmes.
C'est la gentillesse. La magnifique gentillesse de Kathleen.
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Avis sur Thornhill à 12:50
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Thornhill
Un hôtel abandoné
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