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EAN : 9782264073990
312 pages
Éditeur : 10-18 (05/09/2019)

Note moyenne : 4.18/5 (sur 39 notes)
Résumé :
4 septembre 1957, Little Rock, Arkansas, rentrée des classes sous le signe de la fin de la ségrégation scolaire. Les neuf enfants noirs inscrits au lycée jusque-là réservé aux seuls blancs sont encerclés par une foule hystérique. La photographie de l'une des Neuf, Elizabeth Eckford, 15 ans, huée et insultée, fait la une des journaux le lendemain. L'Amérique est bouleversée. Commence alors un bras de fer qui oppose le gouverneur de l'Arkansas Orval Faubus au présiden... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
Kirzy
  08 février 2020

D'abord il y a cette photo, prise par Will Counts le 4 septembre 1957 à Little Rock, Arkansas. Elle fait la couverture de la version grand format chez Taillandier, comme dans la récente version poche chez Pocket. C'est la photo de la haine. Elizabeth Eckford est la première noire à entrer dans le Central High school de Little Rock. de la foule qui la vilipende, c'est le visage haineux de Haze Bryan qui frappe, cette lycéenne lui crie «  Rentre en Afrique ».
Le journaliste, historien et chroniqueur ( France Info, Cpolitique ) spécialiste de l'histoire des Etats-Unis nous immerge dans un épisode crucial et honteux de la déségrégation raciale dans ce pays, un épisode emblématique du racisme omniprésent, une étape essentielle de l'histoire des droits civiques.
Le récit est construit comme un thriller maintenant un suspense de lecture intense et passionnant, heure par heure, jour après jour pour raconter de façon très précise et documentée les événements qui ont ponctué cette année scolaire 1957-58 pour les Neuf de Little Rock : Carlotta, Elizabeth, Ernest, Gloria, Jefferson, Melba, Minnijean, Terrence, Thelma, ces neuf lycéens âgés d'une quinzaine d'années qui vont vivre un calvaire pour oser fréquenter un lycée blanc dans un Etat sudiste. C'est absolument terrifiant de découvrir ce qu'ils ont subi d'humiliations, de harcèlements, d'insultes et de violences au quotidien.
Lorsque Thomas Snégaroff sort le lecteur de ce lycée, c'est pour mettre en lumière le combat judiciaire à la Cour suprême ou encore le bras de fer entre le président Eisenhower et le gouverneur raciste de l'Arkansas Orval Faubus qui refuse de respecter l'arrêt de la Cour Suprême ( Brown v. Board 1954 ) qui interdit constitutionnellement la ségrégation scolaire, jusqu'à la fédéralisation de la garde nationale de l'Arkansas pour protéger les Neuf et leur permettre de suivre leurs cours.
Il alterne également la narration des événements de 1957-58 pour les mettre très intelligemment en perspective avec L Histoire, avec ce passé qui ne passe pas en Arkansas : la Guerre de Sécession, bien évidemment, la naissance du Ku Klux Klan, et le dernier lynchage de 1927.
Tout le talent de cet essai est de brasser les événements de 1957-58 avec intelligence et pédagogie, entre histoire et sociologie, tout en présentant les ressorts psychologiques, les motivations profondes de ces Neuf pionniers, leur ressenti, leurs émotions. Il s'attache plus particulièrement à Elizabeth Eckford, moins connu que Rosa Parks : ce n'était pas une militante adulte qui faisait un geste réfléchi, juste une adolescente victime de l'histoire, qui n'a jamais eu l'impression de faire un acte héroïque mais seulement de faire respecter. Les retranscriptions de sa récente interview est très émouvante : soixante après, elle est toujours sous médicament pour choc post-traumatique.
A l'heure où le phénomène de reségrégation scolaire augmente, ce récit est glaçant. Il secoue, questionne, révolte. Un remarquable et passionnant travail d'un historien qui sait se mettre à la portée de son lecteur.
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Stockard
  05 mars 2018
"Two, four, six, eight... We ain't gonna integrate"
Eh bien en fait si, cette intégration dont les suprématistes ne veulent surtout pas va se faire. Mais à quel prix !
En 1954, la Cour suprême des États-Unis, dans son arrêt "Brown vs Board of Education", établit comme inconstitutionnelle la ségrégation dans les écoles publiques mais de nombreux états choisissent de l'ignorer et refusent de s'y plier. C'est le cas de l'Arkansas. du moins jusqu'à ce que la branche locale de la NAACP (National Association for the Advancement of Colored People) décide de faire appliquer la loi au lycée Central High de Little Rock, jusque là strictement réservé aux Blancs.
Une cinquantaine d'élèves afro-américains, volontaires, s'inscrivent pour la rentrée de 1957. Un petit coup de pression des divers dirigeants scolaires ramène ce chiffre à 17. Encore un peu d'intimidation et ils ne sont plus que neuf à n'avoir pas craqué et à être plus résolus que jamais à mettre un pied dans ce lycée et par extension, hop, dans l Histoire.
Après bien des déboires, reculs, interdictions et menaces, les Neuf parviennent enfin à suivre les cours, ou du moins à essayer, entre haine, violence et agressions caractérisées de la part d'élèves et de professeurs fièrement ségrégationnistes, allant jusqu'à l'explosion d'une bombe artisanale au domicile d'une des Neuf que l'on préfère voir morte plutôt que diplômée.
Chaque jour devient un combat pour étudier, pour s'en sortir, pour qu'un futur loin des basses conditions réservées aux Noirs devienne possible et surtout, à court terme, un combat pour revenir le lendemain, et le lendemain encore...
Le courage de ces gamins !

Alors, finalement, ces Neuf-là ont-ils ouvert la voie à la déségrégation scolaire ? Bien sûr, une bataille est gagnée mais la victoire n'est pas encore acquise, loin de là, comme le déclarait Daisy Bates, représentante de la NAACP pour l'état de l'Arkansas à qui l'on demandait si cette avancée la rendait heureuse : "S'il faut 11500 soldats pour garantir à neuf enfants noirs le respect de leur droit constitutionnel, non je ne suis pas heureuse." Ça ne semble en effet pas gagné, d'autant qu'Orval Faubus, le gouverneur de l'État, peu enclin à accepter l'intégration sous son règne, multipliera les discours emplis de menaces à peine déguisées et ne reculera pas même devant le bras de fer qui s'engagera avec un Dwight Eisenhower, alors président des États-Unis et bien déterminé à faire respecter la Constitution.
Le gouvernement devra tout de même envoyer l'armée pour faire plier Faubus qui, malgré tout, ne s'avouera jamais vraiment vaincu.
Et plus de 60 ans après, on ne peut toujours pas parler de succès absolu, de justice ni même d'intégration si évidente qu'on n'y pense même plus, aujourd'hui encore les écoles ségrégées explosent le plafond faisant reconnaître à John B. King, secrétaire de l'éducation sous l'administration Obama, que les écoles sans Blancs "offrent de moins bons enseignants, des cours moins stimulants, moins de services que les élèves plus favorisés tiennent pour acquis et finalement moins de tout ce qu'il faut pour réussir ses études."
Dégoût.
Little Rock, 1957 est un livre brillant et richement documenté, incontournable si on s'intéresse un tant soit peu à la lutte pour les droits civiques. Il était temps d'ailleurs qu'arrive un tel ouvrage car hormis le bon (mais néanmoins beaucoup moins fouillé) Sweet Sixteen d'Annelise Heurtier, la production française restait désespérément silencieuse sur l'histoire de cette intégration aux forceps. Merci à Thomas Snégaroff d'y avoir remédié avec un livre tout à la fois puissant, dérangeant et démoralisant et pourtant, paradoxalement plein d'espoir, de celui qui nous fait continuer à croire malgré tout dans le genre humain parce que dans ce tas de dégénérés, il y aura toujours des gens magnifiques, valeureux, courageux, des héros, des vrais et dans cette histoire, ils ont pour nom Minnijean Brown, Elizabeth Eckford, Gloria Ray Karlmark, Melba Pattillo, Thelma Mothershed, Ernest Green, Jefferson Thomas, Terrence Roberts et Carlotta Walls LaNier.
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PrettyYoungCat
  15 octobre 2019
Tout le monde a entendu parler des Neuf de Little Rock. Ils sont aussi emblématiques de la lutte contre la ségrégation que la place que Rosa Parks ne céda pas, que les marches organisées par Martin Luther King, que le massacre de Emmett Till dont le crime fut d'être trop familier avec une Blanche.
Mais en visionnant le décidément très marquant documentaire de Raoul Peck "I am not your negro", j'ai vu des extraits filmés de cette rentrée scolaire de ces neuf jeunes - entre 14 et 16 ans - Noirs au lycée de Little Rock, Arkansas.
Devant ces images, on reste saisi, glacé par la violence éructée par ces gens, la haine qui leur tord le visage.
On est frappé par la dignité de ces jeunes Noirs totalement pétrifiés.
On est révolté, secoué, touché au coeur.
Voilà ce que j'ai ressenti tout du moins.
Et voilà aussi ce qui m'a donné envie de lire Little Rock 1957. Je voulais en savoir plus sur cet événement qui ne s'est pas arrêté à cette seule journée terrifiante. le livre nous parle en effet du quotidien de ces jeunes lycéens noirs où il n'est pas question de harcèlement scolaire, mais de véritables persécutions.
Quel courage et quelle force mentale il leur a fallu pour affronter tout cela dans le but, non seulement de bénéficier à leur parcours individuel, mais de gagner ou plutôt de faire valoir des droits civiques et ainsi marquer L Histoire.
Le livre revient bien évidemment sur tout le contexte politique et sociétal de la ségrégation et de la culture du Sud.
Un livre à lire pour connaitre les dessous de l'histoire des États-Unis, et pour paraphraser James Baldwin : et ce n'est pas une belle histoire.
Pour ma part, si la ségrégation m'intéresse autant, c'est qu'elle touche chez moi un sentiment d'injustice que je trouve intolérable. Au point qu'elle me soit incompréhensible. Ce flot émotionnel fait d'empathie et de révolte, cherche à trouver des réponses, notamment au travers de récits documentaires comme celui-ci.
Le plus désolant, comme nous l'apprend l'épilogue, c'est que l'histoire résonne encore de manière terriblement actuelle...
PS : A ceux que l'histoire et la politique ne rebutent pas, je vous conseille de lire "Les Noirs américains : des champs de coton à la Maison Blanche".
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Elodieuniverse
  13 octobre 2019
Le 4 Septembre 1957 à Little Rock, une ville d'Arkansas, un événement majeur va secouer l'Amérique. Elizabeth Eckford et ses 8 camarades vont entrer dans L Histoire. Ils sont les premiers Noirs à intégrer le prestigieux lycée public de la ville jusqu'à présent réservé aux Blancs. Mais, tout ne va pas se passer comme prévu....
La déségrégation scolaire était la dernière bastide à faire tomber. Mais, des années de ségrégation raciale sont profondément ancrées dans les esprits. Ce fameux 4 Septembre 1957 est l'un des mouvements les plus connus et qui marque le combat des Noirs pour leurs droits civiques.
C'est un récit aussi passionnant que révoltant. (...)
Ma page Facebook Au chapitre d'Elodie
Lien : http://auchapitre.canalblog...
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wiggybis
  12 mars 2018
La première fois que j'ai entendu parler de Little Rock c'est en lisant "Sweet Sixteen" d'Annelise Heurtier. Je me souviens avoir été particulièrement choquée et profondément triste pour ces jeunes adolescents qui voulaient simplement étudier dans de bonnes conditions mais dont la vie fut un enfer à cause de leur couleur de peau.
Ainsi, quand j'ai vu un livre traitant de la même affaire dans la dernière Masse Critique, je n'ai pas hésité une seule seconde. J'avais très envie de découvrir les détails de cet événement historique et crucial de l'Histoire américaine.

Pour résumer, Little Rock est une ville située dans l'Arkansas où la population y est très conservatrice. Par conséquent, les esprits demeurent étroits et la ségrégation raciale règne en maître malgré ce qu'ils nous laissent croire avec leur sempiternel credo "Separate but equal". C'est donc dans un contexte tendu que le 4 septembre 1957, 9 élèves Noirs ont fait pour la première fois leur rentrée dans un lycée pour les Blancs, non sans peine et sans un dispositif de sécurité important.
Thomas Snégaroff est allé à la rencontre de quelques-uns de ces fameux "Neuf", dont Elizabeth Eckford, la jeune fille qui fait la couverture de son livre et qui ne s'est jamais totalement remise de la violence de ces années de lutte.
C'est un livre très complet et bien écrit qui remonte aux origines de l'esclavage, détaille le bras de fer entre le maire de Little Rock, Faubus le ségrégationniste, et le Président de l'époque, Eisenhower, suit le quotidien des Neuf élèves courageux et déterminés à faire valoir leurs droits dans l'enfer de leur lycée, ainsi que des personnes comme Daisy Bates et Thurgood Marshall qui ont été d'un soutien sans faille et sans qui rien de tout ça n'aurait été possible.
J'ai eu beaucoup de peine à retenir mes larmes face au récit de la cruauté et de la violence dont ont fait preuve beaucoup de personnes envers Ernest, Elizabeth, Melba, Minnijean, Terrence, Carlotta, Jefferson, Gloria et Thelma et à travers eux, toute la communauté Noire américaine. Je doute avoir en moi une seule once de courage que ces jeunes Neuf ont eu. Mais pour mieux comprendre le présent, il est primordial de remonter aux sources. C'est en cela que je qualifierais ce livre de référence à mettre entre toutes les mains.
Je remercie très chaleureusement Babelio et les éditions Tallandier pour m'avoir envoyer ce livre riche, instructif et poignant.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
StockardStockard   01 mars 2018
L'année scolaire 1958-1959 fut la plus étrange de toutes à Little Rock. Les lycées publics restèrent désespérément vides, un jugement ayant interdit à la ville de les louer à des établissements privés. Chaque matin cependant, pour ne pas perdre leur salaire, les professeurs devaient se présenter devant leur classe sans élèves. Et ils devaient rester dans le lycée jusqu'au milieu de l'après-midi, le temps de faire quelques cache-cache dans les couloirs, de s'échanger des cours de couture contre des cours de langue ou de monter une chorale. Une fois la journée finie, certains filaient chez des élèves à qui ils donnaient des cours particuliers.
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StockardStockard   27 février 2018
Assise sur le banc, à l'angle de la Seizième rue et de Park Street, Elizabeth attendait toujours le bus. Soudain un homme blanc franchit la barrière de la troupe hostile qui continuait de l'insulter et s'assit à côté d'elle. C'était le journaliste Benjamin Fine, du New York Times [...] Et comme Elizabeth paraissait enfin en confiance, Fine passa, comme son père, son bras autour de ses épaules. Ce geste déclencha les foudres des manifestants restés autour du banc. Qu'un homme blanc touche une femme noire, autrement que pour abuser d'elle sexuellement, était pour eux une ignominie sans nom.
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StockardStockard   02 mars 2018
Tu es pleine de haine... La haine peut te détruire, Daisy. Ne hais pas les Blancs juste parce qu'ils sont blancs. Si tu hais, fais en sorte que ça soit pour quelque chose. Hais les humiliations que nous subissons dans le Sud. Hais la discrimination qui détruit l'âme de chaque homme et femme noirs. Hais les insultes hurlées par les Blancs. Et essaye de faire quelque chose de cette haine, sinon elle n'aura servi à rien.
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StockardStockard   24 février 2018
A Little Rock, comme ailleurs, les parents n'acceptaient plus que leurs enfants reçoivent une moins bonne éducation que les Blancs. La situation était d'autant plus scandaleuse que les impôts des familles noires étaient utilisés pour financer le système scolaire des Blancs, tandis que les Noirs devaient compter sur la générosité des philanthropes du Nord du pays ou de riches Noirs locaux pour compléter des fonds publics largement insuffisants.
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StockardStockard   25 février 2018
S'appuyant sur l'arrêt Brown, le Conseil scolaire d'Hoxie décida de procéder à l'intégration. Un officiel justifia ainsi cette décision : "C'est la loi, c'est inévitable, c'est la volonté de Dieu et c'est moins cher." Des quatre arguments, c'est indéniablement le dernier qui avait fait pencher la balance.
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Videos de Thomas Snégaroff (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Thomas Snégaroff
A l'occasion du salon "Rendez-vous de l'histoire" à Blois, rencontre avec Thomas Snegaroff autour de son ouvrage "Little Rock, 1957 : l'histoire des neuf lycéens noirs qui ont bouleversé l'Amérique" aux éditions 10-18. Rentrée sciences humaines 2019.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2344507/thomas-snegaroff-little-rock-1957-l-histoire-des-neuf-lyceens-noirs-qui-ont-bouleverse-l-amerique
Note de musique : © Scott Holmes
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